La haine contre les immigrés, le fossé riche/pauvre, toutes les inégalités et les scandales de notre monde vont s'amplifier. Un non-respect de la dignité de son prochain, sous pretexte qu'il est noir, arabe, tzigane, allemand, bref étranger... qui se traduit par leur incarcération dans des cages dans les rues de Londres... bienvenue dans notre monde: l'Auschwitz des temps contemporains; futur, mais pas tant que ça puisque l'histoire se déroule le 16 novembre 2024... dans seulement 16 ans. Bien sûr, cette montée de la violence ne sera pas aussi radicale dans la réalité, car elle fut largement amplifiée par cette histoire de stérilité de l'Homme. Le monde est sans avenir, désespéré, anéanti à l'idée que les 10 000 ans d'humanité prendront fin dans 70 ans. De plus, l'absence d'enfants, qui incarnent l'innocence, la naïveté, le dégoût et le rejet de l'idée même de violence... a achevé de faire disparaître toute fraternité entre les peuples: d'où cet enfer. Children of Men est un film magnifique, d'abord parce que l'histoire choque. Jamais un film de catastrophe n'a eu autant de réalisme, cela en partie parce qu'il échappe aux clichés et aux constantes de Hollywood. Autre facteur de ce réalisme: Cuaron. Imaginez un film de guerre ultra-réaliste, tel que le chef-d'oeuvre de Spielberg, Saving Private Ryan. Imaginez que chaque bataille de Saving Private Ryan, déjà ultra-réaliste, ait été tournée en un seul plan. Vous obtenez Children of Men. Les plans séquences d'Alfonso Cuaron qui m'impressionnait déjà sans son Harry Potter 3, ne sont rien en comparaison de ce film. Le suspense est digne de Hitchcock, tout en étant bien plus fluide et plus captivant que les films de ce génie du siècle passé... J'ajouterai que Cuaron n'est pas assez connu pour être reconnu comme un grand maître du cinéma, mais (ce n'est que mon jugement personnel) je le classe comme troisième meilleur réalisateur, après Steven Spielberg et Stanley Kubrick...