La Classe ouvrière va au paradis
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soulman
soulman

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2,5
Publiée le 10 avril 2025
Finalement plutôt déçu par ce film trop long, bruyant et surjoué par un Volonte en roue libre, que le doublage à l'italienne n'aide pas. On relèvera la présence de la piquante Mariangela Melato, intéressante dans ses face à face avec l'acteur milanais. Brulot anti-capitaliste, cette œuvre de Petri manque de fluidité dans sa construction et présente un discours ouvrier à la fois laborieux et caricatural. Film politique, comme la plupart des long-métrages du réalisateur, on peut lui reprocher un manque de finesse criant, qui le place loin des plus grandes réussites de son compatriote Francisco Rosi.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 mai 2019
Durant les années 1960 à 1980, Elio Petri était incontestablement le cinéaste italien le plus engagé politiquement. S'il a quitté le Parti Communiste Italien après l'entrée des chars soviétiques dans Budapest en 1956, il n'en reste pas moins un homme clairement marqué à gauche. Son cinéma sera le reflet de cet engagement de manière évidente à compter de "Les jours sont comptés" sorti en 1962 qui voit un ouvrier plombier romain (Salvo Randone) quitter du jour au lendemain son travail quand il prend conscience que l'âge le guette avec son pendant la mort au bout du chemin. Une décennie plus tard, juste après "Enquête sur un citoyen au dessus de tout soupçon", chef d'œuvre caustique raillant la caste intouchable des élites, il retrouve Gian Maria Volontè pour s'intéresser encore une fois à la classe ouvrière dont il se demande désormais si son seul espoir n'est pas d'aller au Paradis, le bonheur lui étant définitivement interdit durant son passage sur Terre. Lulù (Gian Maria Volontè) qui n'a pas le même âge que Cesare le plombier fatigué de "I Giorni contati" n' a pas encore d'état d'âme. Devant sa machine il n'est pas comme le Charlot rêveur des "Temps Modernes" (Charlie Chaplin en 1936) qui se laisse embarquer pour un ballet de contorsions au sein des rouages de la mécanique qui la régit. Il est au grand dam de ses collègues ce que l'on appelle à l'époque un stakhanoviste. Celui qui est mis en avant par les patrons pour inciter le reste du troupeau à suivre la cadence. Il faudra qu'un accident de travail lui sectionne un doigt pour qu'enfin il se questionne sur sa condition et sur le sens de sa triste vie. Ignorant jusqu'alors les revendications syndicales et les slogans gauchistes scandés par les étudiants marxistes devant son usine, il se souvient de son ancien et vieux collègue Militina (Salvo Randone) qui zélé comme lui, finit sa vie en hôpital psychiatrique. Prenant la tête d'une grève générale, il sera licencié pour activisme. Lulù va alors découvrir les contradictions qui minent le mouvement syndical et les partis politiques. Elio Petri qui n'a jamais renié un certain goût pour la démesure pousse ici un cri de rage qui prend le formidable Gian Maria Volonté pour porte-voix. Son film bruyant et sans nuance a certes été récompensé d'une Palme d'or à Cannes en 1972 mais il n'a pas rallié à lui toutes les sympathies notamment celle des institutions syndicales de son pays qui lui ont reproché une forme de cynisme qui ne servait pas forcément la cause que le film et son auteur étaient censés défendre. Pourtant malgré ses quelques outrances, près de cinquante ans après sa sortie, la vision d'Elio Petri et d'Ugo Primo (son coscénariste) n'a rien perdu de sa force de conviction et les vérités dénoncées qui ont pris d'autres formes continuent d'agiter au plus profond nos sociétés occidentales.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

92 abonnés 4 231 critiques Suivre son activité

2,0
Publiée le 5 avril 2025
Le film d'Elio Petri est un film à thèse, engagé politiquement et partisan, qui étudie la place de l'ouvrier dans l'entreprise et dans la société capitaliste.
Le sujet est abordé à travers le personnage de Gian-Maria Volonte et sa prise de conscience. Stakhanoviste résolu, l'ouvrier qu'il incarne se laisse convaincre brutalement par l'idéologie et les luttes de sa classe sociale. D'un extrême à l'autre, sa réflexion le conduit à devenir un syndicaliste véhément et combatif.
Le fond du message est clair. Petri dénonce l'incompatibilité fondamentale d'intérêts entre le patron et l'ouvrier. Sa vision du travail à l'usine et du prolétaire dans sa relation conflictuelle avec sa machine est soulignée constamment par une certaine violence verbale et la brutalité des mouvements de caméra. L'ouvrier, assommé par les cadences... et la télé, est une victime expiatoire de la société qui ne trouve sa voie -constat pessimiste du cinéaste- ni dans le travail, ni dans une vaine lutte des classes.
Le film, dans son ensemble, est sincère mais manque de nuances et de pondération.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 12 août 2020
Après Kafka, Marx : Petri s'est demandé pourquoi l'Italien de la seconde moitié du XXᵉ siècle est un afficionado du syndicalisme, et pourquoi les étudiants de son pays ont pris plus à cœur qu'ailleurs les mots et les valeurs du capitalisme.

On est marqué d'entrée par la recherche d'une alliance des étudiants avec les ouvriers, ce pacte entre frères ennemis signé dans le sang de l'intérêt commun traversant les classes. L'homme de la classe ouvrière n'est plus un ouvrier, c'est un outil. Mais un outil qui raisonne ("raggiona, raggiona", insiste Lulu), et bien content, finalement, de pouvoir se fier aux paroles de ses pairs, même s'ils sont beaucoup plus jeunes. La poudrière de la conscience politique italienne a eu cette particularité d'atteindre le point de fusion de ses éléments les plus éloignés entre eux. Un communisme social, en fait, à défaut d'une politique ou d'une économie à sa mesure.

La graine communiste qui germe dans l'esprit de Lulu a pour terreau la frustration. Elle a abattu un mur, mais pas celui qui sépare les patrons de l'ouvrier : celui avec qui ce dernier s'enferme. « La réalité est la réalité », voilà la portée de la philosophie prolétarienne qui soudain voit dans le communisme une vengeance contre un monde où le superflu n'est même pas forcément considéré comme inutile, mais plus prosaïquement comme le symbole de l'oppresseur. C'est une mise en commun rageuse, haineuse même, que Petri démonte et remonte à sa guise comme s'il avait mis le doigt sur ce qui a permis la diabolisation de l'idéologie marxiste au-delà de ses promesses d'austérité.

Quand on sait de quoi Petri est capable, ce Les Temps Modernes d'après-68 est un peu plat et brumeux. Il prend une piste psychologique prometteuse dont il se dissocie assez vite et tient à montrer le creuset politique pour ce qu'il est : un monde brûlant et bouillonnant. Peu épanouissant artistiquement, ce décor est néanmoins révélateur sur notre propre monde. D'où qu'on soit en Europe, une part de nous vient des usines italiennes où l'on travaillait à la pièce. Qui qu'on soit, on a encore en nous un peu de l'éclat de Gian Maria Volontè.

→ https://septiemeartetdemi.com/
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 7 novembre 2009
D'une grande intensité sonore et dramatique.
Pierre Scalliet
Pierre Scalliet

1 abonné 42 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 novembre 2020
Le sujet du film conserve toute son actualité en 2020, la classe ouvrière est aliénée par un travail parfois abrutissant, souvent mal payé, défendue par des syndicats frileux et petit-bourgeois. Petit bourgeois parce que jamais la nature même du travail ouvrier n'est remise en cause. Les syndicats cherchent simplement des aménagements, une petite augmentation, un petit confort supplémentaire. Restant à raz de terre, le film raconte la vie d'un ouvrier et le spectateur doit faire lui-même le lien avec l'inhumanité du capitalisme industriel. C'est l'histoire d'un homme au fond.
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