Derniers Avis : La Classe ouvrière va au paradis - Page 2
La Classe ouvrière va au paradis
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Davidhem
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5,0
Publiée le 9 juin 2012
Intelligent, immense, fondamental, ce film d'Elio Petri met tout le monde d'accord. Les ouvriers ont toujours été les plus mal lotis, les plus maltraités, les moins payés. Le film raconte l'histoire d'un ouvrier italien qui travaille avec ferveur jusqu'à ce qu'il perde un doigt. La perte de ce membre de la main va générer en lui une véritable métamorphose. L'homme vaniteux, cynique et violent qu'il était va connaître une véritable descente aux enfers. Son jugement va changer, sa manière de penser également. Elio Petri nous montre avec réalisme les conditions de vie des ouvriers, le travail à la chaîne, les cadences infernales, les hommes qui travaillent dans des conditions innommables. Le réalisateur s'appuie sur l'époque dans laquelle il vit, une époque de révolte sociale, l'époque des changement de moeurs que sont les années 1970. L'analyse de la situation permet de se rendre compte comment les patrons s'enrichissent lors d'un boom économique, les ouvriers tenus de servir d'esclaves sans augmentation véritable des revenus. On assiste alors à la grève soulevée par les ouvriers, encouragée par les syndicats d'étudiants afin de tenter de mettre un terme à ce semblant de dictature au plus profond d'une entreprise. Mais personne n'est tout noir ni tout blanc comme chacun sait. Exemple avec ce film, un ouvrier perd son emploi, sa famille souffre et les étudiants profitent de la situation pour essayer de déclencher une révolution. Le film montre également le problème des familles divorcées, un fait qui aujourd'hui paraît courant mais il est traité de manière très lucide dans le sens où chacun des parents refait sa vie tandis que l'enfant profite de la mésentente des parents. On apprend également qu'un ouvrier qui se révolte et qui perd ses nerfs et sa raison peut finir dans un hôpital psychiatrique non pas parce qu'il est atteint de folie mais parce qu'il représente un danger pour le système. Gian Maria Volonte incarne le protagoniste et une fois de plus, il effectue une prestation magistrale de cet homme torturé mentalement par sa situation. Elio Petri rédige et signe un réquisitoire féroce contre les sociétés de consommation, accusant l'Etat d'envoyer la police pour dégager les syndicalistes et protéger le patron bref un vrai film engagé. Le scénario est riche en profondeur, bien ficelé, bien mené, la réalisation est remarquable d'efficacité et d'émotion. Au final, Elio Petri réalise un chef-d'oeuvre incontournable!
Dans La Classe ouvrière va au paradis on a encore droit à une incroyable prestation survoltée de Gian Maria Volonte, confirmant de film en film qu'il est l'un des mes acteurs préférés. Une œuvre sociale à l'italienne dont ils avaient le secret pour les rendre passionnantes là ou d'autres en faisaient des films ennuyeux ; charge virulente contre le monde du travail déshumanisé à travers une usine où les ouvriers fabriquent à la chaîne un objet métallique dont ils ignorent l'utilité et sa destination. Elio Petri (qui je crois était un déçu du communisme) ne nous montre pas une vision idyllique ou naïf des ouvriers, le personnage de Volonte est abattu par son travail délaissant sa famille mais obsédé par le fait d'être l'ouvrier le plus compétitif. Une œuvre intéressante et le seul reproche que je ferais, c'est la dernière demi-heure à laquelle j'ai moins accroché, niveau scénaristique cette partie du film semble moins travaillé.
Une satire sociale qui ne fait pas dans la dentelles, tout y est exacerbé les dialogues, situations et jeux d'acteurs. Le scénario aborde énormément de thèmes autour du syndicalisme, communisme et autres problèmes liés au monde du travail. Le point fort du film est qu'il arrive a ne pas être partisan d'une des causes, le montage dans certaines scènes est excessif (mais cela fonctionne bien). La musique de Ennio Morricone est géniale.
Me voilà assez perplexe. La Classe ouvrière va au paradis est le genre de film que, de manière habituelle, j'apprécie fortement. Hélas, mon sentiment relève plus de la lecture d'un journal, plutôt que d'avoir vu une oeuvre cinématographique. Je veux dire par là que le réalisme du film est certes très bien constitué, mais à ce niveau-ci, ça l'est trop. L'aspect documentaire est trop développé pour qu'une réelle immersion puisse s'opérer, et la bande sent de très loin l'encre utilisée pour imprimer l'article d'une revue communiste. D'ailleurs, son réalisateur était un journaliste communiste.
Passé cela, nous avons affaire à un acteur prenant et incarnant son rôle avec talent, mais le reste du métrage tombe dans une linéarité qui peut laisser de marbre, ou au contraire, passionner. Personnellement, j'ai été à la fois passionné, et ennuyé. Passionné par l'atmosphère se dégageant de la bande, et par tous ses sous-entendus. Mais j'ai également été ennuyé par ses longueurs de reportage rétro et journalistique. Ce film est tout de même intéressant, typique de son époque, mais ne mérite pas non plus une palme d'or ou d'être exposé au rang des chef-d'oeuvres.
Film d'une grande intensité avec parfois un déferlement sonore assourdissant et des longueurs narratives, qui donne un regard drôle et dramatique de la lutte des classes voire de la société industrielle telle que nous la connaissons encore aujourd'hui. Gian Maria Volonté surplombe le film et cache presque tout le reste à lui tout seul. A noter une bonne musique d'Ennio Morricone rappelant le thème de l'atelier et très présente dans tout le film . La réalisation et le scénario sont aussi réussis avec un montage répétitif des scènes quotidiennes de l'ouvrier et un très bon parallèle avec l'asile remplis d'hommes qui se sont tués à la tâche et n'ont rien vécu ! L'ensemble ne fait pas un film culte mais reste très actuel.