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Dm25
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5,0
Publiée le 4 août 2026
Un vrai western rural , sombre et violent, avec un Gabin magistral d'un bout à l'autre, le tout sublimé par la musique de Gainsbourg. J'ai revu ce film dernièrement, oui cela a vieilli, mais je le trouve toujours aussi bon , rythmé et prenant. Et quelle violence si on le replace à l'époque de sa sortie.
Un film âpre, dur que Gabin en patriarche domine de son talent. Pas de dialogues à la Audiard, on parle peu , on est dur au mal, et on se serre les coudes lorsque le petit fils est menacé de mort. La réalisation est sèche mais remarquable et certaines sont eprouvantes (le rodéo avec les vaches, la scène avec la petite fille). Même si le propos est assez réactionnaire on prend du plaisir à la réaction violente de la famille unie et au retour au bercail du petit fils. Un film qui a été un beau succès commercial à sa sortie et une musique de Gainsbourg formidable.
Un polar planté en pleine terre normande, où la drogue venue d'ailleurs s'échoue dans une propriété de campagne dans laquelle c'est un patriarche qui fait la loi, pas la République. Pierre Granier-Deferre filme avec une sobriété sèche, presque rude, qui colle parfaitement à son sujet. Pas de fioritures, pas d'effets : un western rural austère où le silence pèse plus que les mots. Jean Gabin est impressionnant de bestialité contenue. Le visage fané, la démarche lourde, le regard glacial qu'il promène sur ses terres et les siens. On sent un homme qui a dû rêver ce rôle, lui le propriétaire terrien de la Pichonnière. La bande originale de Gainsbourg, entêtante et cyclique, accompagne cette figure immuable comme un battement sourd. Il y a un plaisir primitif à voir cet homme régler ses affaires sans appeler personne, abattre froidement ceux qui menacent son clan. Le film ne le condamne pas, il observe. Et le regard complice qu'on a à la fin, devant tant de mauvaise foi et de malice paysanne, est peut-être l'émotion la plus juste qu'il laisse derrière lui.
Platement réalisé ( selon moi ), ce film noir de Pierre Granier Déferre (1970 ), cinéaste dans la tradition de la qualité française, connu un succès public à l'opposé du regard que lui accorda la critique professionnelle.
Ce qui m'a finalement le plus intéressé dans ce scénario ( vaguement inspiré du clan Dominici, tiré du nom de la même affaire criminelle célèbre ), c'est son arrière fond psychologique.
Regard sur le schéma neuronal archaïque de l'appartenance au clan ( en être rejeté c'est la mort au bout du chemin ), mais aussi celui d'une personnalité à l'intériorité rigide, claquemure derrière ses palissades intérieures, qui transmet son tropisme de caractère aux générations suivantes, comme on lui a sans doute transmis.
Il y a aussi une réflexion sur le cycle de la violence qui une fois enclenché conduit à la disparition d'une des deux parties en cause si la Loi est impuissante.
C'est peut-être aussi une observation sur l'importance de la façon dont on voit le monde ( les deux clans sont chacun dans leur univers marginaux à l'écart des règles sociales ) qui finit par compter plus que celle de la neutralité de la réalité, incarnée par le cadre naturel et campagnard dans lequel se déroule l'action.
Il y a Gabin ( il appréciait beaucoup le film paraît il ) et c'est surtout pour lui que j' ai apprécié " la horse ", sentiment mélangé d'une pointe de déception .
Pierre Granier Deferre a fait beaucoup beaucoup mieux et pas qu'une fois.
Faire preuve de malhonnêteté, qu'elle soit intellectuelle ou judiciaire, n'appartient à aucune famille politique... Or, ici, les agissements du patriarche (implacable Jean Gabin), dus à son orgueil patronymique et à ses ambitions de transmission patrimoniales, ne sont assurément pas validés, ni par la destruction de sa grange, ni par le massacre de ses bêtes, ni par les violences envers les femmes de sa famille! Récit d'une protection poussée au-delà de tout bon sens, l'intrigue condamne ce clan refermé sur lui-même, soumis à des exigences archaïques dont le labeur agricole n'est qu'un prétexte pour couvrir des valeurs aisément perverties, ce que la déclaration du petit-fils prouve avec cynisme. Un sarcastique contre-exemple!
Bon petit film pas très connu dans la filmographie de Jean Gabin. Une famille d'agriculteur dirigée par Gabin qui ne veut pas plier face à des gangsters. Une sorte de choc des cultures entre citadins et provinciaux. Très bien
« La horse » est un bon thriller réalisé par Pierre Granier-Deferre en 1970 avec Jean Gabin dans le rôle principal. Il interprète merveilleusement le personnage d'un patriarche, propriétaire terrien, autoritaire, dur et très froid voire brutal qui a surtout le sens de l'honneur de la famille. Il va essayer de tout faire pour faire disparaître les compromissions de son petit-fils en affrontant, avec l'aide de son neveu, sa bande de trafiquants de drogue et éviter de mêler la police. A noter l'excellent final Gabin/Pierre Dux.
Malgré le jeu des acteurs et la présence centrale de Jean Gabin, le scénario est bien trop simpliste pour que ce film ait un quelconque intérêt. Et puis, à un moment donné, spoiler: les mecs armés cachés toute la nuit dans une aussi minuscule citerne, une citerne dont les extrémités s’ouvrent d’un coup alors qu’elle est à moitié pleine d’eau . Totalement invraisemblable !
On ne peut pas s’empêcher à la fin du film de sourire de tant de malice et de mauvaise foi concernant la dissimulation de la vérité. Mais le film est tout simplement excellent de rudesse et de silence lourd de signification. Gabin est magistral évidemment.
Dans ce western agricole, Jean Gabin est impérial en chef de famille tout puissant qui choisit et décide de la marche à suivre pour protéger les siens contre des trafiquants de drogue. Sur une musique rythmée de Serge Gainsbourg, le patriarche autoritaire ne s’en laissera pas compter et traitera le problème à sa manière. C’est brutal et efficace.
Drame, coécrit et réalisé par Pierre Granier-Deferre, La Horse est un film impactant. L'histoire se déroule en Normandie et nous fait suivre Auguste Maroilleur, un propriétaire de corps de ferme vivant sur ses terres avec sa famille qu'il dirige d'une main de fer. Un jour, Bien-Phu, un employé de l'exploitation, découvre dans le cabanon du terrain de chasse de la ferme un paquet d'héroïne. Il en parle alors à son patron qui va comprendre que la marchandise est destinée à son petit-fils, mais il va la détruire. Seulement, les chefs du gang vont venir l'intimider pour récupérer la came et retrouver le petit-fils, mais le vieil homme n'est pas du genre à se laisser marcher sur les pieds et va sévèrement riposter. Ce scénario, adapté du roman du même nom de Michel Lambesc, nous plonge pendant un peu moins d'une heure et demie dans une affaire de vengeance montant crescendo vers un point de non-retour. En effet, plus les minutes défilent et plus l'intrigue gagne en intensité dans cette confrontation entre deux milieux bien différents. Ce face à face donne lieu à des scènes de représailles brutales car la victime compte bien se faire justice elle-même et se retourner contre ses agresseurs. Le reste du temps l'ambiance se veut froide et silencieuse, à l'image de cette famille ou règne l'omertà. Un clan sous l'autorité d'un patriarche austère mais protecteur, merveilleusement interprété par un Jean Gabin au visage sévère. Il est entouré par André Weber, Marc Porel, Éléonore Hirt, Christian Barbier, Danièle Ajoret, Michel Barbey et Orlane Paquin pour les proches composant cette famille soudée taiseuse. Le reste de la distribution comporte des comédiens jouant les antagonistes et les forces de l'ordre. Tous ces individus entretiennent des rapports conflictuels et tendus, soutenus par des dialogues incisifs, en particulier lorsqu'ils sortent de la bouche du maître de maison qui balance des répliques aussi dictatoriales que lapidaires et qui ne parle que lorsque nécessaire. Sur la forme, la réalisation du cinéaste français s'avère de qualité. Sa mise en scène comporte de la narration visuelle et ses plans sont soigneusement cadrés. L'environnement rural coupé du reste du monde est lui bien exploité et sert le propos. Ce visuel est malheureusement accompagné par une b.o. complètement à côté de la plaque cosignée par Serge Gainsbourg et Michel Colombier. Leurs compositions légères ne sont vraiment pas en accord avec le ton et sont peu nombreuses ce qui fait qu'on entend toujours les mêmes notes désagréables en boucle. Et celles-ci deviennent vraiment de plus en plus pénibles à la longue. Ce choix est vraiment curieux et assurément mauvais. Il aurait fallu des airs beaucoup plus graves pour coller à l'action. Reste une fin correcte, venant mettre un terme à La Horse, qui, en conclusion, est un film efficace méritant d'être visionné.
Ce polar à la campagne repose en grande partie sur la personnalité à la fois charismatique et caricaturale d'un paysan patriarche au regard dur et aux idées étroites. Maître chez lui, Auguste Maroilleur règne en despote sur sa famille, qu'il méprise, et s'apprête à régler brutalement leur compte à des trafiquants de drogue agissant sur ses terres. Le film de Pierre Granier-Deferre a pour lui son cadre champêtre et ses moeurs rurales, décor plutôt insolite en matière d'histoires de gangsters. Et le cinéaste aurait pu réaliser un film brillant s'il n'avait pas laissé ses personnages à l'état de stéréotype st s'il avait contraint Jean Gabin à aller au-delà de cette figure paysanne épaisse qu'il compose. Ce type obtu et laconique, à travers lequel d'aucuns verront un homme fort, les autres un péquenot réac, manque de nuances, ce qui ne surprend pas, à considérer la seconde carrière de Gabin commencée après-guerre. La trame du film est certes intéressante; son atmosphère particulière et sa concision n'y sont pas étrangères; mais la mise en scène pas assez rigoureuse de Granier-Deferre prive beaucoup le sujet de sa crédibilité, notamment en n'expliquant pas de façon convaincante l'etonnante docilité dont font preuve les filles et les gendres de Maroilleur. Divertissant mais pas abouti.
Pierre Granier-Deferre est un ancien élève de l’IDHEC qui a fait ses classes comme assistant auprès de Georges Lacombe, Jean-Paul Le Chanois, Georges Lampin et Denys de La Patellière. Quand il entame le tournage de « La Horse », le premier des deux films qu’il tournera avec Jean Gabin, sa carrière compte deux succès d’estime avec « La métamorphose des cloportes » (1965) et « Paris au mois d’août » (1965). Deux films avec Charles Aznavour en vedette. Mais en cette période de Nouvelle Vague triomphante, quelque peu arrogante voire dictatoriale son cinéma d’inspiration classique est immédiatement classé dans la catégorie « qualité française », qualificatif qui à l’époque est tout sauf un compliment. Granier-Deferre un peu à contre-courant a la chance d’avoir côtoyé Jean Gabin à cinq reprises sur les plateaux en sa qualité d’assistant évoquée plus haut quand l’acteur/producteur pense à lui pour réaliser l’adaptation de « La Horse », un roman policier rural plutôt violent de Michel Lambesc paru en 1968. Gabin interprète Auguste Maroilleur un fermier, patriarche autoritaire régnant sans partage sur un domaine agricole de 400 hectares situé dans le marais Vernier aux abords de l’estuaire de la Seine tout comme sur sa famille. Quand il découvre que son petit-fils (Marc Porel) éternel étudiant devenu barman sur un ferry faisant la liaison entre Le Havre et l’Angleterre utilise un gabion situé sur ses terres comme planque pour un trafic d’héroïne (« la horse » en argot), il entreprend de remettre celui-ci sur le droit chemin en plongeant tout simplement la livraison dans une tonne à eau. L’addition s’élevant à 200 millions de francs ne va pas tarder à être réclamée et le règlement de comptes qui s’ensuit avec. Le film plonge alors le spectateur dans une sorte de western normand où Gabin prendrait la place d’un John Wayne ou d’un Clint Eastwood et le tracteur celle du cheval. Un western violent et sans concession comme ceux de Sam Peckinpah ou Clint Eastwood. Le vieil Auguste tel l’empereur romain du même nom dirige d’une main de fer la fratrie demeurant sous son toit. Ses deux filles (Eléonore Hirt, Danièle Ajoret), ses deux gendres (Christian Barbier, Michel Barbey) et sa petite fille (Orlane Paquin) auxquels s’ajoute un homme de confiance, vétéran d’Indochine interprété par le toujours intrigant André Weber. Granier-Deferre épaulé par un Gabin magistral décrit de manière clinique le rythme d’une vie familiale austère s’articulant autour du travail à la ferme et du rapport d’autorité qui se réaffirme journellement via le cérémonial des repas avec le patriarche marmoréen en bout de table qui donne ses ordres pour la journée. C’est donc seul qu’Auguste Maroilleur spoiler: va diriger la manœuvre pour bouter hors de ses terres et loin de son petit-fils les cinq malfrats venus à plusieurs reprises y semer la terreur : sur les bâtiments puis les bêtes et enfin les femmes de la famille. Jean Gabin qui incarnera trois ans plus tard Gaston Dominici sous la direction de Claude Bernard-Aubert est ravi d’interpréter un paysan de souche. Ayant réussi dans le monde du spectacle à la suite de son père chansonnier, il n’a jamais pu se faire accepter par les paysans de l’Orne où à l’orée des années 1960 il avait acquis un vaste domaine qui lui avait amené un grave conflit avec les agriculteurs locaux. Le rêve de tout une vie qui prit fin dans la douleur. De son côté Granier-Deferre avec Pascal Jardin à l’écriture du scénario retranscrivent de manière certes brutale mais pertinente la fracture déjà à l’œuvre entre deux mondes qui sont ici symbolisés par un enracinement forcené qui tente de faire front face à une mondialisation galopante imagée ici par « la horse » voyageant à travers les continents. Dans le film,spoiler: le grand-père parviendra par son obstination et son courage parfois insensé à ramener son petit-fils dans la ligne tracée par ses aïeuls. Le pourrait-il encore un demi-siècle plus tard ? Un film détonnant dans le paysage cinématographique français de l’époque dirigé par un Pierre Granier-Deferre qui confirme sa capacité à tirer le meilleur des adaptations qu’il dirige et qui surtout s’avère un remarquable directeur d’acteurs qu’il convient de réhabiliter sans relâche.