Tirée d'une histoire vraie concernant une comtesse hongroise du XVIème siècle et basée sur les rumeurs de son existence. Delpy nous sert ici un film sombre, gore et qui nous donne des frissons dans le dos. On se laisse porter par ce personnage horrible en acceptant la véracité de ces rumeurs pas vraiment vérifiées historiquement parlant. Très gore et à réserver à un public averti, c'est un bon divertissement de genre français et c'est suffisamment rare pour le noter et applaudir.
Julie Delpy réussit un film intimiste et un film d'époque. Cet exercice est toujours délicat et elle s'en acquitte avec talent, sensibilité. Elle ne cède jamais à la facilité, au gore ou au mélo. Elle embrasse toute l'histoire de main de maître avec des acteurs formidables. La mise en scène est très bien, elle restitue cette époque avec précision. C'est une belle surprise.
Après le registre comique avec « 2 Days in Paris », changement radical pour Julie Delpy qui s'attaque à l'histoire de la Comtesse Bathory, mondialement connue pour ses « exploits » sanglants vis-à-vis des jeunes vierges dqu'elles vidaient de leur sang afin de s'y baigner et espérant ainsi y trouver la jeunesse éternelle. De cette sombre histoire naît une oeuvre tout aussi sombre à tout point de vue (comportements humains bien sur, mais également dans les décors, les costumes et la très belle photographie) et risquant de ne pas plaire à tout le monde, l'ensemble restant qui plus est à l'image de son héroïne : glaciale. Pourtant, il serait bien dommage d'ignorer ce film à l'étrange beauté et surtout particulièrement saisissant dans les différents rapports que l'on peut voir s'y nouer, que ce soit la passion, la haine ou l'obsession. De ce point de vue Delpy frappe fort, et prouve ainsi qu'elle est aussi bien capable de capter les sentiments humains dans une comédie que dans un drame pur et dur. Dommage toutefois que le film se développe sur un rythme assez lent (sans être ennuyeux) ne nous permettant pas forcément de nous immerger comme nous l'aurions souhaité dans cette histoire aussi dérangeante que fascinante... Reste que « La Comtesse » demeure une oeuvre suffisamment forte et audacieuse (à l'image de l'étonnante prestation de Delpy elle-même dans le rôle-titre) pour imposer le respect et, même, y trouver une réelle satisfaction. Etonnant.
L'actrice et réalisatrice Julie Delpy s'inspire de l'histoire plus ou moins fantasmée d'Elisabeth Báthory, comtesse hongroise de la fin du XVIème siècle réputée pour ses nombreux assassinats de jeunes filles, pour nous raconter cette histoire sur la hantise de la vieillesse et la quête de l'éternelle jeunesse. En résulte un film très réussi, à l'atmosphère sanglante et ténébreuse, qui parvient à garder de manière très subtile le mystère sur la véracité des actes monstrueux commis par le personnage principal, dans une période où les condamnations pour actes de sorcellerie étaient légion et les intrigues politiques nombreuses.
Faire un tel film est une gageure et une tache immense avec plein d'occasions de tout rater. Le premier élément n'est pas réussi, le second, tout est raté. L'Histoire est très complexe et je doute qu'un seul film soit exhaustif sur le sujet, des erreurs historiques indéniables. Des choix discutables souvent par méconnaissance du sujet. Esthétiquement agréable mais dérive vers autre chose qu'un film historique et cela devient assez désagréable. Plus que décevant, à oublier. D'autant plus que l'actrice principale ne fait pas se lever les foules, en termes choisis, je ne l'apprécie pas !
Ahhhh Delphine Seyring... oui cette Comtesse de et interprétée par Julie Delpy est un très bon film sur le mythe de La comtesse Bathory. Mais la référence reste l'inoubliable et l'unique Delphine Seyrig dans "Daughters of darkness" de Harry Kumel
Magnifique film sur La Bathory: l'Amour, le Désir, la Folie... Julie Delpy est excellente dans le rôle de cette femme de pouvoir qui perd la tête pour un jeune homme au-delà des convenances de son époque!
Frissonner devant les atrocités que peut commettre une femme pour accéder à la jeunesse éternelle Un mélange entre Dracula et la marâtre dans Blanche Neige La justesse de l’interprétation de Julie Delpy Puissance et décadence dans la Hongrie du 17ème siècle
Inspiré de la vie d’une comtesse hongroise en quête de jeunesse éternelle, un conte macabre sombre et troublant, porté par l’interprétation glaçante de Julie Delpy.
Les critiques sur la mise en scène et le jeu de Julie Delpy me semblent excessives. Certes, le film est très académique, mais il est plutôt bien fait. En revanche, c'est le parti choisi par Delpy qui me semble douteux, non seulement sur le plan historique et réaliste, mais sur le plan du féminisme dont elle se revendique. Delpy tente de nous faire croire que la comtesse Bathory est devenue une serial killeuse par peur de vieillir et de perdre son jeune amant. Elle tombe ainsi dans un vieux piège. Bathory a longtemps été en effet accusée d'avoir commis ses crimes par "vanité", défaut censé être féminin par excellence, une femme ne pouvant pas commettre de telles atrocités par pur sadisme. Bathory est donc réduite à une créature pour qui son apparence compte avant tout, alors qu'il s'agissait d'une femme cultivée parlant six langues, gérant son domaine avec habileté. Certes, Delpy laisse entendre que Bathory pourrait être une innocente victime des manipulations d'un voisin avide de s'emparer de ses biens, mais elle ne sait pas choisir clairement entre les deux thèses. Incarner un tel monstre mythique n'était certes pas chose facile, mais le résultat ne semble pas à la hauteur des ambitions de la réalisatrice/actrice.
Compte-tenu du sujet, on pouvait s'attendre à un film beaucoup plus marquant et surtout sensiblement plus gore. On peut apprécier le choix de Julie Delpy de ne pas tomber dans le film d'horreur et de se concentrer sur le portrait d'une femme qui refuse de vieillir, mais l'ensemble est quand même très désincarné et fade. J'ai aussi du mal à comprendre pourquoi elle n'a pas plus joué avec l'ambiguïté dégagée par la thématique de la machination qui occupe pourtant toute la fin du film. A quoi bon la développer à ce point alors que ce qu'elle montre à l'écran ne laisse aucun doute ? "La comtesse" joue à la fois sur l'exploitation des mythes populaires et sur celui d'une autre réalité potentielle, ce qui produit un film ambigu et frustrant faute de faire un choix net.
Au lieu de choisir entre les trois versions possibles de la vie de Erzsébet Báthory (la légende noire historiquement fausse, le sadisme d'une multi-meurtrière ou l'innocence d'une femme de tête victime d'une machination), l'intrigue les mêle toutes, se privant d'une quelconque cohérence, d'autant qu'y est superposée une histoire d'amour mièvre invraisemblable. Tout en peignant une ambiance gothique léchée, la froideur de la réalisation, couplée au ton monocorde avec lequel les comédiens exhalent des dialogues artificiels, empêche une quelconque émotion de sourdre, sinon le dépit face au ridicule de l'entreprise - menée par une Julie Delpy que l'on pourrait accuser d'orgueil déplacé. Absurde.