Sobre. Glacial. Avec ce film Julie Delpy entre dans la cour des "grands". Belle reconstitution et malgré le sujet jamais grand guignol ni gore ... Et quelle interprétation ! Un grand moment de cinéma.
L'ambiance sombre et hostile de "La Comtesse" prend rapidement à la gorge, jusqu'à nous laisser peu de répis. Avec des paysages, des décors et des personnages la mort planne tout du long. Très réussi et intense. Julie Delpy confirme son talent de réalisatrice (et d'actrice). Un mot également pour souligner la performance du toujours impeccable William Hurt.
A la fois un drame romantique réussi et un conte noir manqué. July Delpy est une interprète très émouvante d’une femme qu’un amour sans issu pour un trop jeune homme et la hantise du vieillissement fait tomber peu à peu dans une forme de folie. La comtesse Bathory est une figure titulaire du mythe fantastique du vampire, le scénario en fait un personnage de grand aristocrate semblable à un Gilles de Rais. Mais c’est là que le film pèche : la cruauté de l’époque et de l’environnement est maladroitement surlignée, à la limite du ridicule dans certaines séquences sado-masochistes. La liaison saphique avec une sorcière amoureuse est superfétatoire. Le merveilleux noir n’est vraiment convainquant que dans le décors du château ou les instruments de torture. A force d’ellipses l’histoire semble par moment désincarnée, vidée de sa substance. Un beau projet pourtant…
Décrivant la célèbre comtesse Bathory comme une victime de sa condition de femme indépendante, de l'influence néfaste des hommes et de sa peur de vieillir, Julie Delpy dresse un portrait loin de tout folklore fantastique, s'attardant plus sur les tourments de son héroïne que sur ses crimes, pour un résultat formellement abouti et soigné mais dénué d'émotion et surtout d'un certain souffle baroque.
Julie Delpy réalisatrice ne s'encombre pas de détails encombrants et inutiles, ou de scènes pesantes et ennuyeuses. Tout va très vite au début, sans aller trop vite, pour bien nous mettre dans l'histoire, et ensuite on s'attarde sur ce personnage effroyable et fascinant, le tout lié par un scénrio bien écrit, malgré quelques petites défaillances, en de rares moments. Julie Delpy est glaciale à souhait dans ce rôle pas si évident.
J'aime : * Julie Delpy, grande artiste française * le portrait psychologique de Bathory. me rappelle les sentiments que j'ai éprouvés pour la Phèdre de Racine. * l'esthétisme des personnages, des plans * l'intelligence dans le développement scénaristique
J'aime pas : * les longueurs et les lenteurs inutiles * le parti pris d'un jeu d'acteur trop théâtral * le manque de clarté narratif
Un film réussit sur la vie d'Elisabeth Bathory. July Delpy actrice est très inspirée dans son rôle d'aristocrate vieillissante et sombrant peu à peu dans la folie suite à une déception sentimentale. Le reste du casting est lui aussi réussi. Par contre la July Delpy réalisatrice est trop académique pour rendre le film palpitant. Peut être par manque de moyens. Un film à voir néanmoins car doté de qualités certaines.
Julie Delpy a pris des risques mais a peut être un peu trop voulu porter le film sur ses épaules. Interprétation convaincante, une très belle scène de bal, mais un ensemble très inégal en raison d'un scénario mal foutu.
Un film bien mené sur une histoire bien louche mais rendu réelle au possible. La Comtesse est ce genre de film modeste mais qui possède un bon potentiel. La réalisation de Julie Delpy demeure agréable et soignée. Même si on est loin du film Historique la Comtesse offre une petite plongée dans les années 1560 plutôt réussie.
Quelle belle poésie pour une légende qui se veut moins édulcorée. Julie Delpy est impressionnante dans son rôle et nous pose moultes questions auxquelles nous n'aurions jamais pensé être confrontés.
Si La Comtesse de Julie Delpy n’arrive pas à convaincre ni ne lève le voile sur un mystère, il permet aussi de mettre en avant un personnage presque envoûtant, dans une réalisation parfaite, montrant encore que l’Histoire demande à être explorer en profondeur.
L'adaptation de cette histoire effrayante de la comtesse de Bathory nous permet de confirmer l'étendue du talent de Julie Delpy qui interprète le personnage central en même temps qu’elle réalise ce joli film. Il s’agit d’une fable déroutante et macabre dont la forme est aussi académique dans le genre du film d’époque que le fond peut être original, puisqu'il mêle habilement l'épouvante, la reconstitution historique et une réflexion philosophique sur la peur de l'âge avancé. Grâce à sa subtile interprétation, l’actrice-réalisatrice parvient à nous faire partager la folie sanguinaire de son héroïne lugubre et à donner du crédit et de la profondeur au mythe qui l’entoure.
Actrice principale, réalisatrice, scénariste mais aussi compositrice, Julie Delpy aura touché presque à tout dans son long métrage sur la Comtesse Erzsébet Báthory. Et cela ne porte en aucun cas défaut au film. La première partie, centrée sur son enfance (difficile la scène de l’exécution de l’amant !), la perte de son époux, puis la rencontre avec Istvan Thurzo, interprété par le charmant Daniel Brühl, nous permet de mieux cerner, mais aussi comprendre la comtesse. Rien jusque là de ce que nous (croyons) connaître de la « sanglante » comtesse… Et c’est là que commence l’histoire qui fera d’elle ce que l’on sait aujourd’hui mais qui reste une idée comme une autre sur les raisons qui l’auraient poussée à ces meurtres sanguinaires. Julie Delpy, à défaut de montrer une comtesse horrible et sans cœur, nous fait partager l’humanité qu’elle voit dans cette femme qui s’avère être fascinante aussi bien dans ses actes que par l’interprétation de la cinéaste. Et même si elle n’en reste pas moins une meurtrière, on en vient à avoir de la compassion. Du moins, encore faut-il avoir déjà ressenti le sentiment qui l’a même à sa perte… Malheureusement sorti dans trop peu de salles, La Comtesse est un film de qualité et d’une beauté à travers ses paysages et tenues d’époque. Un film peut être dérangeant selon certaines scènes, mais sincère.
Dire que ce film m'a emballée serait mensonger, mais voilà au moins un film original loin des oeuvres formatés pour adolescents attardés... Il fallait du courage pour s'attaquer à un tel sujet et le traiter de cette façon. Bravo Julie d'avoir osé...
Ce n'est pas la première fois que la légende d'Elisabeth Bathory est portée au cinéma. Parmi d'autres, Walerian Borowczyk avait déjà consacré à la sanglante comtesse hongroise l'un de ses quatre Contes immoraux en 1974. Julie Delpy, réalisatrice, scénariste et interprète, revient sur cette histoire avec une touche très personnelle en mêlant avec bonheur le mystère historique, la cruauté sadique et la superstition criminelle. Sa mise en scène établit un climat qui fait penser à Edgar Poe autant qu'aux histoires de vampires des Carpates. Mais c'est dans sa conception du rôle titre que Julie Delpy nous intéresse le plus, en donnant à sa comtesse à la recherche sanguinaire d'une jouvence éternelle, une dimension faustienne à la fois émouvante et féroce. Un beau film d'une réalisatrice prometteuse.