Dans la même logique que "Rocky Balboa" Stallone ressucite son autre personnage fétiche, la face sombre de Rocky: John Rambo. Si la suite nous montrera que Stallone retombera dans ses travers opportunistes qu'il a lui même installé cette fois, cela n'enlève rien à cette oeuvre puissante, humaniste, barbare mais bien plus positif qu'il n'y parait, old school, bref en deux mots l'un des plus grands films d'actions jamais réalisés. On peut occulter "Rambo 2 et 3", ce quatrième opus s'inscrit plus dans la logique du premier film et n'a rien de tellement surréaliste et narcissique que ça en est drôle, bie au contraire. Dés l'ouverture, le ton est donné. De vrais images atroces de la birmanie, l'un des pays si ce n'est le pays le plus violent et fermé au monde. Puis la fiction arrive et nous montre exactement la même chose: l'horreur de la tyrannie et la guerre. Stallone inscrit ainsi son récit plus que jamais dans le réel et c'est dans ce contexte que l'on retrouve Rambo, plus perdu que jamais, sans idéologie, ni raison de vivre et qui va percevoir via une femme une once d'espoir et une raison de vivre, de se remettre en question avant de s'assumer comme une machine de guerre. Plus cohérent avec le premier "Rambo" tu meurs. Dans un style caméra à l'épaule, Stallone ne nous épargne rien de l'horreur de la guerre, ni les viols, les meutres d'enfants, les blessures ou les éxécutions bestiales. Et c'est ce style réaliste et cette cohérence narrative qui donne toute sa puissance au film, véritable plaidoyer pour la paix dans un monde chaotique et violent qui est le notre, qui est la nature de l'être humain, et non un film barbare qui ne fait simplement que dénoncer. ( Prends ça dans les dents Cannes !!). Un petit mot sur la musique de Brian Taylor, qui est vraiment bonne et réussie, et sur la fin, véritablement géniale et cohérente. La route était longue, mais John Rambo s'est peut être enfin retrouvé.