"La graine et le mulet" est le genre de film d'auteur qui me laisse totalement indifférent. Je ne peux pas dire que c'est mal interprété ou mal réalisé. Je peux juste dire que je n'ai pris aucun plaisir à suivre cette histoire.
Nullité du scénario, nullité de l'ambition cinématographique, nullité technique, cousin rebeu de "plus belle la vie" cette graine de couscous est plus qu'indigeste... Spectacle tragique de voir notre bonne vieille gauche caviar bavée devant ce plat peu ragoutant. Il ne manque plus que le générique des dossiers de l'écran pour se croire devant notre télé, face à un très mauvais sitcom. A fuir comme en d'autre temps on fuyait le cinéma de Yves Boisset et autre "Vieux fusils"...
J'ai rien contre le cinéma qui est réaliste, ou qui du moins se veut réaliste, mais là je me suis sérieusement emmerdé. De toute façon, j'aime pas le style Kechiche et si j'ai apprécié, sans être conquis pour autant, "La Vie d'Adèle" c'est surtout grâce aux deux Adèle... "La Graine et le Mulet", pour moi c'est une première heure où entre de nombreuses disputes les personnages bouffent du couscous, à part ça rien d'autre... Ça commence enfin avec la visite chez la banquière mais l'ennui n'est pas fini pour autant, le réalisateur ne manquant pas d'étirer interminablement ses différentes scènes alors qu'elles auraient pu être largement élaguées des trois-quart de leur durée avec une mention spéciale avec la danse du ventre la plus disgracieuse de tous les temps. L'amateurisme d'une mise en scène tremblotante, d'une prise sonore médiocre, d'une distribution jouant globalement faux ne font qu'ajouter au plaisir.
On a l'impression de vivre avec les personnages du film, dans la même ville, dans la même famille. Ces acteurs amateurs jouent divinement bien. Puis les plans, simples mais recherchés et travaillés renforcent cette proximité. Juste un peu déçue par la fin et la longueur de quelques scènes parfois. Un film à voir et revoir cependant!
Kechiche signe un joli film, d'une rare justesse, sur la famille et le rêve d'un père, celui d'ouvrir son propre restaurant, même sans aucune expérience dans ce domaine.
Abdellatif Keniche que l'on a découvert dans le film "un thé à la menthe" nous a fait une petite merveille d'humanité. Ce film est une force de bon sens, tant la vie mené par un père de famille, à qu'une ambition créer l'affaire qui va effacé son impression d'échec et ainsi relever le défi de créer un restaurant avec l'aide de toute la famille.
Ce film adhère, hélas, au style bâclé en vogue actuellement dans le cinéma intellectuel français. Caméra genre AAthon sur l'épaule qui bouge sans arrêt à vous filer la gerbe, gros plan tellement excessifs que l'on ne distingue plus rien, éclairages foireux, montage à l'emporte pièce, diction des acteurs déplorable, dialogues inconsistants et d'une banalité totale, bref, je n'ai pas tenu un quart d'heure.Je ne vais pas au cinéma pour voir de prétendues tranches de vie filmées plus mal qu'un vidéaste amateur.Le soir même j'ai vu à la télévision un reportage en caméra cachée: les plans étaient de meilleures qualité que dans le film, les images étaient parfaitement visibles et les propos des protagonistes audibles et distincts.
Les dessins de voilier que se voyait offrir Abdelkrim dans «L’Esquive» et qui incarnait le rêve de l’évasion prennent vie dans «La graine et le mulet» (France, 2007) d’Abdellatif Kechiche. Le bateau restaurant que rêve de «monter» Slimane figure la joyeuse ambition d’une affaire entreprise à l’aube d’une vie périlleuse. Le cinéma de Kechiche traverse les âges et suite à la plongée dans la jeunesse de «L’Esquive» nous immerge dans la vieillesse. Habib Boufares (Slimane Beiji) est cette colonne de marbre blanc inébranlable sur laquelle repose le film. A ses côtés, Kechiche et sa mise en scène pure de par ses gros plans. Sculpté dans un système de gros plans, le temps du film se dilue dans la quasi-instantanéité des séquences. C’est par ce procédé aussi simple et efficace qu’il est là singulier que Kechiche nous précipite dans la vie. L’intérêt est placé sur ce que révèle les visages quant à l’intrigue. Dans un état de proximité voire de promiscuité, les gros plans entretiennent avec le spectateur une forme de vérité. Les larmes qui coulent sur un visage géant, les gestes d’affection, les froncements légers de sourcils exacerbent les sentiments et révèlent toute leur authenticité. Il suffit de voir la scène du dîner dominical pour s’apercevoir de la puissance révélatrice que contient chaque gros plan. Kechiche et Boufares entretiennent donc la base du film de par leur justesse de ton extraordinaire. Sur ce socle magnifique danse la fabuleuse Hafsia Herzi. Non seulement actrice d’une beauté somptueuse, elle incarne cette jeunesse fougueuse, alternative à celle de «L’Esquive». Kechiche, Boufares et Herzi sont le trio irradiant qui figure toute la puissance du film. Car «La graine et le mulet», hormis cette référence qui renvoie à l’intrigue, marque assurément la gémellité du film. Ce sont la vieillesse et la jeunesse. La séquence finale, paroxysme du Beau spontané, dévoile cette triste loi de la vie : la vieillesse est là pour léguer un monde à la jeunesse.
Dans le même esprit que « L'esquive », sorti quelques années auparavant et ayant également remporté le César du meilleur film, Abdellatif Kechiche propose un nouveau long-métrage en forme de docu-fiction. Il faut croire que le milieu professionnel adore ce type de drame social, filmé caméra à l’épaule avec des acteurs amateurs. Le portrait de cette famille modeste, d’origine maghrébine, s’effectue au travers de scènes de repas, d’engueulades ou bien de moments festifs. Le quotidien n’est qu’ordinaire mais laisse place à des élans de solidarité et d’humanité. C’est ce que le réalisateur tente de montrer en utilisant aucun artifice. Finalement, seule la prestation fougueuse de la jeune Hafsia Herzi (lui valant le César du meilleur espoir féminin en 2008) soulève quelques pics émotionnels. Bref, du cinéma se voulant réaliste qui s’étire en longueur.
Je poste une critique à 0 étoile pour dire à ceux qui critiquent un film sans l'avoir compris, qui reprochent des scènes "inutiles", qu'ils sont passés à côté d'un grand moment de cinéma, la faute peut-être à un esprit trop étriqué. Méditez la question, revoyez le film et vous vous surprendrez par votre propre intelligence.
Un autre film admirable de Kechiche, un des plus grands cinéastes contemporains. Filmant au plus près un milieu populaire en évitant tout misérabilisme, l'auteur dirige ses comédiens avec une grande justesse, chacun trouvant sa place dans une histoire à la fois belle et cruelle.