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Un visiteur
1,5
Publiée le 4 février 2013
Quand on regarde le duo, qui n'est autre que Huppert/Depardieu, on s'attendait clairement à voir du grand cinéma. Et non, malgré des scènes qui font parler, sur la folie du début des années 80, ce film n'a jamais vraiment commencé. Pialat, le réalisateur, ne voulait pas trop exposer le duel entre l'ignorance et la sensibilité. Depardieu dans le rôle d'un mec qui ne veut rien faire, et Huppert qui sauve un peu le désastre, qui montre tout son talent, en faisant la petite femme perdue dans ses pensées. Ça satisfait certaines personnes, tant mieux. Enfin, la finesse de Maurice Pialat laisse à désirer tant les clichés volent dans toute la pièce, les scènes poussives ne permettent pas aux téléspectateurs d'interpréter la nouvelle jeunesse, qui dans une petite boîte, essaye tant bien que mal de chercher son bonheur. Le positif ? Le talent des acteurs, à souligner, mais pas trop. Le scénario s'appuie légèrement sur les mentalités, les envies, les choix aussi. Question avortement, Pialat n'a pas voulu s'éterniser dessus. Dans le film, Nelly (Isabelle Huppert), n'était pas plus triste que ça, et la scène coupée, veut tout dire. Minimiser l'erreur, la force de Pialat. Globalement, ce long métrage a des qualités... non exploitées.
Du pur Pialat. Un cinéma vérité qui "creuse" l'humain pour faire jaillir la violence, le désir, le désarroi. Une tranche de vie sur le vif. Un regard juste, aussi, sur l'opposition des classes sociales, ou plutôt sur la différence de choix de vie entre conformisme social et liberté absolue. C'est fort en gueule, en coeur et en couilles. C'est pas toujours plaisant, mais ça remue quelque chose en profondeur. Huppert, Depardieu et Marchand sont épatants.
Histoire de plumard (y en a beaucoup). C'est du Pialat. Ca devrait etre suffisant pour donner envie à quiconque de voir ses films, j'espère. Maurice Pialat filmait la vie comme il la voyait, et non comme il la souhaitait. certains filment des effets spéciaux... Pialat filme les enguelades.la monotonie et les envies, Pialat filme des corps et des asperités en prise avec leur environnement, leur époque, le tout filmé dans un réalisme cru. En 30 ans que le film a été tourné, tout a changé et rien n'a changé, Pialat a su le voir et filmer la vérité du moment et celle de la condition humaine Certains reprocheront le rythme mais Pialat sait faire jaillir la vérité, l'énergie, l'énervement de personnages ballotés. Trio Depardieu-Huppert-Marchand au naturel, géniallissime, belle photo.
Loulou de Maurice Pialat : voilà un film pour le moins novateur ! Bourgeois contre voyous, le fric de papa-maman contre la démerde dans la rue... Gérard Depardieu et Isabelle Huppert sont deux acteurs des plus impressionnants du Cinéma : avec Jean Gabin, Depardieu est le seul qui ait dominé le Cinéma français plusieurs décennies durant. On peut le trouver insupportable, mais on ne peut pas nier son talent de comédien. Maurice Pialat, que je ne connaissais jusqu'alors, est un de ces cinéastes par qui le scandale arrivait. En effet, Loulou est un film cru, qui présente la vie des personnages sans détour, résume leur vie par une de ses tranches les plus significatives : il ne se passe rien. Morne et insignifiant, le récit de Loulou ne trouve pas de fil conducteur précis, et ce ne serait rien si Pialat arrivait à nous transporter par ses images. Mais non : on ne parvient pas à décoller. Terre-à-terre, Loulou comporte ses quelques moments forts : Isabelle Huppert qui disparaît brutalement entre deux voitures, le déjeuner familial à la campagne qui termine mal, une grossesse interrompue... mais les personnages n'arrivent pas à dialoguer, ou du moins ne font pas rentrer leur spectateur dans leur vie. Or, si ce n'est de la faute des acteurs, où est donc le problème, monsieur Pialat ?
ça commençait très bien, puis j'ai trouvé que le rythme ne tenait pas, si les acteurs étaient très bons, autant le début m'a passionné, autant la fin un peu moins. ça reste un bon film, très vrai, pur, du Pialat en somme.
les scenes de repas filmées par pialat sont criantes de vérité, un film touchant et autobiographique sur l'adultere. Guy Marchand en cocu est admirable.
Évidemment, pour apprécier Pialat, il faut un minimum de culture tant toute son œuvre est référencée... Mais même sans culture, on peut avoir suffisamment de bon goût et d’intelligence pour apprécier la beauté, non ? Pas évident, me dites-vous ? C’est vrai ! Alors, laissez hurler les loups qui préfèrent les débilités populaires, et retournez voir et revoir les chefs d’œuvre de Pialat. Loulou en est un, un vrai.
Un film involontairement comique sinon catastrophique, de + on peut certes condamner la lenteur d'une oeuvre pour sa lenteur - à tort ou à raison - , mais en ce cas bien précis aucune attache réelle n'est, en effet, présente; si ce n'est des moeurs tout à fait normaux pour leur époque: Le pire de Pialat !
Une fois encore, Maurice Pialat prouve que le cinéma dit "social" ne rime pas forcément avec ennui. Et pour cause, depuis longtemps, Pialat a su comprendre que le sel de la vie appartient aussi aux gens de peu d'importance et que la lutte pour la vie appartient le plus souvent aux plus pauvres, comme avant lui l'écrivit Steinbeck à travers ses "Raisins de la colère". Ce "Loulou" vaut ainsi par cette rage de vivre qui traverse tous ses personnages brillament interprétés, avec une fois encore, un Depardieu parfait dans un rôle de loubard au grand coeur. Magnifique.
S'il est une tare que condamne le critique improvisé de nos jours, c'est la lenteur. Honnie soit la lenteur! Ainsi le dernier film de Kubrick était nul parce que jugé trop lent et l'immonde dernier opus de Hulk supérieur au premier qui souffrait de lenteur. Quand Pialat rencontre Depardieu, il prend son temps, tout son temps, le temps d'être dans l'instant sans s'encombrer du reste (et des speedés du gland). Tant mieux! Le scénario est éthéré au possible, linéaire, intimiste tout comme le jeu des 3 acteurs (formidable et instense)en repli. Point fort du film : Pialat ne filme pas Depardieu, il le peint. Un singulier poème!
Un excellent film français. On se laisse porter par ces acteurs brillants, au fil de "morceaux de vie" qui font, mis bout à bout, un très bon moment de cinéma.