L'histoire d'un gars qui s'intéresse plus à sa science qu'aux êtres humains, mais qui va être confronté à cette engeance imparfaite pour sauver l'humanité.
Bon sang ne saurait mentir. « 28 jours plus tard » était parfait dans le style anticipation à petit budget. Ici, on a la même confrontation d'hommes prêts à tout pour survivre (pas forcément pour leur pomme), mais cette fois ci, le budget est correct, mais surtout l'utilisation en est superbe.
Les américains sont toujours tentés d'en faire plus avec les effets spéciaux, sans s'apercevoir que la moitié des scènes est râtée au niveau technique. Ici rien de tout ça, Boyle maîtrise et dirige d'une main de fer toute l'équipe, l'image et le film sont ciselé dans le diamant de la haute définition, tout est propre, lisse, fin, magnifique. Depuis « Starship Troopers » et dans une moindre mesure « Matrix », je n'avais pas eu autant de plaisir à l'écran, et inutile de dire que le jeu du cadreur sur les détails demandera un dvd haute définition, à l'image du corps qui dérive et ne fait que 1% de l'écran cinéma quand il brûle au soleil.
Rien de nouveau sous le soleil diront les pisses froid. Je ne suis pas du tout d'accord, tout est neuf, les meilleurs scientifiques ou hommes d'action choisis pour sauver l'humanité sont internationaux et non américains, et le débat vole beaucoup plus haut que dans un Alien, et à des milliers de kilomètres d'un Bay ou d'un Spielberg. Ici on est entre adultes, on se hait, on se défend et on n'oublie jamais le but de la mission, sans pour autant renoncer à sa nature propre, il n'y a pas de militaires dans cette mission !
Ensuite, la beauté des images, le casting, les dialogues, le look futuriste simple sans esbrouffe, la musique, tout est parfait. Contrairement aux deux Solaris, ici, il y a de l'action, ce n'est pas un combat contre des influences étrangère, c'est contre soi que l'on se bat, et contre un monde binaire, chaud / froid (enfin plutôt brûlant / glacé), pénombre / clarté, où toute erreur, surtout humaine est sans retour.
Car contrairement à tous les films qui ont précédé ce type de scénario, l'ordinateur ne perd pas les pédales, les aliens ne sont pas la cause des problèmes, n'en déplaisent aux xénophobes de l'espace, les disfonctionnements ne sont pas le fait des humains triés sur le volet. Cette fois le problème, c'est dieu, et c'est l'ultime originalité de ce chef d'oeuvre, qui balaye jusqu'à 2001 l'odyssée de l'espace. Ce qui reste de dieu dans les esprits malades des humains qui n'ont pas le courage de regarder l'infinité de l'espace et la puissance du soleil va précipiter les catastrophes, et sera la seule possibilité de mort de l'humanité.
Voilà, le scénario est parfait, on voit ce danger tous les jours dans les rues de Paris et d'Irak aujourd'hui, et on ne peut qu'applaudir des deux mains une démonstration aussi magistrale. Le rythme est bon, le jeu correct, les yeux bleus du héros sont une image du ciel quand plus rien n'existe de la terre, c'est aussi spectaculaire que mesuré dans ses effets. C'est peut-être simplement subtil, plus que les caricatures de caractères de chaque membre de l'équipage, mais après tout, chacun a sa personnalité, c'est montré facilement, mais on ne pouvait sans doute pas y échapper dans un film en huis clos.
Cerise sur le gâteau, c'est beau, tout simplement beau, les scènes d'horreurs sont cliniques, les scènes d'actions sont parfois oniriques, mais tout est voulu et cela se sent. Les scènes de l'espace sont magnifiques.
Merci à Boyle pour ce voyage dans la science où tout est simple, tant que la médiocrité et la croyance dans ce qui n'existe pas ne vient pas tout salir sinon démolir.
Il devait être fier de son ouvrage, à l'image du générique de fin, « Proudly made in UK ». Ca veut dire ce que ça veut dire.