Le film est tiré du roman éponyme de Niven Busch (1903-1991). Au vu du titre (qui désigne le nom d’un ranch au Nouveau-Mexique en 1870), il serait hâtif d’y voir une tragédie antique modernisée [les Furies chez les Romains ou Erynies dans la mythologie grecque, sont des divinités persécutrices, personnifiant la malédiction, filles de Gaïa et du sang d’Ouranos émasculé, selon Hésiode (VIIIe-VIIe s avant J-C), et au nombre de trois selon Virgile (70-19 avant J-C), Mégère, Tisiphone et Alecto] alors que l’histoire est plus proche de la tragédie « Le roi Lear » (1606) de William Shakespeare (1564-1616) et relève plus de la psychanalyse et des rapports père-fille, ici Temple C. Jeffords (Walter Huston, 67 ans, son dernier rôle), veuf, autoritaire et odieux, et sa fille Vance (Barbara Stanwyck, 43 ans), qui lui ressemble et dont l’amour paternel va se transformer en haine. Elle n’est pas sans rappeler le personnage jouée par Bette Davis dans « L’insoumise » (1938) de William Wyler mais qui se déroule en 1852 à La Nouvelle Orléans. C’est d’avantage un film sur l’esprit américain originel, de gagner de l’argent, sans hésiter à tricher, à mentir et faire usage de la violence et qui sera traité, plus tard, par Michael Cimino (1939-2016) dans « La porte du paradis » (1980), qui se déroule principalement en 1890, dans le Wyoming. Aucun personnage n’est vraiment sympathique, à part Juan Herrera (Gilbert Roland, 45 ans), Mexicain, ami (et/ou amant) de Vance, qui est le seul à avoir le sens de l’honneur, au sacrifice de sa vie. A signaler la présence de l’actrice australienne Judith Anderson (53 ans) connue pour son rôle de la sinistre Mrs Danvers, gouvernante dans « Rebecca » (1940) d’Alfred Hitchcock et qui devient la seconde épouse de . Jeffords et donc belle-mère de Vance. De même, Wendell Corey (36 ans) qui joue le banquier Rip Darrow, pour qui Vance a des sentiments ambivalents, jouera également pour Alfred Hitchcock, dans « Fenêtre sur cour » (1954).