L'Impératrice rouge
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Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2010
Sixième des sept collaborations entre Josef von Sternberg et son actrice fétiche Marlene Dietrich, "L'Impératrice rouge" est sans conteste un des films les plus réussis de ce duo magique. On peut reprocher l'extravagance du réalisateur pour la mise en scène des costumes et surtout des décors (les portes exagérement lourdes, les statues mortuaires), il n'empêche ils sont splendides et inoubliables et puis reprocher à von Sternberg son extravagance c'est comme reprocher à Voltaire son ironie. Si la première partie du film où Catherine (ou plutôt Marlene) est une victime est peu passionnante, ce n'est pas du tout le cas pour la seconde partie, très flamboyante, où enfin elle devient une véritable femme ambitieuse. Elle nous réserve même les meilleurs moments de toute la carrière de von Sternberg et Marlene Dietrich n'a jamais été aussi fascinante. Les cinq dernières minutes où on voit Marlene impératrice grimper à cheval avec toute son armée les marches du palais jusqu'au trône sur les échos de musiques de Wagner et de Tchaïkovsky atteint un moment de sublime rarement vu au cinéma, on ne peut qu'avoir envie de s'exclamer "Ca c'est du cinéma". Un film mémorable.
calamarboiteux
calamarboiteux

47 abonnés 440 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 juin 2011
Le destin de Catherine II de Russie, depuis son départ de Prusse jusqu’à son couronnement.
Sternberg développe une grande fresque baroque centrée sur le personnage de Catherine (Marlène Dietrich), en prenant quelque liberté avec l’histoire. Si le récit ne comporte que des péripéties prévisibles, la forme éblouit presque à chaque instant. Le montage distille de savantes superpositions, des contreplongées, de nombreux fondus enchaînés ainsi que de subtils jeux d’éclairage, jouant d’ombre et de lumière. Le décor extravaguant de Saint-Pétersbourg allie icônes et statues grimaçantes, cherchant à symboliser plus qu’à montrer, à la manière de l’expressionnisme allemand. A l’aise aussi bien dans les panoramiques de mouvements de foule (inspirés par « octobre » d’Eisenstein), qu’n filmant les chevauchées ou les banquets, Sternberg abuse d’une partition musicale à base de marches militaires dues à des compositeurs classiques et revisitées, mais cet appui est cohérent avec les exagérations visuelles. Marlène Dietrich campe avec bonheur une Catherine apeurée dans la première partie de l’œuvre, mais n’inspire guère l’autorité que devait avoir la monarque « éclairée » dans la seconde. Sam Jaffe, dans le rôle d’un Pierre III sanguinaire et demeuré est irrésistible. L’ensemble donne de la Russie une image assez détestable, en accord sans doute avec l’antisoviétisme américain de l’époque du tournage.
On a donc affaire à un film flamboyant, inspiré ; une production survivra au temps, malgré son scénario peu inventif.
Estonius

4 734 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 mai 2016
Une mise en scène baroque qui tient du génie, certaines scènes sont tout simplement anthologiques comme la messe de mariage et le final époustouflant avec spoiler: la cavalerie escaladant les escaliers du palais impérial
constituant l'une des plus belles scènes de l'histoire du cinéma. La distribution est étincelante avec une Marlène sublime dans le rôle de Catherine II qui joue avec ses yeux et un étonnant Sam Jaffe dans celui de Pierre II. Un chef d'œuvre du cinéma ponctué par la musique de Tchaïkovski
chrischambers86

16 164 abonnés 13 116 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juillet 2010
Le film le plus important consacrè à Catherine II est incontestablement "L'impèratrice rouge"! L'intèrêt historique de ce film est sans doute secondaire par rapport à sa valeur artistique et à l'ètonnante crèation qu'y fit Marlène Dietrich! L'oeuvre peut-être considèrèe comme un exemple de cinèma d'auteur: Joseph von Sternberg est responsable de tous les èlèments de son film, aussi bien du scènario (tirè du journal intime de Catherine II) que des dècors, de la musique et, bien entendu, du tournage et du montage! L'auteur retrace la vie de Catherine, depuis sa jeunesse jusqu'à son accès au trône, sans aucune dissimulation ni censure, en èvoquant aussi bien les èvènements "officiels" de la vie de la princesse que ses caprices, ses intrigues, voire même ses bassesses! Catherine II dite la Grande ètait une femme très complexe et même contradictoire! Von Sternberg a voulu montrer sa mètamorphose de princesse en souveraine, sans que Catherine cesse pour autant d'être une femme! Avec audace, le rèalisateur a composè un film baroque, plein de symboles, un ballet de dèsirs et d'ambitions, dans lequel Marlène Dietrich, dèsinvolte, sûre d'elle, interprète ici l'un des rôles les plus provocants de toute sa carrière...
Benjamin A

807 abonnés 1 930 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 mai 2014
Dix-septième film (et huitième parlant) de Josef Von Sternberg, « The Scarlet Empress » nous emmène en Russie au XVIIIème siècle suivre une jeune princesse prussienne qui deviendra peu à peu Catherine II, l’impératrice de toutes les Russies. Il confie le rôle-titre à Marlene Dietrich pour leur sixième collaboration.

Directement adapté du journal de Catherine II, Von Sternberg nous emmène dans une Russie reconstitué avec ambitions, moyens et extravagances, que ce soit au niveau des décors, des costumes ou perruques. Il use à merveille du noir et blanc et des éclairages. Il rend passionnant le portrait de cette femme, d’abord jeune chez ses parents, puis marié par ses derniers à l’héritier du trône russe sans l’avoir vu et qui est nommé par les écriteaux « l’abruti de sang royal » (ce qui n’est pas exagéré !). Elle sera d’abord sous l’emprise de sa belle-mère qui lui annonce qu’elle a été désigné pour « donner un héritier mâle » puis peu à peu s’adaptera à cet environnement, deviendra de plus en plus ambigu, ambitieuse, prête à tout pour arriver à ses fins et impitoyable.
Ce portrait bénéficie d’une grande composition de Marlene Dietrich qui ne le rend que plus fascinant. Von Sternberg utilise la musique de la meilleur des manières, souvent adéquat à l’image et nous offre plusieurs scènes marquantes et/ou magnifiques à l’image de ce mariage sans dialogue avec des plans sur les visages où il met en avant les gestes, regards et mimiques des personnages ou encore cette scène finale.

Emmené par une grande Marlene Dietrich, c’est un portrait fascinant et esthétiquement superbe que nous livre Josef Von Sternberg.
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein
Ramm-MeinLieberKritiker-Stein

148 abonnés 544 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 7 mars 2015
C'est une histoire de vengeance et de prise de pouvoir vue à travers les yeux d'une déesse qui se lassera de sa vie de petite bourgeoise pour entrer de force dans la cour des grands. Sternberg, avec grand génie, subtilise l'ironie d'une situation ou la délicatesse (suivie par la haine, précoce et enflammée) d'un regard en frappant d'un fer rouge de talent les plans qu'il construit avec brio, dont celui de la table, très longue et remplie, garnie de ces victuailles grossissant à vue d'oeil à travers l'angle que tient la caméra. Bien malheureusement, même si le talent donne du plaisir à regarder le travail dans son entier, le temps et certains personnages stéréotypés, en rajoutant un final tellement brusque qu'on a l'impression que le budget était épuisé, font souffrir l'oeuvre brillante d'un auteur qui passera dans le ciel étoilé des stars, filant à toute allure, et ce sans fêlures... Au début, tout au moins.
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 7 avril 2013
Il doit exister à mon avis 5000 films méritant 5 étoiles sur les centaines de milliers
sortis durant les cent dernières années...Ce n’est pas beaucoup . Celui ci en fait partie par son originalité, sa force et pour le couple Dietrich/Von Sternberg dont les équivalents sont rarissimes. Il ne faut voir dans cette oeuvre que le coté artistique, il y aurait trop à dire sur la vérité historique. En quelques mots, il se décompose nettement en deux parties: l’apprentissage de Catherine de15 ans jusqu’à sa maternité 10 ans plus tard puis le temps de la conquête du pouvoir à 33 ans . ‘’ L'impératrice rouge’’ doit tout à Marlène même si trois autres acteurs en ressortent aussi (John Lodge pourtant non professionnel, Sam Jaffe et Louise Dresser), elle est tout a fait fascinante surtout lors de la première partie, complètement égarée parmi les décors monstrueux qui l’entourent. Ce contraste entre son intimité et tout le coté baroque des lieux est magnifiquement mis en scène en jouant sur les ombres et la lumière des robes. La séquence qui conduit Catherine, par l'escalier dérobé, de la chambre d’Elisabeth aux bras d’une sentinelle est une des plus romantiques que j’ai pu voir, c’est cela la marque des grands cinéastes. L’humour n’est pas absent de ce film mais il est particulier, il est dérangeant. Sternberg a vraiment réalisé ici une oeuvre totalement personnelle qui a déconcerté le public de 1934 mais qui a su ravir les cinéphiles qui ne sont dérouté par aucun thème lorsque la mise en scène est à la hauteur des ambitions du réalisateur.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 398 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juin 2025
Sixième des sept titres de la collaboration entre Josef Sternberg et Marlène Dietrich, " l'impératrice rouge " est ( selon moi ), le film le plus passionnant même si ce n'est pas celui où Dietrich est la plus exceptionnelle.

Le scénario revient sur un épisode majeur de l'histoire de la Russie tsariste du XVIII ème siècle, que fût le coup d'état et la prise de pouvoir de l'épouse de Pierre III, la future impératrice Catherine II, née allemande.

Les décors sont grandioses, les péripéties contées par cet épisode exceptionnel sont passionnants.

Certes, il y a des libertés factuelles avec la réalité historique ( notamment les circonstances de la destitution du Tsar qui venait à peine d'être désigné - il n'eut pas le temps d'être couronné - ).

Mais " l'impératrice rouge" déchaîne un tel éventail de passions, qu'il constitue ( selon moi ) une des réussites majeures de Sternberg.
Parkko
Parkko

191 abonnés 2 020 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 juillet 2013
Josef von Sternberg et Marlene Dietrich ont tourné six films ensemble, celui-ci est l'un des plus réputés. Aimant beaucoup Marlene Dietrich, j'ai voulu le voir. Bon, en effet, c'est un bon film. Josef von Sternberg dresse ici un portrait de femme, certes sans grande originalité, mais intéressant. Le film est peut-être trop bloqué dans une dynamique femme naïve, puis femme blessée, et enfin femme impitoyable. C'est une sorte de trilogie qu'il déroule de façon parfois un peu trop mécanique, un peu implacable et manquant peut-être quelques moments de subilité, mais en même temps pour condenser la vie de cette impératrice en 1h30, il fallait le faire de façon assez boosté dirons-nous. Heureusement, Josef von Sternberg se rattrape côté mise en scène, justement, où il nous fait sentir cette ambigueté dans son personnage à tout instant, notamment par son utilisation de la couleur. Intéressant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 25 novembre 2012
Au delà d'une maitrise esthétique incontestable, donnant au film une incroyable valeur picturale, Sternberg n'en oublie pas l'essentiel : émouvoir. Chaque plan est d'une grandiosité apparente, chaque scène est d'une beauté extraordinaire... On retrouve bien là ses prouesses de "L'ange Bleu" par exemple. Un grand classique à ne pas manquer avec, en prime, une petite leçon d'histoire.
Buzz063
Buzz063

99 abonnés 919 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2011
Faire un film sur la Russie des Tsars permet à Sternberg de se lâcher dans le côté exubérance baroque de sa mise en scène tout en étant cohérent artistiquement avec son sujet. Tous les plans du film foisonnent de multiples petites choses, de figurants, d'éléments de décor, de jeux sur l'éclairage et donnent une mise en scène qui déborde d'une richesse quasi-inépuisable de détails faisant le bonheur du spectateur. Le cinéaste se sert du destin de cette jeune femme qui deviendra bientôt Catherine II de Russie pour dresser le portrait d'une femme forte et indépendante qui forge son caractère par les épreuves qu'elle traverse. L'écriture, la mise en scène et le montage donnent à Cette Impératrice rouge un rythme effréné et enivrant. Le réalisateur construit un écrin exceptionnel dans le but principal de mettre en valeur sa muse Marlene Dietrich qui est éblouissante de bout en bout.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 335 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 août 2023
Après l’insuccès de « Blonde Vénus », son quatrième film tourné avec Marlène Dietrich pour la Paramount en à peine deux ans, Josef von Sternberg se doute certainement que ses exigences et sa réputation de réalisateur tyrannique ne seront plus tolérées très longtemps au sein du studio. Incapable de se plier comme d’autres réalisateurs venus d’Europe Centrale à la ductilité exigée par le système hollywoodien crée par les nababs venus eux aussi d’Allemagne, d’Autriche ou de Hongrie, Sternberg décide de mener à son paroxysme sa démarche esthétique sur « L’impératrice rouge ». Un film dont la Paramount entend qu’il soit un contre-feu à « La reine Christine », de Robert Mamoulian, énorme succès, que la MGM vient de sortir avec Greta Garbo dans le rôle-titre. C’était mal connaître Sternberg que de s’imaginer qu’il allait pouvoir livrer une biographie historique certes esthétiquement soignée mais respectant avant tout les canons du genre en vigueur. Son obsession reste Marlène Dietrich qu’il a placée au centre de son art, faute de pouvoir jamais la conquérir complètement et dont il sent bien qu’elle n’est plus aussi docile, désireuse désormais de s’émanciper de son Pygmalion.
Avec le romancier américain Manuel Komroff, spécialiste de la Russie, il concocte un scénario très vaguement inspiré des carnets de Catherine II, impératrice de toutes les Russies de 1762 à 1796. Le film ne couvre en réalité que l’accession au pouvoir de celle qui n’étant encore que la princesse allemande Sophia Frederica, fût envoyée en Russie pour donner un fils à Pierre III, le neveu de l’impératrice Elizabeth Ière, dernière des Romanov de pure souche. C’est encore adolescents que Pierre et Catherine se marient en 1745. Et ce ne sera que 17 ans plus tard (en 1762) juste après la mort d’Elisabeth Ière que Catherine fomentera un coup d’État contre son époux, roi depuis seulement six mois. On le voit, Sternberg ne s’est pas embarrassé de vraisemblance historique, tronquant les âges respectifs et compressant la temporalité pour parvenir à ce qu’il voulait montrer de la formidable épopée de la jeune princesse allemande qui à force d’intelligence politique, d’abnégation, d’habileté manœuvrière mais aussi de frustration contenue et peut-être même d’esprit de revanche, parvint à régner sans partage sur l’immense territoire durant plus de trente ans.
Bizarrement, les raccourcis et chemins détournés empruntés par Sternberg, s’ils sont osés même pour le Hollywood de l’époque, rendent assez bien compte de l’audace de la jeune princesse, poussée par sa tante par alliance dans les bras d’un amant (le comte Sergei Saltykov) pour enfin lui donner ce fils tant espéré qui ne venait toujours pas après huit ans de mariage. La Russie que présente en entame Sternberg à l’aide d’images réellement horribles, décrivant très crûment la barbarie du pouvoir tsariste depuis Ivan le Terrible, fait contraste avec l’ambiance feutrée mais aussi étouffante dans laquelle évoluait jusqu'alors la jeune Sophia. Un empire russe, administré par une noblesse décadente et arriérée, au sein de laquelle règne une violence engendrée par la corruption et la trahison dont Sternberg, aidé du décorateur allemand Hans Dreier (l’architecture du palais) et du sculpteur suisse Pete Babusch (les statues difformes qui inondent l’écran), va s’évertuer à illustrer la démesure et l’extravagance.
Si Sternberg n’a jamais vraiment été un cinéaste politique, on peut penser qu’ayant passé sa jeunesse à Vienne dans ce qui était encore à l’époque l’empire Austro-Hongrois, souvent en délicatesse avec son grand voisin, la présentation sans concession qu’il fait de la Russie n’est pas sans rapport avec ses origines. Fort de toute son expérience, le grand réalisateur qui entend peut-être sonner au loin le glas qui mettra fin à son heure de gloire, va user de tout son savoir-faire pour parvenir à ce que Marlène et Catherine II ne fassent plus qu’une. Réputée comme une mangeuse d’hommes, l’impératrice russe fournit à Marlène le point d’ancrage idéal pour une interprétation dans la droite ligne de son parcours « sternbergien » tout comme en retour l'actrice pare Catherine de sa somptueuse beauté. Une fusion parfaitement réussie dont Sternberg tient peut-être à rappeler la réalité factice au moyen des nombreux voiles et tulles qu’il place devant le visage de Marlène. Les effets de style à connotation sexuelle sont multiples dont certains critiques de l’époque, peu de temps avant l’entrée en vigueur complète du Code Hays, ont jugé qu’ils étaient envahissants et outranciers. Dans un monde d’hommes Catherine comme Marlène en son temps ont compris que c’est en usant de la faiblesse consubstantielle à la nature de celui-ci que l’accession au pouvoir était possible. Absolument rien n’a été laissé au hasard par Sternberg, chaque détail faisant sens, permettant des revisites du film où l’œil pourra à nouveau être surpris ou émerveillé. Film féministe avant l’heure, qui n’avait pas chaussé les lourds sabots qui de nos jours en mutileraient gravement la portée. Un film réalisé par celui qui, avec Charlie Chaplin d’une autre manière, a permis à la magnificence atteinte par le cinéma muet du crépuscule de trouver son prolongement dans le cinéma parlant pour quelques très courtes années.
Désemparé après que son actrice fétiche l’eut abandonné et que la Paramount lui ait retiré sa confiance, Josef von Sternberg erra comme une âme en peine, ne parvenant à achever que cinq films en 22 ans pour finir par dispenser son savoir à l’Université de 1959 à 1963 (Jim Morrison et Ray Manzarek des Doors ont été ses élèves) avant de disparaître, un peu oublié en 1969. Le temps lui a heureusement rendu justice, ses sept films avec Marlène Dietrich, indissociables, figurent aujourd’hui au panthéon de la cinéphilie. Il ne faut pas oublier de saluer la performance de Sam Jaffe, tout simplement prodigieux en prince puis roi dégénéré au rictus permanent, caricature des ravages de la consanguinité, tour à tour pathétique, émouvant et cruel. Enfin, impossible de ne pas admirer la scène finale où Catherine tout de blanc vêtue, sabre au clair, gravit à cheval avec sa garde, les marches du palais royal au son de l’ouverture de « 1812 » de Tchaïchovski.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 4 février 2015
sur le fond, le film ne présente pas grand intérêt ,relatant de manière accélérée et un peu comme des vignettes les moments clés de l'ascension de Catherine (en cela il se rapproche plus du cinéma muet ou le visuel et le jeu des acteurs ,faits de mimiques, mécaniques, gestuels prend le pas sur les dialogues réduits à leur plus simple expression ) sur la forme, il s'agit d'une œuvre singulière et ultra stylisée se situant entre l'expressionnisme et le baroque. Et au centre de tout cela, la divine Marlène qui dans la première partie joue la bouche ouverte et les yeux écarquillée, une ingénue pour se transformer dans la deuxième partie, en la femme maitresse d'elle même et de sa sexualité, en pantalon blanc moulant sur son destrier blanc. Mythique...
Hotinhere

790 abonnés 5 457 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juin 2023
Le récit d’émancipation féminine de Catherine II de Russie, d'innocente ingénue à perfide impératrice, terni par quelques lourdeurs narratives mais servi par une mise en scène baroque et fastueuse, et incarné par la divine Marlene.
Charlotte28
Charlotte28

202 abonnés 2 819 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 22 avril 2024
Délire baroque dont les cartons exacerbent le côté caricatural par un portrait péjoratif des Russes et profondément ridicule d'un tsar effrayant par sa folle bêtise, cette relecture de l'accession au pouvoir de Catherine II s'appuie sur l'espièglerie, la rouerie, l'hédonisme, d'une héroïne qui réussit une transition psychologique habilement exposée, de la romanesque jeune fille naïve à la puissante impératrice manipulatrice. Tout au service de Marlène Dietrich la dynamique réalisation use d'ironie voire de sarcasme afin d'illustrer les coulisses de la cour, l'exubérance d'un règne inique et l'absurde dédain envers le sexe dit faible. Outrancier, atypique, convainquant!
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