L'Impératrice rouge
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calamarboiteux
calamarboiteux

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4,0
Publiée le 16 juin 2011
Le destin de Catherine II de Russie, depuis son départ de Prusse jusqu’à son couronnement.
Sternberg développe une grande fresque baroque centrée sur le personnage de Catherine (Marlène Dietrich), en prenant quelque liberté avec l’histoire. Si le récit ne comporte que des péripéties prévisibles, la forme éblouit presque à chaque instant. Le montage distille de savantes superpositions, des contreplongées, de nombreux fondus enchaînés ainsi que de subtils jeux d’éclairage, jouant d’ombre et de lumière. Le décor extravaguant de Saint-Pétersbourg allie icônes et statues grimaçantes, cherchant à symboliser plus qu’à montrer, à la manière de l’expressionnisme allemand. A l’aise aussi bien dans les panoramiques de mouvements de foule (inspirés par « octobre » d’Eisenstein), qu’n filmant les chevauchées ou les banquets, Sternberg abuse d’une partition musicale à base de marches militaires dues à des compositeurs classiques et revisitées, mais cet appui est cohérent avec les exagérations visuelles. Marlène Dietrich campe avec bonheur une Catherine apeurée dans la première partie de l’œuvre, mais n’inspire guère l’autorité que devait avoir la monarque « éclairée » dans la seconde. Sam Jaffe, dans le rôle d’un Pierre III sanguinaire et demeuré est irrésistible. L’ensemble donne de la Russie une image assez détestable, en accord sans doute avec l’antisoviétisme américain de l’époque du tournage.
On a donc affaire à un film flamboyant, inspiré ; une production survivra au temps, malgré son scénario peu inventif.
Buzz063
Buzz063

101 abonnés 919 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 mars 2011
Faire un film sur la Russie des Tsars permet à Sternberg de se lâcher dans le côté exubérance baroque de sa mise en scène tout en étant cohérent artistiquement avec son sujet. Tous les plans du film foisonnent de multiples petites choses, de figurants, d'éléments de décor, de jeux sur l'éclairage et donnent une mise en scène qui déborde d'une richesse quasi-inépuisable de détails faisant le bonheur du spectateur. Le cinéaste se sert du destin de cette jeune femme qui deviendra bientôt Catherine II de Russie pour dresser le portrait d'une femme forte et indépendante qui forge son caractère par les épreuves qu'elle traverse. L'écriture, la mise en scène et le montage donnent à Cette Impératrice rouge un rythme effréné et enivrant. Le réalisateur construit un écrin exceptionnel dans le but principal de mettre en valeur sa muse Marlene Dietrich qui est éblouissante de bout en bout.
anonyme
Un visiteur
2,5
Publiée le 19 août 2010
Assez fidèle d'un point de vue historique. Excepté concernant le Grand Duc, traité comme un vieillard, alors qu'il n'a avait que 17 ans à son mariage. On reste dans un cinéma du muet, à voir pour le traitement des noirs et blancs et les effets d'accélération de Sternberg.
chrischambers86

16 199 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 juillet 2010
Le film le plus important consacrè à Catherine II est incontestablement "L'impèratrice rouge"! L'intèrêt historique de ce film est sans doute secondaire par rapport à sa valeur artistique et à l'ètonnante crèation qu'y fit Marlène Dietrich! L'oeuvre peut-être considèrèe comme un exemple de cinèma d'auteur: Joseph von Sternberg est responsable de tous les èlèments de son film, aussi bien du scènario (tirè du journal intime de Catherine II) que des dècors, de la musique et, bien entendu, du tournage et du montage! L'auteur retrace la vie de Catherine, depuis sa jeunesse jusqu'à son accès au trône, sans aucune dissimulation ni censure, en èvoquant aussi bien les èvènements "officiels" de la vie de la princesse que ses caprices, ses intrigues, voire même ses bassesses! Catherine II dite la Grande ètait une femme très complexe et même contradictoire! Von Sternberg a voulu montrer sa mètamorphose de princesse en souveraine, sans que Catherine cesse pour autant d'être une femme! Avec audace, le rèalisateur a composè un film baroque, plein de symboles, un ballet de dèsirs et d'ambitions, dans lequel Marlène Dietrich, dèsinvolte, sûre d'elle, interprète ici l'un des rôles les plus provocants de toute sa carrière...
Plume231

4 416 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 février 2010
Sixième des sept collaborations entre Josef von Sternberg et son actrice fétiche Marlene Dietrich, "L'Impératrice rouge" est sans conteste un des films les plus réussis de ce duo magique. On peut reprocher l'extravagance du réalisateur pour la mise en scène des costumes et surtout des décors (les portes exagérement lourdes, les statues mortuaires), il n'empêche ils sont splendides et inoubliables et puis reprocher à von Sternberg son extravagance c'est comme reprocher à Voltaire son ironie. Si la première partie du film où Catherine (ou plutôt Marlene) est une victime est peu passionnante, ce n'est pas du tout le cas pour la seconde partie, très flamboyante, où enfin elle devient une véritable femme ambitieuse. Elle nous réserve même les meilleurs moments de toute la carrière de von Sternberg et Marlene Dietrich n'a jamais été aussi fascinante. Les cinq dernières minutes où on voit Marlene impératrice grimper à cheval avec toute son armée les marches du palais jusqu'au trône sur les échos de musiques de Wagner et de Tchaïkovsky atteint un moment de sublime rarement vu au cinéma, on ne peut qu'avoir envie de s'exclamer "Ca c'est du cinéma". Un film mémorable.
TB3256
TB3256

4 abonnés 83 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 26 avril 2009
Zero étoile pour le palais du tzar, à Saint-Petesbourg, en ... rondins de bois !!
Quatre étoiles pour les 5 dernières minutes, elles sont à classer dans les meilleures scènes de l'histoire du cinéma
Moyenne deux étoiles
soniadidierkmurgia

1 443 abonnés 4 348 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 août 2023
Après l’insuccès de « Blonde Vénus », son quatrième film tourné avec Marlène Dietrich pour la Paramount en à peine deux ans, Josef von Sternberg se doute certainement que ses exigences et sa réputation de réalisateur tyrannique ne seront plus tolérées très longtemps au sein du studio. Incapable de se plier comme d’autres réalisateurs venus d’Europe Centrale à la ductilité exigée par le système hollywoodien crée par les nababs venus eux aussi d’Allemagne, d’Autriche ou de Hongrie, Sternberg décide de mener à son paroxysme sa démarche esthétique sur « L’impératrice rouge ». Un film dont la Paramount entend qu’il soit un contre-feu à « La reine Christine », de Robert Mamoulian, énorme succès, que la MGM vient de sortir avec Greta Garbo dans le rôle-titre. C’était mal connaître Sternberg que de s’imaginer qu’il allait pouvoir livrer une biographie historique certes esthétiquement soignée mais respectant avant tout les canons du genre en vigueur. Son obsession reste Marlène Dietrich qu’il a placée au centre de son art, faute de pouvoir jamais la conquérir complètement et dont il sent bien qu’elle n’est plus aussi docile, désireuse désormais de s’émanciper de son Pygmalion.
Avec le romancier américain Manuel Komroff, spécialiste de la Russie, il concocte un scénario très vaguement inspiré des carnets de Catherine II, impératrice de toutes les Russies de 1762 à 1796. Le film ne couvre en réalité que l’accession au pouvoir de celle qui n’étant encore que la princesse allemande Sophia Frederica, fût envoyée en Russie pour donner un fils à Pierre III, le neveu de l’impératrice Elizabeth Ière, dernière des Romanov de pure souche. C’est encore adolescents que Pierre et Catherine se marient en 1745. Et ce ne sera que 17 ans plus tard (en 1762) juste après la mort d’Elisabeth Ière que Catherine fomentera un coup d’État contre son époux, roi depuis seulement six mois. On le voit, Sternberg ne s’est pas embarrassé de vraisemblance historique, tronquant les âges respectifs et compressant la temporalité pour parvenir à ce qu’il voulait montrer de la formidable épopée de la jeune princesse allemande qui à force d’intelligence politique, d’abnégation, d’habileté manœuvrière mais aussi de frustration contenue et peut-être même d’esprit de revanche, parvint à régner sans partage sur l’immense territoire durant plus de trente ans.
Bizarrement, les raccourcis et chemins détournés empruntés par Sternberg, s’ils sont osés même pour le Hollywood de l’époque, rendent assez bien compte de l’audace de la jeune princesse, poussée par sa tante par alliance dans les bras d’un amant (le comte Sergei Saltykov) pour enfin lui donner ce fils tant espéré qui ne venait toujours pas après huit ans de mariage. La Russie que présente en entame Sternberg à l’aide d’images réellement horribles, décrivant très crûment la barbarie du pouvoir tsariste depuis Ivan le Terrible, fait contraste avec l’ambiance feutrée mais aussi étouffante dans laquelle évoluait jusqu'alors la jeune Sophia. Un empire russe, administré par une noblesse décadente et arriérée, au sein de laquelle règne une violence engendrée par la corruption et la trahison dont Sternberg, aidé du décorateur allemand Hans Dreier (l’architecture du palais) et du sculpteur suisse Pete Babusch (les statues difformes qui inondent l’écran), va s’évertuer à illustrer la démesure et l’extravagance.
Si Sternberg n’a jamais vraiment été un cinéaste politique, on peut penser qu’ayant passé sa jeunesse à Vienne dans ce qui était encore à l’époque l’empire Austro-Hongrois, souvent en délicatesse avec son grand voisin, la présentation sans concession qu’il fait de la Russie n’est pas sans rapport avec ses origines. Fort de toute son expérience, le grand réalisateur qui entend peut-être sonner au loin le glas qui mettra fin à son heure de gloire, va user de tout son savoir-faire pour parvenir à ce que Marlène et Catherine II ne fassent plus qu’une. Réputée comme une mangeuse d’hommes, l’impératrice russe fournit à Marlène le point d’ancrage idéal pour une interprétation dans la droite ligne de son parcours « sternbergien » tout comme en retour l'actrice pare Catherine de sa somptueuse beauté. Une fusion parfaitement réussie dont Sternberg tient peut-être à rappeler la réalité factice au moyen des nombreux voiles et tulles qu’il place devant le visage de Marlène. Les effets de style à connotation sexuelle sont multiples dont certains critiques de l’époque, peu de temps avant l’entrée en vigueur complète du Code Hays, ont jugé qu’ils étaient envahissants et outranciers. Dans un monde d’hommes Catherine comme Marlène en son temps ont compris que c’est en usant de la faiblesse consubstantielle à la nature de celui-ci que l’accession au pouvoir était possible. Absolument rien n’a été laissé au hasard par Sternberg, chaque détail faisant sens, permettant des revisites du film où l’œil pourra à nouveau être surpris ou émerveillé. Film féministe avant l’heure, qui n’avait pas chaussé les lourds sabots qui de nos jours en mutileraient gravement la portée. Un film réalisé par celui qui, avec Charlie Chaplin d’une autre manière, a permis à la magnificence atteinte par le cinéma muet du crépuscule de trouver son prolongement dans le cinéma parlant pour quelques très courtes années.
Désemparé après que son actrice fétiche l’eut abandonné et que la Paramount lui ait retiré sa confiance, Josef von Sternberg erra comme une âme en peine, ne parvenant à achever que cinq films en 22 ans pour finir par dispenser son savoir à l’Université de 1959 à 1963 (Jim Morrison et Ray Manzarek des Doors ont été ses élèves) avant de disparaître, un peu oublié en 1969. Le temps lui a heureusement rendu justice, ses sept films avec Marlène Dietrich, indissociables, figurent aujourd’hui au panthéon de la cinéphilie. Il ne faut pas oublier de saluer la performance de Sam Jaffe, tout simplement prodigieux en prince puis roi dégénéré au rictus permanent, caricature des ravages de la consanguinité, tour à tour pathétique, émouvant et cruel. Enfin, impossible de ne pas admirer la scène finale où Catherine tout de blanc vêtue, sabre au clair, gravit à cheval avec sa garde, les marches du palais royal au son de l’ouverture de « 1812 » de Tchaïchovski.
Caine78

7 781 abonnés 7 400 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 29 septembre 2006
Beau film signé Von Sternberg, l'éternel réalisateur de marlene Dietrich. Ce film est une somptueuse reconstitution historique, retracant la vie de Catherine II jusqu'a son sacre. La mise en scène est plutot grandiose et il est évident que ce film marque, notamment grace a des personnages forts et intéressants. Pourtant, ce film n'emballe pas totalement, peut être du a un mangue d'attachement aux personnages et aux mouers de l'époque. Ce film n'en reste pas moins remarquable, avec notamment un immense Sam Jaffe dans le rôle du grand duc. A découvrir.
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