Il est extrêmement difficile de noter le premier film de la saga Alien sans faire appel à sa nostalgie. Je l'ai, pour ma part, découvert assez tard, avec un ami un soir de déménagement, dans une maison vide de meubles, à même le parquet.
Que l'on s'entende tout de suite : Alien est un chef-d'oeuvre objectivement. Si on le remet dans le contexte de son époque, le film est une révolution en lui-même : l'ambiance, les décors, la montée en tension, tout est vraiment réussi à bien des égards. En plus de ça, on a une Sigourney Weaver qui pop sur l'écran et pour qui on ressent immédiatement une immense sympathie. Mais si elle crève l'écran, tous les autres personnages sont également très réussis. Sans être des archétypes, ils ont de la personnalité, et brillent de par l'évolution logique de leurs personnages du début à la fin.
Et dès lors que la bêbête apparaît, nous sommes plongés dans un chaos horrifique où les passagers comprennent que le monstre peut surgir de n'importe où et que même s'ils ont la supériorité numérique, ça ne suffira pas. On alterne entre les scènes cultes, avec Mickey qui gicle d'un bide (si t'as la ref, t'es un bon), ou bien encore le face à face en final, plutôt culotté il faut bien l'admettre. Devant Alien, on ressent un vrai stress, et on part se coucher en s'imaginant ce que ça doit faire d'avoir un de ces face-hugger sur la tête...
Alors oui, tout ça c'est très beau, mais pourquoi est-ce que je le note finalement aussi "bas" ? Je m'en excuse, c'est très personnel, mais je ne peux pas mettre la note maximale à un film devant lequel je m'endors. Alors certes, ça vient peut-être de moi, je ne sais pas, mais il y a un paquet de films devant lesquels je ne m'endors pas, je vous assure qu'ils sont même majoritaires. Alors je vais tenter de l'expliquer : la première partie du film est très longue, et la tension est trop inégale pour me garder éveillée. Tout prend son temps, dans une ambiance parfois très froide. Et au début, il n'y a pas encore de réelle menace, elle est latente, et l'absence de musique, l'absence de rythme, pour accompagner très certainement une montée en tension calculée, a un effet soporifique sur moi.
En bref : je ne suis pas assez tenace pour rester éveillée devant un film qui roule en première pendant trop longtemps. MAIS, une fois passé ce cap, je suis la plus grande supportrice de Ripley dans cette descente aux enfers. Et dans l'espace, personne ne l'entend crier, puisque le son ne se propage pas dans le vide.