"Battement de coeur" est une bonne comédie française vieille de 73 ans qui n'a pas pris une ride. On aimerait que toutes les comédies qui sortent en ce moment aient la même qualité d'écriture, de rythme et de mise en scène, qu'elles soient françaises ou étrangères. Quant à la distribution, elle pétille avec une Danielle Darieux étincelante, André Luguet et Claude Dauphin, excellents et le trio des seconds rôles exceptionnels : Carette, Fabre et Tissier. Cerise sur le gâteau : le côté immoral qui court tout au long du film. Tout cela fait qu'on n'est pas si loin de Capra et de Lubitsch !
Charmante petite comédie sans trop de prétention. Ce n'est pas le genre de film que j'aime mais je dois avoué que j'ai souris à plusieurs répliques. Danielle Darrieux est dans son élément.
Battement de coeur est considéré à juste titre comme un classique de la comédie d'avant-guerre. Danielle Darrieux en est l'héroïne, qui avec ce film et le suivant "Premier rendez-vous" (1941), du même Henri Decoin, est au sommet de sa popularité de jeune actrice (22 ans au moment du tournage). A l'époque ce film a fait rire toute la France, tout juste rentrée en guerre contre l'Allemagne. Soixante douze ans plus tard, force est de constater que le film n'a pas vieillit: c'est une comédie délicieusement troussée et un "brin" ironique, bien que l'intrigue entourant l'histoire d'amour ne soit qu'accessoire . Ici ce qui compte c'est le rythme enlevé, légé, distancié de son propre sujet, un peu à l'américaine comme le faisait Lubitsch et Capra. Il s'agit, donc, d'un excellent divertissement mis en scène et joué intelligemment, sans aucune fausse note. D'entrée de jeu, la première séquence est mémorable: il faut voir Saturnin Fabre, irrésistible, en professeur-directeur d'école de pickpocket, donner un cours de vol de portefeuille et "recruter" ses futurs "élèves". Sommet d'humour noir. Eclats de rires garantis quand Julien Carette, copain d'Arlette (Danielle Darrieux), répète sa "leçon" face au miroir de sa chambre... Rien que ça mérite d'être vu car c'est une véritable leçon d'écriture et de mise en scène comique. Bien sûr tout le film n'atteint pas ce niveau comique pur, mais l'abbatage talentueux de Danielle Darrieux et le côté séducteur faussement détaché de Claude Dauphin, font mouche dans le registre comédie romantique enlevée. Ecrit à la gloire de Danielle Darrieux, Henri Decoin, mari et metteur en scène du film, a su mettre en avant le talent de tous les acteurs secondairtes qui jouent avec son égérie: tous ont des personnages merveilleusement écrit. Prime pour Saturnin Fabre, bien sûr, et Julien Carette. Jean Tissier n'est pas mal non plus en copain "parasite", ancien attaché d'ambassade déchu. Ce film prouve à ceux qui connaissent mal le cinéma français d'avant 50's, qu'il est tout aussi réussi que le cinéma américain de l'époque et rappel qu'Henri Decoin est un très grand metteur en scène, à qui Danielle Darrieux doit d'être devenue une star connue dans le monde entier ! Une réussite de la comédie française, si toutes les comédies françaises d'aujourd'hui avaient cette précision d'écriture...
Avec cette comédie romantique, le cinéaste Henri Decoin avait certainement l'ambition d'en réaliser une avec la même efficacité que les grands maîtres américains de ce genre à l'instar d'un Howard Hawks. La réponse à cette ambition n'est qu'à moitié réussie car outre que le film a un peu vieilli, Decoin n'arrive pas à imposer du rythme à l'ensemble. Reste, et ce n'est déjà pas mal, une interprétation de haut rang avec la fraîche et pétillante Danielle Darrieux, le toujours impeccable Claude Dauphin et une savoureuse galerie de seconds rôles avec une mention spéciale pour Saturnin Fabre dans le rôle d'un professeur de vol à la tire. Agréable mais peu mémorable.
Comme quoi : vu il y a une dizaine d'années, j'avais un souvenir très lointain et même plutôt décevant du film, ayant fait la bêtise (bien qu'involontaire!) de voir le remake américain quelques semaines auparavant. Le revoir a pourtant été un vrai plaisir, certes léger, pas très en prise avec le « réel » ou le « social » (quoique), mais qu'importe : on est d'emblée charmé par la manière dont Henri Decoin mène son récit, dessine ses personnages, soigne ses dialogues : celui-ci a un vrai sens du montage et sait raconter une histoire, sachant toujours trouver un équilibre entre chaque scène, son sens du tempo et des situations faisant mouche à de nombreuses reprises. Surtout, il a su s'entourer de la « crème de la crème » des acteurs de l'époque : Danielle Darrieux est aussi ravissante que délicieuse, caractérielle juste comme il faut pour être encore plus irrésistible (et une chanson en prime!), tandis que si Jean Tissier, Julien Carette et André Luguet font le job avec panache, que dire de Saturnin Fabre dans un immense numéro dont il a le secret : du très grand art, un régal pour tout cinéphile. Une pure sucrerie, douce et pétillante : on en sort le sourire aux lèvres, et parfois ça fait du bien.
Comédie romantique gentillette fort sympathique. Danielle Darrieux est charmante, Saturnin Fabre excellent, bon rythme, quiproquos amusants. Pas un chef d'oeuvre, mais très honnête.
"Battement de coeur" (France, 1939) d'Henri Decoin est une comédie romantique qui repose sur des quiproquos nombreux. Heureusement le contexte du cinéma de l'époque, bien moins graveleux que celui d'aujourd'hui, joue sur les finesses. En gros, l'oeuvre est maitrisé et atteint parfaitement son but qui est de faire une comédie américaine à la française. En effet le cinéaste Decoin, amoureux de la culture américaine, retranscrit dans "Battement de coeur" le rythme d'une comédie hollywoodienne des années 30 avec brio. L'histoire est celle d'une jeune fille, jouée par la merveilleuse Danielle Darrieux, qui entre dans une école où on y apprend à voler. Lors d'une "séance de pratique", elle se fait prendre en flagrant délit. Afin d'éviter toute représailles, elle doit se faire passer pour la nièce d'un noble aristocrate. Ce qui aurait pu être d'une niaiserie folle, devient par la réalisation de Decoin et le jeu de Danielle Darrieux, Saturnin Fabre et l'excellent Jean Tissier un bijou d'humour. Cependant, si la comédie est réussit et parfois alléchante, elle n'est pas la plus mémorable du cinéma français. En effet, comme la plupart des films de Decoin, cette oeuvre, sans style visuel réellement personnel tire essentiellement sa force de sa thématique abordé avec justesse, se concentrant seulement sur la cohésion des plans et non pas sur l'importance de chacun. En conclusion, "Battement de coeur" (France, 1939) est une comédie remarquable dans la filmographie d'Henri Decoin mais pas inoubliable dans le paysage du cinéma français pré-70.