Le Goût du riz au thé vert
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Yves G.

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3,0
Publiée le 4 août 2018
Mokichi et Taeko Satake ont fait un mariage de raison. Taeko n'en est pas satisfaite. La vulgarité de son mari, ses manières frustres lui sont de plus en plus insupportables. Elle s'en ouvre sans vergogne à ses amies et s'échappe avec elles au prix de quelques mensonges.
Le couple est au bord de la rupture. La mutation de Mokichi en Amerique latine risque de l'accélérer.

Une rétrospective estivale est consacrée à Ozu à parti du 1er août dans plusieurs salles d'art et essai parisiennes : le Champo, le Louxor, le Lincoln. C'est l'occasion de (re)découvrir dix de ses chefs-d'œuvre qui documentent la reconstruction du Japon d'après guerre et la lente recomposition de la société.

"Le Goût du riz au thé vert" est sorti en 1952. Le souvenir de la seconde guerre mondiale n'est jamais loin comme en temoigne cet ancien soldat reconverti en patron de pachinko que retrouvent Mokichi et son filleul. Mais le Japon est obstinément optimiste qui affiche déjà tous les symboles de la modernité : Ozu filme un velodrome, un stade de base ball, une locomotive filant à pleine vitesse, un aerodrome comme autant de temoignages de la prospérité retrouvée.

Mais l'œuvre de Ozu ne se réduit pas à une ode au miracle économique japonais. C'est la dissolution du lien familial qui l'intéresse. Ses films les plus connus traitent des liens entre parents et enfants : "Le Fils unique", "Voyage à Tokyo", "Fleurs d'équinoxe", "Le Goût du saké"... Après "Les Sœurs Munakata" et avant "Printemps précoce", "Le Goût du riz au thé vert" traite du couple.

Le sujet était à la mode - il l'est toujours. Il a inspiré quelques chefs d'œuvre du septième art : les screwball comedies du duo Katherine Hepburn - Spencer Tracy ou "Voyage en Italie" de Rossellini. Mais Ozu n'a ni la légèreté des premières ni la gravité du second.

Sur le thème du couple, il tisse à sa façon une histoire d'une infinie tendresse qui culmine dans une séquence devenue célèbre. À la nuit tombée, dans leur grand appartement vidé de sa domesticité, le couple, qui n'en a guère l'habitude, se fraie un chemin jusqu'aux cuisines et s'y prépare un plat de riz au thé vert. Cette scène anodine signe leurs retrouvailles et donne son sens au film - au risque de le faire sombrer dans le didactisme : "un couple a le goût du riz au thé vert" tantôt doux, tantôt amer.
chrischambers86

16 189 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 7 octobre 2016
Le grand Ozu! Lui qui n'a cessè de dèpeindre sa famille qu'il a tant aimèe raconte cette fois l'histoire d'un couple qui ne communique plus et qui se rèconcilie alors que le mari s'apprête à faire un voyage d'affaires en Uruguay. « Intime, primitif, une simplicitè familière et dètendue...» . Radiographie d’un mariage avec une parfaite crèation de Shin Saburi et Michiyo Kogure! Si on force une jeune femme à se marier malgrè elle, ça ne donnera rien d'autre qu'un couple comme celui de Mokichi (Shin Saburi) et Yoshiko (Michiyo Kogure). Pourtant un mariage arrangè n'est pas forcèment mauvais! Cela peut dèpendre du partenaire! Mais il n'y a pas d'amour ? Ozu nous fait comprendre que l'amour vient plus tard et que ce qui compte, c'est la soliditè et l'intègritè! Yoshiko n'avait pas compris et maintenant elle aime en Mokichi tout ce qu'elle dètestait auparavant! Un aussi bon mari que Mokichi, c'est prècieux! Sublime scène de pardon entre Shin Saburi et Michiyo Kogure devant la prèparation d'un riz au thè vert! C'est fameux, c'est dèlicieux! Un moment rare...
Plume231

4 413 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 8 septembre 2011
C'est très bizarre que cet Ozu soit généralement mis vers le bas des classements et est considéré par son réalisateur lui-même comme "raté" parce que pour moi c'est clairement une de ses meilleures oeuvres. Ce qui est surprenant avec ce qui est peut-être le plus américain des films d'Ozu, visiblement un peu influencé par les comédies de moeurs hollywoodiennes, c'est qu'il joue énormément du travelling, rend plus vive sa mise en scène que d'habitude, l'aère beaucoup en faisant aller ses personnages dans des lieux publics très fréquentés et ne se prive pas de temps à autre d'une petite pointe de cynisme. Mais les thèmes de prédilection sont bien là avec celui du couple déjà fissuré d'avance pour cause de mariage arrangé qui va pourtant se réconcilier, du conflit entre les générations dont la nouvelle est composée de jeunes femmes qui ne comptent pas se laisser faire. D'ailleurs le final avec le jeune couple qui va se former, et qui nous fait comprendre que celui qui va le plus en chier ne va certainement pas être la femme, est absolument irrésistible. Beaucoup d'émotions mais surtout de fraîcheur et de drôlerie pour ce chef d'oeuvre du Maître (euh oui, encore !!!).
Sergio-Leone
Sergio-Leone

212 abonnés 1 096 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 novembre 2013
Le film d'Ozu qui m'a le plus marqué jusqu'à présent (j'en ai vu 4, hé ho ça va...) tant par sa simplicité que par son authenticité. La complicité naissante entre les deux personnages que tout oppose est vraiment touchante et bluffante tant les acteurs réussissent à créer cette magie balbutiante. La vie du quotidien pour un couple ordinaire très joliment contée un peu comme un Dostoïevski qui arrive à transcender les personnages les plus ordinaires dans ses œuvres.
Yoloyouraz
Yoloyouraz

36 abonnés 566 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 juillet 2008
S.Saburi, d'une beauté extraordinaire, donne une puissance superbe à ce portrait appliqué du couple japonais. Le récit et la réalisation s'accordent avec finesse.
Yasujirô Rilke
Yasujirô Rilke

272 abonnés 1 059 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 mai 2007
Cinéaste de «Shimun Geki», drames ou comédies sur les personnes du commun, Yasujirô Ozu traite dans «Ochazuke no aji» (Japon, 1952) du couple. Taeko est une épouse capricieuse, qui ment à son mari Satake, pour s’apaiser avec ses amis, qui veut marier sa nièce et qui ne cesse de se plaindre de Satake avec qui elle s’est mariée par arrangement. Majoritairement du point de vue de l’épouse, ce conte sur le couple nous laisse entrevoir deux images du couple, celle affaiblie de Taeko et Satake et celle naissante entre la nièce et le jeune ami de Satake. Mais c’est la relation du couple établi qui forme le ciment du film. Dans «Ochazuke no aji», il n’est pas question d’une évolution de l’amour, il n’est même pas question de drame. Le drame, comme dans tous les films d’Ozu, semble être en sous traitement, demeurant mais sous les actes, le drame procédant aux instants. Et les instants s’associent pour mener, dans une accalmie narrative, vers la décrépitude du couple. «Ochazuke no aji» brille par sa dynamique tranquille. Ceci d’autant plus que la fin défend, in fine, les troubles de l’amour : Nous désirons ce qui nous échappe. «Le couple à le goût du riz au thé vert», sûrement ce goût du doux amer, c’est là toute la cavillation de ce film d’Ozu : La vie est un mélange de plusieurs états. «Ochazuke no aji» possède l’excellente perfection de la réalisation d’Ozu et la finesse de son traitement narratif.
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