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En 1959, Yasujiro Ozu âgé de 56 ans et en activité depuis 32 ans, compte exactement 50 films à son actif. Ce n’est que tout récemment avec « Fleurs d’équinoxe » que le réalisateur s’est converti à la couleur. Plutôt lent à intégrer à son art les changements technologiques, Ozu a livré son premier film parlant en 1936 avec « Le fils unique ». L’expérience de la couleur semble avoir quelque peu modifié l’humeur d’Ozu qui alors qu’il avance en âge et de santé fragile, agrémente son cinéma d’un peu de fantaisie, centrant son propos sur la jeunesse (« Fleurs d’équinoxe ») ou sur l’enfance (« Bonjour »). Cette révolution esthétique amène Ozu à se replonger dans son œuvre passée pour en revisiter la teneur, l’esthétique ou l’actualité. Ainsi « Bonjour » est un vague remake des « Gosses de Tokyo » alors que « Herbes flottantes » reprend assez fidèlement l’intrigue muette de « Une histoire d’herbes flottantes » réalisé en 1933.
Pour l’occasion, le réalisateur maison de la Shochiku, studio qui l’a accompagné depuis ses débuts fait une « pige » pour La Daie, autre grand studio ayant pour réalisateurs emblématiques Kenji Mizoguchi et Kon Ichikawa mais aussi producteur du fameux « Rashomon » d’Akira Kurosawa, succès international. Si pour l’écriture du scénario, Ozu est en terrain connu avec le fidèle Kögo Noda pour l’épauler, il est amené à diriger une brochette d’acteurs prestigieux issus de la Daie tel Machiko Kyo, Ayako Wakao ou Hiroshi Kawaguchi ainsi que le très célèbre acteur du théâtre kabuki Ganjiro Nakamura. Autre grande nouveauté l’apport de Kazuo Miyazawa, chef opérateur attitré de Kenji Mizoguchi qui remplace Yuharu Atsuta dont on connaît l’influence sur l’esthétique du cinéma d’Ozu depuis « Il était un père » (1942). Étonnamment, ces nombreux changements n’ont pas perturbé Ozu qui a parfaitement intégré ces nouveaux apports à son style habituel qu’il n’a pas pour autant renié.
Une troupe de théâtre kabuki de seconde zone arrive par bateau dans une petite ville du Sud du Japon. C’est l’occasion pour Ozu de gratifier le spectateur d’une ouverture légèrement iconoclaste, laissant accroire que c’est en réalité un film de Jacques Tati qui commence. Musique enjouée, humeur guillerette et ambiance un tantinet dévergondée, la troupe est immédiatement à l’ouvrage pour faire la promotion de son spectacle. Mais Ozu ne délaissera guère longtemps sa marotte pour la mise en lumière du temps qui passe à travers les conflits, petits et grands événements qui règlent la vie sociale.
spoiler: Ici le patron de la troupe (Ganjiro Nakamura) qui revient dans le lieu où il y a près de vingt ans, il a laissé un fils (Hiroshi Kawaguchi) conçu lors d’un amour lui aussi itinérant. Une paternité qui l’a vu se transformer en oncle pour ne pas perturber l’enfant mais aussi et peut-être surtout préserver sa réputation. La visite rituelle à sa « sœur » (Haruko Sugimura) va être quelque peu perturbée, le patron de la troupe étant désormais en ménage avec une de ses jeunes actrice
s (Machiko Kyö). Tout semble en place pour une comédie de mœurs à la Guitry. Mais nous ne sommes pas dans le Paris des Années Folles et Ozü n’est pas Guitry. Pourtant, fait plutôt rare chez Ozu, certaines scènes montrent des rapports conflictuels très tendus notamment lorsque le chef de la troupe règle plutôt crûment ses comptes avec sa « régulière ». Scène magnifiquement filmée où les deux protagonistes se font face, se jetant à la figure leurs reproches mutuels chacun sur un trottoir et seulement séparés par la pluie qui bat, symbole de leur désunion. On voit ici tout l’apport de Kazuo Miyagawa qui incite Ozu à un peu plus d’ampleur narrative en lui faisant abandonner pour un film les fameux plans filmés à hauteur de tatami qui sont la marque de son travail avec Yuharu Atsuta.
Signe de cette sortie en plein air à la campagne qui lui a donné un nouveau souffle, le réalisateur livre une fin heureuse montrant que quelquefois le cours inéluctable des choses peut être interrompu et même inversé. Excellent film, démontrant que Ozu à qui l’on a parfois reproché sa frilosité stylistique pouvait sans problème même parvenu à l’âge mûr faire sa petite révolution.
Pour l’occasion, le réalisateur maison de la Shochiku, studio qui l’a accompagné depuis ses débuts fait une « pige » pour La Daie, autre grand studio ayant pour réalisateurs emblématiques Kenji Mizoguchi et Kon Ichikawa mais aussi producteur du fameux « Rashomon » d’Akira Kurosawa, succès international. Si pour l’écriture du scénario, Ozu est en terrain connu avec le fidèle Kögo Noda pour l’épauler, il est amené à diriger une brochette d’acteurs prestigieux issus de la Daie tel Machiko Kyo, Ayako Wakao ou Hiroshi Kawaguchi ainsi que le très célèbre acteur du théâtre kabuki Ganjiro Nakamura. Autre grande nouveauté l’apport de Kazuo Miyazawa, chef opérateur attitré de Kenji Mizoguchi qui remplace Yuharu Atsuta dont on connaît l’influence sur l’esthétique du cinéma d’Ozu depuis « Il était un père » (1942). Étonnamment, ces nombreux changements n’ont pas perturbé Ozu qui a parfaitement intégré ces nouveaux apports à son style habituel qu’il n’a pas pour autant renié.
Une troupe de théâtre kabuki de seconde zone arrive par bateau dans une petite ville du Sud du Japon. C’est l’occasion pour Ozu de gratifier le spectateur d’une ouverture légèrement iconoclaste, laissant accroire que c’est en réalité un film de Jacques Tati qui commence. Musique enjouée, humeur guillerette et ambiance un tantinet dévergondée, la troupe est immédiatement à l’ouvrage pour faire la promotion de son spectacle. Mais Ozu ne délaissera guère longtemps sa marotte pour la mise en lumière du temps qui passe à travers les conflits, petits et grands événements qui règlent la vie sociale.
spoiler: Ici le patron de la troupe (Ganjiro Nakamura) qui revient dans le lieu où il y a près de vingt ans, il a laissé un fils (Hiroshi Kawaguchi) conçu lors d’un amour lui aussi itinérant. Une paternité qui l’a vu se transformer en oncle pour ne pas perturber l’enfant mais aussi et peut-être surtout préserver sa réputation. La visite rituelle à sa « sœur » (Haruko Sugimura) va être quelque peu perturbée, le patron de la troupe étant désormais en ménage avec une de ses jeunes actrice
s (Machiko Kyö). Tout semble en place pour une comédie de mœurs à la Guitry. Mais nous ne sommes pas dans le Paris des Années Folles et Ozü n’est pas Guitry. Pourtant, fait plutôt rare chez Ozu, certaines scènes montrent des rapports conflictuels très tendus notamment lorsque le chef de la troupe règle plutôt crûment ses comptes avec sa « régulière ». Scène magnifiquement filmée où les deux protagonistes se font face, se jetant à la figure leurs reproches mutuels chacun sur un trottoir et seulement séparés par la pluie qui bat, symbole de leur désunion. On voit ici tout l’apport de Kazuo Miyagawa qui incite Ozu à un peu plus d’ampleur narrative en lui faisant abandonner pour un film les fameux plans filmés à hauteur de tatami qui sont la marque de son travail avec Yuharu Atsuta.
Signe de cette sortie en plein air à la campagne qui lui a donné un nouveau souffle, le réalisateur livre une fin heureuse montrant que quelquefois le cours inéluctable des choses peut être interrompu et même inversé. Excellent film, démontrant que Ozu à qui l’on a parfois reproché sa frilosité stylistique pouvait sans problème même parvenu à l’âge mûr faire sa petite révolution.
Meconnu de sa filmographie, "Herbes Flottantes" est un remake du même nom de son réalisateur. Je n ai pas vu l'original muet, mais en tout cas, son remake semble être reussi ! En l acceptant telle qu'elle, Ozu a reussi à me convaincre malgré un début perplexe. Toutefois, son intrigue devient de plus en plus intéressante avant d en devenir bouleversant. Les thématiques de Ozu sont toujours aussi bien traités avec des personnages complexes dans leur manière : ce film est une Confrontation "miroir" de personnage, où l'égoïsme plane sur ces derniers ; ce côté miroir d'un autre personnage, confronte le personnage principal aux erreurs du passé et à ses conséquences. Sa mise en scène est toujours aussi extraordinaire avec un film esthétiquement parfait ! Probablement son meilleur film sur ce point
Histoire très banale de vengeance, séduction. Pour compenser cette banalité, il faut une mise en scène solide, dynamique. Or la mise en scène est sans esthéticisme, sans rythme, lente. Bref, on s’ennuye ferme. De plus voir les japonais se courber pour parler, ça devient franchement exaspérant. Film qui a très mal vieilli.
Ozu est venu tardivement à la couleur. On peut le regretter car, avec ses plans fixes, son art du cadrage, sa disposition des accessoires, Ozu fait un une peintre cinéaste assez fascinant. Et dans ce film, c'est son esthétique -dont on ne peut pas exclure la beauté de jeunes comédiennes en kimono- qui m'a davantage séduit et touché que le sujet.
L'arrivée d'une troupe de comédiens dans un village de bord de mer prend d'abord l'apparence d'une comédie charmante avant d'introduire les accents d'un mélodrame moral et sentimental. Au rythme qui est le sien, c'est-à-dire flâneur, Ozu construit une intrigue toujours très mince. Comme d'autres cinéastes avant lui et après lui, il semble vouloir mettre en perspective l'art dramatique que représente la troupe de comédiens et le psychodrame qui se joue réellement et dont certains sont les sujets.
Le cas du chef de la compagnie théâtrale, le maitre Komajuro, acteur et homme vieillissant, rejoint la forme de solitude que connaissent beaucoup des personnages du cinéma d'Ozu. Elle a quelque chose ici qui m'a semblé un peu artificiel dans le pathétique, un peu...théâtrale.
On trouvera par ailleurs des séquences plutôt rares dans la filmographie d'après guerre du réalisateur (la seule que je connaisse à ce jour): des scènes de baisers (chastes) entre jeunes amoureux et, surtout, des moments de brutalité et d'insultes, de la part de Komajuro (vite absous, semble-t-il), qui rompent avec l'habituelle courtoisie et le savoir-vivre policé des personnages d'Ozu en général. Ce qui ne change pas, c'est ce goût sans modération pour le saké...
L'arrivée d'une troupe de comédiens dans un village de bord de mer prend d'abord l'apparence d'une comédie charmante avant d'introduire les accents d'un mélodrame moral et sentimental. Au rythme qui est le sien, c'est-à-dire flâneur, Ozu construit une intrigue toujours très mince. Comme d'autres cinéastes avant lui et après lui, il semble vouloir mettre en perspective l'art dramatique que représente la troupe de comédiens et le psychodrame qui se joue réellement et dont certains sont les sujets.
Le cas du chef de la compagnie théâtrale, le maitre Komajuro, acteur et homme vieillissant, rejoint la forme de solitude que connaissent beaucoup des personnages du cinéma d'Ozu. Elle a quelque chose ici qui m'a semblé un peu artificiel dans le pathétique, un peu...théâtrale.
On trouvera par ailleurs des séquences plutôt rares dans la filmographie d'après guerre du réalisateur (la seule que je connaisse à ce jour): des scènes de baisers (chastes) entre jeunes amoureux et, surtout, des moments de brutalité et d'insultes, de la part de Komajuro (vite absous, semble-t-il), qui rompent avec l'habituelle courtoisie et le savoir-vivre policé des personnages d'Ozu en général. Ce qui ne change pas, c'est ce goût sans modération pour le saké...
Malgré quelques longueurs, un humour particulier et une théâtralité (explicable par la mise en abîme mais dommageable) qui contribue au manque d'émotion ou d'empathie, l'intrigue manifeste clairement la force des personnages féminins face à des hommes faibles, violents, abusifs ou empêchés par diverses barrières sociales ou psychologiques. Porté par une mise en scène réfléchie, conférant à l'immobilité une symbolique intéressante, le récit dévoile graduellement ses enjeux, en même temps que la complexité des personnages (même si la différence d'âge entre les deux protagonistes en altère la crédibilité), quitte à frustrer le spectateur. Dense dans ses thématiques mais non exempt de maladresses.
Troisième titre en couleurs de YO et produit par la Daiei ( Ozu travaillait pour la Shochiku, compagnie de production moins importante), le scénario est le remake d'un film muet réalisé par YO lui-même en1937, " histoire d'herbes flottantes".
Le changement de compagnie de production pour la réalisation de ce titre permet à Ozu de travailler avec d'autres acteurs et techniciens ( dont K.Miyagawa, directeur de la photo de Mizoguchi et de Kurosawa, un des plus côtés du moment).
De nombreuses scènes sont tournées en extérieur à la différence des habitudes de Ozu.
Un directeur d'une troupe de théâtre ambulant, revient sur une île où il a un fils qui ignore l'identité de son père.
Réflexion sur le rapport filial, l'égoïsme, le manque de psychologie de certains, la trahison , la solitude et les conséquences que cela implique, c'est une très grande réussite du maître japonais.
Certains exégètes ( surtout occidentaux) ont beaucoup évoqués les fameux plans vides du cinéaste ( ils assurent la liaison entre certaines scènes) et leur ont trouvé une interprétation qui a à voir avec une expression de la transcendance.
Hypothèse séduisante, mais que je ne partage pas, à l'instar des commentateurs nippons les plus renommés sur le sujet.
Le changement de compagnie de production pour la réalisation de ce titre permet à Ozu de travailler avec d'autres acteurs et techniciens ( dont K.Miyagawa, directeur de la photo de Mizoguchi et de Kurosawa, un des plus côtés du moment).
De nombreuses scènes sont tournées en extérieur à la différence des habitudes de Ozu.
Un directeur d'une troupe de théâtre ambulant, revient sur une île où il a un fils qui ignore l'identité de son père.
Réflexion sur le rapport filial, l'égoïsme, le manque de psychologie de certains, la trahison , la solitude et les conséquences que cela implique, c'est une très grande réussite du maître japonais.
Certains exégètes ( surtout occidentaux) ont beaucoup évoqués les fameux plans vides du cinéaste ( ils assurent la liaison entre certaines scènes) et leur ont trouvé une interprétation qui a à voir avec une expression de la transcendance.
Hypothèse séduisante, mais que je ne partage pas, à l'instar des commentateurs nippons les plus renommés sur le sujet.
La double vie d'un acteur de théâtre qui chaque fois qu'il revient dans ce port retrouve son fils - un jeune adulte qui le croit être son oncle.
spoiler:
Kayo séduit Kiyoshi au grand dam de son père, qui la considère comme une femme de petite vertu.
C'est un tableau subtil des rapports dans la société japonaise des années 50, représentée plus durement que chez Naruse.
C'est un tableau subtil des rapports dans la société japonaise des années 50, représentée plus durement que chez Naruse.
Une troupe de théâtre vient se produire dans un village pendant plusieurs mois. Leur leader retrouve une femme du village avec qui il avait eu une aventure il y a plusieurs années et avec qui il avait eu un fils, ce dernier ne connait pas la réelle identité de son père. Mais la maîtresse actuelle du leader de la troupe découvre ce secret et décide de se venger.
Les décors et les costumes sont très beaux, on est vraiment au cœur du Japon et de ses traditions. L’esthétique est aussi très soignée, chaque plan est étudié. Il se dégage de ce film une ambiance très particulière.
En revanche, outre l’histoire qui n’a rien d’original, il n’y a strictement aucun rythme, tout est lent et long, les dialogues sont répétitifs, le jeu des acteurs est souvent exagéré.
Les décors et les costumes sont très beaux, on est vraiment au cœur du Japon et de ses traditions. L’esthétique est aussi très soignée, chaque plan est étudié. Il se dégage de ce film une ambiance très particulière.
En revanche, outre l’histoire qui n’a rien d’original, il n’y a strictement aucun rythme, tout est lent et long, les dialogues sont répétitifs, le jeu des acteurs est souvent exagéré.
La composition des plans est incroyable, et les couleurs sont un régal !
L'architecture nippone traditionnelle sert le cadrage avec brio, il y a une belle utilisation de la perspective, et l'apparente simplicité de la mise en scène ne fait qu'accentuer le drame domestique.
Le film m'a quand même paru long car j'ai eu du mal à rentrer dans le jeu daté et spécifique des comédiens. Les enjeux sont également à remettre dans le contexte historique, pour ne pas passer à côté.
Je ne m'attendais pas à une telle épure dans le montage et le jeu, mais une fois habitué ce fut un plaisir ! Un grand sentiment de mélancolie de dégage de ces personnages implacablement seuls... J'ai hâte de voir d'autres films de Ozu.
L'architecture nippone traditionnelle sert le cadrage avec brio, il y a une belle utilisation de la perspective, et l'apparente simplicité de la mise en scène ne fait qu'accentuer le drame domestique.
Le film m'a quand même paru long car j'ai eu du mal à rentrer dans le jeu daté et spécifique des comédiens. Les enjeux sont également à remettre dans le contexte historique, pour ne pas passer à côté.
Je ne m'attendais pas à une telle épure dans le montage et le jeu, mais une fois habitué ce fut un plaisir ! Un grand sentiment de mélancolie de dégage de ces personnages implacablement seuls... J'ai hâte de voir d'autres films de Ozu.
Je ne sais pas grand-chose d’Ozu, mais ce film me parait une œuvre importante dans sa filmographie et l’histoire du cinéma nippon. Voire international quand depuis notre petite Europe les références à notre propre culture ne manquent pas. Un peu de l’esprit Fellini pour ses clowns et de Tati pour son dynamisme lié à la fantaisie de ses personnages. Une pagnolade au bout du conte que Yasujirô Ozu nous dévoile avec une infinie précaution dans sa mise en scène qui à mes yeux est exemplaire. Pour ne pas dire remarquable. L’histoire principale est celle d’un metteur en scène qui revient dans un village de pêcheurs où vit toujours son grand amour et son fils qui ne connait pas son père. Alors que les représentations théâtrales ne font pas recette, sa propre histoire se heurte à ce passé trop longtemps refoulé et que sa maîtresse va mettre à jour de façon douloureuse. De la légèreté à la rigolade ( l’arrivée des comédiens dans le village est fantastique ) jusqu’au mélo qui se dessine en un drame familial déchirant, Ozu ne laisse passer aucun détail . Du grand art !
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Des acteurs excellents, une réalisation au top, et l'histoire est très plaisante. J'aime beaucoup malgré certains temps un peu trop long à mon goût.
Ces "Herbes flottantes" sont superbement composées, relatant une histoire où les thèmes chers au cinéaste sont à nouveau abordés avec finesse et sensibilité : le temps qui passe, le désir de se racheter, le regret de ne pas avoir suivi un certain chemin. Du grand art.
C'est le remake par le même cinéaste d'un film de 1932 qui avait eu beaucoup de succès, dans le monde entier, dont on retrouve l'écho après-guerre chez de nombreux comme chez Bergman (La Nuit des Forains 1953), Fellini (Les Feux du Music-Hall 1950 et la Strada 1954), Cukor (To Be or not to be 1942) etc. Quatre films qui en retour ont eu une grande influence sur le remake en couleur. Par exemple la musique imite celle de Nino Rota
Une troupe de théâtre famélique et dérisoire arrive dans un petit village portuaire. Il fait une chaleur insupportable. La représentation n'est pas un succès. Le chef de la troupe (joué par le très célèbre acteur de kabuki, trésor national vivant, Ganjirō Nakamura) retrouve là une femme dont il a eu un fils 12 ans avant. Mais sa maîtresse actuelle l'apprend et décide de se venger en envoyant la jeune actrice de la troupe (la sublime Ayako Wakao), à laquelle "aucun homme ne peut résister", séduire le fils.
Entre la comédie et le drame comme les trois films cités, entre l'émotion et la fatalité, mêlant l'ironie féroce (le mauvais Kabuki) à la compassion (l'amour de l'ancienne maîtresse magistralement incarnée par Haruko Sugimura, une actrice présente dans presque tous les films d'Ozu) entre l'oppression de la canicule et l'espoir de l'amour, Herbes Flottantes d'Ozu est un des films les plus poétiques de ce maître de la poésie.
Une troupe de théâtre famélique et dérisoire arrive dans un petit village portuaire. Il fait une chaleur insupportable. La représentation n'est pas un succès. Le chef de la troupe (joué par le très célèbre acteur de kabuki, trésor national vivant, Ganjirō Nakamura) retrouve là une femme dont il a eu un fils 12 ans avant. Mais sa maîtresse actuelle l'apprend et décide de se venger en envoyant la jeune actrice de la troupe (la sublime Ayako Wakao), à laquelle "aucun homme ne peut résister", séduire le fils.
Entre la comédie et le drame comme les trois films cités, entre l'émotion et la fatalité, mêlant l'ironie féroce (le mauvais Kabuki) à la compassion (l'amour de l'ancienne maîtresse magistralement incarnée par Haruko Sugimura, une actrice présente dans presque tous les films d'Ozu) entre l'oppression de la canicule et l'espoir de l'amour, Herbes Flottantes d'Ozu est un des films les plus poétiques de ce maître de la poésie.
La transmission filiale n’est pas évidente et même si le sacrifice est caché, le secret n’est pas pour autant gage de reconnaissance.
L’histoire est belle et la fin surtout avec la résignation du père qui part avec la volonté de se faire pardonner.
L’histoire est belle et la fin surtout avec la résignation du père qui part avec la volonté de se faire pardonner.
Un film d'Ozu : rien que des plans fixes, gros travail du cadre (des tableaux où les corps et les objets sont parfaitement agencés, un réel souci de la profondeur de champ...), une tonalité oscillant entre gravité et légèreté, de très beaux acteurs, on y boit plein de saké et on y fume beaucoup de cigarettes, l'amour et les fantômes du passé sont au rendez-vous...
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