Herbes flottantes
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weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 septembre 2019
La transmission filiale n’est pas évidente et même si le sacrifice est caché, le secret n’est pas pour autant gage de reconnaissance.
L’histoire est belle et la fin surtout avec la résignation du père qui part avec la volonté de se faire pardonner.
ninilechat
ninilechat

84 abonnés 564 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 22 novembre 2018
Grâce à la saison du japonisme, la MCJF va diffuser toute une série de films d' Ozu, Mizoguchi, Kurozawa l'ancien..... que nous avons évidemment envie de revoir ou même de découvrir, ce qui est le cas pour ces Herbes flottantes, pas le plus connu des films de Yazujirô Ozu.... Et pourtant! quelle petite merveille!

        Non, ne vous tapez pas la tête contre les murs si je vous dis qu'il m'a fait penser à...... Pagnol. Je n'ai pas abusé du saké! C'est du Pagnol parce qu'il fait très chaud, comme l'été en Provence? Pas seulement.... Parce qu'on hésite sans cesse entre le mélo et la rigolade; parce qu'il y a des femmes légères et des hommes colériques; parce qu'il y a pléthore de personnages folkloriques; parce qu'il y a des moments qui rient et des moments qui pleurent....  Et que, vaille que vaille, tout finit bien..
       Pourquoi Komajuro (Ganjirô Nakamura), directeur d'une petite troupe ambulante de kabuki, s'attarde t-il dans cette  île peu peuplée, où le plein de public a vite été fait? Pourquoi les comédiens perdent ils leur temps à ne rien faire en transpirant? C'est qu'autrefois Komajuro, grand coureur, a eu ici une amoureuse qui lui a donné un fils, Kiyochi (Hiroshi Kawagushi) qui est maintenant un beau garçon d'une vingtaine d'années, qui le prend pour son oncle (son père, un respectable fonctionnaire, serait mort prématurément lui a dit sa mère...). Pourquoi ce secret? Parce que Komajuro souhaite que son fils devienne "quelqu'un", et que le fils d'un histrion sera toujours méprisé. [Dans la mesure où les jeunes femmes de la troupe sont assimilées à des prostituées, on se dit que la situation n'a pas beaucoup progressé au Japon depuis la troupe de Molière....] Cette femme jadis aimée (et toujours aimée, d'ailleurs, d'une certaine façon) l'attend fidèlement, l'accueillant avec le sourire à chacun de ses retours.

       Mais l'actuelle compagne de Komajuro, Sumiko (Machiko Kyô) a découvert le secret de celui-ci, et, jalouse comme une tigresse, elle décide de se venger en manipulant la très jolie jeune première, Kayo (Ayako Wakao

       La note folklorique est apportée par les figures picaresques des acteurs de la petite troupe. Le défilé dans le village pour annoncer les futurs spectacles est un morceau d'anthologie!! Et pour nous, la note dépaysante est apportée par cet exquis village ancien, aux ruelles étroites, aux maisons de bois -la maison où la troupe est logée, derrière le théâtre, avec ses petites pièces et ses multiples niveaux est une merveille! Et puis, tout autour, il y a l'océan....

       Le film repassera le jeudi 6 décembre à 17h. Ne le laissez pas passer!!
Catherine C.
Catherine C.

13 abonnés 241 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 24 novembre 2024
Histoire très banale de vengeance, séduction. Pour compenser cette banalité, il faut une mise en scène solide, dynamique. Or la mise en scène est sans esthéticisme, sans rythme, lente. Bref, on s’ennuye ferme. De plus voir les japonais se courber pour parler, ça devient franchement exaspérant. Film qui a très mal vieilli.
EricDebarnot
EricDebarnot

239 abonnés 1 262 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 14 mai 2016
"Herbes Flottantes" (dans sa version de 1959, puisque Ozu faisait là le remake en couleurs de l'un de ses films antérieurs) est une belle preuve de plus de l'imparable réussite de la "méthode Ozu". Soit une heure et quelques de construction patiente, vaguement indolente, d'un mélodrame à mèche longue, qui ne détonnera que dans la dernière demi-heure, magnifique, terrassante... irrésistible. Beauté des actrices - sublimes -, magnificence de tous les plans - parfaitement agencés -, perfection du rythme et de la narration, complexité des sentiments exprimés, oui, toute la majesté pourtant tellement humble du cinéma de Ozu se retrouve ici, avec le paradoxe d'un personnage central haïssable (assez inhabituel chez Ozu...) : mauvais père, coureur de jupons, maître intraitable pour sa petite troupe de théâtre, frappant allègrement les femmes qui s'opposent à lui, voici un personnage "in-sauvable" à qui "Herbes Flottantes" donne quand même une autre chance, à travers l'amour de sa maîtresse un temps délaissée, dans une ultime scène douce-amère et ambiguë. Encore un chef d'oeuvre.
Loïck G.

389 abonnés 1 825 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 19 août 2020
Je ne sais pas grand-chose d’Ozu, mais ce film me parait une œuvre importante dans sa filmographie et l’histoire du cinéma nippon. Voire international quand depuis notre petite Europe les références à notre propre culture ne manquent pas. Un peu de l’esprit Fellini pour ses clowns et de Tati pour son dynamisme lié à la fantaisie de ses personnages. Une pagnolade au bout du conte que Yasujirô Ozu nous dévoile avec une infinie précaution dans sa mise en scène qui à mes yeux est exemplaire. Pour ne pas dire remarquable. L’histoire principale est celle d’un metteur en scène qui revient dans un village de pêcheurs où vit toujours son grand amour et son fils qui ne connait pas son père. Alors que les représentations théâtrales ne font pas recette, sa propre histoire se heurte à ce passé trop longtemps refoulé et que sa maîtresse va mettre à jour de façon douloureuse. De la légèreté à la rigolade ( l’arrivée des comédiens dans le village est fantastique ) jusqu’au mélo qui se dessine en un drame familial déchirant, Ozu ne laisse passer aucun détail . Du grand art !
Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Alolfer
Alolfer

178 abonnés 1 736 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 21 mai 2025
Meconnu de sa filmographie, "Herbes Flottantes" est un remake du même nom de son réalisateur. Je n ai pas vu l'original muet, mais en tout cas, son remake semble être reussi ! En l acceptant telle qu'elle, Ozu a reussi à me convaincre malgré un début perplexe. Toutefois, son intrigue devient de plus en plus intéressante avant d en devenir bouleversant. Les thématiques de Ozu sont toujours aussi bien traités avec des personnages complexes dans leur manière : ce film est une Confrontation "miroir" de personnage, où l'égoïsme plane sur ces derniers ; ce côté miroir d'un autre personnage, confronte le personnage principal aux erreurs du passé et à ses conséquences. Sa mise en scène est toujours aussi extraordinaire avec un film esthétiquement parfait ! Probablement son meilleur film sur ce point
soulman
soulman

140 abonnés 1 401 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 février 2020
Ces "Herbes flottantes" sont superbement composées, relatant une histoire où les thèmes chers au cinéaste sont à nouveau abordés avec finesse et sensibilité : le temps qui passe, le désir de se racheter, le regret de ne pas avoir suivi un certain chemin. Du grand art.
hpjvswzm5
hpjvswzm5

52 abonnés 459 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 mai 2014
Mon premier Ozu est vraiment une belle merveille. Je connaissais quelque peu sa réputation, et du coup je m’attendais à voir le quotidien filmé avec justesse, un peu comme chez Pialat, mais je pense qu’Ozu est beaucoup moins dur et violent que Pialat (c’est pas un défaut), en tous cas pas moins tendre.
Ce film c’est vraiment une petite tranche de vie toute conne, autour d’un village japonais et d’une troupe de théâtre Kabuki qui montent une pièce vouée à l’échec. Et pourtant c’est magnifique. Ces personnages sont très beaux car ils sont vrais, on croit à leurs personnages. Le film tourne aussi autour d’un drame familial, de secrets de familles qui ne sont pas cachés d’une manière lourde ou appuyée, il n’y aucune musique lourdingue dans la bande son, juste souvent le léger bruit du vent. Le tout sublimé par la mise en scène d’Ozu qui est extrêmement simple mais précise, et je dirais que c’est un modèle à suivre. Plus la mise en scène est simple et s’efface, plus on pourra apprécier l’histoire et les personnages. C’est bien mieux qu’un truc tape-à-l’œil qui essaye de faire arty mais qui ne parvient qu’à agacer.
Ozu sait lui aussi très bien filmer les femmes, et la romance qui se crée vers le milieu du film est vraiment belle, bien qu’assez brève, et faisant intervenir un personnage féminin presque absent du film jusqu’alors, et pourtant il arrive à faire fonctionner ça. Mais ce que j’ai préféré dans le film, c’est la fin, la dernière demi-heure, juste magnifique, et qui conclue très bien le morceau de vie que constitue le film, comme si on avait la fin d’un cycle. J’aime beaucoup la scène où tous les membres de la troupe se réunissent auprès du maître et se disent adieu, expliquent aux autres ce qu’ils vont faire, où ils vont aller. Avec toujours cette mise en scène d’une grande sobriété. Et comme si ça ne suffisait pas, la scène finale est merveilleuse, c’est à la fois une fin et un renouveau, une réconciliation. La dernière image du train s’enfonçant dans la nuit, avec deux lumières rouges comme des yeux est vraiment belle. J’adore la façon qu’a Ozu de raconter et montrer le quotidien, c’est un cinéma qui me parle et m’émeut. C’est vraiment une petite claque, et alors que ses films ressortent en ce moment, il est plus que temps que je penche plus sur lui (sans allusion aucune).
Yoloyouraz
Yoloyouraz

35 abonnés 566 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 24 juillet 2008
Script quelque peu confus, technique limitant l'émotion, timides interprétations... malgré les handicaps, l'oeuvre de Y.Ozu s'en sort de manière charmante.
soniadidierkmurgia

1 435 abonnés 4 337 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 27 mai 2025
En 1959, Yasujiro Ozu âgé de 56 ans et en activité depuis 32 ans, compte exactement 50 films à son actif. Ce n’est que tout récemment avec « Fleurs d’équinoxe » que le réalisateur s’est converti à la couleur. Plutôt lent à intégrer à son art les changements technologiques, Ozu a livré son premier film parlant en 1936 avec « Le fils unique ». L’expérience de la couleur semble avoir quelque peu modifié l’humeur d’Ozu qui alors qu’il avance en âge et de santé fragile, agrémente son cinéma d’un peu de fantaisie, centrant son propos sur la jeunesse (« Fleurs d’équinoxe ») ou sur l’enfance (« Bonjour »). Cette révolution esthétique amène Ozu à se replonger dans son œuvre passée pour en revisiter la teneur, l’esthétique ou l’actualité. Ainsi « Bonjour » est un vague remake des « Gosses de Tokyo » alors que « Herbes flottantes » reprend assez fidèlement l’intrigue muette de « Une histoire d’herbes flottantes » réalisé en 1933.
Pour l’occasion, le réalisateur maison de la Shochiku, studio qui l’a accompagné depuis ses débuts fait une « pige » pour La Daie, autre grand studio ayant pour réalisateurs emblématiques Kenji Mizoguchi et Kon Ichikawa mais aussi producteur du fameux « Rashomon » d’Akira Kurosawa, succès international. Si pour l’écriture du scénario, Ozu est en terrain connu avec le fidèle Kögo Noda pour l’épauler, il est amené à diriger une brochette d’acteurs prestigieux issus de la Daie tel Machiko Kyo, Ayako Wakao ou Hiroshi Kawaguchi ainsi que le très célèbre acteur du théâtre kabuki Ganjiro Nakamura. Autre grande nouveauté l’apport de Kazuo Miyazawa, chef opérateur attitré de Kenji Mizoguchi qui remplace Yuharu Atsuta dont on connaît l’influence sur l’esthétique du cinéma d’Ozu depuis « Il était un père » (1942). Étonnamment, ces nombreux changements n’ont pas perturbé Ozu qui a parfaitement intégré ces nouveaux apports à son style habituel qu’il n’a pas pour autant renié.
Une troupe de théâtre kabuki de seconde zone arrive par bateau dans une petite ville du Sud du Japon. C’est l’occasion pour Ozu de gratifier le spectateur d’une ouverture légèrement iconoclaste, laissant accroire que c’est en réalité un film de Jacques Tati qui commence. Musique enjouée, humeur guillerette et ambiance un tantinet dévergondée, la troupe est immédiatement à l’ouvrage pour faire la promotion de son spectacle. Mais Ozu ne délaissera guère longtemps sa marotte pour la mise en lumière du temps qui passe à travers les conflits, petits et grands événements qui règlent la vie sociale.
spoiler: Ici le patron de la troupe (Ganjiro Nakamura) qui revient dans le lieu où il y a près de vingt ans, il a laissé un fils (Hiroshi Kawaguchi) conçu lors d’un amour lui aussi itinérant. Une paternité qui l’a vu se transformer en oncle pour ne pas perturber l’enfant mais aussi et peut-être surtout préserver sa réputation. La visite rituelle à sa « sœur » (Haruko Sugimura) va être quelque peu perturbée, le patron de la troupe étant désormais en ménage avec une de ses jeunes actrice
s (Machiko Kyö). Tout semble en place pour une comédie de mœurs à la Guitry. Mais nous ne sommes pas dans le Paris des Années Folles et Ozü n’est pas Guitry. Pourtant, fait plutôt rare chez Ozu, certaines scènes montrent des rapports conflictuels très tendus notamment lorsque le chef de la troupe règle plutôt crûment ses comptes avec sa « régulière ». Scène magnifiquement filmée où les deux protagonistes se font face, se jetant à la figure leurs reproches mutuels chacun sur un trottoir et seulement séparés par la pluie qui bat, symbole de leur désunion. On voit ici tout l’apport de Kazuo Miyagawa qui incite Ozu à un peu plus d’ampleur narrative en lui faisant abandonner pour un film les fameux plans filmés à hauteur de tatami qui sont la marque de son travail avec Yuharu Atsuta.
Signe de cette sortie en plein air à la campagne qui lui a donné un nouveau souffle, le réalisateur livre une fin heureuse montrant que quelquefois le cours inéluctable des choses peut être interrompu et même inversé. Excellent film, démontrant que Ozu à qui l’on a parfois reproché sa frilosité stylistique pouvait sans problème même parvenu à l’âge mûr faire sa petite révolution.
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 20 juillet 2024
Malgré quelques longueurs, un humour particulier et une théâtralité (explicable par la mise en abîme mais dommageable) qui contribue au manque d'émotion ou d'empathie, l'intrigue manifeste clairement la force des personnages féminins face à des hommes faibles, violents, abusifs ou empêchés par diverses barrières sociales ou psychologiques. Porté par une mise en scène réfléchie, conférant à l'immobilité une symbolique intéressante, le récit dévoile graduellement ses enjeux, en même temps que la complexité des personnages (même si la différence d'âge entre les deux protagonistes en altère la crédibilité), quitte à frustrer le spectateur. Dense dans ses thématiques mais non exempt de maladresses.
Dora M.
Dora M.

78 abonnés 542 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 16 mars 2022
Une troupe de théâtre vient se produire dans un village pendant plusieurs mois. Leur leader retrouve une femme du village avec qui il avait eu une aventure il y a plusieurs années et avec qui il avait eu un fils, ce dernier ne connait pas la réelle identité de son père. Mais la maîtresse actuelle du leader de la troupe découvre ce secret et décide de se venger.
Les décors et les costumes sont très beaux, on est vraiment au cœur du Japon et de ses traditions. L’esthétique est aussi très soignée, chaque plan est étudié. Il se dégage de ce film une ambiance très particulière.
En revanche, outre l’histoire qui n’a rien d’original, il n’y a strictement aucun rythme, tout est lent et long, les dialogues sont répétitifs, le jeu des acteurs est souvent exagéré.
Yves G.

1 845 abonnés 4 017 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 8 août 2019
Dans une petite ville insulaire du sud du Japon écrasée par la chaleur estivale, une troupe de théâtre vient donner des représentations. Komajuro, le chef de la compagnie, y a une maîtresse, dont il a eu un fils, Kiyoshi, aujourd’hui adulte, qu’elle a élevé seul.
Le secret est bien gardé mais la nouvelle compagne de Komajuro finit par le percer. Sa jalousie est violente et aura des conséquences dramatiques.

L’été est la saison des rétrospectives japonaises. Carlotta Films a flairé le filon et ressort chaque année, en groupe ou isolément, tel ou tel chef d’œuvre d’Ozu, de Kurosawa ou de Mizoguchi. C’est l’occasion de voir ou de revoir ce film de 1959, l’un des rares que Ozu a tourné en couleurs. Il suffit d’avoir déjà vu un ou deux films du maître (mon préféré, ce qui n’est guère original, est "Voyage à Tokyo") pour se sentir immédiatement en terrain de connaissance : caméra au ras du tatami, lents travellings, plans de coupe construits comme des tableaux de maîtres, montage cut, très discrète musique de fond, acteurs fétiches (on reconnaît Chishu Ryu et Haruko Sugimura mais Setsuko Hara manque à l’appel)…

Ozu en avait fait une première version de cette histoire vingt-cinq ans plus tôt, intitulée "Histoires d’herbes flottantes", en muet et en noir et blanc, dont on dit – je ne l’ai pas vue – qu’elle était plus tragique. Pour autant, "Herbes flottantes" n’est pas très gai. La sérénité stoïcienne qui caractérise les films du maître est ici interrompue d’inhabituelles disputes : entre Komajuro et sa maîtresse, entre Komajuro et son fils. Si, comme tous les films d’Ozu, il est question de relations familiales, elles sont ici appréhendées du point de vue des seuls parents – à travers la relation de Komajuro avec ses deux maîtresses. Sans doute le film se conclut-il in extremis par une réconciliation générale ; mais elle est trop tardive, trop artificielle, pour être tout à fait crédible.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 229 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 21 novembre 2024
Ozu est venu tardivement à la couleur. On peut le regretter car, avec ses plans fixes, son art du cadrage, sa disposition des accessoires, Ozu fait un une peintre cinéaste assez fascinant. Et dans ce film, c'est son esthétique -dont on ne peut pas exclure la beauté de jeunes comédiennes en kimono- qui m'a davantage séduit et touché que le sujet.
L'arrivée d'une troupe de comédiens dans un village de bord de mer prend d'abord l'apparence d'une comédie charmante avant d'introduire les accents d'un mélodrame moral et sentimental. Au rythme qui est le sien, c'est-à-dire flâneur, Ozu construit une intrigue toujours très mince. Comme d'autres cinéastes avant lui et après lui, il semble vouloir mettre en perspective l'art dramatique que représente la troupe de comédiens et le psychodrame qui se joue réellement et dont certains sont les sujets.
Le cas du chef de la compagnie théâtrale, le maitre Komajuro, acteur et homme vieillissant, rejoint la forme de solitude que connaissent beaucoup des personnages du cinéma d'Ozu. Elle a quelque chose ici qui m'a semblé un peu artificiel dans le pathétique, un peu...théâtrale.
On trouvera par ailleurs des séquences plutôt rares dans la filmographie d'après guerre du réalisateur (la seule que je connaisse à ce jour): des scènes de baisers (chastes) entre jeunes amoureux et, surtout, des moments de brutalité et d'insultes, de la part de Komajuro (vite absous, semble-t-il), qui rompent avec l'habituelle courtoisie et le savoir-vivre policé des personnages d'Ozu en général. Ce qui ne change pas, c'est ce goût sans modération pour le saké...
Pascal
Pascal

254 abonnés 2 405 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 mai 2024
Troisième titre en couleurs de YO et produit par la Daiei ( Ozu travaillait pour la Shochiku, compagnie de production moins importante), le scénario est le remake d'un film muet réalisé par YO lui-même en1937, " histoire d'herbes flottantes".

Le changement de compagnie de production pour la réalisation de ce titre permet à Ozu de travailler avec d'autres acteurs et techniciens ( dont K.Miyagawa, directeur de la photo de Mizoguchi et de Kurosawa, un des plus côtés du moment).

De nombreuses scènes sont tournées en extérieur à la différence des habitudes de Ozu.

Un directeur d'une troupe de théâtre ambulant, revient sur une île où il a un fils qui ignore l'identité de son père.

Réflexion sur le rapport filial, l'égoïsme, le manque de psychologie de certains, la trahison , la solitude et les conséquences que cela implique, c'est une très grande réussite du maître japonais.

Certains exégètes ( surtout occidentaux) ont beaucoup évoqués les fameux plans vides du cinéaste ( ils assurent la liaison entre certaines scènes) et leur ont trouvé une interprétation qui a à voir avec une expression de la transcendance.

Hypothèse séduisante, mais que je ne partage pas, à l'instar des commentateurs nippons les plus renommés sur le sujet.
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