Ucho
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WardStradlater
WardStradlater

70 abonnés 469 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 septembre 2015
L'Oreille n'est pas un film désagréable à regarder. Bon jeu, bonne mise en scène, excellente maitrise des lumières et une tension scénaristique qui fonctionne bien.

Ceci étant dit, il lui manque cruellement un approfondissement dans son discours politique. Si la paranoïa, l'autocensure, l'hypocrisie et le misérabilisme sont bien rendus, le propos du film se déconcentre tout le temps, en passant par la vie privée du couple sans grand intérêt, malheureusement.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 15 août 2018
Le synopsis n’est pas sans rappeler La Vie des autres, qui dénonçait aussi la dérive totalitaire du régime communiste et en particulier ses atteintes à la vie privée. Mais L’Oreille est surtout comparé - à juste titre - au film et à la pièce Qui a peur de Virginia Woolf. Un huis-clos se déroulant sur une nuit, une plongée éprouvante dans l’intimité d’un couple en pleine tourmente, une mise en scène au plus près des visages, une photographie en noir et blanc qui accentue l’atmosphère oppressante, un scénario à la progression implacable et pessimiste, L’Oreille est tout cela à la fois, en plus d’un manifeste désabusé pour la liberté individuelle. C’est aussi un film qui a les défauts inhérents à son propre dispositif et souffre donc de quelques longueurs et répétitions, d’une certaine hystérie et d’une ambiance étouffante, mais cela reste une œuvre maîtrisée et qui atteint son objectif en nous faisant ressentir efficacement les effets de la paranoïa qu’un régime politique sans scrupules est capable d’importer jusque dans la chambre à coucher de ses fonctionnaires ou opposants.
Charlotte28
Charlotte28

202 abonnés 2 819 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 18 septembre 2025
Froide, épurée voire âpre la réalisation qui exploite parfaitement les clairs-obscurs ou le décor redouble l'aridité du système communiste où même au sein d'une fête les tensions, les dangers, les trahisons menacent. En insérant des analepses de la soirée au sein du retour chez lui du couple principal, la narration laisse poindre insidieusement l'interrogation paranoïaque qui augmente, instillant une sourde nervosité alors que chaque élément suspect est souligné par le seul montage. Evidente critique politique d'un système coercitif où les tortionnaires peuvent devenir victimes, ce thriller se fait aussi drame conjugal d'un ménage en déliquescence émotionnelle, la femme devenue alcoolique après que son mari eut oublié son amour. Habile!
Plume231

4 406 abonnés 4 639 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 janvier 2012
Troisième film tchèque que je vois, après "Au feu, les pompiers!" et "Trains étroitement surveillés", troisième bonne surprise et peut-être même la meilleure des trois. Bon le plus étonnant avec cette oeuvre, c'est qu'elle ait pu se faire. Le moins étonnant, c'est qu'elle ait été interdite pendant près de vingt ans. Parce que niveau attaque du régime communiste au pouvoir à l'époque ça y va frontalement. Ce mélange de "Qui a peur de Virginia Woolf ?" pour le côté "scènes de ménage et les petites et courtes réconciliations du couple bien éméché", et de Big Brother pour le côté "les micros partout dans la maison" est détonnant. Le personnage principal devient paranoïaque et dès le début on sent qu'il a raison de l'être. Les moindres détails, même les plus insignifiants, montrés lors de plusieurs flashbacks autour d'une réception mondaine, dégagent une violence psychologique vraiment inattendue. Notre couple perd peu à peu leurs répères et leur dignité, et on en souffre car on se met facilement à leur place. Bref, on a affaire à un drame psychologique intense avec de belles allures de thriller qui nous prouve que non Big Brother n'est pas une vision cauchemardesque du futur puisqu'il est déjà présent depuis longtemps.
il_Ricordo
il_Ricordo

118 abonnés 407 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 27 février 2012
L'Oreille, c'est une métaphore. Métaphore de l'État soviétique tout-puissant qui contrôle les moindres faits et gestes de sa population, et particulièrement ce qui se dit, ce qui se pense. Immédiatement censuré après sa sortie, L'Oreille relate la montée de la paranoïa chez un couple qui rentre de soirée : paranoïa justifiée, car ayant constaté que leur maison a été visitée, que le courant a sauté et que l'on a truffé chaque pièce d'un micro, les deux pauvres gens désespèrent à propos d'une arrestation imminente. Ils se remémorent chaque détail de la soirée passée, interprétant l'évènement le plus insignifiant comme preuve de leur malheur. Mais en devenant méfiants, ils ne tardent pas à se prendre le bec par des accusations réciproques : délaissement, ivrognerie... tout y passe, jusqu'à la tentative de suicide. Désabusé et sinistre, L'Oreille évoque de nombreux problèmes de la société communiste : la moindre liberté est supprimée et toute action, toute parole est contrôlée. En étudiant le climat de peur permanente et concluant sur une incompréhension totale, ce film est l'un des plus amers du Cinéma tchécoslovaque.
Arthur Debussy
Arthur Debussy

189 abonnés 772 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 16 mars 2025
L'Oreille de Karel Kachyňa compte parmi les grandes réussites du cinéma tchécoslovaque des années 60-70, et est presque un film culte. C'est une tragicomédie sur la paranoïa sous l'ère communiste, qui s'empare d'un apparatchik, un vice-ministre, qui se met à paniquer avec sa femme lorsqu'ils apprennent que son supérieur vient d'être évincé, et qu'une purge à eu lieu, ses proches ayant été arrêté par le régime.

On suit alors notre anti-héros et sa femme se prendre le bec chez eux, avec quelque litres d'alcools dans le sang, se hurlant dessus alors qu'ils se savent épiés et sous écoute. La mise en scène, géniale, nous met mal à l'aise pendant tout le film, tout en faisant preuve d'une grande maestria visuelle, avec une belle gestion du noir et blanc, de l'ombre et de la lumière.

Surtout, le film sait à la fois être inquiétant et parfois très drôle, avec un humour caustique et énormément d'irrévérence politique. Il fait partie de ces films dénonçant clairement le régime communiste, comme La Plaisanterie de Jaromil Jireš, sur un scénario de Milan Kundera. L'Oreille aura la même trajectoire et sera immédiatement censuré, avant de sortir enfin en 1990, une fois le régime communiste mis à bas.

Aujourd'hui, le film peut paraître un peu désuet et ne pas verser assez dans le côté thriller. Mais c'est se tromper sur les intentions des auteurs il me semble, qui cherchent avant tout à montrer la déliquescence des êtres humains et de la société sous le joug totalitaire, les réduisant à être pire que des animaux, prêts à tout pour survivre, quitte à s'entredéchirer. En cela, L'Oreille est un film brillant et multiple, qui n'a rien perdu de sa pertinence, plus encore à notre époque où le fascisme ressurgit et où la désinformation se propage... Tout comme la peur...
Corinne76100
Corinne76100

86 abonnés 631 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 17 avril 2025
Film assez stupéfiant de par la modernité qu'il dégage dans ses dialogues. Le suspens monte crescendo. La réalisation est impeccable de précisions. Une belle surprise
traversay1

4 476 abonnés 5 349 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 août 2016
De retour d'une réception, un fonctionnaire du parti et son épouse découvrent que l'électricité et le téléphone sont coupés à leur domicile. Des hommes rôdent autour de la maison. Est-ce l'heure de la disgrâce, de l'emprisonnement, peut-être ? Le film est une gigantesque scène de ménage, en partie à la seule lueur des bougies, alors que le paranoïa s'empare de ce couple, persuadé d'être sur écoute (l'oreille). Inutile de dire que ce tableau orwellien ne fut pas du goût des autorités et il fallut attendre le début des années 90 pour que le film puisse être vu en Tchécoslovaquie.
Pascal
Pascal

253 abonnés 2 398 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 16 mars 2025
Ressortie en salle de "Ucho" ( se prononce uro en tchèque) autrement dit " l'oreille, réalisé en 1970 mais interdit dans son pays avant sa présentation en CO (Cannes 1990) où il repartira la corbeille vide.

Si le cinéma tchèque fut pendant longtemps surtout connu en occident à travers le travail des exilés tels Ivan Passer ou Milos Forman, la diffusion de la filmographie d'autres cinéastes restés derrière le rideau de fer fut limitée ( censure obligé).

"Ucho" se révèle ainsi intéressant à connaître pour le portrait qu'il dresse de ce qu'est un pays totalitaire.

Certains ont pu tenter d'établir une relation entre "Ucho" et le film de Mike Nichols " qui a peur de Virginia Woolf ?"

Certes le huis clos nocturne et la confrontation d'un couple passablement éméché peut y faire penser, mais le coeur du sujet ne me paraît être surtout situé ici.

Si on peut comprendre que la formation de cette union n'eut pas une histoire d'amour pour origine, que ces deux membres de l'élite politique ne le sont pas en terme de morale, c'est sans doute le regard au scalpel sur le régime en place qui justifie la vision du film.

Bien que faisant partie de la nomemkatura, le couple sait qu'il est surveillé au même titre que tout le monde, que leur statut ne tient qu'à un fil pouvant se rompre sans motif fondé et que la prison est toujours présente dans un horizon existentiel.

Le sommet de l'empreinte totalitariste est atteinte à la fin, avec une chute abyssale et imprévisible, dont on laissera le spectateur en prendre connaissance dans ses détails. Mais le message est clair : voilà un système totalement pervers qui n'autorise pas d'échappatoire.

On notera que l'actrice principale, dont le père était incarcéré, fut soupçonnée dans la vraie vie d'être un informateur des services de renseignements chargé de surveiller un de ses collègues. La boucle est bouclée.
Mathias Le Quiliec
Mathias Le Quiliec

80 abonnés 378 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 26 septembre 2022
Soyons clair d'entrée, ce n'est surement pas un chef d'oeuvre, mais au vu des moyens utilisé et du résultat obtenu, on pourrait s'en rapprocher. Perso j'adore cette ambiance paranoiaque de guerre froide en noir et blanc, sur fond de surveillance et d'écoute politique. A l'image de l'excellent "the conversation" de FF Coppola qui sortira un peu plus tard remportant la palme d'or . Le couple ici est plutôt attachant, on se rallie facilement à leur cause. Filmé principalement en huit clos dans l'appartement du couple, plus le film avance et plus l'étau se resserre sur eux, l'atmosphère devient alors quasi irrespirable. Et la fin que certains a raison trouveront baclé, donne pourtant au film ce côté aussi noir qu'insaisissable, nous laissant face a un problème de taille sans aucune solution. Les acteurs semblent très amateurs, mention spéciale néanmoins pour l'actrice principale dont la personnalité apporte un semblant de lumière dans ce noir complet. Une vraie belle surprise !
Ristobop
Ristobop

41 abonnés 96 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 octobre 2015
Quasiment dans la clandestinité et immédiatement évidemment censuré par le régime, l'Oreille ne sortira officiellement qu'en 1990. Ayant influencé la majorité des cinéastes Tchèques, cette clandestinité renforcera la légende de cette diatribe dénonçant la dictature d'alors et le contrôle total de cette dernière sur la vie quotidienne de ses citoyens. A voir
foch1800
foch1800

71 abonnés 132 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 4 décembre 2010
film qui montre la paranoia envers le système communiste , sous la forme d'un thriller. Très intéressant
michel55
michel55

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5,0
Publiée le 30 novembre 2024
Ce film, noir et blanc, réalisé en 1968, mais libéré en 1990, évoque la période stalinienne des années 1950 en Tchécoslovaquie. Sa dénonciation des méthodes policières est d'autant plus efficace que le film est construit comme un thriller et que la terreur porte sur un homme de l'appareil politique, un "responsable".
Sélectionné en Compétition à Cannes en 1990, après 21 ans d'interdiction totale!
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