Ce film est tellement puissant...tellement dérangeant par la véracité de son propos, tellement informatif et explicatif sur les raccourcis et les habiletés de la justice, que je ne sais pas par quoi commencer pour vous dire de regarder ce film et de vous faire un avis personnel. À l'image d'un Rudy Bailor (Matt Damon) dans l'Idéaliste, nous retrouvons Al Pacino qui interprète Arthur, un avocat intègre à la recherche de la Justice, mais qui n'arrive pas à se conformer à l'utilisation des lois aux dépens des innocents pour la victoire de l'argent, de la personnalité médiatique ou de la stratégie. Norman Jewison place ici la justice dans un monde dérangé, où les personnes qui sont publiquement vus comme dérangées et dérangeantes sont celles à qui il reste de l'humanité : ne montrez pas qu'il vous reste de l'humanité si cela vous fait sortir de la normalité car là vous agiriez bizarrement, gardez-le pour vous et faîtes comme tout le monde, en vous targuant de vous dire qu'on essaye juste de survivre, alors que les mauvaises personnes qui disent rechercher la Justice sont en fait assises dessus, en ce sens, absolument aucun moyen de la retrouver, à l'image du Juge Fleming. Arthur avance de cas en cas, de décès en décès dans une abîme où il résiste du mieux qu'il peut, dans un métier qu'il fait honorablement bien, sans que Justice lui soit rendue, à lui et ses clients. Un film dur, profond qui nous montrait déjà un système défaillant dans les années 80, ce qui ne fait que s'aggraver, comme dans le film, de cas en cas. Si vous êtes innocent, battez-vous pour que Justice soit faite, car là belle Justice est là pour vous. Essayez juste de ne pas vous battre contre quelqu'un de trop fort, ou alors plaider coupable sera votre seule porte de sortie...Une dernière note sur la performance incroyable d'Al Pacino, surtout dans cette scène à la fin du film, ou l'avocat lutte contre l'idéaliste...une scène terrifiante...