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Moorhuhn
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3,5
Publiée le 19 décembre 2011
Curieux film que ce Roma qui aborde son sujet avec une manière avec laquelle Fellini ne m'avait pas habitué. C'est un essai cinématographique qui regroupe à la fois la fiction au documentaire avec une touche personnelle, presque autobiographique du cinéaste. Federico Fellini n'utilise ici aucun schéma classique de narration, nous sommes plus dans la narration éclatée, les diverses époques se mêlent dans un ordre non chronologique et les passages fictifs succèdent aux passages réels brutalement. C'est une oeuvre en partie autobiographique comme j'ai pu le citer précédemment, Fellini y raconte notamment son enfance et à travers la peinture de Rome, sa ville, il nous transmet en quelque sorte une partie de sa vie à travers le lieu qu'il fréquente. Le concept est intéressant et il y a de vraies idées de cinéma, la mise en scène est intéressante dans sa globalité et le propos satirique de l'oeuvre est délectable. Ce film est à la fois une déclaration d'amour pour Rome, ses monuments, son côté artistique mais aussi une critique envers ses habitants qui ne l'embellissent pas mais qui pourtant participent en quelque sorte à son charme. La religion aussi subit sa petite critique comme c'est le cas dans quelques films de Fellini (Ne citons que Les nuits de Cabiria) et ce fameux passage du défilé ecclésiastique est à mourir de rire, ce cinéaste n'avait vraiment pas froid aux yeux. Le film fait également écho au cinéma, au théâtre, au monde du spectacle en général qui fascine Fellini mais également à la paresse intellectuelle de ses spectateurs. Je n'ai pas autant aimé que ses oeuvres de fiction (huit et demi est pour moi un monument, un chef d'oeuvre) mais force est de constater qu'il s'agit là d'un film réfléchi, filmant une Rome rêvée mêlée à la réalité qui s'éloigne des fantasmes du cinéaste. C'est un bon film pour ma part mais avec le recul je pourrais revoir mon opinion à la hausse. A voir.
Un des chef-d'oeuvre de l'immense maestro italien. Avec un fil narratif ténu, une ville en temps que personnage principal, l'ambition (casse-gueule pour un réalisateur qui ne serait pas Fellini) de faire se téléscoper plusieurs époques ; le cinéaste, comme toujours, réussit à insuffler sa dose de folie douce, celle qui naît du chaos et de la foule, et qu'il a passé comme on passe un flambeau, à Kusturica, une poésie rare qu'on pourrait retrouver aujourd'hui dans certains Benigni ou Kitano, un érotisme latent et subversif. Les scènes sont de longs plans séquences où la caméra virevolte en toute liberté, comme l'instrument d'un musicien de jazz, et grave sur la pellicule une quantité étonnante de mouvements, d'informations, de détails, avec la maîtrise technique la plus totale. Et si le noir est blanc de la Dolce Vita était très seyant, les couleurs châtoyantes de Roma sont indispensables, pour donner du mouvement, du chaos, et un corps à cette succession de déguisements, de masques, de tableaux surréalistes. Certaines scènes sont anthologiques, notamment celle des fouilles archéologiques, celles dans les lupanars et autres maisons de passes, ou celle du sacre papal, qui compte parmi les plus démentielles jamais réalisées.
L'un des Fellini les plus délirants. Federico Fellini chante la gloire de la ville éternelle, avec toute la fantasmagorie et toute la démence même dont il est capable : défilé de mode ecclésiastique, découverte d'une antique villa romaine dans un boyau de métro, festin en pleine rue etc. Fellini mêle la Rome mussolinienne à la Rome des années soixante dix. Roma est le point de départ d'Amarcord, les prémisses abondent, notamment dans la séquence du music-hall. Fellini a le génie de traiter des évènements les plus triviaux sans ne jamais tomber dans la grossièreté : chez lui, tout le monde se connaît, les habitants de Rome composent une grande famille excentrique, drôle, fellinienne.
Je ne suis pas des admirateurs inconditionnels de Fellini. Il me fait penser à Sergio Leone : chez lui le baroquisme peut tomber dans la lourdeur maniériste complaisante. Cela dit « Roma » recèle des scènes qui m’ont autant époustouflé aujourd’hui sur DVD qu’elles l’ont fait en salle de quartier quand j’étais môme. Les mouvements en véhicules motorisés au début et à la fin sont de pures grâces d’art cinématographique. La découverte et la disparition des fresques antiques un sommet d’émotion poignante, comme le défilé de mode ecclésiastique de dérision subversive. Sans oublier une expression carnassière de prostituée-louve en passant… Un très grand film des années 70.
J'étais moyennement tenté par ce Fellini Roma, mais j'ai décidé de le voir sur un coup de tête un matin. Ce film est l'une de mes plus belles surprises cinématographiques récentes. On y découvre à travers cette fresque historique, tournant parfois au documentaire, parsemée d'humour, la mythique ville de Rome, sous Mussolini, en 1972 sous l'oeil aiguisé de ce génial réalisateur qu'est Federico Fellini. Un pur chef-d'oeuvre.
Fellini est un cinéaste de la forme, c’est à dire qu’il est plus intéressé par la façon d’exprimer son propos que par le propos lui-même. C’est sans doute pour cette raison qu’il affectionne les films à sketches, dont Roma est un exemple. Ces sketches s’enchaînent à la manière des mouvements d’une œuvre musicale, en effets kaléidoscopiques censés construire une image globale. L’auteur compile ici ses souvenirs et ses impressions de la capitale romaine, actuels et anciens, et présente ces derniers en abyme, en filmant une équipe de tournage à l’œuvre. Dès les premiers instants, l’inventivité et la truculence s’imposent. Comique de situation, outrance du langage : les latins tels qu’on les imagine, de sortie et à domicile, en forçant le trait. Puis viennent les moments d’émotion, et, sous-jacente, une réflexion sur le destin de cette ville triple : capitale d’empire antique, siège du pontificat, et métropole contemporaine. Si l’excellence domine, si la construction est pensée, si l’alternance de poésie, d’émotion et de burlesque est bienvenue, des coupures s’imposaient au montage. Quasiment toutes les séquences sont trop longues, ce qui appuie inutilement les effets et engendre la lassitude. Vers la fin, on s’impatiente, incapable donc de profiter pleinement du ballet final des motos dans Rome endormie, une conclusion pourtant étonnante et magistrale. Par ailleurs, une certaine complaisance pour la vulgarité nuit par moment au propos. Une œuvre importante des grandes heures du cinéma italien, mais qui aurait gagné à une durée standard, soit une vingtaine de minutes en moins.
Je gardais un meilleur souvenir de ce Fellini. Je dois avouer que, aujourd'hui, j'ai du mal à rester attentif devant un tel déballage. Qu'il n'existe aucune intrigue ne me dérange absolument pas mais je ne parviens pas à être captivé (comme par "Huit et demi" par exemple). Bien sûr, la mise en scène reste admirable, les mouvements de caméra sont de toute beauté, mais cela suffit-il ?
Le mot anglais ”plot” signifie à la fois ”complot” & « intrigue », celle du cinéma. Fellini n’a plus besoin ni de l’un ni de l’autre, ni de Brutus conspirant ni d’un scénariste inspirant ; sa fascination pour le lien entre Rome antique & Rome moderne ne le quittant pas (jolie métaphore que l’embouteillage devant le Colisée), il prend son Satyricon à rebrousse-poils & représente trois décennies de sa propre époque en un seul trait, comme pour biffer sa propre carrière hachurant l’intervalle & avec pour résultat de hanter chaque année avec toutes celles qui la précédèrent : Rome ancienne & Rome nouvelle se mêlent & s’interpénètrent comme si l’Homme y était finalement aussi étranger que sur une autre planète & à peine toléré comme un saprophyte sur le réel organisme, la ville elle-même.
Impossible alors de savoir ce qui est antique ou contemporain, voire même réel & simulé. On pourrait croire que le régisseur s’était mis à ne plus rien avoir à faire de son public, mais la semi-autobiographie un peu pathétique (dans les deux sens du terme) rend l’argument difficile ; cette fausse modestie est contrebalancée par la débauche de moyens, mais pas assez pour occulter une réelle impression d’intrusivité : volonté documentaire ou non, le ”chapitre” sur l’autoroute romaine (où l’on filme la caméra montée sur un camion-grue) met trop en avant la difficulté que cela représentait de tourner dans des conditions pluvieuses & embouteillées, ce qui fêle la bouffonnerie & laisse s’insinuer l’exhibition type Art & Essai.
L’œuvre finit par être un défilé entêtant de ces chapitres, jamais tout à fait des sketchs, entretenant l’illusion que l’œuvre n’est pas, en fait & avant tout, un patchwork dépourvu de sens ou presque. Si le sentiment d’après-visionnage est ainsi voué à une maturation bénéfique, cette morphologie constitue le raté dans un album (ni de photos ni de chansons car on est dans un entremonde) qui serait sinon brillant, ou le faux pas dans l’accession à l’objet véritable de cette phrase : ”chez Fellini, on n’a pas besoin d’intrigue”. Je l’ai eu pensé mais, non, je ne me servirai décidément pas de Roma comme exemple.
Bien que peu convaincu par l’hésitation entre les genres, j’admire encore une fois Fellini pour la force qu’il met dans la déchéance & la clarté revêtue par des contrastes capillotractés. Les habits sacerdotaux qui s’illuminent sur le tapis d’un défilé de mode, je dis oui. Voir Rome comme la cité de l’illusion parce qu’y siègent à la fois la religion, le cinéma & l’État, je dis oui, même si ce n’est pas nouveau. Mesurer l’affection qu’on porte aux femmes par le nombre d’enfants qu’on a engendrés, je dis oui. Enfin, non, parce que c’est beauf, mais dans Roma, à la gloire d’une décadence propre, prise dans la rue : oui.
Pas encore de déception pour moi chez Fellini ; Satyricon ne m’aura donc pas insupporté par lassitude & reste pour le moment l’exception. Je suis moins sûr de pouvoir encore longtemps défendre sa propension à ne rien vouloir dire mais mon opinion tient bon. Et vous, vous saviez que Monaco en italien désigne aussi bien Münich que Monaco ?
C'est foutraque, désordonné, bruyant, agressif pour les yeux et surréaliste (le défilé de mode ecclésiastique est un truc proprement hallucinant). Ça ne s'embarrasse d'aucun fil conducteur et d'aucune logique chronologique. Et pourtant, ça fonctionne. Le personnage numéro un, qu'on se le dise, n'est ni plus ni moins que la Ville Éternelle. Mais, pareille hommage et pareille déclaration d'amour à la ville à la Louve sauraient être suffisants pour justifier ces 5 étoiles. Évidemment non. Et c'est là qu'est tout le génie de Fellini, en dehors de s'affranchir de tous les codes connus. Il nous présente Rome en 1930 et en 1972, mais il ne prend jamais partie. "C'était mieux avant ou c'est mieux maintenant", ce genre de considérations ne l'intéresse pas. Et c'est heureux, sinon son film n'aurait pas lieu d'être. Et surtout, il n'oublie pas qu'une ville, c'est aussi la population y vivant. Et là, ça marche pleins pots. Tous les Italiens et immigrés que vous y verrez sont croqués dans leur jus. On y croit. Si bien que l'on en oublie que nous somme face à des acteurs. Ils ne se ressemblent pas, sur aucun plan, mais il n'y a pas de doutes possibles : "Fellini Roma" et "Amarcord" sont les deux faces d'une même pièce. Ils ne peuvent pas exister l'un sans l'autre.
La Rome que filme Fellini est bien loin d'être celle évoquée dans les livres scolaires. Certes, le cinéaste réserve leur place aux monuments antiques, aux chefs-d'oeuvre en surface ou enfouis d'une ville chargée d'Histoire; mais parallèlement, et successivement, c'est sa Rome à lui que Fellini raconte, celle qu'il a découverte en sa jeunesse et celle d'aujourd'hui, étouffée par les embouteillages. A travers cette surprenante visite guidée, Fellini met en scène des souvenirs particuliers et polissonsspoiler: (ces bordels grouillants...) ou des fantasmagories venues d'on ne sait oùspoiler: (le défilé de mode religieux). La majesté historique de Rome et son architecture cohabitent ici avec la truculence et, parfois, la trivialité, d'un peuple chaleureux. Loin de les opposer, le film suggère que Rome est un tout, même disparate, où de sordides cabarets -dans l'un d'eux se déroule la séquence la plus drôle du film et la plus représentative de la comédie italienne que j'aime- voisinent avec les plus célèbres édifices. Sans souci de cohésion ou de transition, Le réalisateur raconte une très personnelle histoire de la capitale italienne au moyen de tableaux qui ne forment pas une intrigue dramatique structurée mais une représentation éclectique d'une ville extraordinaire.
Treize années après La Dolce Vita, Federico Fellini capte à nouveau Rome, que ce soit, pour lui, celui d'hier ou d'aujourd'hui et met en scène une fresque où il filmera la capitale italienne sous tous les angles.
Si l'absence de structure narrative et de fil conducteur dans Satyricon m'avait dérangé, ce n'est aucunement le cas avec Fellini Roma, où le metteur en scène donne sa vision, en partie autobiographique, de Rome. D'abord lorsqu'il y a posé pied en 1939, puis à l'époque où il tourne le film, proposant une passionnante suite de tableaux d'une incroyable puissance visuelle (et à nouveau sublimée par la musique de Nino Rota), et ce dans tous les segments, que ce soit lorsqu'il évoque le passage du Rubicon par Jules César ou les music-halls d'antan.
Il orchestre les divers segments avec brio, trouvant toujours le bon équilibre et les rendant tous passionnants et surtout hypnotiques. L'une des principales réussites de l'oeuvre se trouve dans sa mise en scène où le cinéaste italien met en place une ambiance tour à tour mélancolique, charmante, grotesque, satirique, inquiétante ou encore lyrique. Il ne laisse jamais indifférent tandis qu'il évoque, plus ou moins vaguement, de nombreux sujets et personnages mais toujours avec immense puissance, tandis qu'il filme Rome sous plusieurs angles, évoquant en même temps une cité intellectuelle, d'illusions mais aussi d'horreur, notamment dans sa dénonciation du fascisme, mais c'est toujours de manière fascinante qu'il le fait.
Esthétiquement c'est magnifique, il met en scène une Rome éternelle et fait preuve d'une vraie science du détail, à l'image des remarquables passages dans les intérieurs de maisons des années 1940 ou dans le music-hall, faisant partie de ces passages fort mémorables. Il capte merveilleusement les différents contextes mais aussi les moeurs de deux époques révolues, tout en se montrant audacieux, notamment dans la vision de son présent, où il met en scène une incapacité à conserver le passé (le magnifique passage lors des travaux pour le métro). Sans début, ni fin, Fellini Roma témoigne de l'amour et la passion de son réalisateur pour cette ville et la vie que l'on y trouve.
C'est au coeur d'une Rome intemporelle que nous emmène Fellini, pour un passionnant et fascinant voyage entre deux époques où il évoquera l'humain, le théâtre ou la politique en nous faisant passer par tout un panel d'émotion.
J'ai voulu voir mon premier film de Fellini, que tout le monde considère comme un génie, représentant l'âge d'or du cinéma italien. Quelle ne fut pas ma déception ! Les italiens ont l'air de monstres là-dedans ! Tout est d'une laideur affreuse : les italiens qui mangent, la mama énorme, les clercs avec des têtes de pervers, les décors noircis etc. Sans compter le bruit omniprésent : le métro qu'on creuse, les bagnoles qui roulent, les italiens qui ne font que gueuler etc. Dans les dernières minutes du film, on a droit à des images de la ville éternelle, accompagnées de bruits de motos tonitruantes pour bien gâcher notre plaisir. Quand le film se termine, le silence arrive comme le messie !
Le cinéma de Fellini ne me plaît pas. Ok. On est dans une critique personnelle. Je trouve cela toujours aussi laid et vulgaire. On n’a pas besoin de narration mais on est dans un brouillon permanent et foisonnant assez insupportable.