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Un visiteur
5,0
Publiée le 13 novembre 2011
Que dire après la vision d'un tel chef-d'oeuvre ? Il m'a fallu deux jours pour me décider à écrire mon avis, chose que je fais d'habitude dans l'immédiat. La mise en scène (récompensée à Cannes) est tout simplement éblouissante. Chaque plan est plus beau que toute la filmographie de Michael Bay, les acteurs sont remarquables, de Richard Gere à Brooke Adams en passant par Sam Shepard. Comme à l'habitude de Malick, de nombreuses scènes font référence à la bible, en particulier celle de l'invasion de sauterelles (un des sept fléaux que Dieu infligea au égyptiens). Ce tout baigne dans une musique magnifique, mention spéciale au carnaval des animaux de Camille Saint-Saëns. Incontournable !
«Les Moissons du Ciel» est sans doute le film de Malick le plus maîtrisé et le plus condensé. En 1h35, tout son talent et nombre des thèmes qu'il affectionne se déploient. Sorte de Kurosawa occidental (pour le rapport à la Nature et l'intérêt porté à la tragédie), Terrence Malick filme les plus hautes aspirations humaines (amour et liberté) au sein des grands espaces nord-américains. La violence des sentiments n'a d'égale que celle de la Nature, et les personnages qui se débattent sous l'immensité du ciel vivent pour un temps le plus grand des bonheurs, avant d'être rattrapés par leur destin funeste. Histoire d'un jeune couple et d'une petite fille fuyant la ville industrialisée afin de survivre en travaillant dans les champs de céréales, «Les Moissons du Ciel» raconte comment un homme (bouleversant Sam Shepard) fait don de soi et de ses biens pour l'amour d'une femme (Abby, jouée par Brooke Adams), qui secrêtement voulait profiter de lui mais finit par l'aimer. Seulement entre les deux se trouve le jeune Bill (Richard Gere dans son meilleur rôle), au début amant et complice de la jeune Abby mais qui entrera dans une rage furieuse quand il verra les hésitations de son amante à suivre leur plan et retourner à ses côtés. Les conséquences seront alors désastreuses. Terrence Malick signe ici un long métrage d'une grande intensité, mais aussi d'une beauté formelle époustouflante. Le soleil, les nuages, le bleu du ciel, l'or des blés, la fumée du train, le rougeoiement du feu,... tout est magnifié par sa caméra. Les cadrages sont splendides et insufflent une impression de liberté à chaque plan, la lumière est extraordinaire, l'utilisation de la musique est parfaite et subtile, justement car elle est dépendante de l'image comme la réciproque est vraie (c'est l'essence même du cinématographe), la direction d'acteurs est comme toujours chez le texan impressionnante,... les qualités de ce long métrage sont indénombrables. Un chef-d'oeuvre, assurément. [3/4] http://artetpoiesis.blogspot.fr/
2ème long métrage de Terrence Malick qui confirmait ici, après "La ballade sauvage", son talent à filmer les paysages américains. D'une grande beauté formelle (quelle travail sur la prise de vue), l'histoire d'amour contrariée entre les 2 protagonistes qui pourrait nous laisser indifférent sr le papier nous touche ici profondément. La beauté physique du jeune Richard Gere est en osmose avec le travail soigné du metteur en scène. Sam Shepard est excellent en mari trompé. Seule Brooke Adams semble un peu en retrait dans cette belle et profonde aventure.
Je suis à la fois ravi et stupéfait de découvrir que Days Of Heaven domine ce palmarès. Ce film est mon préféré depuis sa sortie en salles, juste après Cannes 1978. Jeune cinéphile, j'avais eu un véritable choc esthétique et un coup de foudre total pour cette mise en scène élégiaque. J'ai gardé toutes les coupures de presse, acheté toutes les versions disponibles, du VHS NTSC aux laserdiscs, en passant par le DVD Critérion, sublime. Pendant toutes ces années, moi qui suit plutôt avare de conseils culturels (sans doute parce que je n'aime pas trop en recevoir), c'est le seul film que j'ai toujours mentionné autour de moi comme étant mon chef d'œuvre de référence. Il aura fallu que The Tree Of Life (du même réalisateur) obtienne la Palme en 2011 pour que les critiques revisitent la production somptueuse mais rare de Malick et ressuscitent ces Moissons du Ciel. Au petit plaisir vaniteux d'avoir eu bon goût avant tout le monde, s'ajoute la joie de voir tant de beauté reconnue.
Emporté par une succession de plan travaillés et magnifiques, rebuté par une banale histoire de duperie amoureuse, je me résigne à mettre quatre à un film que j'imaginais plus universel et que ce récit de triangle amoureux a mauvaisement et péniblement traversé.
Un film difficile à noter de par son originalité et la date de sa sortie. Mais c'est le deuxième film de Malick que je vois et je ne suis vraiment pas fan. Alors oui, les plans sont magnifiques, de vrais tableaux du début du XX°, avec un franc talent pour illustrer le rapport de l'homme à la nature, sa destruction, son impact sur le monde et les autres créatures terrestres, mais à part ça, les ellipses et tout le tralala contemplatif ça me laisse vraiment de marbre. Je ne peux pas dire que c'est mauvais, car j'ai trop de respect pour son message, sa poésie et sa sincérité sur le plan de la réalisation, mais c'est juste que j'aime pas, et que j'ai même pas fini de regarder...
De brillants passages qui témoignent d'une sensibilité artistique indéniable, et rare. L'ensemble est touchant, fiscellé, même intéressant. Cependant, l'écriture est parfois douteuse, plongeant parfois dans une morale mystique peu appropriée, ou mal présentée, et certains passages, mauvais disons-le, contrastent étonnement avec le reste de l'oeuvre. Cela est dommage, mais "Les moissons du ciel" en reste tout de même un film de qualité, globalement... (12/20).
Du bon et du moins bon dans cette œuvre de Terrence Malick. L'image est très belle, les paysages bien filmés. Mais la façon dont Malick raconte l'histoire est déroutante. A trop vouloir éviter les techniques classiques de progression de l'intrigue, à trop vouloir développer la narration de façon elliptique, il a réussi à rendre ce film presque ennuyeux. L'absence de véritable confrontation ou d'explication entre les acteurs ne permet pas de rendre ceux-ci réels ou même attachants. Richard Gere et Brooke Adams jouent plutôt bien, mais leur présence n'est qu'évanescente, presque transparente. Pas de matière à laquelle le spectateur que je suis n'a pu réellement s'accrocher. La voix-off de la fillette s'est vite révélée pénible et n'apporte absolument rien à l'histoire. Résultat final très mitigé, pour moi.
Je m'attendais à un film plein de sentiments ,de compassion pour un homme de cela . Les images sont belles ,on sent au début un souffle épique avec de belles images de paysages et d'animaux. Le procédé de la voix off est totalement insupportable . Le faux frère omniprésent se comporte bizarrement et tue curieusement le mari malade. L'actrice du rôle principal n'est pas très convaincante. La fuite armée est bêtement grotesque. un beau scénario, de belles images, mais de sentiments très peu. Les 5 étoiles..... me semblent très injustifiées.
Les Moissons du Ciel donne trop largement dans la mièvrerie pour faire un excellent film. La lourdeur et la sensiblerie ont toujours été le point faible de Malick, ont traversé sa filmographie en freinant l'expression de sa créativité, à l'exception de l'excellent Badlands et peut-être de la Ligne Rouge que je compte voir prochainement. À ce niveau, le spectateur ne sera, malheureusement, pas en reste. Le script trop orienté moralement fait preuve d'une niaiserie rare, exacerbée par une voix-off d'enfant (comble de lourdeur ...) poussive, qui donne dans la surenchère sentimentale.
Ce problème est un des seuls défauts du film, et suffit pourtant à rabaisser l'ensemble.
C'est dommage car les Moissons du Ciel sont l'occasion pour Malick d'affirmer un immense talent de conteur. La fable prend ici racine à la croisée de deux siècles, à l'heure où la machine prend peu à peu le pas sur l'homme.
Terrence Malick développe alors une intrigue principalement fondée sur les dérives passionnelles des protagonistes. En vérité, le film de Malick peut se voir comme une étude analytique sur l'homme, ses perversions, ses vices, mais aussi sa bonté, ses craintes et sa soif de repos.
On l'a vu avec La Balade Sauvage, Malick a un talent hors-normes pour creuser et humaniser ses personnages.
Là où Les Moissons du Ciel se démarque le plus nettement des autres films de Terrence Malick, c'est dans son approche métaphorique que l'on retrouvera plus tard dans le décevant Tree of Life (la pluie de criquets).
Acteurs très convaincants, en particulier Richard Gere dans le rôle de sa vie.
Ce film étonnant, mais pas renversant, est donc à voir.
Un film pour cinéphile averti, ce que je ne suis pas . la demi étoile sera attribuée à quelques belles images de criquets et aux contrejours qui constituent ce que je retiendrait de ce film. Je lui accorde aussi une petite valeur thérapeutique ca il est très reposant, un peu trop à mon goût ...
Maitre d'une impeccable photographie entre pure netteté et perfection picturale, Terrence Malick illustre la puissance impassible de la nature, alternativement miroir des tourments humains ou rappel de la faiblesse dérisoire face au destin. Trio amoureux voué à la tragédie, incarné avec délicatesse voire un trop-plein de pudeur, les héros pâtissent de leur hybris que la naïve voix narratoriale se permet de commenter telle une moraliste. Sous ce brûlant soleil l'émotion demeure fraiche...
spoiler: C'est l'histoire d'un pari : faire un grand film avec un scenario de 2 lignes et une copie-double pour tout dialogue.
Le vide narratif, l'utilisation d'une voix-off lourdingue, les personnages enchaînés à leurs stéréotypes (la jalousie du triangle amoureux) me sont apparus beaucoup plus clairement que le génie artistique d'une œuvre unanimement célébrée par la critique mais que je ne m'explique pas. Je n'ai pas passé un mauvais moment mais aurait aimé comprendre le pourquoi de Days of Heaven.
même avec un scénario sans grande originalité, on peut faire un très joli film. Il suffit de montrer sans trop dire et d'envelopper et laisser parler les images et la musique. ici l'intrigue est simple,, au début du siècle dernier, un jeune homme, sa petite sœur et son amante qu'il fait passer pour sa grande sœur, fuient les usines sidérurgiques de Chicago pour le Texas et ses immenses terres à blé où l'on a besoin de beaucoup de main d'œuvre pour la moisson; Le fermier est jeune, beau, taciturne, riche et malade. D'où un plan immoral pour assurer l'avenir du trio.. Chassé-croisé amoureux aux contours évolutifs et flous. Mais sublimé par des images somptueuses, de levers et coucher de soleil, de plaines ondulants sous la brises, de bisons, de rivières, de sauterelles, de trains, de voitures ou d'avions et d'une maison près de la voie ferrée qui est inspirée d'un tableau de Hopper. Le réalisateur sublime tout ce qu'il montre, comme si l'histoires racontée, ou la critique sociale et même la musique de Morricone, n'étaient là que pour accompagner toutes ces images d'une beauté exceptionnelle