Une équipe de quatre géologues part en Sibérie, en quête d’un gisement de diamants pour le compte de l’industrie spatiale soviétique. Après des semaines de recherche les stakhanovistes découvrent un filon.
Le film nous avait pourtant prévenu d’entrée, avec ce plan depuis un hélicoptère ; alors que la caméra s’éloigne lentement de nos protagonistes, se dévoile la taïga immense autour d’eux.
Car oui, il va falloir compter sur un cinquième personnage cette nature magnifique et impitoyable, qui ne va, à partir de leur découverte, cesser d’harceler nos héros, sur lesquels s’abattent les pires phénomènes naturels. S’engage alors un long périple tragique jusqu’au fleuve pour, peut-être, avoir une chance de salut.
Kalatozov et son chef op Sergueï Ouroussevski, ont tourné le film sur une année entière, pour filmer la nature sous tous ses angles et durant les différentes saisons. Il en résulte un long-métrage sublime. Le duo livre un film quasiment expressionniste, avec son montage parfois effréné, ses angles de caméra audacieux, et ses plans en contre-jour, au sein desquels les personnages, telles des ombres fugaces, progressent au milieu d’une nature déchainée. J’aime la manière dont ces catastrophes naturelles sont représentées, parfois seulement évoquées avec ses flammes qui envahissent le plan.
Ils composent également un film lyrique avec des scènes oniriques, comme les rêves du personnage de Konstantin qui mêlent désirs personnels envers son épouse et visée patriotique, de voir son projet de mine de diamant aboutir.
Le film a réussi à rendre ses personnages suffisamment attachants dans la première partie, en les filmant dans des détails quotidiens. La caméra est souvent proche d’eux pour renforcer ce phénomène de proximité avec ce pisteur bourru mais altruiste, ce couple de jeunes géologues qui se forme subtilement, et le leader plus âgé qui prépare des lettres pour sa femmme. Si bien qu’on est réellement pris aux tripes durant leur épopée véritablement tragique, durant laquelle ils sont en opposition filmés souvent de loin pour marquer leur vulnérabilité. Leurs peurs, désirs et rêves ont été abordés et on aspire à les voir s’en sortir.
Un grand film de Kalatozov, qui introduit brillamment 2026.