Enfin un réalisateur qui ose rire un peu sur ce sujet ! Bon, c'est pas toujours hilarant, et ça tombe parrfois à côté, mais l'effort est respectable. Robert Benigni évite ainsi de tomber dans la lourdeur dans laquelle était tombé Spielberg, entres autres, auparavant. Le sujet est donc traité avec intelligence et légèreté, deux qualités qui manquent beaucoup habituellement aux films sur cette période historique. Les dialogues sont écrits avec finesse, encore un fait rare dans ce genre cinématographique. Sinon, je tiens à souligner l'excellente performance de Robert Benigni, dont le duo avec le gosse fonctionne à merveille. Du côté des autres acteurs, celui qui joue le rôle de Bartolemeo est plutôt bon, ce qui n'est pas le cas de l'actrice qui joue la mère, probablement la plus mauvaise actrice du film. Bref, une réussite sur de nombreux points... Cependant, dès que le sujet des chambres à gaz est abordé, le film devient lourd. Les acteurs qui regardent l'horizon, les yeux embués de larmes, le tout avec des violons en fond sonore, ou une petite mélodie lente et sombre au piano... Les ficelles sont trop grosses, et ces quelques scènes font tache dans ce qui aurait pu être un excellent film, proche d'un Chaplin des grands jours. Quel dommage, la première partie du film était tellement parfaite. Il faudra attendre encore un peu pour avoir un chef d'oeuvre tragi-comique sur cette période historique, visiblement. Cela dit, il est regrettable que les critiques négatives adressées à ce film se résument à “on ne peut pas rire du tout”, voire même à des accusations de révisionnisme pour le réalisateur, tout en usant et abusant de termes tout aussi lourds que ceux qui les utilisent...