Dr. Jekyll et Mr. Hyde
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 229 critiques Suivre son activité

1,5
Publiée le 19 novembre 2025
Le sujet fameux de Stevenson invoque de multiples questions sur la nature humaine, sa dualité, sa tentation du Mal et, accessoirement, à travers les recherches du docteur Jekyll, les dispositions, funestes, des hommes à jouer les apprentis sorciers.
Emanation de la vertueuse société victorienne -dont le puritanisme est relayé tout naturellement par le cinéma américain de la période- Jekyll s'inocule donc un produit de sa composition transformant le bien élevé et inoffensif médecin en un double diabolique, volontiers méchant et surtout avide de luxure -étant entendu que dans l'Amérique chaste et pudibonde de Victor Fleming, la concupiscence et la volupté sont les pires manifestations du vice.
Hormis la dernière partie du film, où Hyde, la brute, scelle le sort de son créateur Jekyll, je ne me suis pas intéressé au sujet et encore moins au récit propose par Victor Fleming. La mise en scène est terne lorsqu'elle évoque la relation glamour de Jekyll avec sa fade fiancée (Lana Turner dans un contre-emploi); elle est maladroite et démonstrative, parfois grotesque, quand elle s'attache à décrire la méchanceté de Hyde, coupable de faire des croche-pied à un serveur ou de cracher des noyaux de cerise sur la moquette...Sa relation sadique avec la pas trop farouche employée d'un beuglant (Ingrid Bergman, dans un contre-emploi) dont il a fait sa maitresse, est aseptisée, trop théorique en tout cas pour que la composition terrifiée d'Ingrid Bergman se justifie.
Enfin, notons la transformation physique excessive de Spencer Tracy lorsqu'il passe d'un personnage à l'autre : il ne manque à Mister Hyde que les incisives de Dracula !
Charlotte28
Charlotte28

203 abonnés 2 826 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 mars 2025
Une fois posées la différence absolue entre cette adaptation et le roman originel ainsi que la désuétude de certaines pensées sous-jacentes, ce récit fantastique convainc par la maitrise technique de Victor Fleming: transitions dynamiques du montage, exploitation des angles (subjectifs) de la caméra, éloquence symbolique du détail (au-delà de l'opposition entre la pure blonde et la vénale brune séductrice), instauration d'une atmosphère gothique aux relents de mystère inquiétant. En outre, Spencer Tracy offre une prestation magistrale, aussi convaincant en médecin intègre, audacieux, amoureux qu'en tortionnaire sadique, impulsif, sociopathe. Une illustration - par l'extrême - de la double nature de l'Homme!
Rockman
Rockman

1 abonné 199 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 novembre 2024
Dr Jekyll et Mister Hyde, je ne connaissais pas cette histoire mais cela faisait longtemps que j'en avais entendu parler, j'ai donc voulu enfin la découvrir. Mon choix s'est porté sur ce film de 1941, en noir et blanc, qui malgré son âge a plutôt bien vieilli. Les acteurs sont excellents, l'ambiance Londonienne de l'époque y est très bien retranscripte surtout au niveau des décors. Le film ne fait visuellement pas peur même si il est dans la catégorie horreur/épouvante, c'est plus psychologique, mais je ne vous en dirais pas plus. C'est un film qui ne doit pas être oublié, j'ai passé un très bon moment en le visionnant, je n'ai pas vu passer les 1H52, c'est du très bon cinéma
I'm A Rocket Man

390 abonnés 3 775 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 19 février 2023
Mon Dieu quelle claque ! J'avais envie de découvrir l'histoire du Dr Jekyll car c'est quand même sacrément culte alors je me suis lancé dans le visionnage de ce film en famille, un peu sceptique peut être mais alors bon sang que je ne regrette pas ! j'ai été happé pas l'histoire, par les acteurs et par le cauchemar que fait vivre Mr Hyde à la belle Ivy ! C'est traumatisant et franchement pour l'époque ça allait quand même loin et je comprend mieux pourquoi le film était classé dans la catégorie 'horreur' ! C'est juste génial et je suis aux anges d'avoir enfin découvert ce qui se cache derrière ce mythe ! Cauchemars garantis... hein Iliann !
Ykarpathakis157

6 189 abonnés 18 103 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 12 mai 2021
Cette version de l'histoire classique de Dr. Jekyll et Mr. Hyde est plus lente et plus psychologique que la plupart des autres. Plutôt que de mettre l'accent sur les éléments les plus horribles elle s'appuie sur une bonne distribution pour faire ressortir la façon dont les personnages et leurs relations sont affectés par l'étrange expérience du docteur. Ce n'est pas la version à regarder si vous recherchez l'excitation ou l'horreur mais en tant qu'approche plus psychologique elle fonctionne en grande partie. Spencer Tracy joue le double rôle principal et réussit bien à créer deux personnalités distinctes. La transformation n'utilise qu'un minimum d'effets spéciaux et s'appuie sur Tracy pour rendre le personnage convaincant. Lana Turner et Ingrid Bergman jouent bien les rôles de Beatrix et Ivy et les autres acteurs sont également tous très bons. Le film manque d'excitation mais la compense par son histoire en rendant le monde du Dr Jekyll crédible. Si vous connaissez déjà le film dans ses versions les plus horribles il vaut la peine d'être vu si vous êtes intéressé par une version différente. Mais ce n'est probablement pas le film par lequel commencer si vous ne connaissez pas encore l'histoire...
ronny1
ronny1

55 abonnés 913 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 juin 2020
Ayant acheté les droits du scénario « Dr Jekyll et M. Hyde » de Rouben Mamoulian, Victor Fleming réalisa donc neuf ans plus tard un remake, sans que les auteurs du scénario original, Percy Heath et Samuel Hoffenstein, ne soient crédités. Ainsi, les deux personnages féminins qui n’existent pas dans le roman de Stevenson sont repris, mais, code Hays oblige, la prostituée est changée en barmaid. La comparaison qui se fait automatiquement entre les deux films est largement en faveur du premier. Contrairement à Frederic March, le très américain Spencer Tracy (pourtant tous les deux sont natifs du Wisconsin) est peu convaincant en gentleman de la haute société du Londres victorien. Manquant de classe et de flegme, son accent moitié middle Atlantic, moitié bostonien, n’aide pas à le rendre crédible, surtout face au “so british” Donald Crisp. Heureusement les deux actrices s’en sortent mieux, même si la diction d’Ingrid Bergman tient du cockney d’opérette. Malgré un rêve très osé qui montre l’honorable docteur fouettant les deux filles qui tirent son char (les plans avec les impacts sur leur peau ont été censurés), la charge transgressive et érotique est nettement plus faible dans la version de Fleming qui n’ose, a vrai dire, pas grand chose, si bien que l’inversion des rôles entre Turner et Bergman semble la seule grande idée du film. Estimant que le rôle d'Ivy était plus intéressant (« more challenging »), Ingrid Bergman en fit part à la production et à Fleming. Ce dernier, d’abord réticent, accepta devant l’insistance de l’actrice de faire des essais et il fut convaincu. Peu effrayant, plombé par l’absence de rythme et de densité, la tension se perd trop souvent pour faire place à l’ennui. Cette mise en scène au ras des pâquerettes, malgré une pellicule remarquable de Joseph Ruttenberg, un score honorable de Franz Waxman et les décors très soignés de Cedric Gibbons et Edwin B. Willis, prouve, une fois de plus, que Fleming sans un collectif qui l’entoure à la réalisation, est un cinéaste très moyen.
Cineseba
Cineseba

49 abonnés 632 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2020
« Pour moi, le film « Docteur Jekyll et Mr Hyde » est troublant par l’atmosphère sombre et envoûtante digne de l’univers de Jack l’Eventreur, par les effets spéciaux sur la transformation du Docteur Jekyll en un monstre hideux, Mr Hyde, mais aussi par la réflexion psychologique sur la « double personnalité ». La photographie en noir et blanc est sublime dans ce film. Des images sur les rues éclairées ponctuellement par des réverbères sous les brumes, sont à la fois belles et terrifiantes ! Elles renforcent en nous un sentiment d’angoisse car on a l’impression que elles nous annoncent un danger imminent ... Les course-poursuites sont palpitantes à la fin du film. Les jeux d’ombre et de lumière y sont pour quelque chose dans mon angoisse ! C’est très réussi ...

D’ailleurs, la métamorphose du Dr Jekyll en Mr Hyde, est assez saisissant ! Des effets spéciaux très réussis pour l’époque des années 40. Ce qui dommage, c’est que le début de Mr Hyde est assez ridicule. Il ne fait que ricaner et provoquer des clients. Il a tout de même le côté un peu trop théâtral. Cette séquence y est un peu longue. C’est à partir de la rencontre entre le personnage Ivy, fille des rues, jouée par l’actrice Ingrid Bergman, et Mr Hyde, que le film devient plus intéressant par l’intensité dramatique dans plusieurs scènes. Ingrid Bergman est étonnante dans le jeu de la comédie, elle joue avec perfection le rôle d’une victime séquestrée par l’abdominale Mr Hyde, le mal absolu, le reflet de nos pulsions maîtrisées et de nos fantasmes cachées ... Eh oui, c’est dérangeant, ce film qui ose aborder le thème de nos pulsions humaines. Dans le film « Docteur Jekyll et Mr Hyde », Dr Jekyll, chercheur scientifique passionné, est convaincu que l’esprit est animé par les deux forces opposées : le bien et le mal. Pour soigner un patient démentiel suite à une explosion, il veut les dissocier pour faire disparaître le mal et permettre à ce patient de guérir, ce qui a provoqué l’indignation générale. Il tente alors une expérience scientifique sur lui même. Dr Jekyll se transforme en Mr Hyde, un être hideux et brutal, double de lui même ! Juste avant cette transformation, il y a une séquence frappante : il se voit en train de fouetter deux femmes nues, sa fiancée Béatrix et la fille des rues, courant comme des chevaux ! Ce sont ses fantasmes morbides refoulées ... L’image de Mr Hyde est bien dégoûtant, elle met mal à l’aise car elle me force de reconnaître un homme en lui et des pulsions humaines. C’est très osé, en plus pour des années 40. Ce qui intéressant, c’est que cette histoire se déroule en 1883 sous l’ère victorienne donc avant l’introduction de la psychanalyse. Pour moi, l’histoire de Dr Jekyll et Mr Hyde est aussi une critique sociale contre l’hypocrisie de la bourgeoisie qui prône leurs bonnes manières sociales ...Pour terminer, le film « Dr Jekyll et Mr Hyde » est tout de même terrifiant. Souvent, il me fait penser au film « Le portrait de Dorian Gray » d’Albert Lewin (1945) beaucoup plus angoissant.
anonyme
Un visiteur
4,0
Publiée le 13 avril 2020
Après deux film en couleurs et de gros moyen financier pour réaliser "le magicien d'oz" et "autant en emporte le vent"... victor fleming reviens dans le noir et blanc et dans une époque un peu plus contemporaine.
Le film a remarquablement filmé avec des trouvailles de réalisation assez innovant pour l'époque, notament les reves et transformation de spencer tracy, qui est impeccable dans son role tout comme ingrid bergmann et lana turner.
Film qui a très bien vieillis...
bobmorane63
bobmorane63

246 abonnés 2 209 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 1 avril 2020
Une adaptation effrayante et bien faite de "Docteur Jekyll et Mister Hyde" réalisé dans les années 40 par le cinéaste Victor Fleming auquel on doit, mème si ce sont des longs métrages tournés en collectif, "Le magicien d'Oz" et "Autant en emporte le vent" !! Je ne connaissais pas l'histoire mème si elle est célèbre avant le visionnage de ce film, celle du docteur Jekyll ayant une jolie compagne de bonne famille dans la vie à la fin du 19ème Siècles testant dans un laboratoire de chimie quelque chose ayant pour remède de guérir les mauvaises personnes du mal mais il devient ou se transforme en faisant des tests sur lui en un abominable personnage méconnaissable Mister Hyde qui est le diable s'en prenant à une femme ayant fait du charme au docteur Jekyll. Une oeuvre qui vieillit bien avec le temps je trouve en noir et blanc qui fait planer le mystère, les transformations de Jekyll en Hyde (ou inverse) sont très bien faites. La mise en scène de Victor Fleming donne le tournis, angoisse en un visuel envoutant. Coup de chapeau à Spencer Tracy qui a un double role à la fois frissonnant et charismatique avec, à ses cotés, Ingrid Bergman dans un role féminin plus dramatique que Lana Turner belle comme tout mais secondaire. J'ai bien aimé et je le recommande.
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 727 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 2 février 2019
Le style est bon. On a même l’impression de se retrouver dans le loup-garou de Londres version 1980!
Les ombres, la nuit, les poursuites.
Les actrices aussi mais mention passable à ma transformation qui n’est pas vraiment flagrante.
On retiendra surtout la focalisation sur le travail mental de la maladie.
anonyme
Un visiteur
3,5
Publiée le 21 avril 2018
Bonne vieille réalisation, l’histoire de fond est sobre au niveau psychologique, le sujet traité contient des idées effrayantes en rapport à son époque, un homme transformé par la métamorphose perverse.
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 février 2018
Très réussi ! L'interprétation terrifiante de Mr Hyde et du bienveillant Dr Jekyll par l'acteur Spencer Tracy est bluffante ! J'ai beaucoup aimé la transformation dans le finale. Les effets sont réussis, la musique correspond bien à l'ambiance.
konika0
konika0

37 abonnés 778 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 janvier 2017
Grrrrr Mouahahaha grrrrr. Voici une des nombreuses adaptations du roman de Stevenson. Signalons d'abord que le film s'éloigne pas mal du récit original. Fleming abandonne le narrateur et se concentre sur l'évolution du Dr Jekyll et de son alter ego. Le début est plutôt pas mal puisqu'il pose les enjeux moraux des expériences de Jekyll, il y a une réflexion bienvenue autour de la nature humaine qui s'opposerait aux principes religieux. Ensuite, ça se gatte. Sitôt qu'apparaît Mr Hyde, le film perd de sa force. En effet, le Mal incarné est juste insupportable à grogner sans cesse et à ricaner tel Gargamel. Peut-être est-ce voulu mais il est surtout montré ici comme un conjoint violent et oppresseur. Restent malgré cela de très bons moments comme la scène de séduction d'une Ingrid Bergman belle à tomber (scène absente du roman) ou les courses-poursuites diablement efficaces dans une ville de Londres magnifiquement photographiée. Autre ravissement pour les yeux, il faut les voir ces plans serrés sublimes sur les personnages féminins. A noter également la prouesse technique que représentent les scènes de « morphing ». En clair, une adaptation assez moyenne mais un bon film.
Eowyn Cwper
Eowyn Cwper

163 abonnés 2 040 critiques Suivre son activité

2,5
Publiée le 29 mai 2015
Dans ce copié-collé magistral de la dernière interprétation de l'histoire du schizophrène forcé, on délaisse l'horreur et le maquillage jadis si bien dosés et on profite du succès du roman pour ressortir un vieux film des cartons (celui de 1931, donc) comme on ressort les films en 3D de nos jours. En revanche (si tant est que ce soit bien une qualité), la copie de l'ambiance de l'opus précédent est conforme de manière troublante.
QuelquesFilms.fr

353 abonnés 1 758 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2023
Il s’agit moins d’une nouvelle adaptation du célèbre récit de Robert Louis Stevenson (Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde, 1886) que d’un remake du Dr. Jekyll et Mr. Hyde de Rouben Mamoulian, avec Fredric March, daté de 1931. Victor Fleming reprend en effet dans son film de 1941 des éléments de narration et un personnage (celui d’Ivy Peterson) qui n’appartiennent pas au livre mais au film de Mamoulian. On note au passage que ce personnage féminin, prostituée chez Mamoulian, est présenté par Fleming comme une serveuse de bar, certes aguicheuse, mais pas clairement condamnable par les codes de censure de l’époque aux États-Unis, qui s’étaient bien renforcés en dix ans. On note également que ce personnage est campé par Ingrid Bergman alors qu’il était destiné initialement à Lana Turner (qui endosse du coup le rôle gentillet de Beatrix Emery, la fiancée de Jekyll, d’abord prévu pour Ingrid Bergman). Cette inversion, générant finalement deux contre-emplois, était surtout voulue par Ingrid Bergman, désireuse de casser son image un peu trop lisse. La scène de la rencontre entre son personnage et Jekyll, dans la rue puis dans son appartement, est d’une formidable sensualité. Contre-emploi réussi, donc, pour elle. Et plus anecdotique, hélas, pour Lana Turner.

Au-delà de ces considérations, les films de Mamoulian et de Fleming demeurent les deux plus célèbres versions cinématographiques de l’œuvre de Stevenson, à ce jour. Deux films au carrefour de trois genres : une base de science-fiction, avec des expériences scientifiques qui tournent mal (comme dans Frankenstein ou L’Homme invisible), une dimension fantastique qui fait douter certains personnages de la réalité qu’ils perçoivent (notamment de la possibilité que Jekyll et Hyde ne fassent qu’un) et des accents d’épouvante ou d’horreur, avec la métamorphose monstrueuse du personnage central, métamorphose tant physique que morale. On retrouve par ailleurs dans cette histoire, comme dans Frankenstein, le concept religieux du blasphème, à savoir que l’homme ne doit pas intervenir sur le terrain de la création divine. Il ne doit pas chercher, ici, à démêler dans la nature humaine le bien et le mal. Cette dualité s’exprime concrètement par la thématique du double (le bon Dr. Jekyll et le mauvais Mr. Hyde), thématique que l’on retrouvera aussi, sous une autre forme, dans le Portrait de Dorian Gray (Oscar Wilde, 1890 ; Albert Lewin, 1945, pour l’adaptation ciné).

Pour servir ce récit sombre et tourmenté, il fallait une esthétique saisissante. Fleming, en ce sens, a orchestré une très belle composition générale : reconstitution soignée du Londres de l’ère victorienne, dans un noir et blanc tout en ombres et lumières expressionnistes ; décor impeccable, également, pour le laboratoire scientifique de Jekyll ; maquillage spectaculaire qui confère à Spencer Tracy une bestialité vicieuse particulièrement réussie et qui donne naissance à l’une des célèbres scènes du film, un morphing, avec les moyens de l’époque, montrant la transformation progressive de Jekyll en Hyde ; sans oublier une inspiration fantasmatique qui offre quelques visions hallucinantes de Hyde dirigeant au fouet un attelage composé des deux personnages féminins principaux du film… Visions troublées d’un inconscient et d’une sexualité débridés, sous influence freudienne. Voilà qui fait la richesse d’un film au demeurant très moral dans son dénouement.

Cette version de Dr. Jekyll et Mr. Hyde fut bizarrement un échec public et critique au moment de sa sortie, avant de devenir un classique du cinéma US et de rejoindre les trois autres œuvres phares de la filmographie de Fleming : L’Île au trésor, Le Magicien d’Oz et Autant en emporte le vent.
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