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PhilippeToile
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4,0
Publiée le 30 juillet 2012
On est heureux de retrouver l’œuvre fondatrice du cinéma de Jacques Demy, magnifiée par une remarquable restauration. Bien sûr sa façon de filmer la douceur tranquille de la vie de province des années soixante pourra paraître aujourd’hui un peu désuète, mais la poésie diaphane des images reste magique. Quant à Anouk Aimée, elle est Lola jusqu’au bout des ongles, ce personnage attendrissant fait de naïveté et de détermination, de charme et de générosité. Comédie musicale sans musique, le film de Jacques Demy mérite sans discussion son statut de film de patrimoine. Un cocktail de nostalgie sans tristesse à déguster sans modération.
En 1960, Jacques Demy a 29 ans. Fort de son expérience d'assistant, puis de réalisateur de plusieurs courts métrages entre 57 et 59, il veut réaliser son 1er long métrage : en couleurs, ce sera une comédie musicale, "Un billet pour Johannesburg", avec Jean-Louis Trintignant. Faute du budget requis, "Lola", qui sortira en 1961, sera en noir et blanc (mais avec Raoul Coutard comme chef op), il y aura 2 ou 3 séquences musicales seulement, sans surprises puisque dans le cabaret où se produit Cécile/Lola (1ère collaboration avec Michel Legrand), et c'est le Suisse Marc Michel qui tiendra la partie de Roland Cassard, engagé sur le fil 3 jours seulement avant le début des prises de vue (il reprendra le rôle dans "Les Parapluies de Cherbourg" en 1964). Cette nouvelle sortie (copie neuve et numérisée à partir d'un internégatif retrouvé en Angleterre en 1999) permet donc de découvrir "Jacques", avant "Demy". Force est de constater que si tous les ingrédients des futures réussites ("Les Parapluies", ou "Les Demoiselles de Rochefort") sont bien là (destins croisés en particulier), si certains décors naturels nantais (comme le célèbre Passage Pommeraye) sont plaisamment utilisés, la seule ossature mélo, sans l’habillage chanté, unique et magique, peine à éveiller l’intérêt. Du coup, « Lola » paraît daté, quasi vieillot, limite ridicule par instants, impression renforcée par la diction impossible de la jeune Annie Dupéroux (Cécile Desnoyers), et plus encore celle d’Anouk Aimée dans le rôle-titre (minaudant un peu comme BB à la même époque – mais avec nez et menton pointus, donc bien loin de la beauté époustouflante de cette dernière…). Poussiéreux, et dispensable (sauf comme « incunable » filmique, pour apprécier l’oeuvre complète de Demy en perspective).
J'attendais beaucoup de ce film, j'avais entendu de bonnes choses à son sujet et effectivement il y en a mais je suis tout de même un petit peu déçu. Pour son premier film, Jacques Demy rend hommage à Max Ophüls en nous pondant une sorte de recherche du bonheur. Les protagonistes se cherchent, se croisent et c'est ce chassé-croisé qui est très bien défini dans ce film, le spectateur peut facilement se retrouvé dans ces personnages mais peut aussi très bien ressentir de l'ennui tout comme le personnage Roland. Effectivement, il y a des passages assez lents et longs mais ils sont plus ou moins rattrapés par des séquences très belle avec une magnifique bande sonore. Ces séquences se distinguent par la très bonne mise en scène de Demy, le noir et blanc donnant une véritable atmosphère à ce film montre le beau travail de Coutard, les travellings et ces autres prises de vues prouvent également la bonne mise en scène de Demy. Mais je trouve que le jeu d'acteur est le point décevant du film, je n'ai pas du tout accroché à l'interprétation de Aimée, j'ai trouvé qu'elle surjouait donc çeci à jouer sur la qualité du film, en ce qui concerne Marc Michel : son interprétation est juste mais pas non plus superbe. Un bon film que je devrais sûrement revoir pour l'apprécier à sa juste valeur car je pense tout de même être passé un peu à côté.
Lola, 1960. Il y effectivement quelque chose de très "nouvelle vague" dans le film de Demy: Un héros désabusé et fatigué de vivre une vie insignifiante (Comme si vivre sa vie était du ressort des autres?!)... Une "gourgandine" qui vit dans l'instant en espérant le retour de son amour perdu... La culture de l'aparté (la scène de la fête foraine filmée au ralenti est très belle mais déconnectée du reste...). Au final, tout ça pourrait passer pour déprimant s'il n'y avait la qualité des plans et de la lumière. Assurément, Demy peut se targuer de savoir filmer. Au contraire de Godard... Il y a aussi, prémices de la touche Demy, le chassé-croisé des personnages... Mais à ce stade, nous n'en sommes qu'à l'ébauche de ce qui sera magistralement orchestré dans les Demoiselles de Rochefort. À voir, ne serait-ce que pour connaître l'œuvre complète d'un réalisateur hors norme. Mais gare à l'ennui...
C'est un film sur la fin de l'enfance, l'entrée dans le monde des adultes, sur la vie, le renoncement, l'amour. Il y a quelques références bien senties (à bout de souffle, Sade), ça fait toujours plaisir à l'égo de les repérer. Le film est assez beau visuellement, mais sa force réside dans la capacité grâce à la musique à créer des vrais instants de grâce, quelque chose de beau et de vrai, quelque chose qui vient frappé le spectateur par sa pureté. Dommage que ça ne soit que quelques petits moments qui contrastent avec le reste du film qui s'il n'est ni ennuyant ni banal restent un peu en dessous du reste. La Lola est pénible par contre, une véritable nunuche. Je ne pouvais pas la supporter. Dommage. Le héros quant à lui à quelque chose qu'on les héros chez Godard j'ai l'impression, ce côté blasé, mais avec une touche peut-être un peu plus vraie, moins absurde par moment, moins folle. C'est un film que j'ai apprécié sans tout de fois adorer.
Lola, 1960, de Jacques Demy, avec Anouk Aimée, lumineuse, mais au jeu particulièrement maniéré. Musique de Michel Legrand. Premier long métrage d’un jeune cinéaste en pleine explosion de la « Nouvelle Vague », c’est un film poétique, mais profondément ennuyeux, qui semble avoir beaucoup vieilli. L’un des plus beaux personnages est sans doute la ville de Nantes, avec l’évocation de sa vie portuaire (notion de voyages, de départs etc.), la Place Graslin et surtout le très beau Passage Pommeray. Gros mélo sentimental au cours duquel une poignée de gens virevoltent, se rencontrent, se perdent, ballottés par le hasard à moins que ce ne soit par leur destin. L’héroïne, fille mère et danseuse de cabaret, tombe sur un ami d’enfance qui tombe…amoureux d’elle. Mais la belle reste amoureuse du père de son gosse, et, hasard ou destin donc, celui-ci revient au pays, fortune faite, pour épouser son ex chérie et jouer son rôle de père. Scène sympathique, lorsqu’un lien d’amitié se crée entre une préado en quête d’aventures (dont la mère fantasme, je crois, sur l’ami d’enfance de la danseuse !) et un marin américain…qui serait peut-être aujourd’hui taxé de pédophilie. Lieux de réunion et/ou de croisement des protagonistes, une librairie, un bistrot…L’ensemble est plein de charme, certes, mais comme un vieux manège qui tournerait à vide.
Très intéressant ce chassé-croisé de personnages. Anouk Aimée est une véritable cruche à certains moments dans le film ce qui renforce bien son personnage. Tous les personnages sont intéressants et intriguants. Un très bon moment passé.
je me suis laissée transportée, un voyage plaisant
pour ceux qu souhaiteraient voir ou revoir ce grand classique rendez-vous le 27 mars à 11h00 pour une projection en 35 mm au Festival Provence Terre de Cinéma
Premier film et premier bijou. Nous sommes en 1961 et la nouvelle vague vient juste de démarrer, A bout de souffle est sorti en 1960, les 400 coups en 1959. Godard a présenté son copain Jacques Demy au producteur De Beauregard qui va financer Lola (comme le raconte Agnès Varda dans Les plages d'Agnès). Le film est totalement inséré dans son époque : Demy y paye un tribu direct à Max Ophuls auquel Lola est dédicacé (en souvenir de Lola Montés ?), l'actrice Elina Labourdette renvoie au cinéma de Bresson, le directeur de la photo (Raoul Coutard) est celui d'A bout de souffle, le personnage principal masculin de Lola dit qu'il avait un seul ami , Michel Poiccard, qui s'est fait descendre (A bout de souffle encore !), etc...
A la fois dans son époque donc, et déjà porteur de tout l'univers Demy. Dialogues ciselés, mise en scène élégante et virtuose, importance des femmes. Marc Michel joue clairement un alter ego de Demy, désanchanté mais/et enthousiaste. Mais ce sont surtout les personnages féminins qui emplissent le film. Lola d'abord, extravertie, légère, dont on se dit que le destin va être tragique et puis non, car Demy à l'art de la pirouette heureuse (ou qui semble heureuse pour être plus précis), Cécile ensuite, qui est Lola jeune, et enfin la mère de Cécile, qui est Lola plus vieille, ou disons une autre Lola qui aurait évolué différemment si les circonstances de la vie s'y étaient prêtées (elle fut danseuse comme Lola)....la suite sur Christoblog : http://chris666.blogs.allocine.fr/chris666-212797-lola.htm
Surjoué au max, le jeu des acteurs est tellement niais, Anouk Aimée en tête, belle mais tellement gourde et c'est peu supportable, bref un film qui a beaucoup vieilli. On reconnaît le charme et la poésie de Jacques Demy mais il faut vraiment bien creuser !
Le premier long métrage de Demy est déjà une merveille de poésie enchanteresse et mélancolique, qui annonce toute son œuvre. Les travellings sur les rues de Nantes, les quelques numéros musicaux, les jeux de l'amour et des coïncidences ou la grâce de la musique de Legrand permettent de reconnaître d'emblée le style du maître. Les références sont aussi bien internes et annonciatrices (Cherbourg, "Une chambre en ville") qu'externes ("À bout de souffle", Bresson, Ophuls...) et le film s'inscrit pleinement dans le courant de la Nouvelle vague. Anouk Aimée, magique, trouve son meilleur rôle et compose l'un des plus beaux personnages féminins du cinéma français. Et il faut saluer les excellentes prestations d'Elina Labourdette et Margo Lion. Une date dans l'histoire du cinéma français.
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3,0
Publiée le 15 juin 2026
« C'est moi, c'est moi, c'est Lola » [...] C'est un classique du cinèma français, très librement adaptè des « Nuits blanches » de Dostoïevski! Les critiques sont unanimes pour saluer cette rèussite de Jacques Demy au style plus ou moins marquè par l'influence de la Nouvelle Vague! Un tournage entre la Baule et Nantes où le cinèaste rèinvente le noir & blanc, le Scope et les jeux de l'amour et du hasard! D'une grande photogènie, Anouk Aimèe est l'inoubliable et rayonnante « Lola » , se trouvant en plein accord avec son èpoque! Quelques belles images, la sublime Symphonie no 7 de Beethoven et, au dènouement, un moteur battant comme un coeur, même si le surjeu de certains comèdiens (la petite Cècile avec le marin de passage) peut agacer! Voici donc le premier long-mètrage de Demy et peut-être l'un de ses meilleurs grâce à l'èlègance de sa mise en scène! Prèsentè au Cinèma de minuit...