Si les tueurs en série sont une thématique fréquente dans le cinéma, il est rare d’en suivre un pendant l’intégralité d’un film. Henry, portrait d’un serial killer est une œuvre assez originale car elle suit le parcours de son personnage principal sans chercher à expliquer son comportement ou à lui offrir la moindre circonstance atténuante. Au contraire, John McNaughton filme son récit froidement avec un style documentaire qui est renforcé, pour une fois, par la faiblesse de son budget (un peu plus de 100.000 dollars) et une musique assez glaçante. Le cinéaste a aussi l’intelligence de préciser dans un carton pré-générique que ce premier long-métrage ne représente pas la réalitéspoiler: (le personnage s’inspirant d’Ottis Toole est indiqué, tout comme celui de Becky, comme étant imaginaire, ce qui permet de le faire mourir dans le film, contrairement à la vraie vie) mais s’inspire juste d’un personnage réel (sans indiquer son nom de famille) car il est difficile de savoir réellement (à l’exception de trois personnes) qu’elles ont été les victimes d’Henry Lee Lucas vu que celui-ci a revendiqué beaucoup de meurtres qu’il n’avait pas pu faire. McNaughton ne cache d’ailleurs pas les affabulations de son personnage lorsqu’il raconte le meurtre de sa mère à Becky (il change le moyen qu’il a utilisé pour ce crime en cours de récit sans s’en rendre compte) et cela est renforcé par l’interprétation hallucinée de Michael Rooker qui s’offrait, au passage, un rôle plus que marquant pour sa première apparition à l’écran. Il faut dire que le réalisateur a réussi à choisir des comédiens parfaitement adaptés aux personnages (Tom Towles est tout aussi inquiétant en Ottis). Henry, portrait d’un serial killer est donc une œuvre qu’on ne peut pas qualifier d’agréable à cause de sa froideur et de sa dureté mais l’aspect documentaire de cette plongée dans la folie possède une force indéniable qui fait de ce premier long-métrage de fiction une pièce incontournable du cinéma de tueur en série.
Tourné pour presque rien, les producteurs ayant donné 150 000 dollars à John Mac Naughton pour qui leur expédie un film bien sanglant, Henry portrait d’un serial killer est un film aussi crade que dérangeant. Il m’a fait beaucoup penser à Schizophrenia autre film de tueur en série brute et froid. Si la mise en scène est moins inventive que dans le film précédemment nommé Henry est plus intéressant à suivre selon moi car il développe plus le personnage du tueur, de son complice et de la sœur de ce dernier qui ne se doute pas qu’elle vit au côté de deux assassins. Car Henry c’est la description de cet individu qui semble normal, qui dit sûrement bonjour à ses voisins qui aide les vieilles dames à traverser mais pour les trucider dans la ruelle suivante. Troublant aussi la curiosité malsaine que l’on a pour la violence et qui nous ait renvoyée en pleine face lors de la séance de visionnage de leurs méfaits par Henry et Otis. Les trois acteurs sont terrifiants de crédibilité Michael Rooker dans le rôle titre se révélant à cette occasion. L’ambiance est pesante, soulignée par une excellente musique. Un film radical, sans espoir à déconseiller aux âmes sensibles.
Que voilà un thriller fascinant sur les serial-killers. loin de toute emphase ou bien de toute glorification crasse, du voyeurisme BCBG ou bien de la fascination malsane pour ce type de personnages, J. McNaughton nous livre un film tétanisant, dérangeant, désagréable, déstabilisant. Son "héros" est une ordure, qui tue par plaisir (le fameux traumatisme de l'enfance apparaît plus comme une tentative de justification à la véracité douteuse) et qui peu à peu contaminer un ami. Il en résulte une chronique impitoyable, qui se déroule au sein d'un environnement où prédomine la précarité, le manque d'éducation et surtout l'absence d'empathie. Visuellement, ce film tourné en 16mm peut paraître assez vulgaire voire bâclé mais il n'en est rien, les images crasseuses n'empêchant pas le talent de metteur en scène de McNaughton d'exploser. Des idées brillantes, éclairantes, des effets gore un peu trop appuyés parfois mais une mise en abyme terrifiante au sein d'un esprit malade, avec un M. Rooker incroyable dans le rôle titre. Un grand film du genre, plus réaliste dans sa mise en forme que les classiques du genre qui suivront, qui dérange et nous interroge sur la nature du Mal. Culte, indispensable et magistral, un choc ! D'autres critiques sur
Thriller basé sur les faits réels du serial-killer Henry Lee Lucas, ici on est à mi-chemin entre Maniac et Orange Mécanique, c'est incroyablement malsain et lugubre, la musique synthétique des années 80 et la mise en scène minimaliste et froide en sont pour quelque chose. Mention Très bien à Michael Rooker plus vrai que nature.
Insoutenable du début à la fin, "Henry, portrait d'un serial killer" lançait une horreur réaliste et brutale qui se fourvoira dans une complaisance et une psychologie de bas étage que John McNaughton a subtilement évité pour nous laisser, spectateurs impuissants, dans l'impossibilité de donner un pourquoi au Mal.
Henry et ses amis sont plutôt une belle bande de dégénérés.. On les suit tout le long du film commettre leurs crimes de façon aléatoire et sans réel plan. Soutenu par une image sale et une bande son appropriée le film met mal à l'aise c'est certain. Mais il manque au film autre chose que ces images brutales et un scénario décousu. Une approche réaliste de la figure du serial killer mais rien de plus.
1986. En remontant presque 30 ans en arrière, on peut imaginer la claque que fut "Henry, portrait d'un serial killer" pour tous les yeux curieux qui auraient pu se poser dessus. En effet, à cause de son réalisme et de sa violence, le film de John McNaughton sera censuré jusqu'en 1990. Brut, cru et sans détours dans les faits qu'il montre et dans sa réalisation (musique synthé omniprésente, image crade), il ne relate pas une histoire vraie mais s'inspire du tueur Henry Lee Lucas. Michael Rooker y est immédiatement terrifiant grâce notamment à une introduction habile qui oppose ses morts et une vie normale en surface. Le récit devient ensuite très caricatural et les meurtres s'enchaînent sans véritablement lier le tout. Malgré une volonté du réalisateur de faire correspondre images et violence à travers l'utilisation de la caméra, avec le temps, "Henry, portrait d'un serial killer" a perdu de sa force et le fait qu'il ne soit pas exempt de défauts plombe un peu l'intérêt du spectateur.
Henry, qui dépeint la relation ambivalente entre les deux amants Henry Lee Lucas et Ottis Toole, trahit allègrement la réalité. L'œuvre décrit toutefois avec une précision terrifiante la psychologie des tueurs en séries et leur détachement de la réalité par leurs passages à l'acte d'une froideur sans nom. Avec son approche quasi documentaire, Henry est une vraie réussite du genre, soutenu par des interprètes irréprochables.
Tout d'abord le film aura zéro intérêt pour ceux qui ne connaissent pas l'histoire d'origine, pour cela je conseille vivement le visionnage de la série documentaire "The confession killer". Ensuite le scénariste s'est permis de changer des événements ce qui empêche le film d'être classé dans la case biographie, et dans la case fiction il est moyen tout au mieux.
Le voyeurisme morbide qui déstabilise tant les spectateurs de ce film, trop longtemps victime des censures américaines et européennes, a pourtant su en faire une œuvre culte. La violence qui explosait dans le cinéma américain des années 80 choque ici par le réalisme malsain, entre documentaire et nouvelle vague, avec lequel John McNaughton a choisi de la filmer grâce à sa petite caméra 16mm. Sans effusion de sang grandguignolesque ni crimes glamour, tout dans Henry, sur le fond comme sur la forme, n’est que froideur et cynisme. Même si son scénario dérisoire rend l'immersion difficile mis quelques dialogues intenses aident finalement à nous captiver pour le quotidien qu’a pu avoir le (vrai) tueur en série Henry Lee Lucas. Car, comme précisé dès l’introduction, il s’agit là que d’une fiction tissée autour de faits bien réels, et cette limite floue entre réalité et fiction participe pour beaucoup à ce sentiment de culpabilité que parvient à nous procurer cette petite perle de cinéma underground dont le schéma narratif était dès lors déstiné à devenir une référence.
Moins renversant que le Angst de Gerald Kargl - qui reste à ce jour l'un des meilleurs films jamais réalisés sur un psycho-killer - Henry secoue pourtant l'estomac par sa violence ultra-réaliste et dépeinte sans fioritures. Le film de John Mc Naughton est une réussite dans son impact : le cinéaste n'a d'ailleurs jamais recours au spectaculaire, privilégiant un certain naturalisme composé de personnages anodins, asociaux, parfois même traités sur le mode du clinique. Là où Henry frappe fort et juste c'est dans sa banalisation de la violence : voyeurisme, ludisme, paranoïa, gratuité, torture... La brutalité siège au beau milieu de ce microcosme désensibilisé, poussé à bout, atteignant parfois un degré d'insoutenable rarement vu à l'écran. Sans être un chef d'oeuvre Henry est un grand choc cinématographique, de ceux qui concilient promiscuité et détachement vis-à-vis de leurs personnages. Un petit classique du genre à découvrir d'urgence, déviation perturbante dans le quotidien d'un tueur en série. Incontournable.
Sans doute l'un des films de psycho-killer les plus célèbres de l'histoire du cinéma. Lorsqu'on le situe dans le contexte de l'époque, je peux le comprendre sans difficulté : scènes violentes et très graphiques, nombreuses agressions sexuelles spoiler: (parfois même commises par un frère sur sa sœur) , meurtre d'enfant... Malgré cette surenchère d'effets gores, violents et perturbants (en comptant un début long où l'on ne voit que des cadavres), il manque quelque chose, peut-être dans le jeu des acteurs, qui nous maintient dans une certaines distances. Aussi, l'absence de plongée dans la psychologie du meurtrier joue également. De ce fait, je n'étais pas totalement plongé dans l'univers malsain du film (peut-être n'est-ce pas plus mal après tout ^^). Il n'empêche que je garderai en mémoire deux scènes, vraiment efficace dans le fond comme dans la forme, pendant longtemps.
Je m'attendais à mieux... Néanmoins, bonne réalisation à savoir pas d'effet surfait... une réalisation dépouilllée, froide et réaliste en harmonie avec son personnage principal : Henry Lee Lucas. Un voyage de 80min en compagnie d'un des "grands" tueur en série US.
J'ai beaucoup de mal avec Michael Rooker... Cet acteur incarne très souvent les même rôles (pour ne pas dire tout le temps), au point de donner un visage aux mots "psychopathe" et "insupportable demeuré malsain" du cinéma. Dès qu'on aperçoit le bonhomme, on comprendra instinctivement le prochain virage scénaristique du film en question (tout comme récemment "The walking dead" ou encore "Les gardiens de la galaxie"). Dans "Henry, portrait d'un serial killer", où Michael Rooker trouvera son premier rôle, on décèlera une certaine crédibilité dans sa prestation, qui déjà, laissait paraître ce côté tête-à-claque que l'on connaît tous aujourd'hui. Quant au film lui-même, qui manque clairement d'entrain et de rythme (ou tout simplement de qualité cinématographique), ce portrait présenté, même sur 1h20, aura le temps de nous ennuyer.