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criston
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4,0
Publiée le 28 décembre 2007
Alors au sommet créatif de sa carrière (le prodigieux Garde à vue datant de 1981), Claude Miller récidive en 1983 avec Mortelle randonnée signant un dytique du polar quasi unique dans nos contrées. Entouré d’une dream team qui fait aujourd’hui rêver (les Audiard au scénario et dialogues, Pierre Lhomme à la photo, Serrault-Adjani dans les rôles phares épaulés par des seconds rôles d’exception : Marchand, Audran, Frey, Brialy, Frot,…), le cinéaste nous invite à un mariage des genres inouï.
Cette randonnée macabre est ainsi l’occasion pour le spectateur de passer par tous les stades émotionnels possibles, constamment fasciner par un récit dont on ne connaît jamais la direction ni même la nature. Road movie onirique, polar décalé, étude de mœurs osée, déchirante histoire d’amour filiale, Mortelle randonnée, c’est tour à tour tout ça et sûrement plus tant le film a cette capacité rare d’offrir d’incessants niveaux de lecture à chaque visionnage. Magnifiquement photographiée, cette poursuite morbide et déraisonnée permet aussi d’admirer deux acteurs monstrueux au sommet de leur art.
Si Isabelle Adjani à la beauté ici vertigineuse n’a peut être jamais été aussi à sa place dans ce rôle de jeune femme totalement mystérieuse et insaisissable, c’est Michel Serrault qui livre la prestation la plus hallucinée, la plus phénoménale. Le comédien ose tout avec une maestria tout bonnement magistrale. Un des très grands numéros d’acteur du siècle passé pour une œuvre boudée à sa sortie et qui mérite aujourd’hui de figurer fièrement dans la liste des films les plus importants produits par le cinéma français.
Je m'attendais à suivre un polar riche en rebondissements et en émotions... mais au final, je me suis réellement fait c..er. C'est, je trouve, un film banal et soporifique, au scénario plat et sans originalité. Mais qu'est donc allé faire le grand Michel Serrault (qui y est très bon pourtant) dans cette galère ???
Un des plus grands films français des années 80 injustement méconnu ! Ce thriller qui se situe à la limite du fantastique est une oeuvre d'une grande noirceur mais aussi d'une grande poésie, magnifiquement mise en scène et superbement interprété à la fois par le génial Michel SERRAULT mais aussi par la sublime, vénéneuse(et trop rare) Isabelle ADJANI ainsi que par tous les seconds rôles (avec une mention à Stéphane AUDRAN méconnaissable car enlaidie). Le tout est rehaussé par les dialogues sublimes de Michel AUDIARD. A noter le présence au scénario du grand Jacques AUDIARD.
Sans doute l'un des plus grands polars jamais réalisés en France. D'abord l'histoire : un privé suit aux quatre coins de l'Europe une meurtrière aux mille visages en qui il recrée sa propre fille qu'il a à peine connue. Le traitement : Michel Serrault, dit l'Oeil, est le metteur en scène co scénariste de cette "mortelle randonnée" qui l'emmène à la poursuite de la "star" Adjani, vedette fanstasque aux mille rôles, qui finira sa cavale en redevenant une pauvre petite adolescente de banlieue, coursée par les voitures de police. A l'issue, l'Oeil Metteur en scène ne parvenant point à capturer sa star entrera dans la photo. Splendide métaphore du rapport entre créateur et interprète, Mortelle randonnée se distingue aussi par un traitement baroque. Seconds rôles réjouissants, paysages de rêve, caméra ample, photographie recherchée, musique ironiquement jazzy : le film joue à fond la carte du cinéma, la distanciation, l'auto réflexion. Jamais théorique, il ose tout sans jamais perdre le fil d'une intrigue à la fois dense et linéaire. Jusqu'à faire converser en pensée les deux personnages principaux, jamais réunis sauf lors d'une seule scène faussement banale. Serrault (bouleversant, tout en ironie blessée) et Adjani (absolument splendide) excellent comme rarement. Michel Audiard et son fils Jacques à l'écriture, Claude Miller à la caméra (son meilleur film, et le plus risqué) : une union de talents du cinéma français unis pour le meilleur. Bide à sa sortie, le film, depuis, s'est fait une réputation. Beaucoup, dont je suis, le considèrent comme un pur chef d'oeuvre.
Claude Miller transpose en France un roman américain, qui connaîtra d'ailleurs une autre adaptation en 1999, avec Ewan McGregor. Michel Serrault incarne "L’œil", un détective privé chargé de filer un jeune héritier, qui s'est entiché d'une jolie fiancée surprise. Sauf que celle-ci s'avère bien vite être une tueuse en série, croqueuse d'hommes riches. Mais notre détective, marqué par sa fille qu'il n'a pas vu depuis 20 ans, voit en cette dangereuse jeune femme sa propre progéniture. Plutôt que de dénoncer ses méfaits, il va la couvrir... voir l'assister ! Ne cherchez pas là un polar. L'enquête policière sera très secondaire, de même que la caractérisation de certaines victimes. Claude Miller a choisi une approche dramatique et sombre, s'intéressant à la psychologie de ces deux protagonistes. Le détective et la tueuse, cherchant respectivement une figure d'enfant et de père, vont sans le savoir se compléter... mais à distance. Car la mante religieuse ignore l'existence de cet ange-gardien, qui pourtant la suite depuis des mois (une invraisemblance qu'il faut gober). Les deux acteurs principaux sont excellents. Michel Serrault apportant toute sa nuance et son cynisme pour incarner cet homme brisé, chez qui des espoirs très malsains vont naître. Isabelle Adjani et son expression détachée sont idéales dans le rôle de cette psychopathe classe et dénuée d'empathie. A leur côté, on notera en second rôle Guy Marchand en maître-chanteur cruel, et Stéphane Audran, diablement enlaidie en acolyte larguée. A l'image de son titre, "Mortelle Randonnée" offre aussi une belle balade, entre Allemagne, Italie, Belgique et France. Pourtant malgré des lieux de rêve, Claude Miller garde une ambiance sinistre, presque onirique de froideur. La photographie grisâtre, le temps maussade, semble faire passer Monaco pour un lieu aussi déprimant que la ville du Nord éclairée aux néons. Un film d'atmosphère, psychologique, qui ne plaira pas à tous, mais c'est une proposition suffisamment exotique pour être soulignée !
Fascination, trouble, sentiments… Claude Miller marie ces thèmes chers au genre noir dans un film qui l’est sans trop l’être, une histoire sans réelle atmosphère mais impeccablement dialoguée.
Miller a fait beaucoup mieux dans la noirceur, mais ici le film a des allures élégantes et aussi un scénario troublant. Le duo d'acteur est bien sûr admirable, mais ce polar tombe parfois trop dans le bizarre et nous trouble définitivement. Mélancolique et agréable, mais ce n'est pas mon film préféré du réalisateur, des acteurs et du genre.
Mortelle randonnée est un faux polar mais un très beau film ; l'ambiance y est triste (surtout à la fin dans la ville du Nord). On suit avec Serrault la piste meurtrière d'Adjani, la mise en scène est belle et distille un certain mystère, elle est lancinante et élégante. Le film est en même temps calme mais puissant car les images sont envoûtantes. Dommage que le cinéma français ne parvient plus à nous offrir de tel polar.
J'avais lu beaucoup de bonnes choses sur ce film; la qualité du scénario d'Audiard, l'atmosphère envoutante... Il est vrai que Serrault y joue à merveille, et que de nombreux ingredients sont reunis pour faire une oeuvre réussie (photo, musique, le melange des genres). Et pourtant je n'ai pas aimé Mortelle randonnée, sa noirceur, son ton teinté de desespoir, de melancolie ne m'ont pas plu. J'aurais aimé un peu plus de legereté et moins de tragique.
J'ai détesté ce film je l'ai trouvé ennuyeux au plus haut point et surtout trop bizarre et tordu. Je conseille quand même de le voir car il y a tout de même de très bons acteurs qui valent le coup de s'ennuyer pour eux !
Par sa dimension psychologique fascinante et troublante se film déconcerte, la psychologie des personnages est poussée a l'excès, ce qui donne au film une dimension fantastique incroyable, la mise en scène superbe du grand Miller accentue celle ci, le jeu de Serrault est comme toujours magistrale mais l'on retient surtout l'incroyable composition de la grande Isabelle Adjani en meurtriere froide dure et sans pitié qui change sans cesse de personnalités (sa superbe apparition en rousse timide) et qui se conduie en véritable mante religieuse. Mise en scène envoûtante, interprétation troublante psychologie des personnages traité a la perfection et superbe musique signé Carla Bley font de ce film un polar fascinant qui mérite de loin le titre de film "culte" et choc!
Une petite merveille, bourrée de référence cinématographique. Serraut et Adjani sont au sommet de leur art et tous les seconds rôles sont excellents (de Stéphane Audran -drôlissime- à Guy Marchand -bof à souhait-, en passant par Sami Frey et Bouchité). L'image, stylisée, et la musique, lancinante, finissent de vous convaincre de l'exceptionnelle réussite de ce qui reste comme l'un des meilleurs films des années 80, malheureusement trop méconnu.. Une merveille! Vraiment! A noter que l'histoire du film prallèle à la vie réelle de Michel Serraut, car celui-ci a malheureusement perdu sa fille -comme dans ce film; cette anecdote renforce encore davantage la réussite de son interprétation.
Un petit bijou. J'écris à vif car j'ai le sentiment d'avoir vu une perle de noirceur. Tout ici est noir, tranché sur le vif, humour, scénario, musique hallucinante et hallucinogène, tout contribue à vous plonger dans l'abîme de l'âme humaine. Serrault est époustouflant. Un film vraiment éblouissant et sombre à la fois. Polar méthaphysique et réaliste, poétique et stylisé, les torches s'allument et s'éteignent dans le soupir d'une quête perdue d'avance. Jamais la beauté ne fut si noire.