Un détective en plein deuil reconnaît sa fille dans la femme sur laquelle il enquête. S’en suit alors une longue filature, redondante, interminable, ponctuée par des monologues pénibles de Michel Serrault et une BO en décalage avec le ton noir du film. Trop littéraire, "Mortelle randonnée" est bien loin de l’excellent "Garde à vue".
Mortelle randonnée. Une bien belle randonnée, de Paris jusqu'en Allemagne, puis en Italie et puis sur la côte d'Azure. Un chef d'oeuvre signé Claude Miller. Un film sorti en 1982, soite huit ans avant Telma et Louise. Très long, cent vingt minutes. Michel Serrault à cinquante ans. Isabelle Adjani à vingt cinq ans, au sommet de son art et de sa grande beautée. Un road trip assez long mais très intéressant. Il y a aussi Dominique Frot, la soeur à Catherine Frot, aussi très jeune, aussi agée de vingt cinq ans. Il faut prendre ce film comme vient. Il faut observer le rapport entre les deux acteurs principaux.
Claude Miller n'aimait peut-être pas son film, moi je le savoure comme un bonbon sucré salé à chaque diffusion. Malgré une esthétique qui lorgne souvent vers la publicité (de l'époque), un manque patent de vraisemblance, Michel Serrault dans le prolongement de Garde à vue y est à son sommet. Adjani sublime, Marchand et ses chaussures de macro flanqué d'une effroyable Stéphane Audran, impérial de lâcheté et de veulerie. Le tout servi par une musique glaçante et le thème obsédant de La paloma. Audiard se laisse parfois aller à faire du Audiard, mais dans la bouche de Serrault, qui s'en plaindrait ? Une madeleine à déguster sans modération pour replonger dans l'effroi des années 80.
Un chef d’œuvre onirique qui comme tous rêves s’annonce, de prime abord, surréaliste et indéchiffrable alors que lorsque l’on se prête à l’exercice du décodage, on en extrait une fine psychologie abordant l’abandon, le deuil, le transfert, la névrose obsessionnelle, le suicide et finalement la résilience. À voir ou revoir pour sa fabuleuse interprétation psychanalytique.
J'avais gardé un meilleur souvenir de ce film long et tordu. On ne peut nier la réalisation esthétique de Miller, mais le gout des scénaristes, Audiard père et fils pour la violence est gênant. Adjani en femme fatale et mante religieuse, et l'excellent M. Serrault avec ses problèmes sont mieux ailleurs. Pour les amateurs de "films noirs".
"Mortelle randonnée" est un grand film malade. Pris par une volonté esthétisante qui ne lui ressemble pas, Miller échoue en effet à faire de ses personnages des êtres de chair et de sang. Pourtant, Adjani est d'une beauté glacée à couper le souffle et Serrault un génial détective à contre-courant. Parsemé d'hémoglobine échappée d'un magazine sur papier glacé, le long-métrage n'en reste pas moins un exercice de grand style dans lequel l'enlaidissement de Stéphane Audran est une oeuvre d'art en soi.
Film interminable, scénario invraisemblable, les personnages du couple avec Stéphan Audran complètement hors sujet.... Faire de ce film un chef d'oeuvre, faut oser !
Un détective privé , désabusé , proche de la retraite ( Michel Serrault évidemment ), une tueuse somptueuse, froide et déterminée ( Isabelle Adjani en toute liberté ) dans une histoire tortueuse à souhait . Claude Miller l’emprunte au roman de Marc Behm, « Eye of the Beholder » et confie l’adaptation à Michel et Jacques Audiard. Comme la recette du succès d’un film policier qui se dégage des références habituelles pour laisser à ses personnages des divagations scénaristiques concluantes . Voleuse et tueuse sous l’effet de la séduction, cette mystérieuse meurtrière est fascinante . A l’image du film. AVIS BONUS De nombreux chapitres aussi divers que bien informés, un plaisir de bonus Pour en savoir plus : lheuredelasortie.com
Le type même du film "culte" sur-côté ! De mon point de vue, pas grand chose à sauver. Je n'arrive pas à apprécier Michel SERRAULT comme acteur. Rien ne me touche dans son jeu, jamais... Alors le voir conduire pendant 90 mn.... J'ai même l'impression que le réalisateur s'est fait un kif : Isabelle en femme fatale, en étudiante, en serveuse, en femme qui aime les femmes.... plus le court plan qui va bien entre deux portes pour montrer l'étendue de son "potentiel"...
Bref tout cela ne fait pas un film car rien ne marche.... Sauf peut-être le début du film quand "l’œil" est dans le bureau de sa cheffe... Beaucoup de promesses pour beaucoup d'ennui par la suite....
Entre l'effrontée et garde à vue, Claude Miller réalise cette mortelle randonnée, le résultat est pour ma part assez décevant, un thriller pas vraiment haletant parsemé de touches d'humour cynique. La très bonne interprétation de Michel Serrault sauve un peu la mise et empêche de s'endormir… Claude Miller dirigeant Adjani et Serrault, je m'attendais à beaucoup mieux.
Le film débute comme un simple polar mais dévie très vite vers un thriller psychologique où un enquêteur se retrouve séduit et perturbé par une femme fatale qui pourrait ou semblerait être sa propre fille disparue. Dès lors, le film oscille constamment entre comédie de moeurs, drame psychologique, polar avec une dose de surréalisme qui crée une atmosphère singulière qui nous perd au fil du récit. La première partie du film, entre l'enquête, le charme de Adjani, le trouble de Serrault, le doute et les meurtres, tout est parfait avec un mystère qui s'instaure et un climax assez envoûtant et mélancolique. Etonnamment le récit prend une autre tournure avec l'arrivée d'un couple détonant, Guy Marchand en sorte de ripoux libidineux et une Stephane Audran très enlaidie façon consanguin du nord, formant un couple de Bidochon qui ne colle pas à l'élégance générale du film. On tombe presque dans la farce alors que la fin du film souligne un drame certain entre la fuite en avant et la perte d'un enfant. Site : Selenie.fr
Un beau casting et une ambiance froide et parfois déprimante, le tout au service d'une histoire originale (sans être stupéfiante) et de dialogues globalement soignés. Une réussite minorée par le manque de relation de boxeur-punching ball que l'on aurait souhaité entre Serrault et Adjani.
Film très fort des années 80 qui rassemblait Serrault (2 ans après l’énorme succès de « Garde à vue ») et la belle Isabelle Adjani. Très beau casting, mais le scénario est un peu bancal et le film a du mal à trouver son rythme et le bon ton. Ce n’est pas vraiment un thriller car tout est trop improbable et absurde ; trop de crimes en série, et de changements d’identité pour cette belle tueuse. On ne croit pas trop non plus à la possible paternité de Serrault, fausse piste inintéressante. Mais ce n’est pas non plus un film fantastique ou ésotérique, ni surréaliste, Adjani qui est de toutes les scènes, ne joue pas vraiment, elle défile. Serrault est bon mais a du mal à trouver sa place. Très belle prestation de Guy Marchand. Un film qui a mal vieillit.