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Léa H.
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4,0
Publiée le 30 mai 2014
De Palma adopte avec panache le ton de la farce bouffonne et nous livre une réjouissante satire de la société américaine gangrénée par le fric (nous sommes dans les années 80, qui marquent l’avènement des Yuppies et de l’ultralibéralisme) et où les intérêts particuliers (qu’ils soient communautaires ou politiques) gangrènent le débat public. Très à l’aise sur ce registre ou le grotesque côtoie le pathétique (la séquence de pétage de plomb de Tom Hanks est exemplaire), le cinéaste donne à son film une forme boursouflée (plans séquences virtuoses, utilisation débridée du grand angle et des mouvements de caméra emphatiques) qui convient bien à la veulerie et au mauvais goût ambiant. Plus d’une fois, il frôle pourtant le trop-plein et ne peut rattraper la lourdeur d’écriture de certains personnages (Melanie Griffith et Bruce Willis qui, en plus, cabotinent lourdement). A côté de cela, on se réjouit de la truculence de beaucoup d’autres, brillamment campé par des comédiens en pleine forme (le procureur, le juge, le yuppie) et par le cynisme revigorant de l’entreprise.
Brian De Palma, le maestro du cinéma par excellence, réalise ici une comédie noire traitant du racisme. Mais dans ce film, il va encore plus loin en le dénonçant, même si ici il n'est pas question de double ou de voyeurisme, De Palma dénonce également la société (ce qu'il faisait également dans "Blow Out"). Il y raconte la vie d'un jeune banquier qui voit sa carrière se briser à cause d'un accident. La victime étant un noir, les conséquences sont désastreuses : il devient la proie de la presse, des manifestations anti racistes rôdent autour de lui. En montrant tout cela, De Palma réalise également d'incroyables plans-séquences (suivant Bruce Willis dans un banquet ou Tom Hanks à la banque) et tourne avec sa caméra en 360° autour de Tom Hanks et utilise également le split-screen (technique qu'il utilise très souvent). Les acteurs sont également très bons dans leurs rôles et la bande-son est très belle.
"Le Bûcher des vanités" est considéré comme étant un film mineur de B. de Palma. Pourtant, les ingrédients chers à ce dernier sont bien présents et utilisés à bon escient, comme le fameux split screen ou les plans-séquences. Pour ce qui est du fond, la façon de critiquer le lynchage médiatique et les calculs politiques est astucieuse, car elle permet un mélange de satire et de comédie. Ces idées sont inscrites dans un scénario solide qui conduit à une fin assez jouissive et nuancée. Toutefois, on regrette les quelques baisses d'intensité qui empêchent le film de véritablement s'emballer, mais qui ne justifient en rien sa mauvaise réputation.
Avec "The bonfire of vanities", Brian DePalma envoie une sacrée charge envers les différents pouvoirs, qu'ils soient politiques, médiatiques, religieux, judiciaires... Il choisit le ton de la farce quasi-burlesque, ce qui à le mérite de l'originalité et de la prise de risques, et produit par séquence une drôlerie incontestable. Mais cela finit par lasser sur la durée, notamment en raison du surjeu (voulu) des acteurs, qui a tendance à fatiguer. Cela peut expliquer l'échec commercial du film à l'époque ; avec un regard actuel, je trouve le film moyen mais je salue le coup de pied dans la fourmilière.
Une comédie noire et jubilatoire sur la société médiatique et politique, une satire hystérique et électrique maitrisé de main de maitre par Brian De Palma. Comme une tragédie grec, le scénario raconte la déchéance de Sherman McCoy, trader brillant de Wall Street qui se retrouve embarqué dans un fait divers et qui va connaitre le déchainement des médias et de la société tels des charognes, un grand opéra satirique narré par un journaliste au fond du trou, et qui se révèle être un cocktail savoureux de perfidie, d'hypocrisie et de trahisons qui met l'être humain au fond du trou mais se termine magnifiquement bien ! De haute volée, le casting est mené par un très surprenant Tom Hanks, oscillant entre une maitrise complète et une folie amusante qu'il équilibre parfaitement, face a une Mélanie Griffith vorace en femme trophée ou encore un Bruce Willis exceptionnel d'humour et d'ironie, et ne pas oublier les apparitions de Morgan Freeman, dont la dernière vraiment brillante ! Cinéaste culte de "Scarface" et "Les Incorruptibles", Brian De Palma arrive a créer un véritable opéra cinématographique, avec un sens du lyrisme qu'il retranscrit a l'écran avec une énergie, une folie et une proportion a mettre des scènes fortes de sens mais qui ne s'explique dans les dialogues. Une comédie cynique, drôle, forte de sens, et qui exalte autant par sa folie que par sa logique.
Un De Palma mineur mais qui ne méritait pas le lynchage critique qu’il a subit lors de sa sortie. Débutant par un magnifique plan séquence (signature habituelle du cinéaste), cette adaptation d’un célèbre roman de Tom Wolfe dépeint une Amérique superficielle où seuls le pouvoir, l’argent et le sexe comptent. Au final, Le Bûcher Des Vanités souffre principalement de sa comparaison avec le livre dont il est issu (forcément plus fouillé) et d’une mise en scène un peu trop théâtrale. Néanmoins, la prestation convaincante des nombreuses vedettes du casting et la peinture sans concession de la société moderne valent le coup d’œil.
La satire sociale de Brian De Palma a beau ne pas avoir plu aux public ni aux critiques, elle n’en reste pas moins une attaque frontale des élites tant politiques qu’économiques, juridiques ou médiatiques new-yorkaises. Tout le monde en prend en effet pour son grade tandis que l’on suit ce trader à col blanc en pleine descente aux enfers. La cruauté et l’avidité avec lesquelles chacun cherche à tirer parti de sa déchéance publique peuvent certes sembler caricaturales mais illustrent merveilleusement l’esprit individualiste qui fait de ses sphères aisées un banc de requins où la pitié passe bien après l’attrait du pouvoir. La mise en scène appuie assez bien les rapports de domination des personnages les uns sur les autres grâce à un jeu habile de plongées et contre-plongées, mais c’est surtout le casting prestigieux qui donne à ce Bucher des vanités son charme qui permet de faire de son scénario, aussi démagogique soit-il, un bon divertissement empli de cynisme, jusqu'au monologue terriblement pompeux proclamé par le personnage de Morgan Freeman à la fin.
A la fois comédie et satire sociale, "Le bûcher des vanités" ne s'avère ni drôle ni percutant. Le trait a beau être forcé à l'extrême, le casting a beau être impressionnant, on reste au niveau du divertissement one shot de la soirée hivernale. Les cinq dernières minutes flirtent même avec l'affligeant quand le personnage incarné par Morgan Freeman se lance dans un monologue moralisateur aussi creux qu'inutile.
dommage ... dommage que l'adaptation soit en dessous du livre ... roman enlevé ... large tour d'horizon des mœurs de NY de l'époque ... le film ne couvre que quelques aspects du livre ... mais sans doute faute de temps ...
Réalisé en 1990, le film de Brian De Palma a secoué les gens riches puisque dans ce long-métrage, ils sont présentés de façon extrêmement péjorative. Alors pourquoi avoir osé signer ce film? Pourquoi Brian De Palma, réalisateur renommé et lui-même ayant atteint un tel succès critique et public se met-il en tête de traiter en dérision cette petite partie du monde en quantité? Tout simplement parce que le réalisateur américain ne déroge pas à sa propre règle, son but est simple: réaliser pour bousculer l'ordre établi. Envoyées aux oubliettes les gens cultivés de la haute société, dites bonjour aux jouisseurs qui travaillent à Wall Street en gagnant plein d'argent grâce à la spéculation mais qui sont aussi développés mentalement que des oies blanches. Vous l'aurez compris, cette comédie satirique pousse les riches dans leurs propres travers, l'image des nobles est ici remplacée par celle des bourgeois et le moins que l'on puisse dire, c'est que Brian De Palma ne les ménage pas, au contraire ils les humilient de la plus crue des façons en les affichant comme des profiteurs, des menteurs, des tueurs, des sadiques, des lâches, des personnes ignobles entre elles y compris au sein des couples. Le film rappelle également une histoire récente qui a réellement existé et que tout le monde a en tête, celle d'un homme riche blanc face à une famille pauvre noire. On constate ainsi que dès lors qu'un tel procès s'organise, la vie de l'homme en question est terminée. Son couple saute, il perd son travail, sa renommée, son honneur, ses amis bref il subit la loi d'un véritable enfer sur terre sans oublier que personne n'ira le soutenir ni l'aider, il se trouve seul face au monde entier car même les politiques pourtant habillés de vêtements cousus de fil blanc se jettent sur l'affaire pour récupérer les voix de cette minorité qui a pourtant été tellement méprisée pendant des siècles dans ce pays comme les autres. Au final, Brian De Palma réalise un film d'anthologie, analyste, intelligent, percutant, dénonciateur, prouvant que le malheur d'un homme fait le bonheur des autres. Un vrai chef-d'oeuvre!
Les critiques ont beau être assassines, Brian De Palma livre une fois encore un film de grande qualité réalisé avec classe et maîtrise. Comme il est dit, le film traite de la vanité et de ce qu'elle peut engendrer. Suite à un fait divers, on assiste à la déchéance publique et voulue par tous du pauvre Tom Hanks, racontée par le toujours ironique Bruce Willis. La fin est un intéressant paradoxe, qui laisse au spectateur le soin de ce faire son propre avis.
Adaptant le roman de Tom Wolfe, Brian De Palma a beau avoir réalisé un bide beaucoup critiqué, cela n'en reste pas moins un film solidement construit de bout en bout et si la virtuosité du cinéaste a déjà été plus évidente, il impose son style (split-screen, double bonnette, plan-séquence magistralement mis en scène) et donne à cette histoire de descente aux enfers médiatique le ton qu'il lui correspond. Partant d'un simple fait divers, il nous montre comment un homme peut tout perdre lorsque d'autres sont légués contre lui dans le but de tout gagner. Et avec un scénario bien construit qui a déjà du très bon matériel de base et un casting solide (Tom Hanks en golden-boy un peu salaud mais victime de l'ambition de tous, Bruce Willis en écrivain alcoolique, Melanie Griffith en belle salope ou encore Morgan Freeman en juge lucide), le résultat est une réussite qui a beau ne pas être exceptionnelle mais qui témoigne d'une excellente maîtrise.
Le Bûcher des vanités (1991) de Brian De Palma, adapté du roman éponyme de Tom Wolfe (publié en 1987), nous plonge en plein cœur des magouilles tant financières que politiques de New York. Le film narre l’histoire d’un golden boy qui, de la gloire aux tabloïds, a vécu une véritable descente aux enfers suite à un banal fait divers dont il a été victime. En un rien de temps, toute la sphère médiatico/politico/judiciaire s’emballe et cherchent à tirer profit du fait divers pour tirer la couverture à leur avantage, au grand dam de Sherman McCoy, passant d’élite de la haute finance à simple proie ne sachant plus à qui se fier. Comme à son habitude, Brian De Palma fait des merveilles au niveau de la mise en scène, nous offrant notamment un excellent plan-séquence d’ouverture et de nombreux plans tout au long du film (notamment des contre-plongées). Ajoutez à cela une impressionnante distribution où se croise Tom Hanks, Melanie Griffith, Bruce Willis, Kim Cattrall, Morgan Freeman et même Kirsten Dunst dans une courte apparition (elle en était déjà à son troisième long-métrage à tout juste 9 ans). Ce qui est amusant à la lecture du scénario, c’est qu’il serait facile de transposer l’histoire à notre époque, en modifiant certains éléments et personnages, en y instaurant par exemple le scandale qui éclata dans la fameuse chambre de l’hôtel Sofitel de New York en mai 2011 entre le Président du FMI Dominique Strauss-Kahn & la femme de ménage Nafissatou Diallo.
Gros échec commercial et massacré par les critiques de l'époque, "The Bonfire of the Vanities" ne méritait pas tant de haine, à l'image de son personnage principal. Certes, l'intrigue est un brin décousue, mais le sujet très intéressant. On y suit un golden boy insouciant qui va devenir, à la suite d'un simple accident, la proie de tout un système politique, judiciaire, et médiatique, qui ne cherche qu'à tirer profit de l'affaire. Il s'agit donc d'un portrait au vitriol du système US, soutenu par de très bons acteurs (Tom Hanks, Bruce Willis, F. Murray Abraham, Morgan Freeman...) qui apportent chacun leur touche cynique. Enfin, côté technique, la réalisation de De Palma est irréprochable : double focales, plan séquence d'introduction, split screen, etc. Bref, une comédie noire qui vaut le coup d'oeil.
Un De Palma bien en dessous de ce que le cinéaste sait faire, et malheureusement depuis L'Impasse, thriller Shakespearien, qui est de loin son meilleur film, le réalisateur ne cesse de signer des oeuvres de moins en moins personnelles et de moins en moins intéressantes. Le Bucher des vanités n'y manque pas et les acteurs en moyenne forme patauge et ne parviennent à le sauver. Un film à ne pas retenir.