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Charlotte28
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3,5
Publiée le 27 juillet 2026
Terriblement cynique, l’intrigue mise en abîme illustre la primauté de la malhonnêteté (intellectuelle ou pas!), la puissance des passions, la force des intérêts personnels en mêlant humour noir, burlesque et stéréotypes comiques pour tisser un récit satirique moquant même son genre de drame judiciaire (jusque dans la tirade moralisatrice finale inutile!). Portée par des comédiens se plaisant manifestement aux facéties, aux outrances, aux vices de leurs personnages, la mise en scène renforce l’efficacité comique, souligne les réactions décalées ou atterrées des protagonistes, redouble le rythme effréné de la vie du héros en première partie, avant de se faire plus classique dans la seconde. Parfois franchement caricaturale voire invraisemblable (dans les réactions!), l’intrigue s’en prend aux différentes instances du pouvoir autant qu’aux individus mêmes, portant une critique amère, pertinente, désabusée sur la société. Lucide!
Au début des années 90, Brian de Palma adaptait le roman de Tom Wolf et filmait la descente aux enfers d'un golden boy, empêtré dans un accident de voiture dans un quartier du Bronx. Tout le petit monde mediatico-financiers-judiciaire va rapidement trouver un intérêt à sa perte. Meme si le film a un rythme inegal, et que De Palma est sûrement plus à l'aise dans la tragédie, la satire est virulente et montre une société où les affaires s'emballent, des personnages préoccupé par leur seuls intérêts , où l'on peut s'arranger avec la réalité, et ou l'honnêteté ne serait plus la valeur mais manquant un peu de force, malgré quelques scènes fortes, comme la fuite dans le bronx. trente cinq plus tard, le film n'a rien perdu de son constat. Acteurs convaincants, Bruce Willis notamment
Brian de Palma s'essaye à la satire et se dote d'un casting impressionnant. C'est pas le meilleur film de Brian de Palma, mais il y a des ingrédients intéressants, notamment dans la réalisation.
Ce qu’il ressort de ce film c’est que Brian de Palma n’est vraiment pas fait pour le registre de la comédie. En effet malgré son casting de luxe, le long-métrage ne dépasse jamais le stade de caricature grossière et même si comprend parfaitement les intentions du cinéaste, l’ensemble est tellement appuyé et au final peu drôle que l’on ne peut que poser un regard consternant sur un film d’une lourdeur assommante.
C'est de la comédie satirique, T Hanks joue le rôle d'un as de la bourse (oui c'est pas du sur-mesure) et B Willis celui d'un écrivain (pas du sur-mesure non plus), et T Hanks a un accident dans le Bronx dont il est pas responsable et qui va l'envoyé au tribunal. Le film tourne autour des conflits de communautés mais s’avère assez secondaire.
En 1987, Brian De Palma, 57 ans, 19 films à son actif est un réalisateur accompli et reconnu. Plusieurs de ses films ont été encensés par la critique comme « Sœurs de sang » (1973), « Phantom of the Paradise » (1974), « Carrie au bal du diable » (1976), « Pulsions » (1980), « Outrages » (1989) ou se sont révélés de très solides succès publics comme « Furie » (1978), « Scarface » (1983), « Les incorruptibles » (1987). Une carrière conduite sous le signe d’une indépendance artistique toujours sous la menace d’une rentabilité attendue de la part d’un réalisateur capable de séduire le public quand sa réalisation ample et visuellement imaginative fait mouche. Mais juste après le four commercial cuisant qu’a été « Outrages » son premier film réellement engagé, dévoilant la face obscure du comportement des troupes américaines au Vietnam, Brian De Palma est à la recherche d’un succès susceptible de régénérer sa crédibilité. Warner Bros vient d’acquérir les droits du « Bûcher des vanités », best-seller de Tom Wolfe journaliste célèbre qui pour l’occasion a écrit son premier roman paru en 1987. Le projet d’adaptation est proposé à De Palma. Un consensus est rapidement trouvé pour accentuer la tonalité ironique du film, laissant un peu de côté l’aspect très documenté du livre de Wolfe. Cette initiative sera d’ailleurs reprochée à de Palma par la critique, participant sans aucun doute à l’échec commercial du film. Pourtant le scénario écrit par Michael Cristofer allié à une réalisation intense donne naissance à un pamphlet au vitriol débouchant sur un constat accablant de la vacuité, l’incurie et la corruption qui de l’intérieur déstructurent la société américaine. Une forme d’optimisme aussi comme souvent chez les Américains à travers le juge Leonard White interprété magistralement par le grand Morgan Freeman qui n’a pas besoin de plus de deux scènes pour de sa haute stature conclure toute cette mascarade un peu morbide en « remettant l’église au milieu du village » comme on dit, rappelant à un auditoire médusé ce que l’honnêteté veut dire et comment elle peut et doit guider les hommes pour mieux vivre ensemble. Bruce Willis incarne Peter Fallow (copie fantasmagorique de Tom Wolfe lui-même ?), un journaliste alcoolique devenu star après l’écriture d’un best-seller relatant les déboires d’un trader (Tom Hanks) pris dans un tourbillon « mediatico-politico-judiciaire » après qu’une soirée bien arrosée l’a conduit lui et sa maîtresse (Melanie Griffith) à s’égarer dans le Bronx où ils ont percuté un jeune noir depuis resté dans le coma. Le canevas de l’intrigue posé avec brio et verve par De Palma s’ensuit la longue liste des rodomontades, petites bassesses, trahisons, hypocrisie en tous genres n’épargnant personne et souvent montrées à l’aide un humour caustique n’entravant en rien la force du propos comme a pu l’affirmer la critique de l’époque. Il faut dire que sous la direction d’un De Palma goguenard mais l’œilleton de sa caméra grand ouvert, les Bruce Willis, Tom Hanks, Melanie Griffith, Murray F. Abraham, John Hanckock, Kim Catrall, Saul Rubinek, Donal Moffat, Kevin Dunn et bien sûr Morgan Freeman cité plus haut sont tous impayables trop heureux en poussant leurs personnages jusqu’à la caricature parfois outrancière de fustiger une élite à laquelle ils ont sans doute bien conscience d’appartenir. Certaines scènes sont des petits bijoux de dérision paroxystique. Plus de trente ans après sa sortie, le film commence à être réhabilité notamment en Europe tellement le film de De Palma semble avec le recul, prémonitoire de ce qui se produit aujourd’hui en Europe. Son film revêt dès lors une tout autre portée. Enchaînant sur un autre film incompris avec « L’esprit de Caïn » (1992) lui aussi en voie de réhabilitation, De Palma pas loin de la sortie a eu la bonne idée de réaliser « L’impasse » (1993) suite de « Scarface » et surtout « Mission impossible » (1996) son plus gros succès commercial. Le réalisateur pouvait alors poursuivre sans trop d’à-coups mais sans coups d’éclat sa foisonnante et parfois surprenante carrière.
Une farce cynique campée par un casting tout en cabotinage sur le privilège blanc, la justice américaine, le communautarisme réalisé par Brian De Palma qui use de plongées et contre-plongées pour matérialiser les rapports de force. C'est très 80's (et donc daté et parfois agaçant), mais il ne faut pas bouder son plaisir.
Un film à procès remarquablement réalisé. Un casting qui ne déçoit pas, avec un Tom Hanks impressionnant, un Bruce Willis satyrique et un Freeman solennel et bienveillant. L’histoire du film peut être comparée à des procès médiatiques d’actualité.
« Une aussi terrible tragédie au service de mobiles aussi égoïstes. »
Avec un plan séquence tout en travelling de plus de 5 minutes pour son générique, de l’entrée du parking souterrain à l’arrivée sur une scène de gala, Brian De Palma démontre qu’il est l’un des plus grands réalisateurs des années ‘80. Durant les deux heures de film, il passera ainsi en revue tous ses tics visuels (travelling en gros plan, screen-split, etc.)
Echec commercial et critique, ce Bûcher des Vanités, fresque satirique très haute en couleurs, quasiment impossible à porter à l’écran tant le roman de Tom Wolfe est dense, dans ses personnages, dans leur psychologie, jusque dans leurs gestes et leurs accents, n’a sans doute pas été réalisé au bon moment : pour la fin des années ‘80, il est trop hystérique (la scène de Weiss/F. Murray Abraham quand il entend le Révérend Bacon/John Hancock à la télé est d’anthologie), trop réducteur (on en ferait aujourd’hui un mini-série de 6 épisodes minimum), trop dépendant des studios dans le choix des interprètes pourtant pas si mal, avec le recul. Même si Tom Hanks est plus crédible en Sherman McCoy déchu qu’en Sherman McCoy maître du monde, Bruce Willis est plus que convaincant en journaliste alcoolo et Melanie Griffith joue à la perfection le rôle d’idiote sexy, Kim Catrall celui de l’épouse trahie ridicule. Les seconds et tierces rôles sont tout autant redoutablement vils, comme une peinture de Jérôme Bosch. Une fresque ironique grandiose.
J’avais vu ce film au cinéma à sa sortie, je l’ai revu par après à la télé, j’ai lu le livre j’ai revu une fois encore le film et je le revois à nouveau : même si les écarts sont abyssaux de l’un à l’autre, le cynisme, fin et vicieux mais aussi profondément humain chez Wolfe, plus caricatural et gras chez De Palma, est bien présent du début à la fin.
Une comédie satirique très intéressante à suivre portée par un très bon casting Bruce Willis, Tom Hanks et Mélanie Griffith en premier lieu. Le film est dirigé par un Brian de Palma toujours aussi inspiré. Un bon film qui n'a pas plus à sa sortie mais qui je pense mérite une revalorisation.
Un bide total à sa sortie, tant critique que financier, et pourtant c'est une excellente adaptation d'un roman très populaire. Le public a peut-être été décontenancé de voir Brian De Palma aussi éloigné de son style de prédilection (le film à suspense Hitchcockien) pour s'attaquer à la satire sociale à la Lumet, Ferrara ou Spike Lee. Ou bien le public s'attendait à revoir Bruce Willis dans un rôle à la John McLane. En tout cas De Palma dépeint avec brio tout un tas de personnes, de catégorie sociale différente, mais tous aussi pourris les uns que les autres. Le film aurait d'ailleurs un meilleur impact s'il avait bénéficié d'un traitement un peu moins léger, plus sérieux. A l'image de Tom Hanks, excellent acteur mais trop tendre, trop bienveillant pour ce genre de rôle, à l'époque en tout cas.
J'ai toujours hésité à le voir vu le nombre de critiques négative sur ce film et à ma grande surprise j'ai bien aimé le film certes c'est pas le plus grand film de De Palma loin de là mais on prend plaisir à le regarder à voir au moins une fois.
Un DePalma que je n'avais pas encore vu. Excellente interprétation de Tom Hanks en golden boy dépassé, histoire très acerbe de la politique et des médias, et évidemment mise en scène de haut vol notamment avec la scène d'ouverture en long plan séquence magistrale. Juste une scène de fin inutile et moralisatrice tendance cul cul la praliné. Mais très bon film dans l'ensemble.
6 218 abonnés
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2,0
Publiée le 7 mars 2021
Le Bûcher des vanités est un film imprégné de sueur. Mais je ne me souviens pas d'un film qui ait tenté d'être aussi scandaleux, provocateur et important mais qui ait échoué de manière aussi constante. C'est comme un comique qui ne se fait pas rire mais qui ne peut pas quitter la scène. Plus le film s'efforce plus chaque tentative de rire donne lieu à un bruit sourd retentissant. Le désespoir affiché par le film est si criant qu'Il n'atteint le stade du rire fort que deux fois. Une fois on voit Geraldo Rivera jouer le rôle d'un journaliste de tabloïd TV odieux, arrogant et amoral ce qui est drôle uniquement parce qu'il ne se rend apparemment pas compte qu'il joue son propre rôle. L'autre scène qui mérite qu'on en rie est le grand moment final où le juge joué par Morgan Freeman fait un sermon moralisateur sur ce qu'est la moralité. Pourtant il faut admettre que c'est un noble effort. Il y a bien une bonne quoique médiocre bande d'acteurs qui essaient de faire des personnages avec de fines caricatures en carton. Le film se veut apparemment un commentaire sur la morale et l'éthique modernes mais ne dépasse jamais le niveau de la caricature. La satire exige du style et la farce demande de l'énergie. Au bout du compte vous ne voulez pas rire vous voulez juste vous détourner de ce spectacle...
Un très bon réalisateur, de très bon acteurs dans un film fade. Ça nous donne "Le bucher des Vanités" le debut commençait assez simpat, mais j'ai décroché ensuite trop de parlotte un peu ennuyeux. Dommage.