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4,0
Publiée le 5 novembre 2009
Le roman de James Cain le plus cèlèbre et le plus caractèristique de son talent est sans aucun doute "Le facteur sonne toujours deux fois", ècrit en 1934! La première adaptation est due à Pierre Chenal avec son "Dernier tournant" . Avec un certain pessimisme, le rèalisateur français adapte fidèlement cette sordide histoire d'adultère où la passion et l'intèrêt sont considèrès comme des aspects fondamentaux du comportement humain! D'une ètrange et insolite beautè, Corinne Luchaire crève l'ècran dans une atmosphère lourde et poisseuse comme semble les raffoler le cinèaste! Superbe interprètation ègalement de Michel Simon et Fernand Gravey, tous les deux utilisès à contre-emploi! Un grand classique des annèes 30 d'une noirceur particulièrement cruelle...
Je voulais voir Corinne Luchaire, actrice maudite, morte à 29 ans de tuberculose. Dans ce film de 1939, elle a 18 ans. Le facteur sonne toujours deux fois, mais pour elle il n'a sonné qu'une fois. Un voyage dans les montagnes enchantées de Sigmaringen lui a été fatal. Elle est jolie et bien faite. Son jeu d'actrice est prometteur. Son maquillage est malheureusement d'époque, sa concurrente au lionceau a le même. Elle n'a sans doute pas encore l'étoffe pour jouer les femmes fatales, mais s'en sort fort bien. Le décor et la mise en scène sont sommaires, mais les acteurs sont tous bons. Gravey, qui se spécialisera plus tard dans les personnages de badernes solennelles, est ici un vagabond distingué et tourmenté. Michel Simon est plus stupide que gentil, loin de l'assassin de "quai des brumes". Le juge est convaincant dans le genre caricatural, agressif et déstabilisant. Le Vigan, autre maudit, montre tout son talent en cousin maître chanteur haïssable. La bande son, naturellement, a terriblement vieilli, mais les dialogues sont parfaitement compréhensibles. Bref, à voir pour cinéphiles.
C’est la première des nombreuses adaptations au cinéma du célèbre roman de James M. CAIN, Ce n’est pas – et de loin – la plus réussie. Le scénario de Charles SPAAK est bavard et manque de vigueur et surtout, les acteurs le desservent outrageusement à l’exception de Corinne LUCHAIRE, sincère et pleine de vie, c’est probablement pourquoi la rédaction de Allo Ciné l’a simplement oubliée dans le générique, alors qu’elle figurait en bonne place sur l’affiche du film à côté de Fernand GRAVEY. Ce dernier est peu crédible en voyou marginal, mais ce n’est rien en comparaison de Michel SIMON en crétin alcoolique, devenu de surcroît amnésique, qui campe une sorte de clown lamentable, avec une nonchalance peu commune. Le réalisateur a cru bon de situer l’action dans l’arrière pays niçois, c’est sans doute la raison pour laquelle presque tous les personnages s’expriment avec le pire des accents parisiens, y compris le juge d’instruction qui s’essaie de temps à autre à l’accent marseillais, mais devant la difficulté il l’abandonne aussi vite. Au total, c’est un film bâclé, bien trop long, et sans le moindre intérêt. On l’oubliera vite pour ne retenir que l’adaptation très noire de Bob RAFELSON, avec Jack NICHOLSON dans le rôle de Franck.
Très beau film dû à un réalisateur de grand talent et magistralement interprété par des acteurs de grand talent Difficile de ne pas penser à ce qui eût pu être, n'était l'Occupation qui va bientôt affecter le destin de nombre des participants de ce projet : Pierre Chenal, juif, qui devra fuir la France pour l'Argentine et ne retrouvera jamais la place qu'il occupait avant-guerre au sein du cinéma français tandis qu'à l'autre extrémité, Corinne Luchaire, qui signe là une interprétation magistrale qui sera son chant du cygne, sera condamnée à dix ans d'indignité nationale en 1946 pour sa relation avec un capitaine de la Luftwaffe, et bien entendu, le génial et malheureux Robert Le Vigan, également condamné à l'indignité nationale ainsi qu'à dix ans de travaux forcés, qui finira dans une misère abjecte dans son exil argentin. Que de promesses non tenues. Il ne restera de cette entreprise qu'une magistrale interprétation jamais égalée du roman de James M. Cain et des regrets.
Première adaptation cinématographique du roman "Le facteur sonne toujours deux fois", ce film est vraiment très noir. Le scénario a été transporté dans le Sud de la France mais peu importe. Il est très fidèle au roman sinon. La photographie est très belle, Simon joue un mari débonnaire qu'on regrette de voir tué, la meilleure composition des 3 versions que j'ai vues (avec VISCONTI et GARNETT). Par contre, je trouve dommage que l'attirance, puis le désir, entre les deux amants n'ait pas été plus développé, ça tombe un peu comme un cheveu sur la soupe... Les versions de VISCONTI et GARNETT sont nettement plus explicites à ce niveau.
Peut-être la plus belle adaptation du célèbre roman de James Cain, dans laquelle le cinéaste transcrit parfaitement le trouble qui s'instille entre les trois personnages principaux. Dans le rôle de Cora, Corinne Luchaire est éblouissante, passant avec un naturel confondant de la situation de victime à celle de redoutable instigatrice. Dans la peau du cousin par alliance, La Vigue - qui comme elle passera par Sigmaringen - est grandiose.