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Un visiteur
4,0
Publiée le 28 mars 2012
Très beau film dû à un réalisateur de grand talent et magistralement interprété par des acteurs de grand talent Difficile de ne pas penser à ce qui eût pu être, n'était l'Occupation qui va bientôt affecter le destin de nombre des participants de ce projet : Pierre Chenal, juif, qui devra fuir la France pour l'Argentine et ne retrouvera jamais la place qu'il occupait avant-guerre au sein du cinéma français tandis qu'à l'autre extrémité, Corinne Luchaire, qui signe là une interprétation magistrale qui sera son chant du cygne, sera condamnée à dix ans d'indignité nationale en 1946 pour sa relation avec un capitaine de la Luftwaffe, et bien entendu, le génial et malheureux Robert Le Vigan, également condamné à l'indignité nationale ainsi qu'à dix ans de travaux forcés, qui finira dans une misère abjecte dans son exil argentin. Que de promesses non tenues. Il ne restera de cette entreprise qu'une magistrale interprétation jamais égalée du roman de James M. Cain et des regrets.
Alors celle avec Lana Turner, plus ensuite celle néoréaliste de Luchino Visconti, plus celle la plus récente avec Jack Nicholson et j'ajoute enfin celle-ci, et j'ai vu les quatre adaptations au cinéma du roman de James Cain "Le Facteur sonne toujours deux fois". C'est bien de terminer sur la première version, c'est juste dommage que ce soit la plus faible. Le film dure une heure et demie et c'est trop peu. Enfin surtout en ce qui concerne le moment entre la scène où les deux personnages principaux se rencontrent et celle où ils deviennent amants est trop court. On a du mal à y croire et la profondeur des protagonistes en est considérablement sacrifiée. La suite heureusement rattrape un peu le coup. L'autre point faible, c'est le jeu parfois limité de l'actrice Corinne Luchaire. Par contre, Fernand Gravey surprend agréablement dans un registre peu habituel mais c'est sans conteste Michel Simon qui se taille considérablement la part du lion. Encore une fois, l'acteur se montre parfait, d'une très grande sobriété et se permet même d'être le meilleur "mari cocu et assassiné" des quatre versions. En outre, l'ensemble se montre souvent cruel et noir même si les trois versions suivantes exploiteront mieux ces aspects de l'histoire.
Il y a les pour et et il y a les contre de ce genre d'adaptation consacrées à la pré beat generation ou aux beautiful losers semblables au romans de Jim Harrison ou Ginsberg, et à l'image de ces films des 70's montrant des protagonistes de l'Amérique roots légèrement séducteurs sinon désargentés voyageant par monts et par vaux et tour à tour poursuivis par quelques de ces affreux ploutocrates ou trop bigots, on aimera ou non cette version première de plus en plus rare de "Le facteur sonne toujours deux fois."
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4,0
Publiée le 5 novembre 2009
Le roman de James Cain le plus cèlèbre et le plus caractèristique de son talent est sans aucun doute "Le facteur sonne toujours deux fois", ècrit en 1934! La première adaptation est due à Pierre Chenal avec son "Dernier tournant" . Avec un certain pessimisme, le rèalisateur français adapte fidèlement cette sordide histoire d'adultère où la passion et l'intèrêt sont considèrès comme des aspects fondamentaux du comportement humain! D'une ètrange et insolite beautè, Corinne Luchaire crève l'ècran dans une atmosphère lourde et poisseuse comme semble les raffoler le cinèaste! Superbe interprètation ègalement de Michel Simon et Fernand Gravey, tous les deux utilisès à contre-emploi! Un grand classique des annèes 30 d'une noirceur particulièrement cruelle...
L'adaptation française du "Facteur sonne toujours deux fois". Comme sa cadette réalisée par Tay Garnett, cette oeuvre reste fidèle à la nouvelle de James Cain, loin du remake librement (trop librement?) mis en scène en 1979 par Bob Rafelson. Plongée dans l'univers des années 30 du sud de la France, l'histoire fonctionne à merveille. Michel Simon, moins cabotin que de coutume interprète certainement le meilleur Nick des trois adaptations (je n'ai pas vu celle de Visconti). Une fois encore, le scénario reste diabolique respectant à la lettre l'équilibre fragile entre perversité et passion. Plus empruntée, Florence Marly tarde à se mettre dans la peau de Cora, n'égalant jamais de près ou de loin la performance de Lana Turner dans la version de Tay Garnett (1946).