Derniers Avis : Un Condamné à mort s'est échappé - Page 5
Un Condamné à mort s'est échappé
Note moyenne
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Parkko
191 abonnés
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4,0
Publiée le 20 mars 2010
Un film prenant et intéressant.
Bresson favorise encore une fois une mise en scène très dépouillée, et se focalise sur son principal personnage. Parti pris intéressant, qui, si il pourra en rebuter certains, permet de se focaliser véritablement sur le personnage, sur lequel on ne sait pas grand chose, bien qu'on ait tout de même l'impression d'être dans sa tête, via le procédé de la voix-off.
Si la première partie du film peut sembler un peu longue, elle reste tout de même assez intéressante, quant à la seconde elle est plutôt captivante. Bresson parvient à ce que l'on s'attache aux protagonistes, à tel point qu'on a envie de savoir ce qu'il se passe ensuite. Et faire ça en une heure trente environ et avec si peu de dialogues, c'est quand même pas mal.
A noter aussi un jeu intéressant sur les lumières et l'éclairage.
Film fort, ici pas d'ellipses étranges qui auraient pu faciliter le récit, on a tout les détails, le film n'est pas manichéen, ce film ne fait pas dans l'excès, pas de tire larme, juste un grand film.
Peut-être le film de Bresson le plus accessible par son sujet. En tout cas le seul qui a eu un certain retentissement auprès du public lors de sa sortie. Comme déjà mentionné, le film est moins un film d'évasion qu'un film sur le courage. Fontaine ne cède rien car il est résistant dans l'âme. Pas par héroïsme. Bresson dissipe totalement tous les enjeux politiques et autres qu'on retrouve souvent dans les films sur la résistance, comme L'armée des ombres. Certains sont courageux, d'autres pas, mais tous ont des raisons de sortir. Bresson ne condamne pas les lâches, et d'ailleurs les allemands ne sont pas diabolisés mais seulement représentés comme des obstacles au plan de Fontaine. Cette épure de tout le superflu s'allie à merveille avec l'authenticité recherchée par le cinéaste. Rarement plan d'évasion n'a été aussi peu extravagant bien qu'ultra recherché et répété, on est loin de Prison Break! Comme toujours, Bresson utilise le cinéma pour jouer sur la temporalité, ici pour traduire l'attente et la longueur de la mise à exécution, ainsi que suspendre le temps lors de l'évasion. L'interaction avec tous les autres détenus, en premier lieu Jost, est passionnante. Presque aussi épuré, Le trou de Becker est lui aussi un grand film, joué par des amateurs et visant le réalisme à tout prix, mais dont le sujet est réellement l'évasion en elle-même.
Principes réguliers d'une évasion, sans romantisme déplacé; d'ailleurs signes avant-coureurs d'une libération que ne saurait anticiper l'ennemi: L'indicible en marche.
C'est incroyable le culte que voue nombreux cinéphiles à Bresson. Une admiration que j'ai beaucoup de mal à comprendre, ses films sont d'une austérité inébranlable mal joué par des amateurs. Mais pour une fois dans cette austérité sert le film, car elle s'accorde parfaitement avec le sujet de la prison. Autant je n'ai pas aimé (voir détesté) d'autres de ces films, antant je m'incline devant celui-ci.
Ce qui est bien avec ce film c'est sa simplicité, dialogues réduits au minimum. Voix off sans émotion décrivant l'atmosphère intérieur du personnage. Peu de musique extra-diégétique si ce n'est à la fin pour surligner une forme de soulagement. Un noir et blanc épuré et magnifique sans jeu de lumière. Il est vrai que les circonstances dans lesquelles on le regarde jouent sur notre appréhension du film, il ne faut pas être fatigué en soirée ou les moments peuvent se transformer en heure avec votre forme du moment, je préconise de le voir bien reposé tout en s'étant informé sur le style de Bresson auparavant. Les acteurs sont non professionnel du coup ils ne surjouent pas, on assiste plus à une forme de retenue timide de leur part. Le film se déroule sous l'occupation allemande, des opposants de tout poil sont enfermés dans une prison et pour certains ils sont condamnés à mort. Tout le silence dégagé par le film peut avoir sur nous un double effet, soit c'est une forme de torpeur qui s'installe soit c'est une tension qui ne fait que monter: va-t-il s'en sortir ? Ce film demeure la quête de liberté que tout homme a en lui face à l'oppression.
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4,0
Publiée le 8 décembre 2009
La minutieuse prèparation d'èvasion d'un rèsistant français incarcèrè par la Gestapo, analysèe et dissèquèe de façon abstraite par Robert Bresson, où chaque geste prend une importance considèrable est vraiment remarquable! Dans cette adaptation du rècit d'Andrè Devigny, l'authentique hèros de cette histoire vraie a servi de conseiller technique à Bresson qui a reçu le Prix de la mise en scène au festival de Cannes! Dès le premier plan, la camèra, rivèe sur des mains semble filmer la libertè elle-même! Le thème du mur nu s'affirme dans l'univers carcèral d'"Un condamnè à mort s'est èchappè"! A qui veut saisir cette exigence de puretè nèe d'un total dèpouillement (les dècors sont extrêmement simples, de même que les plans utilisès), il convient de voir ce grand film austère de Bresson...
En 1943, un résistant, le lieutenant Fontaine, est arrêté par les forces d’occupation allemandes et enfermé dans la prison de Montluc, à Lyon, où il sera condamné à mort. Le film de Bresson est l’histoire, racontée "sans ornements", est-il précisé dès le 1er plan, de l’évasion de cet homme. Réalisé à partir des mémoires d’André Devigny, ce récit véridique suit donc un fil dramatique très classique, sans surprise au niveau de l’intrigue, le contenu narratif du film étant déjà presque entièrement résumé dans le titre. Cela n’empêche aucunement "Un condamné à mort s’est échappé" d’être l’un des films les plus captivants que le cinéma français nous ait offert. Mais l’intérêt, pourtant, est ailleurs, et réside dans l’affirmation du "style bressonien", dont le dépouillement permet d’atteindre et de révéler l’essentiel, avec une force peut-être sans égale dans l’histoire du cinéma, et dont je n’arrive à trouver d’équivalent que dans la littérature, avec Tolstoï par exemple. Et quel est cet essentiel ici? Les enjeux moraux et spirituels de cette évasion qui, bien au-delà du seul acte qu’on pourrait qualifier d’héroïque du personnage, ouvre une vaste réflexion sur l’espoir et la puissance de la volonté humaine lorsque celle-ci est animée d’une foi, d’une inaltérable conviction. Et le titre du film donne au spectateur la même certitude, lui permettant de vivre de l’intérieur le cheminement spirituel du personnage. Cet état de transcendance de Fontaine lui permet de développer une intelligence pratique hors du commun (les moindres détails concrets de l’évasion sont filmés avec une minutie digne de l’orfèvrerie) et contamine l’ensemble des prisonniers: le succès de l’évasion de Fontaine devient un enjeu collectif et réveille les espoirs les plus endormis. Cinématographiquement, "Un condamné à mort s’est échappé" est un immense chef d’œuvre sonore, et en cela une date importante pour le cinéma. Désormais, le langage cinématographique posséderait un nouvel auxiliaire: le son.
Un très bon film qui souffre cependant d'une certaine longueur en milieu. Mis en quasi isolement, les hommes communiquent plus par les gestes car par les mots. Ce ne sont pas non plus des "héros" mais des hommes, certes volontaires, mais doutant d'eux-mêmes. En plus de l'intrigue prenante, la réalisation est exemplaire sans aucun flottement. Du grand art Monsieur Bresson. A étudier dans les écoles.
Sans doute le Bresson le plus accessible car c'est le seul que j'ai vu!Comme dans "Colombo", on connait la fin du film donc le plaisir est dans la manière de voir comment ce condamné va s'échapper et c'est là que c'est très fort.La description méticuleuse des tentatives d'évasion crée une formidable addiction chez le spectateur.A recommander car aucune prise de tête.