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Autrui
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2,5
Publiée le 20 juillet 2008
Dès les premières scènes, le ton est donné. Une ambiance originale, excessive, des personnages étranges, et de sympathiques décors ... Quelques scènes amusantes. Puis , arrivé à la moitié du film, le spectateur commence à trouver cela ennuyer. Une ambiance, certes ; mais peut-on faire un film seulement avec une ambiance ? L'univers marginal de Jeunet et Caro ne peut plus faire face à la banalité d'une intrigue de gentils contre méchants et d'amourettes faussement improbables ... pour que tout se finisse bien, évidemment !
Que dire devant la fascination visuelle au détriment d'une histoire? C'est vide. Ils feraient mieux de faire de la bande dessinée. Exclusivement pour ceux qui aiment les storyboards filmés.
Même si le scénario est niais à souhait, Delicatessen c'est un délice d'humour noir, de cynisme, de créativité. Ce monde noir, cruel et débile inventé par Jeunet qui exploite sans retranchement la couleur rouge (comme il l'a fait avec le vert plus tard pour Amélie Poulain) révèle encore une fois sont talent pour capturer des images et surtout une ambiance unique. Même si ce n'est pas son film le plus profond et encore moins le plus poétique, cette boucherie (terme le plus approprié) est jouissive, j'ai très apprécié.
Le premier film de Caro & Jeunet marque indéniablement une rupture dans le cinéma français. Le style à part, esthétique et imaginatif de Delicatessen m'a directement enthousiasmé. Caro et Jeunet sont de vrais artistes, plein d'imagination. A quand une nouvelle collaboration ?
Univers propre à Jean-pierre Jeunet. Ici on découvre une ville où les gens finissent par manger la viande de leur mort: une ville cannibale en somme. Heureusement, le gigantesque petit bout d'homme: Dominique Pinon débarque pour faire revivre l'humanité d'un petit bout de femme qui avait peur de vivre. Un film horrifiant mais assez métaphorique (et pas si loin de la réalité) agrémenté l'humour noir.
Immeuble en guerre. On ne sait pas où on est, on ne sait pas quand on est. On est dans un immeuble, avec une boucherie sur le pas de porte, et de drôles de locataires aux étages : une famille avec des mômes un peu sots, un ancien militaire amateur d'escargots, deux vieux garçons fabricants de boîtes à meuh, un couple de riches dont la femme est suicidaire, Mademoiselle Plusse, l'amante du boucher et surtout Julie, la fille du boucher et au-dessus, Louison, le nouveau locataire embauché pour des petits travaux... et finir en petits morceaux. Parce qu'on ne sait pas trop ce qui se passe, apparemment c'est la guerre, les graines ne poussent plus et deviennent monnaie d'échange, et on mange tout ce qui ressemble à de la viande. Ça parait glauque comme ça, mais on ne voit pas de sang. Juste à la fin. La photo, les couleurs et les acteurs sont vraiment superbes. Tout contribue à rendre chaque petit détail important, et donner un humour assez noir au film (cf. les tentatives laborieuses de suicide d'Aurore ou la mort de la mémé).
Je l'avais vu au cinéma à sa sortie et l'avais trouvé mauvais. Film de beauf qui ne fait rire que des beaufs. Que ce film ait plu ne m'étonne pas mais pour ceux qui ne partagent pas mon avis, il n'y a qu'à voir la brillante carrière des oh combien géniaux réalisateurs de ce film. Il en faut cependant pour tous les goûts.
Delicatessen... Comment oublier cette folie, cette originalité, cette esthétique, cette poésie bref ce génie si caractéristique de la collaboration Jeunet, Caro. Ce sont des scènes à jamais gravées dans la mémoire. Comment en choisir une en particulier? Que ce soit l'improbable et merveilleux duo musical, l'onirique séquence ou Pinon (acteur fabuleux, entouré ici de seconds rôles tous savoureux) fait quelques bulles dans la cage d'éscalier ou bien encore la réparation culte et hilarante du sommier... Bourré de métaphores, le film est du début à la fin unique. En accumulant des qualités rares, les deux comparses signent ici un film parfait et indispensable. Merci à eux...
Glauque à souhait, inquietant et absurde à la fois. Surement le meilleur Jeunet devant La cité des enfants perdus. Enorme prestation de Pinon et Dreyfus.
Amusément glauque, Délicatessen est proche de la perfection de l'immonde et de l'immoral. Perfection qu'il aurait peut-être pu atteindre s'il n'y avait pas eu cette fichue histoire d'amour...vraiment intruse dans ce film de barbares !
Film plein de charmes et d'acteurs très doués. Après on n'accroche ou pas. Personnellement je n'ai pas été enthousiasmé, Jeunet en fait peut-être un peu trop, ou pas assez... Certains personnages mériteraient d'être plus fouillés, tandis que les deux principaux ne sont guère passionnants...
"Delicatessen" est un film d'orfèvre : on devine avec quelle maniaquerie maladive Jeunet et Caro ont soigné jusqu'au moindre détail cette oeuvre inclassable et fascinante. On se laisse envoûter par ce drôle d'univers parallèle peuplé de personnages inquiétants mais irrésistiblement comiques. L'humour est délicieusement noir (ingrédient hélas aujourd'hui disparu des recettes des comédies à la française)et savamment dosé pour laisser place à une dimension poétique et romantique. Car "Delicatessen" raconte aussi une belle histoire d'amour contrariée, évitant la guimauve au profit de jolies séquences délicates (et saines, évidemment)tel cet attendrissant duo musical sur les toits. Le casting est irréprochable et chacun des comédiens, qu'on devine sincèrement investis dans leurs rôles, contribue brillamment à la réussite de ce film extraordinaire. Dommage que Karine Viard, remarquable elle aussi, ait choisi plus tard de renier ce long-métrage dont elle n'a pourtant absolument pas à rougir... "Delicatessen" est de ces films-cultes qu'on ne se lasse pas de revoir et qui fourmille de détails jubilatoires à découvrir à chaque nouveau visionnement. L'édition DVD supervisée par Jeunet himself est aussi une grande réussite pleine de bonnes surprises et devrait servir d'exemple à bon nombre d'éditeurs fumistes qui négligent les possibilités de ce support.