Jacquot de Nantes
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Alain D.

734 abonnés 3 445 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 avril 2019
Évocation émouvante et toujours en musique de l'enfance de Jacques DEMY. Nantes 1939, Jacquot a huit ans, la guerre arrive et son père est mobilisé. Agnès Varda nous offre une belle reconstitution de cette période avec une BO très riche des chansons de l'époque. Les séquences présentes (1939) sont en N&B et les inspirations de Jacques pour ses futurs films sont en couleur avec les insertions d'extraits de Peau d'Âne, Les Parapluies, Les demoiselles ... En décor, le magnifique passage Pommeraye de Nantes que l'on retrouvera dans "Lola" ; c'est la que sa mère lui achète sa première caméra. Avec des témoignages émouvants de Jacques DEMY et La voix off d'Agnès Varda commentant les scènes.
brianpatrick
brianpatrick

116 abonnés 1 861 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 22 novembre 2014
Une histoire filmé rapidement la jeunesse d'une homme plein d'enthousiasme. Un beau petit film bien monté et bien réalisé.
gimliamideselfes

3 432 abonnés 4 013 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 30 juin 2018
Jacquot de Nantes est un film assez particulier puisque réalisé par la femme de Demy (Agnès Varda), écrit par Demy, sur Demy et réalisé après la mort de Demy. Donc forcément ça allait être un hommage puissant... Mais on évite quand même l'hagiographie, ce qui aurait pu être un peu gênant. Forcément Jacquot est présenté quand même sous un beau jour quoiqu'il fasse et j'avoue préférer les films où on montre à quel point les gosses sont des gosses, à savoir des sales gosses qui font des conneries, plutôt que les films où on les montre un peu comme des anges.

Le film montre donc l'enfance de Jacques Demy à Nantes à trois périodes différentes, avant la guerre, pendant la guerre et après la guerre. On le voit grandir, mais surtout on voit naître son goût pour le cinéma, on voit ses influences, on voit les événements de sa vie qui l'ont inspiré pour faire des films et ça franchement c'est juste génial... Parce que savoir que dans les parapluies de Cherbourg, lorsque Deneuve enceinte rentre chez sa mère en disant qu'elle déteste le carnaval, vient en fait d'une vraie fille que Demy a connu et dont il était sans doute un peu amoureux, qui était enceinte et qui disait ne pas aimer le carnaval, ça ne sert à rien pour apprécier le film, mais c'est un écho formidable entre la vie de Demy et le cinéma.

Et le film est truffé de références de la sorte. Varda insère donc dans son film, des extraits des films de Demy qui font écho à la vie de son mari décédé qu'elle recrée de toute pièce. Demy avait un père garagiste, comme Guy dans Les parapluies de Cherbourg... Son père est arrivé à Nantes et vivant chez l'ancienne femme alcoolique d'un Colonel... Comme dans une Chambre en ville...

Je savais qu'il y avait des échos entre la vie de Demy et son cinéma, une série d'émissions sur France Culture lui était consacré, mais je ne savais pas qu'il y en avait autant. D'ailleurs c'est toujours un immense plaisir de revoir des extraits d'une Chambre en ville et des Parapluies de Cherbourg.

D'ailleurs on peut noter que le film commence par le générique de fin, peut-être un clin d’œil aux parapluies dont la première phrase était « c'est terminé ». Il me semble que Varda fait dire à son Jacquot des phrases des personnages des films de Demy, à moins que ça ne soit l'inverse...

Plus qu'un simple biopic, c'est réellement des allers-retours constants entre la vie de Demy et son cinéma, entre extraits de films et reconstitution... Et quelle reconstitution ! Si comme je l'ai dit c'est sans doute un peu trop gentil pour moi, ça reste néanmoins passionnant à suivre. Clairement Varda ne s'est pas juste contenté de faire un film fonctionnel pour raconter la vie de son mari, elle a fait du cinéma, une véritable œuvre, belle et touchante.

D'ailleurs difficile de ne pas se reconnaître dans le personnage de Jacquot, notamment avec son goût pour l'animation... avec ses décors en carton... Je me revoyais à vingt ans en faisant du stop motion (bon lui était plus jeune).

Mais surtout, on a quelques commentaires de Demy lui-même, Varda le filme amoureusement... filme sa peau, son visage avec énormément de tendresse, ce qui donne à ce film d'adieu tout son côté tragique. Parce qu'en fait on voit Demy quelques temps avant sa mort en même temps qu'on le voit naître... Ce jeune gamin qu'on suit depuis ses huit ans finira par mourir, comme nous tous... et assez jeune en plus...

Il y a un côté tragique qui fonctionne vraiment bien.

D'ailleurs c'est l'un des rares films français que j'ai vu où l'on évoque (à demi mot) les morts faits par les alliés durant la seconde guerre mondiale, comment ils ont bombardé Nantes, comment ils ont tué des civils... Disons que ça permet de mieux comprendre ce qu'il disait dans La table tournante, un film qui m'avait passablement agacé, où il expliquait de manière lapidaire que la guerre c'était mal... ce qui avait eu le don de prodigieusement me faire lever les yeux au ciel devant tant de manichéisme.

Bref, le film est un éclairage prodigieux sur la filmographie et la vie de Demy, tout en étant bien plus qu'un documentaire ou une analyse d’œuvre, puisque le sujet du film est avant tout la vie (et le cinéma).
JimBo Lebowski

447 abonnés 1 080 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 9 avril 2019
Film passionnant où Varda livre un hommage fictionnel et documentaire sur Demy, parsemé de clins d’oeil à son cinéma par ses souvenirs, en mêlant noir & blanc et couleurs, avec cette enfance racontée tel un roman, l’occupation, les bombardements à Nantes, la libération, puis à côté l’aspiration de Jacquot à devenir cinéaste, des décors en carton à la création de courts-métrages d’animation. Émouvant aussi de voir Demy, mourant au moment du tournage, se dévoiler, comme dans un testament sur pellicule, avec le regard de Varda sur le corps flétri de son mari, la mélancolie dans ses yeux, son dernier sourire, une page qui se tourne… Très beau.
anonyme
Un visiteur
5,0
Publiée le 29 septembre 2006
C'est l'histoire de Jacquot, petit cacatoès féru de cinéma, qui a toujours su rester enfant dans son coeur ! Ce film est un très joli portrait filmé par sa femme, une amazone à nuque jaune prénommé Agnès, qui attendrit les spectateurs que nous sommes... Un très joli moment nostalgique et poétique d'un de nos plus grands cinéastes français !
Myene
Myene

20 abonnés 373 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 30 décembre 2012
Une oeuvre d'une compagne de vie et de travail qui sonne pour moi plus comme un Te Deum qu'un requiem J'aime la recomposition qu'Agnes fait du sens de la vie de Jacques et leur amour commun du cinéma est évoqué avec délicatesse comme l'adieu à Jacques : on sent la connivence précieuse des équipes présentes et on évite le formel et l'anecdotique malgré la teinte narrative du récit.
cylon86

2 833 abonnés 4 430 critiques Suivre son activité

1,0
Publiée le 1 avril 2009
Voilà exactement le genre de film à vous dégoûter du cinéma français. Tout y est mou, de l'interprétation à la mise en scène en passant à l'histoire. Déjà que les films autobiographiques ne sont pas ma tasse de thé, sur un réalisateur que je n'aime pas, le résultat ne pouvait pas être satisfaisant. Seuls aspects positifs : les vieux films réalisés par Demy que l'on peut voir et aussi à quel point son enfance a put l'inspirer. Sinon, il n'y a rien à voir (ah si, des gros plans très laid sur Demy).
weihnachtsmann

1 617 abonnés 5 725 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 2 août 2016
Un film d'amour tout simplement. Une biographie inventive, captivante et d'une profonde nostalgie. Agnès Varda raconte dans "les plages" qu'elle trouvait que la vie de son mari Jacques Demy ferait un beau film. "Fais-le, dit-il, car moi je n'en ai plus la force." C'est ainsi que ce film est né sous forme d'hommage. L'enfance à Nantes, les Guignols, la caméra de sa jeunesse, truffé avec malice des extraits de tous ses films. C'est vraiment touchant.
Hotinhere

790 abonnés 5 457 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 avril 2024
Une chronique plus attendrissante que captivante dans laquelle Agnès Varda raconte l’enfance de son mari Jacques Demy et la naissance de sa vocation pour le cinéma.
ferdinand75

723 abonnés 4 455 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 17 avril 2024
Encore une fois un film très juste, très subtil de Agnès Varda .Et pourtant on pouvait avoir quelques réserves initiales , en craignant le film trop personnel, intime , voir impudique . Comment parler de son mari, son conjoint dans un documentaire, tout en arrivant à intéresser le grand public .Mais le pari est gagné car Varda arrive à superposer le destin de Jacquot aux événements historiques de la France de l’époque : avant-guerre , occupation , libération, tous superbement décrits ,et aussi les émois d’un jeune homme et sa confrontation à la pré- adolescence , puis l’adolescence ,et cela devient universel , car on peut tous s’y retrouver. Finalement le personnage de Jacquot, s’efface devant l’histoire générale mais aussi la psychologie intime de tout individu. Beaucoup d’analyses très fines de Varda, anti- conformistes, et sincèrement libertaires (dans les relations de couple, sur sa mère, sur le rapport aux filles) . Et bien sûr l’amour du cinéma de Jacquot qui est très bien décrit, cette passion née très tôt, sa première tentative en animation type « cartoon » américain puis une certaine chance de rencontrer les bonnes personnes au bon moment qui lui permette de monter sur Paris et vivre sa passion. Des moments très émouvants ou Varda filme son mari , en fin de vie , vieillissant qui évoque lui-même, hors fiction, les moments forts de sa vie.
TTNOUGAT

699 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 avril 2019
C’est un document souvenir pour la famille ou les amis de Jacques Demy projeté idéalement lors de son dernier anniversaire, ce qui n’a surement pas été le cas mais, il me paraît bon de le concevoir ainsi. On peut bien sur étendre son objet à tous ceux qui aiment ce cinéaste français que je considère comme faisant parti du lot des plus grands. Jacquot de Nantes est formidablement bien fait avec un montage extraordinaire. Il faut dire qu’il y avait de la matière pour cela. La présence de Jacques Demy s'explique sans doute par la crainte de le voir disparaitre. L’émotion dégagée par ce document est permanente pour ceux qui aiment ce réalisateur, elle est due aux extraits bien connus montrant des personnages disparus ou vieillissants et à l’affection sans failles que l’on ressent chez la personne qui tient la caméra, en l’occurrence son épouse.
C’est une réussite totale puisque, en plus du bonheur qu'il apporte, nous pouvons tous en tirer des leçons de cinéma et découvrir que ce genre de film est faisable par tous avec du temps, de la volonté et de l’amour. Il ne pourrait certes pas être aussi réussi mais il existerait
Agnes L.
Agnes L.

229 abonnés 2 010 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 13 décembre 2023
Ou la naissance d'une passion pour le cinéma. C'est ainsi qu'aurait pu s'appeler ce film puisqu'il est centré sur cette fascination de Jacques Demy pour l'image en mouvement. Agnès Varda réalise un beau film sur quelques années de l'enfance et l'adolescence de son mari, les années les plus significatives de sa vocation précoce. La mise en correspondance de l'histoire personnelle en noir et blanc et de la filmographie de Demy en couleur est une belle idée qui montre la genèse d'une œuvre. Les jeunes acteurs arrivent parfaitement à nous propulser à cette époque où, même s'il y a l'occupation, ce n'est jamais la misère puisque les enfants partent se réfugier à la campagne quand il y a danger en ville.
Cadreum
Cadreum

58 abonnés 775 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 24 septembre 2025
Qui est le film ?
Jacquot de Nantes paraît en 1991, au moment où son compagnon Jacques Demy est gravement malade et mourra peu après la fin du tournage. Le film se situe donc à la croisée de l’intime et du patrimonial : il s’agit à la fois d’un geste amoureux, d’une tentative de sauvegarde, et d’une réflexion sur l’origine d’une vocation cinématographique. En surface, le récit raconte l’enfance et l’adolescence de Demy, ses premiers bricolages d’apprenti cinéaste, ses émerveillements de spectateur. Mais Varda ne veut pas « raconter la vie » de Demy, elle veut comprendre comment naît un regard, comment un style se forge au contact des lieux, des objets, des gestes.

Que cherche-t-il à dire ?
Le film interroge la possibilité même de restituer la genèse d’un artiste. Varda cherche à dire que le cinéma est une matière concrète faite d’expériences accumulées, d’objets manipulés, de gestes répétés. La tension du film se situe entre le désir affectif de garder trace de Demy et l’exigence critique de montrer les conditions matérielles de sa formation.

Par quels moyens ?
Le montage multiplie les strates : photos de famille, extraits de films de Demy, témoignages de proches, gestes filmés en gros plan. Cette polyphonie construit un récit discontinu qui mime le travail de la mémoire. Chaque fragment n’éclaire pas « tout » mais apporte une nuance, un angle, une matière. L’effet est de produire une biographie en mosaïque, où l’on sent la main de Varda préférer la couture des morceaux à l’illusion d’un tissu intact.

Les gestes occupent une place centrale. L’enfant qui découpe du papier, colle des images, construit un carrousel miniature : ces actions concrètes deviennent le terreau du futur cinéma. Varda filme les mains comme des instruments de pensée. On comprend alors que le style de Demy n’est pas un mystère tombé du ciel mais le prolongement de gestes répétés, de bricolages enfantins. Ce lien causal entre le jeu et l’art donne au film une puissance pédagogique : il montre que toute esthétique est enracinée dans une pratique.

Formellement, Varda adopte par moments la palette de Demy (couleurs éclatantes, cadrages théâtralisés) avant de s’en détacher pour montrer les coulisses. Ce va-et-vient est décisif : il permet d’honorer la singularité d’un cinéma sans s’y dissoudre, tout en rappelant que l’hommage doit aussi être critique. L’artificialité des reconstitutions, loin d’être une faiblesse, agit comme garde-fou contre la nostalgie. Elle oblige le spectateur à rester conscient de l’écart entre ce qui fut et ce qui est montré.

Le lieu, Nantes, devient un personnage. Les quais, les maisons, les fêtes populaires ne sont pas de simples arrière-plans mais des matrices de sens. Varda montre comment un territoire façonne une manière de voir, comment l’expérience d’une ville industrielle et maritime infuse les couleurs, les mélodies et les chorégraphies de Demy.

Le film est traversé par une tension éthique : filmer l’homme qu’on aime au seuil de la mort. Varda ne cède ni à l’hagiographie ni au pathos. Elle choisit ce qu’on pourrait appeler une posture d’« amour critique » : montrer les tâtonnements, les maladresses, autant que les émerveillements. Le portrait gagne en justesse parce qu’il n’évacue pas la part d’ombre ou de ratage. L’admiration est palpable, mais jamais béate.

Où me situer ?
Ce qui m’impressionne dans Jacquot de Nantes, c’est la manière dont Varda transforme une nécessité intime en réflexion universelle sur le cinéma. J’admire l’honnêteté du dispositif, qui ne masque pas la trahison inhérente à toute reconstitution mais en fait une force. Je reste parfois pris entre deux affects : l’émotion face à la tendresse palpable et la distance critique imposée par les artifices visibles.

Quelle lecture en tirer ?
Jacquot de Nantes n’est pas seulement un portrait d’artiste ni un hommage conjugal. Varda montre que toute œuvre est un héritage de pratiques enfantines, de conditions sociales, de milieux partagés. Elle propose une méthode pour regarder : chercher les gestes premiers, accepter les artifices. Dans une époque où l’on tend à figer les figures artistiques en monuments, le film rappelle qu’honorer, c’est aussi ouvrir, prolonger, mettre à disposition. Ce n’est pas un mausolée, c’est un atelier.
Freaks101
Freaks101

174 abonnés 619 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 3 juillet 2012
J’avoue en pas être fan de l’univers très kitsch de Jacques Demy, ni bien connaître le cinéma d’Agnès Varda. Mais cette évocation de l’enfance du réalisateur m’a touchée, puisque le vrai sujet est ailleurs. A travers le portrait du jeune Demy, obsédé uniquement par deux choses : voir des films et en faire, Varda parle avant tout de la passion pour le cinéma. On constate d’abord qu’elle n’est pas si différente de celle d’aujourd’hui, ce sont juste les supports qui se sont multipliés, mais Demy débattait déjà des acteurs et de la mise en scène avec ses potes, tout en bricolant des petits films amateurs dans son grenier. Cela ne pourra que toucher les cinéphiles.
Patjob
Patjob

43 abonnés 755 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 24 décembre 2023
C’est une belle expression d’amour que Agnès Varda livre avec ce film, terminé peu avant le décès attendu (atteint du sida) de Jacques Demy. Elle met en images les souvenirs d’enfance, puis d’adolescence de son mari, issus de ses écrits et de ce qu’il a pu lui raconter, et l’éveil de sa passion pour le cinéma. La grande originalité du film est la mise en correspondance de ces souvenirs d’enfance et de scènes extraites de différents films que Jacques a réalisés, ce qui le rend d’un d’intérêt constant (plus encore pour qui connaît un peu les films en question). Cela fourmille aussi de bonnes idées, tout en étant ponctué de plans caressant le corps du bientôt disparu. Et a une odeur de confidences intimes et sincères.
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