Par ses réfèrences appuyées à trois masterpieces incontournables du cinéma (sunset bvd ,vertigo et citizen kane) , l'auteur nous indique qu'il livre un film catalogue: le cinéma est l art du montage , il nous montrera donc une vie montée, et cela sans axe principal de narration, puisque ni l enfance , ni la vieillesse, ni l age adulte, ni la mort elle même n est privilégiée par rapport aux autres, fait rarissime et peut etre unique dans l histoire, mais je ne m avancerai pas. De plus c est l histoire de quelqu'un a qui il n 'est rien arrivé , on sera donc dans la représentaion, mieux dans la projection, donc bien au cinéma. Le pays lui même n a pas de réelle identification et encore moins l époque: c est une vie révée , magnifiée par une voiture rouge que l on voudrait de la taille de celle du petit voisin ou par une chanson de Trenet Film remarquable par son invention ,son rythme et son intelligence.
C'est gentil. L'histoire pourrait être interressante qi on avait pas l'impression dès les première minute de tomber dans un concentré de niaiserie enfantine. Bien sûr, qui n'a pas eu la même idée que le personnage...Mais son côté pathologique brise la poésie.
Premier film d'un cinéaste de 32 ans qui sera également lauteur, en 1996, du très beau Huitième Jour, avec Daniel Auteuil et P. Duquenne, le jeune trisomique qui joue également le frère de Toto. Film émouvant et troublant avec plein de symboles (leau, le feu ). Imaginaire puissant, fantasmé, noir, sur les douleurs de lenfance, très bien mis en scène. Thomas, un vieil homme en maison de retraite, est persuadé depuis sa petite enfance, quil a été échangé, à sa naissance, suite à un incendie dans la maternité, avec Alfred, le fils des voisins. Cest lui qui lui a « volé » sa vie. Ce point de départ, qui a aussi donné des comédies hilarantes (La Vie est un long fleuve tranquille, dAntoine Chatillez), sert ici de prétexte pour raconter une vie déchecs qui condamnent son héros au malheur. Avec des allers-retours permanents et très réussis, entre lenfance, lâge adulte, et la vieillesse, on assiste à la disparition du père (à cause, indirectement, du voisin) puis de la sur (adorée, incestueuse ), puis de la mère. Thomas va même rater son histoire damour avec la femme dAlfred, réincarnation troublante de la sur. Il finira par se faire tuer au lieu et place dAlfred, conclusion logique, de cet « échange de vie », de ce délire permanent de substitution où les fantômes du passé viennent croiser ceux du présent, entre réalité et hallucination, entre lucidité et folie.
Ne ratez pas ce film. Il y a beaucoup de bon films mais les films qui apportent quelque chose de neuf ne sont pas légions. Toto le héros est un de ceux-ci. A la fois original, inventif, émouvant et drôle il est de ces films qu'ont oublie pas. Outre la réalisation magnifique de Jaco Van Dormael (pourquoi n'a t'il fait que 2 films ?) l'interprétation est magnifique.