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Patjob
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4,0
Publiée le 2 mars 2024
Visconti orchestre la rencontre de deux milieux. Celui des classes populaires, ici celles de la banlieue Romaine, qu’il aime et estime, et dont il se sent solidaire. Celui du cinéma, ou plutôt ici des affairistes du cinéma. L’intrigue se déroulera sur le canevas de la fascination qu’exerce le second sur le premier, et sur l’illusion qu’il lui offre de pouvoir réussir et s’en sortir. Cette fable, moderne en 1951, fait alterner le ton de la comédie et celui du drame, en ménageant des forts moments d’émotion. Les dernières scènes, simples et belles, vraie leçon de vie, sont à cet égard mémorables. Donnant de la force à toute l’œuvre, la grande Anna Magnani campe le personnage central de façon inoubliable.
Tout le charme du cinéma italien dans cette comédie grinçante emmenée tambour battant par une Anna Magnani survoltée. Des scènes mémorables (piqûre, sélections, danse, coiffeur, drague...) et d’autres plus sévères qui écorchent le Cinéma et son prestige. J’ai bien aimé l’humour de la scène finale : « Je vous ramène en Lambretta. »
Une mère veut faire de sa fille une star à Cinecittà. Tout en dénonçant le monde du cinéma comme miroir aux alouettes et seule échappatoire à la misère pour les gens modestes, Visconti signe un émouvant portrait de femme interprétée par la géniale Anna Magnani. Mais le scénario n'est pas assez passionnant pour en faire un grand film.
Un film assez étonnant de Visconti, dans une veine néo-réaliste mais surtout sorte de fable critique du milieu du cinéma et des studios de Cinecitta , au sortir de la 2eme guerre, post- Mussolinienne . Une situation sociale très dure, fait qu’une mère de famille de milieu populaire décide d’inscrire sa petite fille de 6 ans à un concours du studio ,lancé par un grand metteur en scène italien pour trouver une nouvelle Shirley Temple.La réussite de ce projet deviendra obsessionnel. Ce sera un vrai parcours du combattant, car des milliers de candidates se présentent . Auditions multiples, corruption du milieu du cinéma, concurrence féroce et déloyale. Critique assez féroce de Visconti , surprenante, puisqu’il doit lui-même profiter de ce système et que son propre film est tourné en grande partie à Cinécitta. De beaux moments de cinéma, comme ces scènes d’audition, ou de projection privée, qui tournent au grand carnaval burlesque. La plus belle scène est tournée en décor naturel, champêtre au bord de l’eau, il s’agit de séduction où Anna Magnani est courtisé par un jeune bellâtre intriguant , petit intermédiaire du cinéma, un peu escroc. Un jeu tout en finesse et délicatesse. Par contre le reste du temps Magnani est souvent en sur-jeu, elle force le trait, avec une théâtralité excessive, ce qui est un peu gênant et fait « daté » le film . Un jeu à l’ancienne de tragédienne.
Quand on est un grand fan de Visconti, on doit accepter que tous ses films ne sont pas des chefs-d'œuvre. Le contraste est néanmoins saisissant pour cette joyeuse comédie néo-réaliste et ses autres films de la même période (La terre tremble ou Senso!). On devine derrière la pression du producteur, et la volonté assumée par le réalisateur de proposer un "woman show" intégral de la Magnani, dans cette surprenante et tonitruante comédie, gentiment caustique envers le monde de Cinecittà. On s'attend un instant que la Magnani se calme en toute fin- elle joue superbement la Romaine extravertie, inconséquente, tragique, mais forte face aux hommes-, et que son personnage s'aperçoive du miroir aux alouettes qu'est le cinéma pour les prétendants acteurs, mais le virus est fort, et elle repart voir, deviner qui? Burt Lancaster! Dix ans avant le Guépard! On sourit bien volontiers devant cette exagération permanente d'une logorrhée inarrêtable bien sûr, mais on reviendra vite aux valeurs sures du Luchino des grands jours. Cinéma copie rénovée - mars 24
Film assez abominable: les acteurs ne savent pas parler, ils ne font que crier. Les images et les plans sont magnifiques mais gâchés par cette cacophonie sans nom. J'ai réussi à rester jusqu'à la fin, qui est très belle.
On oublie peut être un peu trop vite que Visconti n’est pas seulement le peintre des affres, des états d’âme et de la trajectoire déclinante de l’aristocratie dont il est issue. Proche de la mouvance communiste , il s’attacha dans la première partie de son œuvre à faire le portrait du petit peuple italien entremêlant théâtralité et réalisme social. Avec Bellissima La Magnani , bouleversant personnage volontariste , synthétise à elle seule toute l’ambition et l’esthétique du projet viscontien.
En 1951, Visconti remettait le cinéma en question, un geste impitoyable six petites années après la fin d'une guerre que le média avait beaucoup contribué à faire oublier dans une Italie remplie de culpabilité. Difficile d'imaginer que Bellissima pouvait véritablement distraire à l'époque (sinon les spectateurs les moins politisés), mais pour une fois la verbosité braillarde de Cinecittà se révèle entièrement à propos quand elle vient d'une Anna Magnani en mère paradoxale.
Prête à soulever des montagnes pour que sa fille devienne actrice, elle pourrait tout raser sur son chemin mais se soumet volontairement au système. Pour quoi, au final ? Assurer l'avenir de son enfant ? On dirait plutôt qu'elle la jette dans la gueule du loup. En vérité, en dépit de son abnégation et de son amour pour sa fille, elle n'est plus une mère : elle fait tout pour elle-même, pour sa propre fierté et afin de réparer la misère de sa propre vie. Elle veut que sa fille soit une star pour être une mère de star.
L'enfant, traînée dans une foule d'adultes dont elle ne comprend rien des préoccupations, est objectifiée, ce qui est d'autant plus beau à voir que Visconti ne cessera jamais de considérer la jeune actrice comme telle, non comme une chose (même si son interprétation est sous-utilisée, mais c'est l'époque qui veut ça).
Le moment du lâcher-prise de la mère survient lorsqu'elle dit non au cinéma, or c'est seulement à cet instant qu'elle résout ses paradoxes et se met à agir réellement pour le bien de sa fille. Un choix fort qui confirme à quel point Bellissima est fondamentalement anti-Cinecittà, et qui n'aurait pas pu trouver mieux que la géniale anti-actrice pour le faire comprendre.
Dès la réalisation de son premier long-métrage, Les amants diaboliques (1943), Luchino Visconti souhaitait travailler avec Anna Magnani. L’actrice alors enceinte avait décliné la proposition. C’est ainsi que Bellissima, troisième film du cinéaste réalisé en 1951, marque la première collaboration entre le réalisateur et une actrice devenue entre-temps le symbole du néoréalisme italien depuis Rome, ville ouverte (1945) de Roberto Rossellini. Critique complète sur incineveritasblog.wordpress.com/lumiere2023/#B
Magnifique Anna Magnani, superbement filmée par Visconti dans la Rome de l'immédiat après-guerre et la pauvreté populaire. De bien belles images, même si les dialogues sont un peu trop "criard"
Superbe. Excellente restauration du film. Quel plaisir de retrouver du grand cinéma italien comme on n'en voit plus beaucoup. Même si les situations sont parfois un peu caricaturales, Visconti et Anna Magnani réussissent toujours à nous emmener où ils veulent.
Ce film est une réussite parfaite, une photocopie de l'Italie d'après-guerre. Il ne faut absolument pas rater de voir ce film qui est une grande leçon de vie et d'amour. Je me répète : UN CHEF-D'OEUVRE UNIQUE et très, très précieux ! Recommandez-le à votre tour. Anna Magnani est éblouissante.
J'ai regardé ce film pour Anna Magnani, mais au-delà de la bonne idée du scénario, c'est abominable de hurlements incessants, surjoué, théâtral, une caricature de l'Italie !