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1,0
Publiée le 6 mai 2021
J'essaie de trouver quelque chose de positif dans La Sirène du Mississipi. Le mieux que je puisse faire est de dire que Truffaut voulait faire un film aussi fastidieux, douloureux, puéril, ennuyeux illogique et sans cervelle qui décrit l'expérience de l'amour. Si c'était son but alors il a réussi mais la solution à son exercice est vraiment une corvée à regarder. Il y a une scène qui mériterait une parodie quand Belmondo compare les traits du visage de Deneuve à ceux d'un paysage. Pendant tout ce temps je n'ai pensé qu'à un glacier ou une banquise et a deux pêcheurs solitaires portant des surplus de l'armée sur un lac gelé du Minnesota. Le seul autre point intéressant est la résurrection de la théorie du déterminisme climatique de Bouffon. Les tropiques sont présentés comme le paradis et les choses se dégradent progressivement à mesure qu'elles se refroidissent c'était plutôt assez drôle...
Le début a tout du mélo avant de virer vers un road-movie passionnel qu'on aimerait voir partir à la "Bonnie and Clyde" mais... On a par exemple bien du mal à comprendre cet homme, qui agit comme un fugitif alors qu'il ne l'est pas encore, on ne croit pas au suspense fantoche qui veut nous interroger sur la réelle personnalité de la femme alors que c'est plutôt flagrant ! À force de vouloir intégrer une multitudes de références et de clins d'oeil, Truffaut s'est une peu perdu, voir s'est pris les pieds dans le tapis. Par exemple il est indéniable qu'il a été influencé par "Sueurs Froides" de Hitchcock, et il termine son film en hommage au chef d'oeuvre "La Grande Illusion" de Jean Renoir. Truffaut signe donc un film qui n'est pas un thriller assumé tant le suspense n'est pas intéressant voir vain, le mélo en tient pas plus la route tant on ne croit jamais à la sincérité de la femme (Deneuve). Site : Selenie
La sirène c’est celle qui lui mange la vie. Elle est telle Carmen. Il l’a dans la peau et elle fait son malheur. L’aventure n’est qu’un drame à venir et Truffaut amène le suspense avec méthode
Adapté d'un roman de William Irish, un film noir passionnel, avec un scénario qui démarre bien avant de s’enliser avec pleins de rebondissements invraisemblables qu'on pardonnera surtout grâce à son duo de charme Belmondo/Deneuve.
D'abord dans le cadre superbe de La Réunion, une romance noire sur l'amour passionnel, largement inspiré de l'univers d'Hitchcock (Marnie, Soupçons, Vertigo). Pour autant, on n'y retrouve pas la précision au couteau et la puissance psychologique du maître. Le duo d'affiche fonctionne bien et le mystère du personnage de C. Deneuve est fascinant.
A partir d’un roman de l’Américain William Irish (lui même auteur de La mariée était en noir et de Fenêtre sur cour, excusez du peu !), François Truffaut a effectué cette adaptation. Si l’histoire n’est pas mal, j’ai trouvé des défauts : une réalisation moyenne, Catherine Deneuve pas crédible, musique franchement pas terrible. Sinon on voyage (Île de la Réunion, Côte d’Azur, Lyon, montagne) et l’ensemble se suit sans déplaisir. J’avais préféré, du même réalisateur, La mariée était en noir.
Pas mal. On suit le film avec une bonne curiosité même s'il y a quelques longueurs. On a du mal à croire qu'un type puisse être si naïf, peut-être trop fictif pour le suivre avec un intérêt plein. De jolis paysages et l'ancienne France lui donne tout son charme 3,5/5
Le réalisateur François Truffaut orchestre un délicieux mélange des genres, passant de la romance passionnée au film noir, le tout saupoudré d’humour et filmé dans de magnifiques paysages, de l’île de la Réunion au sud de la France. Brillant dans sa mise en scène « La Sirène du Mississipi » doit également beaucoup à son couple vedette, Catherine Deneuve et Jean-Paul Belmondo tous deux excellents dans cette histoire d’un amour passionnelle mais impossible.
Je dois avouer que je suis assez partagé envers ce film, réalisé par François Truffaut et sorti en 1969. D'un côté, j'ai aimé, notamment la première partie du film que je trouve superbe, autant sur le plan de l'écriture que de la mise en scène et puis, d'un autre côté, j'ai trouvé l'ensemble un peu mou ! Et notamment dû à une seconde partie (qui prend plus de temps d'écran que la première) que j'ai trouvé peu inspirée. Je n'ai d'ailleurs pas lu le roman éponyme de William Irish dont est tiré le film (que la majorité des spectateurs ont apparemment préféré) mais c'est en tout cas ici l'histoire d'un homme qui doit se marier avec une femme qu'il a rencontré par petites annonces. Mais la femme qui l'attend au port n'est pas celle représentée sur la photo qu'il a reçu. Un thriller qui est donc, dans la première partie très efficace puisqu'on se demande quelles sont les intentions de cette étrange femme dont on sait pertinemment qu'elle n'est pas celle qu'elle prétend être. L'ambiance est également très bonne, la chaleur moite de la Réunion se prête très bien à ce mariage frauduleux. Mariage frauduleux dont le mari n'est d'ailleurs pas totalement dupe mais est malgré tout tombé sous le charme de cette femme. Les personnages sont ainsi très bien écrits et puis s'essoufflent, au même rythme que l'intrigue, dans cette deuxième partie. Seconde partie, intrigante dans un premier temps puis assez vite lassante car elle a tout d'un film de cavale assez classique. Ce qui est très dommage car les personnages avaient pourtant du potentiel mais ils deviennent de plus en plus prévisibles, rendant alors l'histoire de moins en moins captivante. De plus, si Jean-Paul Belmondo montre qu'il peut sortir de ses rôles habituels pour incarner ici un homme transi d'amour et plutôt soumis au désir d'une femme ; Catherine Deneuve reste quant à elle plutôt apathique, ce qui correspond bien à son personnage de femme froide et manipulatrice mais donne quelques fois l'impression de manquer de relief. "La Sirène du Mississipi" n'est donc clairement pas le meilleur du réalisateur même s'il n'est malgré tout pas désagréable à regarder !
Si Alfred Hitchcock est aujourd’hui un cinéaste reconnu comme capital dans le monde entier, cette reconnaissance est en grande partie due au travail critique des futurs cinéastes de la Nouvelle Vague et notamment de François Truffaut (si on ne doit lire qu’un seul livre de cinéma dans sa vie, c’est bien le célèbre Hitchcock/Truffaut). Il n’est donc pas étonnant que plusieurs films de Truffaut portent l’influence du cinéaste anglais. La Sirène du Mississipi est de ceux-là. En effet, ce long-métrage est une pure fiction (arrivant après Baisers volés qui fait partie de la veine autobiographique du cinéaste) qui est tirée du roman Walk into darkness de William Irish paru en France sous le titre La Sirène du Mississippi (avec deux "p" en référence au fleuve américain alors que le film de Truffaut n’en comporte logiquement qu’un en référence au nom du bateau par lequel le personnage interprété par Catherine Deneuve arrive à la Réunion) et est empreinte de la culture cinéphilique de Truffaut en particulier de son amour pour les cinémas de Jean Renoir et d’Alfred Hitchcock. Le premier est cité explicitement à plusieurs reprises : le film s’ouvre sur une voix-off décrivant l’histoire de la Réunion en étant illustrée par des images de La Marseillaise même si ce qui est raconté n’a rien à voir avec la Révolution française puis apparaît un carton dédiant le film à Jean Renoir, Louis Mahé dit aller voir au cinéma Arizona Jim qui est personnage des romans qu’écrit le personnage principal du Crime de Monsieur Lange… Cependant, l’influence la plus flagrante est celle d’Alfred Hitchcock même si elle est plus discrète : univers du thriller, personnage principal féminin qui est une blonde élégante (même si elle est hôtesse de charme pendant un moment), cette dernière est frigide à un moment (comment ne pas penser à Pas de printemps pour Marnie), personnages en proie à cauchemars (La Maison du docteur Edwardes, Pas de printemps pour Marnie à nouveau…), voix-off pendant que Louis Mahé conduit (Psychose), boisson empoisonnée (Soupçons), chute de Comoli dans l’escalier (Psychose)… Cependant, comme toujours avec lui, Truffaut imprègne son film d’une influence plus large que ce soit dans ses citations (sont évoqués Les Hommes préfèrent les blondes, Johnny Guitare) ou dans ses techniques cinématographiques (les inserts à l’iris qui sont hérités du cinéma muet et qui sont parfois détourné en iris rectangulaire), fondus au noir… Cette totale maîtrise de la cinéphilie permet à François Truffaut d’offrir un film très plaisant qui utilise en plus, à la manière d’un Hitchcock, l’image cinématographique attachée à ses acteurs même dans des contre-emplois (même s’il joue un personnage longtemps victime, Jean-Paul Belmondo fait preuve de son talent pour les cascades dans le plan-séquence de 3 minutes où il escalade un immeuble). De plus, le film possède une des répliques les plus célèbres si ce n’est la plus célèbre de la carrière du cinéaste au point qu’il la réutilisera dans Le Dernier Métro ("C’est une joie et une souffrance"). Cependant, le film n’est pas exempt de tout défaut. Ainsi, l’étude psychologique des personnages n’est pas assez poussée. Ainsi, le passage du désir de vengeance de Louis envers Marion à celui de l’aider au point de devenir lui-même meurtrier est trop rapide pour être véritablement compréhensible. De même, la dernière partie du film (la fuite vers la Suisse et le suspense autour de l’empoisonnement) semble tirer le film en longueur et être assez inutile et une fois de plus est moyennement crédible d’un point de vue psychologique. De même, on est surpris de ne pas toujours comprendre distinctement ce que disent certains acteurs, et en particulier Catherine Deneuve, alors que cela n’a aucune justification artistique. À l’exception de ces aspects, La Sirène du Mississipi est une œuvre très divertissante à suivre tout en portant très clairement la marque de son cinéaste. Sûrement pas le meilleur Truffaut mais un très bon film quand même.
Un excellent Truffaut avec un Belmondo dans un contre-emploi d’une rare intelligence. Il joue la passion dévorante à merveille et Deneuve, tour à tour femme enfant, fatale, naïve, cruelle, désarmante est au sommet de sa beauté.
Film à la fois mystérieux, sombre et cruel, « La Sirène du Mississipi » s’impose comme l’une des plus belles réussites de Truffaut. Belmondo en homme solitaire, et Deneuve en femme fragile, sont criants de vérité. Truffaut filme chaque scène comme un moment unique et intime, et ses comédiens le lui rendent bien.
Mélangeant les genres et rendant hommage à Hitchcock ou encore à Renoir, le cinéaste enchaîne les plans avec brio sans ne jamais céder à la facilité. Débutant comme un film de suspense, le film gagne ensuite en profondeur et laisse part à un véritable drame psychologique.
Avec « La Mariée était en noir », Truffaut réalisait déjà une belle adaptation d’un roman de William Irish, mais avec « La Sirène du Mississipi » dont le charme et la beauté des images illuminent l’écran, il nous offre un chef-d’œuvre du cinéma français.
Entre la beauté de Catherine Deneuve et le charisme de Belmondo, on ne sait où regarder, un bon duo d'acteur. Une drôle d'histoire d'amour qui commence à la Réunion, Antibe, Aix en Provence , Lyon et Paris. Une sorte de Bonnie et clyde à la française. De bon dialogue et une réalisation assez sympa. Du François Truffaut. Passionnant, mystérieux, drôle et dramatique. Une poésie galvaudé.
Avec ce film, Truffaut semble concilier deux passions, celle pour Hitchcock à travers une intrigue remplie de faux-semblants, et celle pour les femmes avec une Catherine Deneuve parfaite en femme fatale au parcours sinueux. Il se montre parfaitement pour établir des rapports faits de désirs, d'abandon, de vengeance et de souffrance. Le couple dégage un parfum de mystère et d'alchimie qui fait le sel du film. Belmondo en contre-emploi total dans le rôle d'un homme emporté par son désir et les décors de la Réunion sont les autres atouts de ce thriller passionnel.
Truffaut s'y entend pour mettre en scène les amours impossibles, ici entre une Deneuve sobre et mystérieuse, et un Belmondo pour une fois fragile et manipulable, registre auquel il ne nous avait pas habitué mais qui lui va comme un gant. Dans le cadre paradisiaque de la Réunion comme dans la grisaille de la Métropole, les coups tordus se multiplient et sont joliment gérés, même si le scénario ne peut guère receler de secret. C'est essentiellement la finesse de jeu et les dialogues qui font l'intérêt du film.