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scorsesejunior54
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4,0
Publiée le 9 août 2007
Film atypique et puissant, brillamment mis en scène par le grand Michelangelo Antonioni, "L'Avventura" fit sensation à Cannes en 1960 la même année que "La Dolce Vita". Il est amusant de noter que les deux oeuvres sont diamétralement opposées et que l'inspiration du cinéaste puise dans différents courants mais aboutit pourtant à un résultat extrêmement personnel. Le réalisateur s'attache effectivement à construire ou plutôt déconstruire un long-métrage explorant les contraintes de l'amour tout en s'éloignant de toute trame classique possible et ce parfois à la limite de l'abstraction. Eliminant de façon similaire à Hitchcock (là encore en 1960) son héroïne au bout d'une demie-heure, il opte pour une sorte d'anti-polar vite transformé en un voyage initiatique des sentiments peuplant l'âme humaine. Les grands couloirs vides du château en sont l'explicite métaphore et l'on pourrait à la fois mettre en parallèle et distancier "L'Avventura" du néo-réalisme et plus particulièrement du fameux "Viaggio In Italia" de Rossellini. Le premier est l'anti-thèse du second, optant pour un crescendo du désespoir à l'inverse de son prédécesseur. L'un comme l'autre sont en tous les cas une plongée profonde et émouvante d'un couple entouré de l'Italie, elle-même peuplée par une histoire ancienne constamment exhibée. Monica Vitti, muse d'Antonioni est une fois de plus superbe, habitant littéralement l'oeuvre d'un bout à l'autre, d'une présence physique stupéfiante, jouant avec son corps et sa façon de le présenter avant son visage et sa voix. L'introspection va chercher loin, la solitude et l'humiliation étant les principaux thèmes récurrents d'un homme triste essayant d'évacuer ses sombres pensées à travers les travaux qu'il offrit au septième art. Le petit plus provient de sa technique irréprochable, à l'esthétique visuelle et notamment la photographie remarquable. On pourra toujours lui reprocher d'être nombriliste voire prétentieux, n'empêche que l'impact exercé est incontestable.
Hué lors de sa sortie à Cannes, "L'avventura" est devenu au fil du temps un chef-d'oeuvre, un classique du cinéma moderne tellement il était en avance sur son temps. Mise en scène et techniques impeccables, magnifique scénario, très bons acteurs (Inoubliable performance de Monica Vitti). A voir et à revoir.
Chef d'oeuvre réalisé par l'esthète Antonioni, qui réalise à la fois un travail de photographe (dans la partie sur l'île, il capte couchers de soleil, tourbillon dans les nuages, vent sur les falaises) et celui de peintre. Dès les premières scènes, l'héroïne se promène dans un musée. L'art influence ensuite les plans, hyper stylisés, et repris à Chirico. Le film, âpre et parfois ennuyant pour le spectateur qui le découvre, s'avère fascinant et envoûtant lors d'une deuxième vision. Antonioni parvient à créer une atmosphère magique lors de la première partie, sur l'île, puis à faire disparaître tel un illusioniste son héroïne.
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5,0
Publiée le 24 octobre 2019
Premier des trois chefs-d'œuvre sur cette trilogie de l'incommunicabilitè, rèalisès par l'immense Michelangelo Antonioni! Nouveau langage cinèmatographique par excellence, "L'avventura" est un pur joyau du cinèma italien. "La notte" (1961) et "L'eclisse" (1962) sont encore plus beaux! Disparition inexpliquèe et inexplicable du personnage incarnè par Lea Massari! Mais dans ce film, le cinèaste semble se dèsintèresser entièrement de cet èvènement qu'il met de côtè comme une simple mètaphore! Avec le lancement spectaculaire d'une actrice antonionienne : Monica Vitti! Dans le même temps, la technique a opèrè quelques exploits, ne provoquant aucune affluence aux guichets des salles de cinèma! Le public avait-il peur de retourner dans une salle obscure après le traumatisant "Psycho" de Sir Hitchcock ? Qu'importe, "L'avventura" est du très grand cinèma malgrè le scandale à Cannes! Tout y est parfait! La mise en scène, l'interprètation, le scènario, les extèrieurs (splendide 'île de Basiluzzo), la musique de Fusco! C'est un de ces films qu'on aimerait emporter sur une île dèserte pour qui sait, y croiser l'insaisissable Anna...
Malgré qu’il fut hué lors de sa première projection cannoise, le prix du jury prouve que certains cinéastes ont su reconnaître l’aspect visionnaire de L’avventura. La même année qu’Alfred Hitchcock surprit tout le monde en faisant tuer le personnage de Janet Leigt après une vingtaine de minutes dans Psychose, Antonioni faisait de la même façon disparaitre le personnage d’Anna, incarné par Léa Massari. Là aussi, la disparition de celle qui semblait être, dans le premier acte, le personnage central du film va réorienter le scénario vers une tout autre direction, en l’occurrence le développement de la relation passionnée que vont vivre le fiancé et la meilleur amie de cette fameuse Anna lors de leurs recherches, devenant une étude quasi-sociologique sur les mœurs italiennes. Le montage qui fait s’étirer à l’extrême certaines scènes n’a, lui non plus, pas su convaincre le public de l’époque et pourtant il nous fait davantage profiter de la beauté des décors, elle-même transcendée par les sublimes choix de cadrages fait par le réalisateur. Même si l'on n'est transporté par son histoire, on ne peut pas nier que L'avventura est une date importante dans l'évolution de la grammaire cinématographique telle qu'on la connait aujourd'hui.
Oeuvre fondatrice du cinéma transalpin moderne avec "la Dolce Vita","l'Avventura",sorti la même année(1960)proposait de bouleverser les codes cinématographiques connus.Une croisière de riches Romains oisifs autour des îles méditerannéennes.La disparition de la jeune héritière désabusée.Les recherches de son fiancé et de sa meilleure amie.Puis l'histoire naissante entre ces 2 derniers,dont le sentiment de culpabilité s'éteint à mesure que le temps avançe.Le film fit en tolé au festival de Cannes à l'époque.Pourquoi ne jamais expliquer ce qui arrive à Anna?Pourquoi refuser toute dramaturgie?Pourquoi étendre chaque scène au-delà du raisonnable?Michelangelo Antonioni n'avait aucunement envie de brosser le spectateur dans le sens du poil.Encore aujourd'hui,son drame-vérité reste régulièrement incompris.Mais cet aspect rugueux,qui demande une grande ouverture d'esprit et une grande patience,le film en dit très long sur les moeurs de la société italienne aisée des années 60.Désèchement des relations humaines,agissements par dépit,désoeuvrement et égoïsme indécent,pessimisme vis à vis de la sincérité du couple.Seules les femmes échappent à la dépression d'Antonioni(le pardon de Monica Vitti sur le parvis de l'église).La mise en scène est superbement maîtrisée,avec des cadrages évocateurs,sans pour autant faire oublier les innombrables longueurs.
Le charme absolu de la sublime Monica Vitti, les images très esthétiques en noir et blanc, une histoire pleine de mystère et de passion. Autrement dit, un envoûtement de tous les instants... "L'avventura" est sans doute LE chef d'oeuvre de Michelangelo Antonioni. Un film inoubliable...
Malgré les très bonnes critiques qu'a acquis petit à petit ce film, réalisé par Michelangelo Antonioni et sorti en 1960, je fais parti des spectateurs qui n'ont absolument pas accrochés ! En même temps, il faut dire que j'ai toujours le même problème face à un film de ce réalisateur, j'adore le concept, la réalisation, la photographie, l'idée mais je n'arrive pas à pleinement rentrer dedans. Et je pense que c'est (pour l'instant en tout cas) celui où j'ai été le plus hermétique. C'est donc l'histoire de Anna qui disparaît, sa meilleure amie et son amant vont tenter de la retrouver mais en idylle amoureuse nait entre eux. Bon, alors il ne faut pas vraiment se formaliser sur le synopsis car il est valable pour le début et la fin qui restent assez cohérents sur ce plan mais le milieu du film correspond à tout autre chose. Alors certes, on y traite de la passion amoureuse mais j'ai l'impression que la narration se perds dans des scènes sans importance qui ne font que ralentir le film (et pourtant, on sait que dans les films d'Antonioni, ce n'est pas franchement le rythme qui y est le meilleur), ce qui est très dommage car on finit par complètement décrocher. Au départ, je m'étais dit que j'allais m'habituer à ce genre de narration et elle n'est d'ailleurs en soi pas si mauvaise que cela, le film possède même beaucoup de qualités mais c'est juste que ce n'est pas du tout mon style et que, par conséquent, je ne suis jamais vraiment arrivé à rentrer dedans. D'ailleurs, pour être honnête, je n'ai vraiment été attentif qu'au début et à la fin, le milieu n'étant, pour moi, qu'un fouillis d'idées non cohérentes les unes aux autres. Alors, oui, même si c'est ce public qui se fait huer aujourd'hui, je le comprends un peu lors de la première projection du film à Cannes car c'est un style auquel il faut vraiment adhérer. Je n'ai non plus aucuns problèmes avec les acteurs qui sont très bons. "L'Avventura" est donc un film très particulier auquel je n'accroche pas vraiment malgré ses bonnes idées.
Quel est le message du film ? Je n'en ai résolument aucune idée. On a essayé de me raconter une histoire qui n'a rien à raconter. Le synopsis est simple : Imaginez un film où une personne disparaît mystérieusement, laissant son époux et sa tendre amie dans le doute. Pas mal non ? Maintenant, imaginez qu'en fait, tout le monde se fiche éperdument de sa disparition. Vraiment tout le monde. Dès le lendemain, chacun refait sa vie. On assiste à un film pas désagréable à regarder, et c'est bien le problème car je n'ai pas passé un mauvais moment, j'ai juste regardé du vide. Pendant deux heures. Les personnages sont fades, sans émotions, l'histoire n'avance pas... C'est sûrement le but recherché par le réalisateur mais je n'en comprends pas l'intérêt.
Sorte de polar à l’envers, un film étonnant mais un peu froid qui marque une rupture brutale dans les conventions du récit cinématographique en mettant en avant les états d’âme des personnages plutôt que la resolution de l’action, à travers l’errance existentielle et mélancolique d’un couple à la recherche d’une femme disparue…Avec la sublime Monica Vitti. 3,25
Typiquement la variante de la Nouvelle Vague Française en Italie. Antonioni a repris de cette tendance un rythme proche du néant, d'un jeu d'acteur au minimum et d'un objectif cinématographique insaisissable. Si l'on sera toujours d'accord pour le choix judicieux des plans chez le réalisateur, on ne peut que regretter d'avoir de sa part détruit en majeure partie une histoire qui avait du potentiel, bien qu'elle dure assez longtemps et qu'elle parte dans une autre direction ensuite. Antonioni profite de l'occasion pour filmer de beaux paysages maritimes ( pourquoi, justement, ne pas avoir pris de la pellicule couleur ? ), mais sur le plan de la narration, c'est un désastre : trop de longueurs, des séquences pauvres, des interprétations décevantes voire agacantes ( la langue italienne parlée au cinéma passe très mal car pas naturelle ) sauf celle de l'amie de l'héritière, un glamour ridicule, pour qu'on dise qu'Antonioni a inventé un nouveau langage. Propre à lui, en tout cas, et pas universel. L'intrigue de la disparition de l'héritière était intéressante mais la seconde partie peine à reprendre la compagnie du spectateur et éloignée de l'intrigue principale, qui deviendra interminable. Le film aurait du au final durer une heure trente, s'il n'avait pas été réalisé par un réalisateur fortiche dans la narration soporifique.
Comment peut-on être aussi peu synthétique sur des thématiques aussi pauvres ? S'intéressant plus à ses décors qu'à ses personnages Antonioni réalise un joli film plein de belles images mais terriblement ennuyeux.
Archétype de ce cinéma bavard qui ne raconte rien, ou il n'y a rien sur l'écran, ou on s'enquiquine du début a la fin, porté aux nues par l'intelligentsia. Une assez bonne explication a la disparition du cinéma italien par la négation du cinéma populaire. 800 000 spectateurs en France, l'année ou "la vache et le prisonnier" faisait 5 000 000. Ce cinéma, basé sur le "filmage" d'acteurs qui ont juste à dire le texte dans un décor improbable et ou toute l'action est dans le dialogue, ne représente pas ce qu'on appelle le cinéma, qui doit être et rester un spectacle.
Certes la photographie et les paysages sont magnifiques mais est-ce suffisant pour rassasier l'oeil pendant la durée du film? Le film est une comédie sentimentale qui fait le constat que l'être ne peut s'épanouir dans l'étau de la fidélité absolue et éternelle. Il ne fait pas pour autant l'impasse sur l'insécurité affective qui en découle. Il pourra sembler bien difficile d'accrocher au film même s'il donne des idées de vacances.