Près de dix ans avant de se faire connaitre du grand public (après quoi il ne signa pas pour autant d’autres films notables), le canadien Ted Kotcheff est parti, avec l’appui d’une équipe technique américaine, en Australie tourné une peinture particulièrement dérangeante du mode de vie sauvage dans le bush. En prenant comme fil narratif les vacances que prend un instituteur, propre sur lui, dans un village reculé et les suites de sa rencontre avec des autochtones bien moins civilisés, la narration s'assure un pouvoir immersif très fort même cette construction impose un démarrage laborieux. Sous l’effet d’une surconsommation de bières, le personnage accompagne ses nouveaux amis dans une spirale de violence –sur de pauvres kangourous comme sur des femmes– que la mise en scène aide à rendre terriblement cauchemardesque. A la tête de ses individus détestables, Donald Pleansence livre une prestation remarquable qui confirme l’étendue de son talent. Le réalisme que les spectateurs australiens ont accordé à Réveil dans la terreur est ce qui en fait un long-métrage dont le titre annonciateur d’épouvante est mérité.