Un film ambitieux dont il convient de retenir au moins trois choses, l'excellente prestation d'Alain Delon, la reconstitution d'époque réalisée avec un soucis des détails qui force le respect (et tant pis pour les cuistres de Wikipédia qui ne savent pas faire la différence entre reconstitution d'époque et reconstitution historique ), et puis il y a le dernier quart d'heure, glaçant, l'horreur étant concise dans quelques images terrifiantes. Cela dit le film a aussi ses défauts : Si la plupart des acteurs font le boulot on notera la très mauvaise prestation de Moreau et son dialogue raté avec Delon. Les dialogues ne sont d'ailleurs pas le point fort du film, souvent trop écrits, trop théâtraux. Le film est lent, sans véritable rythme, les plans sont étirés, on se demande parfois l'utilité de certaines scènes… et surtout cette quête manque de clarté narrative, encombrée d'ellipses et de facilités de scénario (le pompon étant atteint avec la scène du train pour Marseille). On peut aussi s'interroger sur la bizarrerie de la musique,.
La mise en scène est très soignée, et l'interprétation impeccable. Tant que le scénario reste structuré, "Monsieur Klein" réserve quelques scènes fortes (l'ouverture chez le "médecin, la pièce de théâtre, les répétitions de la rafale) , et d'autres séquences intrigantes flirtant joliment avec le fantastique (le château). Mais à vouloir mélanger trop de genres et d'idées (antisémitisme, trouble de la personnalité, culpabilité), le spectateur se noie un peu et saisit difficilement le sens du film.
Dans la période trouble et douloureuse de l'occupation, nous suivons l'histoire d'un homme, qui va petit à petit perdre son innocence et sa naïveté. Dans cette quête identitaire, Alain Delon joue juste, et trouve l'un de ses meilleurs rôles.
En 1942, Robert Klein est un marchand d'art parisien, qui rachète sans état d'âme des œuvres d'art à bas prix, auprès de Juifs en fuite. Tout lui sourit, jusqu'au jour où il se découvre un homonyme potentiellement juif, qui tenterait de lui faire endosser son identité. Le début d'une enquête aussi mystérieuse que sinistre... "Monsieur Klein" est un glaçant portrait de l'Occupation, presque clinique, à l'image de son introduction pseudo-médicale. Dénonçant l'anti-sémitisme, et la collaboration active ou passive, le film présente surtout une machination presque kafkaïenne qui traduit l'implacabilité du régime de Vichy (les Allemands étant très peu représentés ici). L'ironie étant que le protagoniste attire l'attention des autorités et déclenche son propre piège, en voulant justement dénoncer une usurpation d'identité ! L'intrigue évoluera en scènes étranges et froides, où le protagoniste, campé par un Alain Delon sensible et sobre, tente de savoir qui est ce double. Il en deviendra tellement obsédé qu'il finira par adopter certains de ses comportements, dans un scénario qui relèverait presque du fantastique (certains passages ne sont pas sans évoquer "The Man Who Haunted Himself]"). La mise en scène hivernale de Joseph Losey convient bien à cette ambiance glaciale, bien qu'elle soit historiquement incorrecte (la rafle du Vél d'Hiv, ici fortement suggérée, s'est déroulée en réalité en plein été). Mais peu importe tant elle sert le propos du film, et renvoie à une époque où le pire de l'Humanité semblait pouvoir ressortir, et paradoxalement réveiller certaines consciences endormies.
Un film ennuyeux pour être aussi connu et culte qu'il ne l'ai . En effet il se passe rien de bien intéressant et meme'l'écrire du film n'arrive pas à nous faire rester concentrer ainsi que de nous donner envie de regarder jusqu à la fin ce film . Alain Delon interprète avec beaucoup de sobriété ce héros ordinaire, sans pour autant transcender le rôle. Il est fort dommage également que les autres personnages ne soient guère intéressants et vite oubliés. Malgré tout la reconstitution est très soignée avec des extérieurs restituant à merveille ces temps que l’on ne veut plus connaître. Ajoutez une bonne rasade d'austérité vous obtenez au final un film mineur vers lequel il est dispensable d'aller creuser. On s'ennuie beaucoup passez votre chemin si vous souhaitez rendre hommage a delon avec ce film .
Diffusé hier soir à la télévision par curiosité et comme Delon vient de décéder,j'ai regardé.Pas emballé même avec le césar 1977 du meilleur film.C'est austère,confus voire labyrinthique et même ennuyeux dans certains moments.Il n'y a que la scène finale que j'ai trouvé touchante le reste m'a laissé plutôt de marbre!
Je viens de voir ce film et je reste dubitatif, un chef d'oeuvre? Certainement pas, même si on parle d'un sujet grave, il ne suffit pas de traiter d'un sujet grave pour en faire un grand film ! Moi je me suis sincèrement ennuyé, et il faut être un peu atteint du bocal pour se précipiter dans les bras des nazis et monter presque volontairement dans un train qui vous emmène vers l'enfer, même pour une quête d'identité. Et puis ce manque de dialogue permanent, on dirait aussi, que pour faire un soi-disant super scénario, il faut que l'acteur principal en disent le moins possible, certainement pour faire travailler le cerveau de celui qui regarde le film. Pour moi largement surestimé, une étoile et pas plus.
Un film qui a très bien vieillit et qui garde toute sa complexité, sa subtilité et sa richesse. La réalisation est très classique, un peu trop académique, mais les plans sont bien cadrés, rigoureux, à l’ancienne, quelques beaux mouvements de caméra. Mais c’est surtout le scénario, original commencé par Costa Gravas et finit par Franco Solinas, qui est très bon. On est à mi-chemin ,entre Kafka, le Carré et A. Christie. Une toile d’araignée infernale se tisse autour du M.Klein/Delon, de ses fils et des pièges sont tendus , on ne comprend pas tout de suite , des leurres nous sont offerts, très belle scène surréaliste dans le château d’Esclimont, avec Jeanne Moreau ( sublime) et tout un groupe d’aristocrates déchus . Toute cette époque de la collaboration et de la délation, bien montrée, mais en finesse, en subtilité, en montrant par exemple simplement un cabaret de Montmartre collaborationniste, avec un juif grimé, et des travestis exploités, et le public collaborateur, qui rigole bien sur une musique des leads de Malher. Le film est dense et aborde en profondeur le thème de l’occupation, ( à noter pratiquement pas de présence des allemands /nazis) de l’identité , de la perte de son image ( très beau plan dans une brasserie parisienne où Alain Delon se voit en double dans un miroir . On a le plaisir de retrouver Juliette Berto , un peu oubliée aujourd’hui, et M. Lonsdale ; formidable de classe. Mais bien sûr le must est Alain Delon qui trouve un rôle sur mesure à sa hauteur : impeccable : dominateur, puis inquiet, puis angoissé et fuyant, de belles sensations jouées, quel acteur énorme , monstre sacré, chapeau l’artiste.
Une quête sur l'identité qui tourne à la descente aux enfers, malheureusement surlignée au marqueur fluo. Moreau est abominable (à noter que pas kafkaïenne pour un sou elle est aussi à l'affiche du "Procès" d'Orson Welles). La prestation de Delon mouais : un peu vite fait portée aux nues. Ajoutez une bonne rasade d'austérité vous obtenez au final un film mineur vers lequel il est dispensable d'aller creuser.
Un film complexe qui torture l’esprit du héros autant que les méninges du spectateurs. Un homme qui enquête en vérité sur sa propre vie et voit les tenailles se refermer sur son propre sort. Énigmatique mais fascinant.
Un classique qui aborde le thème de la dénonciation des juifs durant la seconde guerre mondiale mais sous un prisme différent qui permet d'apporter de la nouveauté et un vrai intérêt.
Clairement un des meilleurs films d'Alain Delon et du réalisateur Joseph Losey, à la vie professionnelle mouvementée (exilé volontaire de son propre pays les USA à cause de ses idées politiques orientées à la gauche communiste et de son inscription sur la sinistre liste noire des persona non grata à Hollywood pendant le mccarthysme, il a mené une carrière en Angleterre, en Europe au sens plus large, et ne retournera plus jamais dans son pays). Un film presque métaphysique se déroulant pendant l'Occupation, en 1942, où l'on suit la vie d'un antiquaire d'origine alsacienne, Robert Klein, qui se retrouve à traficoter avec des biens appartenant à des familles juives. Bien entendu, la police, la Gestapo, vont lui coller au cul, le soupçonnant lui aussi d'être juif, son patronyme n'étant pas anodin. Tout le film joue sur la notion d'identité, de perte d'identité, Klein est-il juif, ou ne l'est-il pas, est-il ce qu'il prétend être ou non, le sait-il lui-même ? Dans un rôle pareil, Delon est absolument magistral, au moins aussi magistral que dans deux autres de ses films où il interprète un personnage similaire (sans identité, ou tellement lisse qu'il semble ne pas en avoir une), "Le Samouraï" et "Le Cercle Rouge". Que l'on aime ou non cet acteur, "Monsieur Klein" est, avec les deux films que je viens de citer et, accessoirement, une paire d'autres ("Les Aventuriers", "Plein Soleil"), un film à voir absolument si on se considère comme cinéphile. Ah ! oui : les autres acteurs, Lonsdale, Bouise, Jeanne Moreau, Juliet Berto, etc, sont excellents aussi, la photographie est magistrale (avez-vous déjà vu un film en couleurs qui semble être tourné en noir & blanc ? Couleurs volontairement ternes, pour accentuer le côté terne et sinistre de cette période)... Un GRAND film.
Je mets un point pour la scène d'ouverture glaçante (l'examen médical d'une femme soupçonnée d'être juive), et un autre pour la scène finale très cynique de la rafle (malgré ses erreurs historiques). Sinon, entre les deux, c'est le vide. Les acteurs sont comme figés, à commencer par Alain Delon, inexpressif, au comportement illogique. Le film comporte également beaucoup de passages inutiles et abscons. Même avec la meilleure volonté du monde, sa lenteur finit par exaspérer. L'idée de départ méritait mieux.
Du grand Delon, du grand Losey pour un film coup de poing qui a été réalisé 35 ans après les faits donc à une époque où de nombreux témoins de cette période de la rafle étaient encore en vie. La reconstitution du Paris sous occupation avec d'un côté le Paris bourgeois qui s'accomode très bien des nazis et de l'autre le Paris extrêmement pauvre est une réussite. On se rend compte que c'était pas forcément mieux avant, notamment en matière de logement. Un film à voir.
Avoir un homonyme juif dans le Paris occupé de 1942 n’arrange en rien les affaires quelque peu sournoises du personnage joué par un brillant Alain Delon. En dépit d’une certaine froideur, la mise en scène de Joseph Losey retranscrit avec brio les ressentiments d’une telle méprise, tout comme celle du mystère qui entoure l’identité des deux Klein. Un film sombre et énigmatique qui avance à petits pas vers un dénouement spoiler: dramatique que l’on conçoit un peu trop rapidement.