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stanley
83 abonnés
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4,0
Publiée le 25 août 2012
Monsieur Klein est un film important et qui, même s’il n’est pas le meilleur film de Joseph Losey, est une réussite qui conjugue efficacité du scénario, mise en scène brillante et une interprétation hors paire d’Alain Delon. Il règne un univers très « kafkaïen » dans ce film qui renvoie au procès (Joseph K. accusé d’un délit dont on ne connaît pas la nature) ou au Château par le trajet sans fin d’un Monsieur Klein qui voit son identité se déstructurer au fur et à mesure de l’avancée du film alors qu’il part pourtant à la recherche d’une vérité bien subjective. Clin d’œil d’ailleurs au Proçès d’Orson Welles puisqu’une scène du film de Losey a été tournée dans la gare d’Orsay, lieu même du tournage du film de Welles. Le personnage Monsieur Klein semble s’évaporer au fur et à mesure de la recherche de son double mais paraît aussi empreint d’une certaine culpabilité dans un univers rempli d’une absurdité, à la lisère du malaise (voir la très belle scène au château) ou du fantastique. Finalement un des meilleurs hommages à Kafka. Losey apporte à l’image du malaise et de l’ambiguïté, grâce à un scénario bien écrit, à un sens des plans rare (on se souvient de la scène du miroir dans le café). L’interprétation d’Alain Delon, très investi dans le film (il a produit le film et l’a lancé), est pour beaucoup dans cette réussite, de même qu’un Michael Lonsdale profond et à un Jean Bouise, ainsi qu’à Jeanne Moreau forts ambigus. Le visage d’Alain Delon devient de plus en plus blême, happé par l’interrogation et la peur. La scène de la rencontre du chien et de Klein est drôle et tendre et la fin du film, lors de la rafle est d’une puissance rarement égalée. Il faut aussi ne pas oublier la scène d’ouverture, très forte, qui donne d’entrée le ton de cette œuvre plus qu’un film centrée sur la cause feuj qui pourrait aussi renvoyer à l’histoire de Losey, pourchassé par le Maccarthysme. Un film qui ne se laisse pas facilement oublier et dont l’impact ne se produit pas uniquement sur le moment.
L'un des plus grands films d'Alain Delon.Ce film me fait penser un peu à l'armée de l'ombre avec un rythme peu soutenu mais où l'histoire avance avec un final surprenant.Même si l'intrigue reste assez peu approfondi,l'intérêt est dans le comportement de Klein peu respectueux des gens qu'ils arnaquent mais pris dans la spirale de l'antisémitisme où on se prend progressivement d'empathie pour lui.La scène finale avec la reconstittion du tristement célèbre Rafle du Vel d'HIv est à voir.Le seul regret dans l'épilogue est que certaines questions sont sans réponses (l'activité de l'autre Mr Klein,la dénonciation...) .
"Mr Klein" n'est pas réellement rentré dans la postérité, et pourtant il fut très bien reçu lors de sa sortie, auréolé des Césars de meilleurs film et réalisateur. Et en effet la qualité est présente, même si il fut un peu surestimé. "Mr Klein" choisit de dépeindre la France sous l'Occupation par un drame individuel. Un homme ordinaire que l'on prend pour un autre, et qui commence a cause de cela une lente descente aux enfers. Un homme innocent qui va se révolter et se bloquer contre la société indifférente. Difficile de ne pas repenser au célèbre "Procès" de Franz Kafka, où le héros était injustement accusé puis condamné lors d'un procès où il s'agitat vainement contre cette société absurde. Alain Delon interprète avec beaucoup de sobriété ce héros ordinaire, sans pour autant transcender le rôle. Il est fort dommage également que les autres personnages ne soient guère intéressants et vite oubliés. Je pense notamment à celui de Jeanne Moreau qui passe complètement inaperçue. La mise en scène de Joseph Losey est très appliquée et retraçe l'ambiance et l'atrmosphère de l'époque de façon très réaliste. Même si les plans sont assez classiques, plusieurs images restent imprimées dans la mémoire du spectateur. Les décors sont réussis, on prend plaisir à revoyager dans les lieux de cette douloureuse époque. Ambiance réaliste et quête Kafkaïenne, voilà les deux grandes qualités de ce film, à voir sans trop hésiter
Très bon drame sur l'Occupation. Le scénario est super bien écrit même si parfois je trouve pas clair certaines situations (spoiler: monte t'il volontairement dans le train à la fin on dirait ? ). Le rythme est lent mais cela reste un bon classique français.
Un des films les plus kafkaiens de toute l'histoire du cinéma. Où comment un personnage muré en lui même et énigmatique en vient, sous le poids des absurdités d'une époque effrayante, à progressivement se déposséder de son identité pour recouvrir une autre, devenir un autre que soi - à moi que ce ne soit soi même... Construit comme un dédale labyrinthique où les proches deviennent des étrangers et où les lieux familiers gagnent en inquiétude, ce film absolument sublime nous fait perdre tout équilibre pour nous faire basculer avec son personnage dans les méandres de la folie. Impassible tout d'abord, Delon (génial, absolument génial : personne d'autre que lui n'aurait su incarner aussi bien avec aussi peu de moyens la perte d'équilibre) se laisse peu à peu ballotter au gré de scènes absurdes. Le scenario et surtout les dialogues surprennent en permanence, le choix des lieux, la façon dont ils sont filmés, la lumière pesante qui baigne tout le récit montrent à quel point Losey s'est surpassé. Aux côtés de Delon (qui, disons le, n'a jamais été aussi grand), l'interprétation est magistrale. Bref, MONSIEUR KLEIN est un chef d'oeuvre qui peut se revoir plusieurs fois sans jamais perdre son pouvoir de fascination.
Un film ou Delon démontre tout son talent, avec une évolution parfaitement maitrisée de son personnage pris dans les engrenages de l'administration. Surtout un plaidoyer toujours d'actualité contre l'indifférence qui reste la principale raison de la réussite des pires crimes.
Alain Delon y incarne Robert Klein, un homme qui fait fortune pendant l'Occupation auprès de juifs en difficulté, en leur achetant des tableaux à bas prix. Après avoir apris l'existence d'un autre Klein, et d'avoir été pris pour un juif, il se lance dans une recherche de son homonyme qui l'emmenera jusqu'aux doutes identitaires et en pleine rafle du Vel d'Hiv. Joseph Losey réalise cette quête Kafkaïenne avec un sens de la mise en scène assez remarquable. Il y utilise à la fois la vue subjective, le dialogue hors-champs, et une prise de caméra souvent mobile ne négligeant aucun recoin de chaque pièce, accentuant ainsi les impressions, l'identification au personnage principal et son étouffement. "Monsieur Klein" (1976) est une véritable oeuvre d'auteur emprunte d'étrangeté, et munie de scènes magnifiques comme celle finale, ou sublimement afreuse comme celle dans le club théâtral antisémite. Indispensable!
C’est l’histoire d’un homme qui accepte son sort, celui d’une méprise, à laquelle il n’a pas trouvé d’autre explication que celle du hasard. Alain Delon est cet homme, fataliste et humain, mais quelque peu égaré dans une mise en scène trop convenue.
Delon dans son dernier chef d'oeuvre ! L'histoire d'un bourgeois pendant l'occupation... Donc personnage déjà énigmatique qui s'aperçoit que la police française le prend pour son homonyme juif. En ces temps d'occupation il est vrai qu'il y a mieux ! A force de vouloir prouver sa non-judaïcité il s'enfonce dans l'incompréhension la plus totale. Scénario original et vicieux mis en scène magistralement par Joseph Losey qui met en place une sorte de manège hypnotique et presque intemporel (histoire se déroulant en 40 sans un allemand à l'écran et quasiment pas d'uniforme !). Coup de maitre pour un chef d'oeuvre !
Un film magnifique avec un très beau casting : Delon, Lonsdale et Moreau par exemple...Un film retraçant la France occupée et soumise à l'Allemagne nazie, avec sa part de résistants et de collaborateurs, la peur de se faire prendre est omniprésente. Alain Delon est magnifique dans son rôle, cherchant son homonyme et finalement pris dans un jeu infernal. Un film long mais jamais ennuyeux. Un film qui mérite d'être vu!
Un film au sujet intéréssante et dont l'ambiance est à mourir, cette ambiance de méfiance, cette peur de se faire prendre, de se faire emmener plane sur tout le film. Et cette coïncidence qui est d'habitude serait passée pour une coïcidence anodine passe pour bien plus important. En effet, se faire catégoriser, se faire tout prendre. Il ne nous reste plus rien que notre esprit et nos larmes qui dégouline. Tout s'acharne contre Robert, jusqu'à la fin ou il à l'occasion d'être sauvé, mais lui va s'acharné pour recherche ce double qui lui à fait endosser son identité. Bouleversant et terrible grace à cette ambaince de peur sourde et de méfiance accrue. Delon magistrale. Flon trés bien.
Totalement investi dans ce personnage de Monsieur Klein, Delon subjugue par la qualité de son interprétation dans un de ses plus grands rôles... Il crève l'écran dans cette histoire tragique et bouleversante, véritable pamphlet contre l'antisémitisme... Un chef d'oeuvre de noirceur et de réalisme à voir absolument...
Film passionnant, qui fait froid dans le dos et donne à réfléchir. Un des meilleurs films dans lesquels aient tourné Alain Delon, plutôt à contre-emploi ici. Même si on devine assez vite comment les choses vont finir, le dénouement reste très fort. La stupidité de la guerre - et de son inévitable volet policier - est parfaitement montrée. Heureusement, c'était il y a plusieurs décennies. Ne riez pas, ça se passe exactement comme ça encore aujourd'hui dans plusieurs endroits du monde.
Alain Delon est plus que crédible mais je me dis que cet acteur a surtout eu beaucoup de chance pour l'ensemble de sa carrière. Travailler avec Visconti, Losey ou Melville alors qu'on est un acteur dans la moyenne, ce n'est pas ce qu'on peut appeler la scoumoune.
Delon semble bien dans son rôle parce qu'il est très bien entouré (Suzanne Flon, Jeanne Moreau, Louis Seigner, Jean Bouise et l'excellent Michael Lonsdale) et parfaitement dirigé (seul Melville a fait mieux avec ce vieux lion).
Cela dit, les principales forces du films restent la mise en scène de Losey, la photographie, le montage et l'excellent scénario - j'ai lu quelque part que c'est le premier film authentiquement "kafkaïen" et je partage cet avis.
Un film fort et implacable, comme la mort, bien loin de cette supposée ambiguité qu'on semble parfois lui attribuer.
La grande force d'Alain Delon c'est sa sobriété lorsqu'il joue, dans la peau de Monsieur Klein il nous offre ici une des plus magnifiques prestations de sa belle carrière. C'est un drame au ton parfois lent mais jamais ennuyeux, une histoire sobre comme son acteur principal mais forte. Un film à voir.