Monsieur Klein
Note moyenne
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153 critiques spectateurs

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CrystalEagle
CrystalEagle

4 abonnés 89 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 9 juin 2026
Paris, 1942 : l'identité s'y réduit à une fiche, une case administrative, et Joseph Losey filme l'horreur telle qu'elle a vraiment fonctionné, par des guichets, des ventes aux enchères, jamais par les larmes. Monsieur Klein, lui, applique sans ciller le precept des singes de la sagesse ("ne rien voir, ne rien entendre, ne rien dire") jusqu'à flairer dans la persécution une bonne affaire. Mais le vrai sujet n'est pas son enquête, c'est le gouffre qui s'ouvre sous lui : à force de ne regarder personne, il devient l'artisan de sa propre perte. Et derrière son cas, c'est toute l'indifférence française sous l'Occupation qui passe au tribunal : la police, la collaboration, cette complicité muette que personne ne veut nommer.

La scène d'ouverture contamine tout le reste du film. C'est là l'absurdité que Losey met à nu : trier les hommes selon une catégorie introuvable, ni tout à fait religieuse ni tout à fait biologique, pure fiction de formulaire. Homme de théâtre, le cinéaste refuse la violence frontale : sa caméra plane comme un démiurge menaçant, dans une grisaille clinique qui en dit plus long que mille discours sur la froideur de l'époque. C'est lent, parfois étrangement alambiqué, mais le malaise qui monte et l'absence de catharsis relèvent d'un choix autant éthique qu'esthétique. Le plus dérangeant tient à l'inversion qui ronge Klein : l'accusateur devient accusé, coupable sans faute, pris dans un cauchemar kafkaïen qui déborde 1942 et pourrait broyer n'importe qui, n'importe quand. On est tous un peu concerné.

Reste Alain Delon, ma plus grande surprise. Lui que je trouve d'ordinaire tout blanc ou tout noir, le voilà éblouissant de sobriété, calme et glacé pendant que tout brûle autour de lui. Pour aller chercher Losey en personne et produire un film pareil, prêt à se mettre en danger, il fallait un certain cran et Delon n'en manquait pas. Et si le cinéaste eut fort à faire avec le tempérament de l'acteur, il ne s'y trompait pas pour autant : à sa femme, il écrivait « il est une tragédie ». Cette part tragique qui le rendait si difficile à diriger, c'est elle, justement, qui faisait de lui l'homme providentiel pour incarner Klein.
ProjecteurTemporel
ProjecteurTemporel

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 1 juin 2026
Avec Monsieur Klein, Joseph Losey construit un fascinant labyrinthe identitaire où la culpabilité, le déni et la disparition progressive de soi se confondent dans une atmosphère de plus en plus oppressante. Alain Delon livre l’une de ses compositions les plus ambiguës, incarnant un homme dont l’assurance bourgeoise se fissure à mesure qu’il devient prisonnier d’un double insaisissable. La reconstitution du Paris de l’Occupation impressionne par sa froideur feutrée, où l’antisémitisme administratif et la violence d’État se déploient avec une inquiétante banalité. Mais, derrière la richesse symbolique du récit et la maîtrise de sa mécanique paranoïaque, le film paraît parfois plus captivé par son mystère conceptuel que par l’épaisseur humaine de son protagoniste. Une œuvre élégante et profondément troublante, dont la réflexion sur l’identité et la responsabilité demeure saisissante, mais dont l’abstraction calculée limite légèrement l’émotion immédiate.
Sophie ANFRAY
Sophie ANFRAY

2 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 25 mai 2026
Monsieur Klein montre qu'en temps de crise, l'indifférence est une complicité - et pas une neutralité - qui finit toujours par se retourner contre celui ou celle qui la pratique. Ce film démontre avec force que fermer les yeux sur le malheur des autres fait de nous les rouages silencieux d'un système barbare. Un film qui bouscule les consciences.
samlion
samlion

6 abonnés 33 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 27 juillet 2025
chef d œuvre absolue, Alain Delon,tout en retenu dans ce rôle, avec une pléiade de second rôle, en particulier Jean Bouise merveilleux acteur.
kibruk
kibruk

195 abonnés 2 767 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 juillet 2025
"Monsieur Klein" est un film plutôt étrange où son personnage pris dans une sorte de piège va provoquer
spoiler: sa propre perte à force de vouloir en éclaircir les mystères
. C'est un film assez lent mais fascinant, à la limite même du fantastique tant l'histoire pose de questions. Au-delà de cela, de belles thématiques sont développées sur les profiteurs de guerre, l'indifférence aux persécutions dont des minorités peuvent être les victimes. Un très bon film de Joseph Losey avec un Alain Delon au sommet de son art.
Claude Julien57
Claude Julien57

7 abonnés 184 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 28 avril 2025
Monsieur Klein est un marchand d’art passablement cupide, et assez indifférent aux mesures anti-juives prises par le gouvernement de Vichy. Jusqu’à cet hiver 1942 où il apprend qu’un homonyme juif a usurpé son identité pour échapper à la persécution. Suit l’enquête quasi-policière qu’il mène pour retrouver cet homme. Il lui manque un papier pour prouver sa non-judéité. Le plus beau moment de ce grand film est le gros plan sur le visage de Delon qui exprime sa solidarité compassionnelle, mais mortifère…
Eselce

1 621 abonnés 4 240 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 8 avril 2025
Pas bien aimé ce spoiler: final en queue de poisson un peu frustrant
. J'ai apprécié le scénario qui monte en tonalité petit à petit. On découvre un personnage profiteur de la situation "juive" et qui peu à peu se retourne contre lui jusqu'à l'inévitable.
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

91 abonnés 4 230 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 17 mars 2025
Sous l'Occupation -durant la Collaboration, devrais-je dire, puisqu'on ne voit aucun allemand mais beaucoup de policiers français...- Monsieur Klein dépouille avec prévenance des juifs obligés de brader leurs biens. C'est un bourgeois, un profiteur de guerre, totalement indifférent au sort des juifs jusqu'au jour où ,simple méprise ou machination, spoiler: il devient lui même un juif sous la menace.

Monsieur Klein découvre, au cours d'une errance qui constitue l'essentiel du récit, le malheur d'une communauté vis à vis de laquelle il clame son innocence, l'innocence étant, en cette période, de n'être absolument pas juif. Jusqu'à douter de lui-même.
Le film de Joseph Losey n'est pas seulement comme une fable tragique où un homme subit la punition de ses victimes; le caractère irrationnel de la mise en scène, presque kafkaien, entraine une réflexion complexe et métaphysique sur la notion d'identité. Implacable et sombre, l'intrigue condamne Klein, bon français dans la "norme", à un sort peut-être dramatique. Les scènes d'ouverture et de dénouement, qui présentent Monsieur Klein dans un état puis dans l'autre, sont puissantes et cruelles. La composition d'Alain Delon est brillante, comme l'est la mise en scène de Losey.
Michael R
Michael R

138 abonnés 1 507 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 13 janvier 2025
Alain Delon est d'une sobriété rare pour interpréter ce Dandy marchand d'art, pris pour un homonyme juif à une époque où une rafle se prépare. L'intrigue originale et sujette à rappeler les heures sombres de l'histoire, ainsi que l'interprétation d'Alain Delon ont participé à son 1er César.
Raw Moon Show
Raw Moon Show

153 abonnés 853 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 23 décembre 2024
La dernière image ? Le Vel d'Hiv, cette longue séquence qui glisse imperceptiblement de la ville, de la rue vers l'atmosphère carcérale d'un train de marchandises, ou de transport de bêtes. Ce qui renvoie parfaitement à la séquence inaugurale où l'on scrute dans les traits et maxillaires d'une femme le signe, la preuve indubitable de sa judaïté qui la condamnerait de fait.

La grande force de ce film est avant tout sa matière sombre et presque fantastique, son atmosphère puissamment Kafkaïenne (on pense au Procès, ou à Invitiation au supplice de Nabokov). sa radiographie du double, et d'une forme de folie qui en découle chez le personnage principal, avec l'obsession qu'il se cheville au corps pour son autre moi, cette humanité perdue, celui qu'il aurait pu être ou devenir... Une idée fixe qui l'amène à fréquenter les mêmes lieux, à séduire les mêmes fréquentations, adopter le même chien, embarquer dans le même train de la mort.... Le film aurait d'ailleurs pu s'intituler Le deuxième homme tant on peut penser parfois au chef-d'oeuvre de Carol Reed.

Décidément Joseph Losey est un très très grand réalisateur. Il me rappelle ici le Roman Polanski à ses plus grandes heures. Quant à Delon, avec le recul, je me demande s'il ne tient pas là son plus grand rôle. Magnifique, flambeur, vénal, retors puis fragile, touchant, curieux, obsessionnel et pour finir complètement fou !
philippe dugard
philippe dugard

1 abonné 58 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 novembre 2024
Meilleur role pour Alain Delon , un film d'ambiance, entre histoire et fantasque même. On se demande si mr Klein n'est pas schizophrène tellement cela difficile de croire à un autre individu
Et lorsqu'il a la preuve que cet individu existe dans la foule du veld'hiv pour va t'il jusqu'à se retrouver dans le train qui l'emporte vers la mort ???
Un film déroutant qui ne laisse pas indifférent, empli de vérité sur le Paris de l'époque.
thucy
thucy

5 abonnés 139 critiques Suivre son activité

4,5
Publiée le 1 novembre 2024
j'avais vu ce film il y a très longtemps à la télé et je n'en avais qu'un vague souvenir. Je viens de le revoir en salle à l'occasion d'une rétrospective Delon, et le film m'a scotché. Le voir sur grand écran ajoute sans doute de la puissance mais je m'en veux de n'avoir pas été happé par le film à ma première vision. Ce film étant évoqué comme l'un des meilleurs films de l'acteur lors de sa mort, c'est celui que j'ai choisi de revoir et je ne le regrette pas. L'ambiguïté du personnage de M. Klein est fascinante : de la veulerie écœurante à l'héroïsme (involontaire ?), on a du mal à le saisir, si bien qu'il incarne à merveille les ambivalences de la période trouble de l'occupation nazie à Paris. L'ambiance poisseuse à souhait, la collaboration de la police de Vichy dans la shoah, la bêtise ordinaire de l'antisémitisme, l'angoisse sourde qui monte progressivement, tout tout ceci est évoqué avec brio par la subtile mise en scène et un scénario sur le fil du rasoir, avec un Delon magnétique. Une belle redecouverte pour moi, et je pense un film à voir absolument pour ceux qui ne l'ont pas vu, surtout dans la période actuelle en France, marquée par la montée de périls similaires à ceux des années 1930-40.
SociN
SociN

13 abonnés 636 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 11 octobre 2024
J'ai beaucoup aimé la composition de Delon. Il aurait mérité un césar (qui a échu à Michel Galabru pour Le juge et l'assassin). Par contre, j'ai trouvé le film brouillon. spoiler: On a du mal à envisager ce double invisible. Et on comprend ainsi mal l'obsession de M. Klein. Ce double n'est-il pas en réalité lui même qui s'était échappé de sa condition (un peu comme Edouard Norton/Brad Pitt dans Fight Club ?
Le film hésite également entre la dénonciation des profiteurs de guerre et la situation kafkaïenne. Il en résulte une impression d'inachevé.
Noise&sound
Noise&sound

157 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 8 octobre 2024
Monsieur Klein reste un film marquant. D inspiration kafkaïenne, nous suivons la perte de maîtrise progressive du personnage principale sur son ego, son existence. Je laisse à chacun juger du jeu d acteur d Alain Delon, véritable icône. Pour ma part, c est Jeanne Moreau qui concentre toute mon attention ainsi que Louis Seigner.
David Mouly
David Mouly

2 abonnés 2 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 3 octobre 2024
Chapeau bas M. ALAIN DELON.
Magnifique film qui montre la cruauté de cette époque et qui dénonce certains agissements opportunistes qui tôt ou tard se payent.
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