Les Amoureux sont seuls au monde
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inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

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3,0
Publiée le 25 janvier 2024
Gérard Favier, compositeur connu, et son épouse filent le parfait amour depuis près de vingt ans. Et Louis Jouvet et Renée Devillers de former un couple atypique (dans le cinéma de l'époque) par sa complicité conjugale spirituelle, son côté bohème, sa modernité (l'écriture de Jeanson n'y est sans doute pas étrangère). Mais l'inséparable duo pourrait être menacé lorsque Favier joue les Pygmalion d'une jeune pianiste (Dany Robin) interprétant ses oeuvres avec talent. Entre le compositeur et la jolie soliste s'instaure une estime artistique et affective. Favier résistera-t-il à la tentation?
C'est le sujet du film d'Henri Decoin, qui parle d'adultère de façon subtile, elliptique, bien éloigné du mélodrame ordinaire. Si Decoin donne l'impression de s'égarer parfois en digressions, c'est bien précisément parce que la relation de couple entre Favier et sa femme est l'intérêt principal du sujet, bien davantage que les contigences familiales de la jeune Monelle. L'originalité et la qualité des deux personnages sont déterminants dans un comédie sentimentale qui pourrait toutefois tourner mal.
Louis Jouvet est, comme toujours, brillant, pour ne pas dire essentiel dans la valeur du film; il est en quelque sorte sa valeur ajoutée. Il incarne ici -et ce ce n'est pas si fréquent au cinéma le concernant- un homme positif, c'est à dire dépourvu du cynisme ou de la froideur qui le caractérisent souvent, un homme d'âge mûr peut-être piégé par les affres d'une passion tardive.
stans007
stans007

39 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2021
Après un début laborieux, le film nous conduit crescendo - via la presse à scandale - au drame final. Un bon scénario émaillé de scènes discutables (le début, l’argenterie, au cinéma), d’autres très belles (la valse), d’autres subtiles (la liaison adultère) et les dialogues travaillés de Henri Jeanson.
tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 785 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 août 2026
Louis Jouvet à l’affiche, en tant qu’inconditionnel fan de cet acteur d’un autre temps ; cette séance de rattrapage remasterisé en 3K s’imposait à moi. En premier lieu ce qui frappe en visionnant les films de cette époque, outre le jeu des acteurs, c’est la qualité d’écriture des dialogues qui fait bien souvent défaut dans le cinéma d’aujourd’hui. Jeanson à la plume et Decoin à la réalisation, quand aujourd’hui les deux fonctions sont tenues par la même personne ; c’est bien dommage, car il est merveilleux de retrouver l’heureuse époque des dialoguistes. Autre cerise sur le gâteau du film, c’est la volonté de Henri Decoin de ne pas céder à l’exigence des producteurs de voir une fin heureuse. Il a tout de même tourné une fin sous forme de happy end, mais ce n’est pas celle qui sera montée ; je viens de voir le film avec les deux alternatives. La version dramatique nous fait verser une larme, et c’est bien celle-ci qui s’imposait et qui incarnait le mieux la ligne directrice de l’histoire. Un bon moment hors du temps comme le cinéma en propose.
François Bonini : « Après dix-huit ans de mariage, Gérard Favier, un célèbre compositeur, est toujours aussi épris de Sylvia, son épouse. Après avoir fait la connaissance d’une jeune pianiste prometteuse, Monelle, le compositeur décide de la prendre sous son aile. Un jour, la presse à scandales prétend que le compositeur et sa protégée ont une liaison secrète. Monelle se prend à espérer gagner le cœur de Gérard. De son côté, Sylvia sombre dans le désespoir.
Le film commence comme une « comédie du remariage », deux époux rejouant leur début sur les lieux mêmes. Louis Jouvet et Renée Devillers incarnent avec l’élégance et la distinction qui conviennent ce couple acharné à retrouver le temps des débuts ; mais toute la finesse du scénario pointe des détails qui laissent supposer que le ver est dans le fruit : des presque rien, un faux nom écorché, du « vrai mousseux » à la noce, et le fait que Sylvia oublie son écharpe. L’insouciance est apparente, dans le ton enjoué et les plaisanteries, mais la scène se termine par le chant de Jouvet/Favier : « Il y a longtemps que je t’aime / Jamais je ne t’oublierai », bien triste et prémonitoire refrain.
La suite est certes plus inégale, mais outre les habituels bons mots de Jeanson, souvent délectables, le film retrouve sa verve et son intelligence avec la parution d’un journal qui invente une liaison entre Favier et sa pianiste, la jolie Monelle. Pure invention, de fait, mais qui bouleverse tout le monde, révélant le caché, transformant la réalité. De là des détails parsemés dans le métrage qui posent la question du vrai et du faux, comme le vrai/faux Corot. C’est que la rumeur, même non fondée, ne peut que faire des dégâts. S’installe alors la version sombre de l’intrigue qui contamine chaque échange, chaque situation jusqu’à l’étouffement. Les aérations, comme les divagations et les révoltes du frère de Monelle, interprété par le jeune Philippe Nicaud, tranchent et amollissent quelque peu l’ensemble.
D’ailleurs, les trouvailles de Decoin sont réservées aux lignes fortes de l’histoire ; ainsi de ce programme plié qui fait coïncider Favier et Monelle, ou de la profondeur de champ qui montre la douleur de Sylvia quand le compositeur interprète sa valse. Son solide métier lui permet d’assumer les failles d’un scénario pourtant fortement charpenté et d’en magnifier les évidentes beautés. Car, au bout du compte, le charme de ce film tient autant à ses acteurs qu’à l’engrenage tragique, et qui culmine dans les magnifiques dernières séquences. L’ambiguïté du coup de téléphone que Favier adresse à son ami, et non à Monelle comme on le croit un temps, en parallèle avec le suicide de Sylvia, atteint des sommets de simplicité et d’émotion.
A l’instar de beaucoup de films anciens, Les amoureux sont seuls au monde est aussi un documentaire précis sur son temps : du Paris d’après-guerre , des multiples habitudes de la vie quotidienne, on fait son miel avec une sourde mélancolie. Mais le métrage ne saurait s’y résumer, et sa puissance mélodramatique est intacte : on défie quiconque de ne pas écraser une larme dans une fin (le retour dans l’auberge du début) déchirante. »
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 365 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mai 2026
On pourrait croire à un triangle amoureux, mais il s’agit peut-être simplement d’un amour non partagé. L’intrigue joue sur le doute et l’évolution des relations entre les personnages. Le film a ce charme si particulier des années 1950, mêlant insouciance et une certaine dureté de la vie.
Cela dit, ce n’est pas non plus un grand film : si on passe un bon moment en le regardant, on n’en retient finalement pas grand-chose après le visionnage.
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