Les Amoureux sont seuls au monde
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tuco-ramirez
tuco-ramirez

166 abonnés 1 785 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 août 2026
Louis Jouvet à l’affiche, en tant qu’inconditionnel fan de cet acteur d’un autre temps ; cette séance de rattrapage remasterisé en 3K s’imposait à moi. En premier lieu ce qui frappe en visionnant les films de cette époque, outre le jeu des acteurs, c’est la qualité d’écriture des dialogues qui fait bien souvent défaut dans le cinéma d’aujourd’hui. Jeanson à la plume et Decoin à la réalisation, quand aujourd’hui les deux fonctions sont tenues par la même personne ; c’est bien dommage, car il est merveilleux de retrouver l’heureuse époque des dialoguistes. Autre cerise sur le gâteau du film, c’est la volonté de Henri Decoin de ne pas céder à l’exigence des producteurs de voir une fin heureuse. Il a tout de même tourné une fin sous forme de happy end, mais ce n’est pas celle qui sera montée ; je viens de voir le film avec les deux alternatives. La version dramatique nous fait verser une larme, et c’est bien celle-ci qui s’imposait et qui incarnait le mieux la ligne directrice de l’histoire. Un bon moment hors du temps comme le cinéma en propose.
François Bonini : « Après dix-huit ans de mariage, Gérard Favier, un célèbre compositeur, est toujours aussi épris de Sylvia, son épouse. Après avoir fait la connaissance d’une jeune pianiste prometteuse, Monelle, le compositeur décide de la prendre sous son aile. Un jour, la presse à scandales prétend que le compositeur et sa protégée ont une liaison secrète. Monelle se prend à espérer gagner le cœur de Gérard. De son côté, Sylvia sombre dans le désespoir.
Le film commence comme une « comédie du remariage », deux époux rejouant leur début sur les lieux mêmes. Louis Jouvet et Renée Devillers incarnent avec l’élégance et la distinction qui conviennent ce couple acharné à retrouver le temps des débuts ; mais toute la finesse du scénario pointe des détails qui laissent supposer que le ver est dans le fruit : des presque rien, un faux nom écorché, du « vrai mousseux » à la noce, et le fait que Sylvia oublie son écharpe. L’insouciance est apparente, dans le ton enjoué et les plaisanteries, mais la scène se termine par le chant de Jouvet/Favier : « Il y a longtemps que je t’aime / Jamais je ne t’oublierai », bien triste et prémonitoire refrain.
La suite est certes plus inégale, mais outre les habituels bons mots de Jeanson, souvent délectables, le film retrouve sa verve et son intelligence avec la parution d’un journal qui invente une liaison entre Favier et sa pianiste, la jolie Monelle. Pure invention, de fait, mais qui bouleverse tout le monde, révélant le caché, transformant la réalité. De là des détails parsemés dans le métrage qui posent la question du vrai et du faux, comme le vrai/faux Corot. C’est que la rumeur, même non fondée, ne peut que faire des dégâts. S’installe alors la version sombre de l’intrigue qui contamine chaque échange, chaque situation jusqu’à l’étouffement. Les aérations, comme les divagations et les révoltes du frère de Monelle, interprété par le jeune Philippe Nicaud, tranchent et amollissent quelque peu l’ensemble.
D’ailleurs, les trouvailles de Decoin sont réservées aux lignes fortes de l’histoire ; ainsi de ce programme plié qui fait coïncider Favier et Monelle, ou de la profondeur de champ qui montre la douleur de Sylvia quand le compositeur interprète sa valse. Son solide métier lui permet d’assumer les failles d’un scénario pourtant fortement charpenté et d’en magnifier les évidentes beautés. Car, au bout du compte, le charme de ce film tient autant à ses acteurs qu’à l’engrenage tragique, et qui culmine dans les magnifiques dernières séquences. L’ambiguïté du coup de téléphone que Favier adresse à son ami, et non à Monelle comme on le croit un temps, en parallèle avec le suicide de Sylvia, atteint des sommets de simplicité et d’émotion.
A l’instar de beaucoup de films anciens, Les amoureux sont seuls au monde est aussi un documentaire précis sur son temps : du Paris d’après-guerre , des multiples habitudes de la vie quotidienne, on fait son miel avec une sourde mélancolie. Mais le métrage ne saurait s’y résumer, et sa puissance mélodramatique est intacte : on défie quiconque de ne pas écraser une larme dans une fin (le retour dans l’auberge du début) déchirante. »
Hotinhere

794 abonnés 5 494 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 15 mai 2026
Un mélo touchant et raffiné autour d’un triangle sentimental, célèbre pour ses deux fins différentes qui affaiblit la cohérence dramatique du récit. 2,75
Lilali_111
Lilali_111

5 abonnés 365 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 6 mai 2026
On pourrait croire à un triangle amoureux, mais il s’agit peut-être simplement d’un amour non partagé. L’intrigue joue sur le doute et l’évolution des relations entre les personnages. Le film a ce charme si particulier des années 1950, mêlant insouciance et une certaine dureté de la vie.
Cela dit, ce n’est pas non plus un grand film : si on passe un bon moment en le regardant, on n’en retient finalement pas grand-chose après le visionnage.
Pascal
Pascal

256 abonnés 2 474 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 4 octobre 2025
Réalisé (1947) par Henry Decoin sur un scénario de Henry Jeanson, un des auteurs emblématiques de la qualité française, vilipendée par la nouvelle vague, " les amoureux sont seuls au monde " représente sans doute une des manifestations les plus évidentes du talent de son metteur en scène.

Mal reçu à sortie tant par le public que par la critique, le scénario dans la première facette de son exposition fait penser au plus tardif " Copie conforme" que l'iranien Abbas Kiarostami signera en France ( présenté à Cannes en CO, il valut le prix d'interprétation à Juliette Binoche ).

Un couple rejoue la scène de leur rencontre pour fêter leur anniversaire de mariage.

La suite de " Les amoureux sont seuls au monde " prend une tournure plus classique ou la vie personnelle du séducteur et athlétique Henry Decoin ( il fut un nageur et un joueur de water polo de niveau international - participation aux JO de 1911) n' est pas absente du déroulement de l'intrigue.

Un homme marié fait la rencontre d'une femme plus jeune et propage le malheur ( pour son entourage et pour lui-même).

Louis Jouvet ( ami très proche de Henry Jeanson ) est formidable dans le rôle de compositeur qui lutte contre ses passions.

On pourra reprocher l'absence totale à l'écran de la description de la passion amoureuse entre les personnages de Jouvet et celui de Dany Robin ( actrice qui eue sa part de renommée pendant les années 1950, ou elle jouait surtout les ingénues).

Il y deux fins. Elles furent imposées à Decoin par le producteur. Le cinéaste plutôt de nature sombre, ( selon son fils Didier Decoin écrivain primé du Goncourt ) préférait la pessimiste ( c'est d'ailleurs la seule qu'il voulait). Elle lui renvoyait sans doute ce qu'il avait vécu avec ses femmes dans sa propre existence.

Le public préférait l'optimiste et moi aussi !

Notons enfin que cet opus du cinéaste fait partie des trois cités par Bertrand Tavernier dans son entreprise salutaire et essentielle ( à mon goût) de réhabilitation du cinéma de qualité française (" Voyage au coeur du cinéma français" ).
inspecteur morvandieu
inspecteur morvandieu

94 abonnés 4 348 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 25 janvier 2024
Gérard Favier, compositeur connu, et son épouse filent le parfait amour depuis près de vingt ans. Et Louis Jouvet et Renée Devillers de former un couple atypique (dans le cinéma de l'époque) par sa complicité conjugale spirituelle, son côté bohème, sa modernité (l'écriture de Jeanson n'y est sans doute pas étrangère). Mais l'inséparable duo pourrait être menacé lorsque Favier joue les Pygmalion d'une jeune pianiste (Dany Robin) interprétant ses oeuvres avec talent. Entre le compositeur et la jolie soliste s'instaure une estime artistique et affective. Favier résistera-t-il à la tentation?
C'est le sujet du film d'Henri Decoin, qui parle d'adultère de façon subtile, elliptique, bien éloigné du mélodrame ordinaire. Si Decoin donne l'impression de s'égarer parfois en digressions, c'est bien précisément parce que la relation de couple entre Favier et sa femme est l'intérêt principal du sujet, bien davantage que les contigences familiales de la jeune Monelle. L'originalité et la qualité des deux personnages sont déterminants dans un comédie sentimentale qui pourrait toutefois tourner mal.
Louis Jouvet est, comme toujours, brillant, pour ne pas dire essentiel dans la valeur du film; il est en quelque sorte sa valeur ajoutée. Il incarne ici -et ce ce n'est pas si fréquent au cinéma le concernant- un homme positif, c'est à dire dépourvu du cynisme ou de la froideur qui le caractérisent souvent, un homme d'âge mûr peut-être piégé par les affres d'une passion tardive.
stans007
stans007

39 abonnés 1 464 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 11 mars 2021
Après un début laborieux, le film nous conduit crescendo - via la presse à scandale - au drame final. Un bon scénario émaillé de scènes discutables (le début, l’argenterie, au cinéma), d’autres très belles (la valse), d’autres subtiles (la liaison adultère) et les dialogues travaillés de Henri Jeanson.
Diszi
Diszi

1 abonné 70 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 23 février 2021
Je dirais déjà pour les jeunes qui ne connaissent pas l'acteur Jouvet il faut le découvrir ici. Le film démarre d'ailleurs avec lui dans une scène merveilleuse par le ton et les dialogues. En fait tout le film avec ses dialogues c'est du plaisir. L'intrigue est intéressante elle est tirée d'un livre de Georges Simenon qui sait mener une histoire . Les plans sont simples mais fluides sans s'imposer. La scène du concert musicale peut paraître long , mais ça s'écoute comme si on était au concert. On peut voir ici un film ou on ne peut pas être déçu , on passe un bon moment .Le film m'a ému ce qui me pousse à mettre 5 étoiles.
weihnachtsmann

1 621 abonnés 5 744 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 mai 2020
La mélodie à la fin a des accents plutôt amers et l’on peut comprendre le pouvoir de destruction ou d’amour qu’elle peut avoir tout en restant la même.
Le film démarre sous forme de comédie charmante et se déroule comme un drame intime dont l’homme n’est même pas conscient.
C’est beau et romantique sans compter les beaux dialogues
« C’est court une vie..... surtout quand on la partage »
Estonius

4 743 abonnés 5 466 critiques Suivre son activité

3,0
Publiée le 14 avril 2019
Juste un triangle amoureux de plus qu'Henri Jeanson dont le scénariste n'a pas su finir le récit (puisqu'il propose même deux fins), normal il manque le souffre, et n'est pas Buñuel qui veut… D'ailleurs Jeanson est loin d'être parfait dans les dialogues de ce film car si certains font mouches, d'autres sont mauvais et d'autres trop théâtraux. Et puis certains éléments scénaristiques sont complètement laissés en route (le vol de l'argenterie, il sert à quoi ?) Par ailleurs on peut se demander si la présence de Dany Robin, n'est pas une erreur de casting au milieu d'une direction d'acteurs éblouissante. Eh, bien, malgré toutes ces remarques, ce film reste agréable à regarder parce qu'Henri Decoin est aux commandes (même s'il a fait bien mieux) et parce que le couple Jouvet-Devillers fonctionne à merveille.
chrischambers86

16 188 abonnés 13 142 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 7 juin 2026
« On aime jamais assez la femme qu'on aime. On devrait toujours penser qu'elle peut mourir. » Et même quand ils font la une des journaux à scandales, « les amoureux sont seuls au monde » . Louis Jouvet est un parfait compositeur! C'est sur lui que repose le film d'Henri Decoin où la touchante Renèe Devillers ne dèmèrite pas en interprètant son èpouse! En jeune virtuose du piano, Dany Robin est d'une irradiante jeunesse disposant de Jouvet pour lui donner la rèplique! Les dialogues brillent de mille feux et certains mots rendent vraiment hommage à l'immense Henri Jeanson! En rèsulte un excellent classique du cinèma français d'après-guerre à (re)dècouvrir par le biais du Cinèma de minuit! Et si vous prèfèrerez les fins heureuses où il fait bon de flâner aux abords de l'Auberge de la Forêt avec ses noces, ses banquets et ses fers à cheval porte-bonheur, voici comment l'histoire aurait pu se terminer! D'un point de vue personnel, la meilleure fin possible pour ces amoureux qui revivent des instants trop vite ècoulès ètant la fin malheureuse...
Frédéric P
Frédéric P

16 abonnés 188 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 20 septembre 2018
Très bon film d’Henri Decoin (déjà apprécié pour Les inconnus dans la maison) aux dialogues ciselés d’H. Jeanson avec un Louis Jouvet impérial comme toujours.
Les dialogues font rire et en même temps il y a toujours un ton grinçant, désabusé jusqu’au drame final.
La photo d’Armand Thirard est toujours aussi soignée.
brianpatrick
brianpatrick

118 abonnés 1 870 critiques Suivre son activité

3,5
Publiée le 21 mai 2018
C'est unfilm d'après guerre tourné avec peu de moyens. Il y a peu être quatre scènes mais elles sont bien tournées et bien interprétées. C'est la preuve que Jouis Jouvet est un excellent acteur. Il sauve le film. Je pense qu'avec un autre acteur le film est différent. Là le film reste respectable et n'a pas trop prit de rides. Un scénario facile mais intéressant.
pierrre s.

560 abonnés 3 435 critiques Suivre son activité

4,0
Publiée le 3 avril 2018
La force du film est dans ses dialogues, et quand ils sont déclamés par l'excellent Louis Jouvet, ça tourne au génie! On regrettera seulement une petite baisse de rythme en cours de parcours, mais vite rattrapée par une double-fin assez géniale!
Matthias T.
Matthias T.

52 abonnés 612 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 10 décembre 2016
Un film à la fois grave et solaire, musical, qui évoque le marivaudage mussettien et également sa dimension tragique : du grand art !
TTNOUGAT

703 abonnés 2 530 critiques Suivre son activité

5,0
Publiée le 15 novembre 2016
Voici un film tout a fait exceptionnel autant par son scénario que par ses dialogues souvent brillants et même parfois trop brillants. La mise en scène est d’excellente qualité avec quelques plans émouvants et beaux. De plus, on baigne dans la musique. Il fait la part belles aux sentiments amoureux et les traite sans aucune complaisance. Les purs intellectuels vont apprécier les méandres psychologiques mais les affectifs vont être malmenés car les gens en mal d’Amour y sont trop vindicatifs. C’est dans tous les cas un des plus beaux films de Henri Decoin et du satrape Henri Jeanson.
Pour ma part, j’ai beaucoup trop souffert des méchancetés gratuites (car construites par le scénariste pour les besoins du cinéma), non plausibles dans le contexte montré, pour le recommander aux personnes sentimentalement vulnérables. En dehors de Gérard Favier totalement honnête et sincère et à un degré moindre Ludo, les autres personnages ne me semblent pas réels tant ils sont là pour accentuer la dramaturgie. Cet assemblage impossible de personnages fictifs générateurs de malheurs m’a trop blessè pour que je recommande ce film malgré son brio. Sortir heureux d'un film est une nécessité.
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