Voici un film tout a fait exceptionnel autant par son scénario que par ses dialogues souvent brillants et même parfois trop brillants. La mise en scène est d’excellente qualité avec quelques plans émouvants et beaux. De plus, on baigne dans la musique. Il fait la part belles aux sentiments amoureux et les traite sans aucune complaisance. Les purs intellectuels vont apprécier les méandres psychologiques mais les affectifs vont être malmenés car les gens en mal d’Amour y sont trop vindicatifs. C’est dans tous les cas un des plus beaux films de Henri Decoin et du satrape Henri Jeanson. Pour ma part, j’ai beaucoup trop souffert des méchancetés gratuites (car construites par le scénariste pour les besoins du cinéma), non plausibles dans le contexte montré, pour le recommander aux personnes sentimentalement vulnérables. En dehors de Gérard Favier totalement honnête et sincère et à un degré moindre Ludo, les autres personnages ne me semblent pas réels tant ils sont là pour accentuer la dramaturgie. Cet assemblage impossible de personnages fictifs générateurs de malheurs m’a trop blessè pour que je recommande ce film malgré son brio. Sortir heureux d'un film est une nécessité.
Les dialogues de ce film sont vraiment extraordinaires et sonnent tout à fait de notre époque. L'histoire est belle, je n'ai malheureusement pas eu la chance de voir la fin alternative qui, j'ai peur, passe mal par rapport à la version originale. Louis Jouvet est très bon et on ne se lasse pas de le voir jouer.
Un beau film, l'un des derniers de son réalisateur. Les dialogues d'Henri Jeanson sonnent juste et vrai, à l'image de personnages très forts. On peut seulement regretter que l'histoire entre Louis Jouvet et Dany Robin manquent un peu de relief. Car la relation entre l'acteur de "Quai des Orfèvres" et Renée Devillers est, en revanche, magnifique : un très beau couple de cinéma. L'ensemble a beau être assez classique, il nous touche profondément, l'œuvre faisant preuve d'une sensibilité constante. Notons enfin une belle interprétation générale, toutefois logiquement dominé par Jouvet qui, une fois encore, livre une prestation dont lui seul a le secret. Une réussite.
"Les amoureux sont seuls au monde" (France, 1948) est le meilleur film d'Henri Decoin. Majoritairement filmé en studio ( ce qui donne parfois un côté étriqué aux décors ), le film débute par une mise en abyme intelligente où les personnages dévoilent le temps d'un instant leur statut d'acteur. Ensuite le film de Decoin conte l'histoire d'un homme et d'une femme, joué par l'atypique Louis Jouvet et Renée Devillers, qui s'aiment depuis fort longtemps. Un jour, Gérard Favier ( Louis Jouvet ) rencontre une jeune pianiste qui joue une de ses compositions, il va donc la prendre sous son aile et la rendre célèbre. Les journaux à scandale vont imaginer une idylle entre eux ce qui va déclencher les foudres de la convoitise et de la jalousie. Decoin réalise là un film émouvant porté par Jouvet mémorable. Le scénario de Henri Jeanson est parfaitement irréprochable et clairement conçu puisque clairement perçu. Le film se révèle finalement un drame, pessimiste et une critique parfaite des journaux à scandale. Certaines scènes, parfaitement romantique ( mais pas mielleuse ), sont tendre à point, notamment celle où Louis Jouvet joue pour la première fois la chanson "Les amoureux sont seuls au monde" qu'il a composé pour sa femme. En conclusion, "Les amoureux sont seuls au monde" (France, 1948) d'Henri Decoin est aussrément un film qui vous donnera la larme à l'oeil et chaud au coeur. Si pour le personnage de Jouvet, tout le monde est idiot, pour Henri Decoin tout le monde est cruel et c'est de cette cruauté latente que parle le film.