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Phineus1
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1,0
Publiée le 1 janvier 2025
Le cinéma je pense c'est d'abord un réalisateur et le film l'expression de son monde intérieur comme toute création, mais c'est particuler parce que le réalisateur de cinéma doit incarner son monde intérieur dans les acteurs. Malheureusement ci le réalisateur n'a pas utilisé l'actrice mais c'est elle qui a utilisé le réalisateur. D'où l'inanité et le vide de ce film; il y a la coquille, pour meubler l'étagère.
Bon. Ce film n'est pas dénué d'intérêt mais ce n'est pas non plus le genre qui va emballer qui que ce soit. Mais voilà, la réalisation est excellente, l'histoire est correcte, les jeux d'acteurs donnent une sensation de réalité impressionnante et la mise en scène est très soignée, alors pourquoi pas ? Dès le début, on voit tout de suite que c'est au niveau de la qualité d'écriture que l'atout du film est. On a histoire qui, malgré sa simplicité, permettre de nous présenter et de nous expliquer les personnages, en particulier Mr Arnaud. Et cela avec subtilité et intelligence. Arnaud est interprété excellemment par Michel Serrault et ce bonhomme est très complexe. Sans en dire trop ou pas assez, sans multiplier les explications cassant le rythme, en trouvant l'équilibre parfait, le réalisateur réussi à nous faire comprendre son personnage au point même qu'on pourrait l'analyser sur une bonne demi dizaine de pages. Et c'est pour moi tout l'intérêt du film, qui, somme toute, n'apporte pas grand choses à d'autres niveaux : on pourra certes savourer le cadrage précis, les jeux d'ombres et la complexité de l'image mais le film n'est ni vraiment divertissant ni vibrant de larmes ou d'amour. Non, c'est là son point fort : on peut prendre plaisir à tout comprendre, à saisir la substance même des personnages et à les décortiquer personnellement. C'est une sorte d'exercice d'analyse, pour moi. Assez facile mais pas trop pour que cela reste gratifiant (à tout ceux qui en bavent pour essayer d'interpréter du Kubrick, par ici pour une pause agréable !). La musique est quasiment absente de tout le film mais le générique est beau. Entre Emanuelle Béart, Michel Serrault et Michael Lonsdale, les amateurs d'acteurs irréprochables seront aux anges.
Dernier film de Claude Sautet, pas son meilleur à mon goût. Les personnages sont attachants, la distribution prestigieuse et au top (troisième César pour Michel Serrault) mais je me suis un peu ennuyé. J'avais eu le même sentiment à sa sortie en salle, pas de changement donc. Un beau film tout de même.
Beau film sur le désir et l’amitié qui recherche autre chose sans vraiment le montrer. Témoin cette dernière scène où Serrault va hésiter et regarder dans le vide. Un film élégant et distingué.
Ce qui frappe d'abord dès le début du film c'est cet aspect quasi documentaire sur la vie des gens, le bistro, la rue… on s'y croirait. La mie en place du duo Serrault/Béart est assez fabuleuse, les deux personnages étant remarquablement écrits et interprétés avec une justesse de ton stupéfiante, la verve de Serrault s'opposant aux réponses monosyllabiques de Béart belle comme un cœur. Une autre chose remarquable est la distribution des seconds rôles, (Anglade, Nadeau, Lonsdale, Brion, Laroque, Berling) dirigés et interprétés avec talents. Maintenant l'histoire, Sautet ne tranche pas, nous décrivant un amour qui n'est platonique que parce qu'aucun des deux ne veut franchir le pas. A ce propos la scène spoiler: où Serrault frôle le dos de Béart endormie jusqu'à ce qu'elle se réveille et lui prenne la main est fabuleuse de justesse et de retenue. L'ambiguïté perdurera jusqu'à la fin... ouverte. Sujet bien moins minimaliste qu'une vison distraite laisserait supposer. Je n'ai cependant pas compris, mais ce n'est là qu'un détail, l'utilité de quelques scènes impliquant Claire Nadeau (la scène de la piscine et celle où elle s'isole dans les toilettes)
Joli portrait dont la force vient évidemment du duo d'acteurs à la beauté et à la force remarquables. Au delà d'une histoire comme une autre, le scénario ne décolle jamais et le réalisateur brille surtout par son manque d'ambition ! Un film sympathique mais qui ne reste pas en mémoire.
Claude Sautet, surtout célèbre aujourd'hui pour ses portraits de groupes d'amis réalisés dans les 70's, se concentre içi sur la relation entre un vieil homme et une jeune femme. Assez proche du huis-clos, Sautet n'introduit des personnages secondaires que pour mieux nourrir et approfondir la relation entre ses deux protagonistes dont il dessine la psychologie et les rapports avec une subtilité et une pudeur touchante, notament lors de la scène où Michel Serrault contemple Emmanuelle Beart endormie et tend la main vers elle sans pour autant oser la toucher, un peu comme un symbôle de leur relation.
Dans son ultime film qu’est Nelly et Monsieur Arnaud, Claude Sautet s’évertue à creuser le sillon tracé dans son précédent film réalisé trois ans plus tôt, Un cœur en hiver, qui déjà en son temps confirmait le tournant engagé par le réalisateur dans Quelques jours avec moi sorti en 1988. Nelly et Monsieur Arnaud partage de nombreux points communs avec Un cœur en hiver. Ce sont deux films intimistes, voire pudiques, enveloppés dans une certaine froideur par une mise en scène discrète, fine et parfois distanciée (cadres fixes, personnages isolés). Une mise en scène épurée qui sera récompensée pour son auteur par un deuxième César du meilleur réalisateur. Cette sobriété du traitement va de pair avec celle du jeu des acteurs. Michel Serrault alias Monsieur Arnaud, tout en retenue, est d’une grande justesse en homme raffiné et cultivé (César du meilleur acteur). Il forme un duo efficace avec Emmanuelle Béart qui interprète Nelly à la fois fière et réservée. Comme dans Un cœur en hiver, l’actrice occupe donc le rôle féminin central. L’économie de dialogues, le dépouillement de l’intrigue et la sobriété de la mise en scène voulus par Claude Sautet laissent les rênes du film à l’évolution intérieure des personnages. Dans ce jeu de séduction ambigu, dans cette peinture d’une rencontre improbable animée par des amours impossibles, il y a une constante et délicate recherche d’un équilibre, forcément précaire, dans la relation entre Nelly et Monsieur Arnaud.
Le dernier film de Claude Sautet et il est effectivement un peu crépusculaire. Ça tient beaucoup à l ambiance générale diffusée durant tout le film . C est très noir avec des personnages dans des situations de fragilité comme souvent chez cet auteur . Les comédiens sont magnifiques et servent à merveille cette histoire d amitié très particulière où chacun a besoin de l autre .
Une rencontre, l’aléa d’une solitude partagée entre un homme et une femme. S’ils se retrouvent, c’est pour une présence réconfortante. Michel Serrault est parfait, mettant tout de sa douceur et sa prévenance.
La fin relève ce film bien joué mais sans grand intérêt. La fine observation des personnages englués dans leurs difficultés de communiquer ne sert aucune histoire. Film peu marquant.
Le film vaut surtout pour les excellentes performances des acteurs principaux, pour le beau duo à l'affiche. Malgré un scénario lisse, sans surprise, et malgré quelques longueurs, le film se regarde agréablement.
Les films d'études de mœurs ne vieillissent pas toujours bien. Le dernier film de Claude Sautet, malgré ses nombreuses qualités, n'échappe pas à cet écueuil. Les mœurs évoluant, certains comportements peuvent apparaître illogique les années défilant. D'abord cette rencontre a quelque chose de factice, mais cela finit par fonctionner. Michel Serrault est magistral dans la peau du double du réalisateur quand Emmanuelle Beart a un rôle moins bien écrit, ou elle cumule toutes les qualités. Ce problème empêche le film de prendre sa pleine mesure mais n'empêche pas quelques scènes où l'émotion arrive entre ces deux cœurs isolés. Histoire d'amour platonique d'un homme sur la fin de sa vie, ce film ressemble parfois à un fantasme de réalisateur, mais malgré quelques travers, cela reste bien fait
De tout ce que j'ai pu en voir et même en considérant le fait que je ne serai jamais parmi les plus impitoyables défenseurs de "Classe tous risques", le cinéma de Claude Sautet ne m'a jamais déçu. "Nelly et Mr. Arnaud" ne déroge pas à la règle. Dernier film du cinéaste, il met en scène la rencontre entre une trentenaire tirant la vache par la queue et d'un riche sexagénaire. Une histoire qui mêle un amour platonique à un amour qui n'ose se manifester. On est à pas grand chose d'un numéro de funambulisme. Parce que là, clairement, Sautet marche sur un fil, mais jamais n'en tombe. C'est très fort. Mais tout est très fort. Que ce soit la première rencontre entre les deux personnages principaux. Cette scène où Mr. Arnaud, frôle de ses mains le dos nu d'une Nelly endormie. Cette évolution d'un Mr. Arnaud, beaucoup moins propre qu'on ne l'imaginait. Ou que ce soit cette fin qui laisse la porte ouverte à toutes les possibilités. C'est d'une intelligence d'écriture pure et rare. Et comme d'habitude chez Sautet, il y a ces scènes se déroulant dans les cafés, les rues et les restaurants. Ces scènes où s'expriment les tracas de la vie de tous les jours. Aucun autre que Sautet n'a su les mettre en scène de pareille manière. Les rendre aussi vivantes, si bien que l'on s'y croirait. A tout excellent film, excellent duo d'acteurs. Le tandem Serrault/Béart fonctionne parfaitement. Dommage que certaines secondes lames (Anglade, Londasle) manquent d'un peu de choses à faire.
Dans ce qui demeurera son dernier film transpire encore toute la patte de Claude Sautet, avec cette façon si subtile de mettre en lumière ses personnages en captant un regard ou un sourire qui en dira plus long que des mots. S'appuyant sur Emmanuelle Béart (toute en charme retenu) et Michel Serrault (toujours aussi fondu dans ses rôles), il délivre une réflexion intéressante sur une relation platonique s'avérant presque toxique en un sens, avec des raisonnements pas toujours poussés au fond et un dénouement final qui déçoit quelque peu par cette façon de mettre un point final aussi abrupt à son histoire.