Le style est particulier. Cela ressemble à un huis-clos. Mais c'est justement ce qui nous gêne. On est coincé à l'intérieur de cette maison avec un groupe de gens qu'on devrait raisonnablement fuir. Le grotesque est plutôt pitoyable. Bref pas pour moi
Vu en salle à sa sortie. « Notre Histoire » est pris en sandwich entre « La femme de mon pote » et « Tenue de soirée ». Je me rappelle avoir été quelque peu déçu de « Notre Histoire ». Déçu parce que j’en attendais beaucoup avec Alain Delon en tête d’affiche. C’était incroyable de le voir dans un film de Bertrand Blier, lui Delon qui sans cesse s’employait à citer les Gabin, Lino Ventura, Verneuil etc… A l’entendre, le cinéma de son temps « c’était quelque chose » comparé à ce qui se faisait depuis dix ans. Ça n’avait rien à voir avec la génération Depardieu. Les magazines de l’époque s’interrogeaient sur la place de Delon dans le nouveau paysage cinématographique. Il semblait bouder ce nouveau cinéma. Le voir chez Bertrand Blier semblait donc impossible. Mais qui le disait ? Les journalistes ? Alain Delon ? Les journalistes spéculaient-ils à tort ? Ce n’est pas Alain Delon qui boudait un certain cinéma, c’était un certain cinéma qui le boudait peut-être. Ce cinéma ne lui proposait rien par peur ? par peur du refus ? par manque d’imagination ?
En tout les cas, Bertrand Blier est le premier à le sortir de sa zone de confort ; le metteur en scène de « Buffet Froid », de « Calmos » et surtout de « Les Valseuses ». Alain Delon joue dans du Bertrand Blier ! Inattendu ! C’est-à-dire Alain Delon va parler du Bertrand Blier. C’est-à-dire Alain Delon va déambuler dans un univers très particulier : l’absurde. Car Bertrand Blier, c’est avant tout un dialoguiste au verbe absurde.
Comme de bien entendu, si j’avais un souvenir mitigé de « Notre Histoire », je ne m’en rappelais plus vraiment en le redécouvrant quarante ans après. Force est de constater que « Notre Histoire » est un des plus étranges scénarios de Bertrand Blier. Il est déstabilisant et tourne un peu en rond par moments spoiler: avec ces séquences de maris qui défilent de maison à maison.
Je peux comprendre que l’on soit hermétique à cette histoire. Cependant, « Notre Histoire » par l’étrangeté de son scénario (pour l’époque) est conforme à l’audace de son metteur en scène qui, comme à son habitude, aime à déranger les codes comme le politiquement correct. Et encore, « Notre Histoire » me paraît un tantinet sage. C’est sans doute pour ça que je le trouve un ton au-dessous des oeuvres de Bertrand Blier.
En tout cas, Alain Delon, sorti de sa zone pépère de flics ou d'hommes à abattre des derniers films, honore une prestation convaincante et inattendue, prestation qui lui vaudra enfin un César, énorme consolation car le film fut un échec. Rien que pour ça, merci Bertrand Blier ! Je n’oublie pas Nathalie Baye… radieuse même dans sa dépression !
"Que tout ceux qui ont déjà couché avec Donatienne lèvent la main. Et vous pouvez poser la question dans n’importe quel foyer, la réponse reste la même : 100%. - C’est pas une salope que vous me décrivez, c’est une brave fille."
Bertrand Blier n’est pas un misogyne, c’est simplement les personnages qu’il met en scène.
De ce que j’ai vu, Notre histoire est son film le plus faible. La mise en scène est pas très intéressante et le scénario vite redondant.
Comme d’habitude, il part d’une situation improbable et développe le concept à travers ses personnages (qui sont malheureusement assez vides ici). Et comme d’habitude, il devrait s’arrêter plus tôt : la dernière partie est bien en dessous du reste.
Encore une fois, casting aussi exceptionnel qu’improbable. Michel Galabru est splendide. Alain Delon est là. Le reste, pourquoi pas.
LA VIE DU RAIL. Dormez les vaches, reposez doux taureaux. La femme des autres dans un convoi complet en 2° classe. On s'échange, on se partage à la croisé des chemins...de fer. Patrice Chereau a aimé.
Quel drôle de film. J'allais regarder ce film pour le couple Delon-Baye et lorsque j'ai vu que Blier était à la réalisation, je m'en suis réjoui. Le film fait dans l'absurde, mais sur des bases solides, celles d'un garagiste désœuvré et amateur de bières qui rencontre dans un train, une nymphomane. A noter que le réalisateur choisit de ne pas montrer Baye dénudée mais plutôt Fontanel et Haudepin, je crois aussi. L'histoire a-t-elle commencée avec l'intention de parler de fantasmes, par exemple, celui de faire l'amour dans un train à un(e) inconnu(e)? Dans tous les cas, on prend du plaisir en regardant ce film, avec Delon, Baye mais aussi tous les autres seconds rôles, Galabru, Darroussin, Reno, etc...Les dialogues sont bien tournés et on a la sourire pendant une bonne partie du film. Pour moi, on retrouve des ambiances de film américain comme The Party. Le scénario n'a ni queue ni tête mais ça passe bien.
Comme souvent chez le fils de l'acteur de Buffet froid et Calmos Bizarre l'histoire Mais quelle histoire ? Dans un train Des paysages flous défilent Un garagiste Robert Avranches Balloté par la bière Sombre doucement dans un sommeil qu'il croit dépourvu de songe Zzzzz Que peut-il arriver à un homme seul dans un train ? spoiler: Rien
spoiler: Absolument rien
spoiler: Ou alors une aventure de merde
Pourtant Elle accélère l'histoire Donatienne Pouget Dans le train Arrive Elle a envie de faire l'amour Elle le trouve pas mal ce type Ce type qui picole Car elle la voit la bière dans ses yeux Au garagiste Et lui ne voit pas dans les yeux de Donatienne Pouget la gigantesque collection de plumards sur lesquels elle s'est fait sauter Lui Il ne voit que les yeux tristes de cette femme Et ça le bouleverse C'est sensible un garagiste IL voudrait tellement la voir sourire Parce qu'elle ne sourit pas Donatienne Pouget Jamais Ou presque Elle baise Beaucoup Et lui il boit Beaucoup C'est leur histoire à eux deux Elle commence dans un train Continue sur le quai Un hôtel terminus Il aime bien les hôtels terminus Robert Avranches D'ailleurs il ne comprend pas pourquoi on se fait chier à avoir des triplex et des résidences secondaires alors qu'on est si bien dans une chambre d'hôtel terminus Et puis Elle continue l'histoire Chez elle Chez cette mère de famille de 35 ans divorcée Son chalet Tristement vide d'enfant Et Un convoi d'anges heureux Les amis de Donatienne Pouget Des voisins aussi C'est un peu leur coin de ciel bleu Donatienne Pouget Aux voisins et amis Parce que leur vie à eux n'est pas remplie de ciel bleu Elle est remplie de maisons toutes pareillement foutues Avec des pelouses à tondre Et des dimanches lugubres Démoralisants Comme l'image du film Démoralisante Grisâtre Peu égayée par la musique cafardeuse composée par le fils de l'interprète de Petit Papa Noël Cependant L'image et la musique sont étrangement belles Les dialogues aussi Déprimants et sublimes Harmonisés dans une même vibration indistincte Comme dans un rêve Baigné d'une atmosphère à la fois claire et intelligente Confuse et sombre Un cauchemar d'enfant triplement adulte Qui observerait ce monde sans pouvoir comprendre s'il est simplement grotesque Simplement drôle Simplement douloureux Ou simplement désarmant
C’est l’histoire d’un mec et d’une femme en mal de vivre qui se rencontrent dans un train. Comme souvent chez Blier, c’est déconcertant et comme souvent c’est décousu et peu captivant, malgré des dialogues savoureux et un casting prestigieux (notamment Delon Cérarisé).
Sans doute pour moi le meilleur film de Blier dans le sens où c est le plus structuré malgré ce qu on adore chez lui c est à dire l absurde des scènes et situations. Un bonheur de seconds rôles notamment Michel Galabru. Alain Delon est superbe en homme désespéré. C est très bien écrit. Un bon film .
Notre Histoire est un film de Blier qui ne m'a pas du tout séduit. Je ne suis pas du tout fan du style burlesque de Bernard Blier (vu dans Buffet Froid). Les personnages vont dans tous les sens sans aucune logique. Même si je trouve assez intéressant et original l'omniprésence de lignes de dialogues débutant par « C'est l'histoire de … ». Les personnages changent totalement de personnalités d'une ligne de dialogue à l'autre (tous semblent être atteint d'Alzheimer) et c'est très désagréable à suivre. Je ne suis pas du tout sûr qu'il y ait quelque chose à comprendre dans ce film.spoiler: La fin est un peu plus intéressante et recolle certains morceaux (Delon et Baye ayant toujours été en couple et Delon étant le père des enfants) mais laisse encore beaucoup de questions (notamment sur toutes les péripéties abracadabrantesques auxquelles on a assisté).
À noter la présence au casting de futurs grands acteurs du cinéma français dans des rôles plus ou moins secondaires : Gérard Darmon, Bernard Farcy, Vincent Lindon, Jean-Pierre Darroussin ou encore Jean Reno. Malgré la présence de nombreuses vedettes dans le casting, je suis moyennement convaincu par les deux têtes d'affiche. On voit beaucoup trop l'écart d'âge entre Nathalie Baye (qui fait toute jeunette) et Alain Delon (qui commence tout de même à avoir un visage vieillissant). Ce dernier d'ailleurs est bien mince pour un personnage qui après les cinq premières minutes est montré systématiquement la bière à la main. Clairement le film est sorti avant la loi Évin (une bonne vingtaine de bières sont bues à l'écran, j'ai rarement vu une telle opulence d'alcool dans un film). Le film est long. Le film fait certes deux heures, mais le style burlesque ne convient que rarement à ce format de film tout de même plutôt long. D'ailleurs, l'intrigue perd en intérêt dans la dernière partie du film lorsque tout le monde part à la recherche de Donatienne. Au final, j'ai eu l'impression de voir quelque chose de complètement décousu et dont finalement toutes ce qui n'a pas vraiment d'explication est mis sur le dos de style burlesque.
Pas mon Blier préféré mais tout de même... Des scènes et des dialogues bien affutés, des acteurs qui s'amusent comme des ptits fous et un Delon touchant et à contre courant. Après c'est sur que c'est un peu foutoir et l'absurde finit par fatiguer un peu mais seul Blier ose cela avec une telle audace que ça rend son film insolite et donc intéressant .
Un film déroutant comme toujours avec Blier ! Les dialogues sont millimétrés, la prose précise et dotée d'une redoutable persuasion. Chacune des prestations des acteurs est à retenir, Galabru, Delon, Baye, Stévenin, Daroussin, tous illuminent dans ce scénario schizophrène. L'apport de la musique est indéniable, elle renforce la mécanique dramatique du film mais aussi ces quelques moments de joie. On s'ennuie jamais avec Blier, et il vient encore une fois de le prouver.
Delon dans un rôle de looser dans contre rôle étonnant mais sublime ! De plus Nathalie Baye est merveilleuse en salope sans oublier les seconds rôles parfaitement tenus !
Une histoire jubilatoire, non pas avec des gags mais avec une ambiance suave et décalée. Le scénario au délire croissant nous propose une histoire de train et de bières, une histoire d'amour de "malade". Pas d'entrée en matière dans cette Comédie dramatique ; on est immédiatement dans le vif du sujet. Les dialogues cashs font mouche d'entrée de jeu car la mise en scène et la direction d'acteurs de Bertrand Blier sont admirables. Il faut dire qu'il s'entoure toujours d'acteurs de grand talent. La, en tète d'affiche, nous avons deux pointures du cinéma français : Nathalie Baye et Alain Delon ; ils sont tous deux remarquables. Les rôles annexes ne sont pas en reste avec les belles prestations (entre autres) de Gérard Darmon, Jean-Pierre Darroussin ou Michel Galabru ... spoiler: Ceci est mon onzième commentaire ALLOCINE sur les longs métrages de Bertrand Blier. Il est avec Jean-Pierre Jeunet et Patrice Leconte l'un des réalisateurs français que j'affectionne particulièrement.
Impression mitigée pour ce Blier. D’un côté je dirai que c’est le plus maitrisé des films désordonnés de Blier, d’un autre côté ça reste un film désordonné à la réussite très inégale. Le casting est bon, surtout Alain Delon qui surprend réellement agréablement dans son rôle à contre-emploi. Très solide, j’ai aussi retenu dans la pléiade de seconds rôles prestigieux un Michel Galabru déchainé qui nous livre une prestation de tout premier ordre. Il pique sans difficulté la vedette à ses comparses, et parfois même au duo de tête, c’est dire ! Nathalie Baye offre une interprétation propre, mais je dois dire que son jeu un peu froid et impersonnel m’a assez surpris, je ne l’ai pas trouvé spécialement expressive compte tenu de la tonalité du film. Par certains aspects je lui adresse une critique un peu similaire à celle que j’ai faite sur Coluche dans La Femme de mon pote, leurs jeu ne semble pas interagir avec celui, déluré ou excessif des autres acteurs. A noté une très mignonne Sabine Haudepin ! Le scénario est désordonné, mais comme je l’ai dit en introduction c’est le plus maitrisé des « films-bazars » de Blier. En effet, l’histoire nous laisse sur le bord de la route assez vite, par contre Blier arrive à susciter des impressions, des sentiments sous cette couche apparemment brumeuse. Du coup Notre histoire est un film qui fait ressentir des choses, et je crois que chacun pourra y puiser des sensations différentes, Blier nous servant autant le sucré que le salé, l’amer et l’acide. Et puis soyons franc, le réalisateur vire tout de même moins aux fantaisies débilitantes invraisemblables qu’il a pu exposer dans Calmos et dans tant de film de la fin de sa carrière ! Formellement Notre histoire est assez proprement emballée. Mise en scène intéressante de Blier qui nous offre ici un film assez austère visuellement, notamment par ses couleurs, ses décors, c’est assez tristounet mais ça correspond plutôt à la tonalité faussement comique du film. Honnêtement c’est correct mais pas très marquant non plus, et la bande son, elle aussi appréciable n’a rien de mémorable. Notre histoire est donc un film moyen de Blier, qui pour ma part est la démonstration que même en se montrant meilleur, la recette « film bazar » que le réalisateur a souvent utilisé dans de nombreux pots-pourris ne permet pas des miracles. On reste sur sa fin, pas insensible à ce que l’on voit ici, mais distant malgré tout. 2.5