Une histoire jubilatoire, non pas avec des gags mais avec une ambiance suave et décalée. Le scénario au délire croissant nous propose une histoire de train et de bières, une histoire d'amour de "malade". Pas d'entrée en matière dans cette Comédie dramatique ; on est immédiatement dans le vif du sujet. Les dialogues cashs font mouche d'entrée de jeu car la mise en scène et la direction d'acteurs de Bertrand Blier sont admirables. Il faut dire qu'il s'entoure toujours d'acteurs de grand talent. La, en tète d'affiche, nous avons deux pointures du cinéma français : Nathalie Baye et Alain Delon ; ils sont tous deux remarquables. Les rôles annexes ne sont pas en reste avec les belles prestations (entre autres) de Gérard Darmon, Jean-Pierre Darroussin ou Michel Galabru ... spoiler: Ceci est mon onzième commentaire ALLOCINE sur les longs métrages de Bertrand Blier. Il est avec Jean-Pierre Jeunet et Patrice Leconte l'un des réalisateurs français que j'affectionne particulièrement.
Comme dans tous les Blier, on se fout complètement du scénario, puisqu'il est totalement incohérent et déstructuré. L'important dans un Blier, ce sont les dialogues, le surréalisme des scènes, ce mélange savoureux de romantisme et de vulgarité misogyne. Dans "notre histoire" tout est réunis pour faire de ce film un grand cru. Et en bonus on a même le droit à la moitié du cinéma français, dans des seconds rôles qui voleraient presque la vedette à Delon et à Nathalie Baye, pourtant parfaite dans son rôle "d'impératrice des salopes".
Impression mitigée pour ce Blier. D’un côté je dirai que c’est le plus maitrisé des films désordonnés de Blier, d’un autre côté ça reste un film désordonné à la réussite très inégale. Le casting est bon, surtout Alain Delon qui surprend réellement agréablement dans son rôle à contre-emploi. Très solide, j’ai aussi retenu dans la pléiade de seconds rôles prestigieux un Michel Galabru déchainé qui nous livre une prestation de tout premier ordre. Il pique sans difficulté la vedette à ses comparses, et parfois même au duo de tête, c’est dire ! Nathalie Baye offre une interprétation propre, mais je dois dire que son jeu un peu froid et impersonnel m’a assez surpris, je ne l’ai pas trouvé spécialement expressive compte tenu de la tonalité du film. Par certains aspects je lui adresse une critique un peu similaire à celle que j’ai faite sur Coluche dans La Femme de mon pote, leurs jeu ne semble pas interagir avec celui, déluré ou excessif des autres acteurs. A noté une très mignonne Sabine Haudepin ! Le scénario est désordonné, mais comme je l’ai dit en introduction c’est le plus maitrisé des « films-bazars » de Blier. En effet, l’histoire nous laisse sur le bord de la route assez vite, par contre Blier arrive à susciter des impressions, des sentiments sous cette couche apparemment brumeuse. Du coup Notre histoire est un film qui fait ressentir des choses, et je crois que chacun pourra y puiser des sensations différentes, Blier nous servant autant le sucré que le salé, l’amer et l’acide. Et puis soyons franc, le réalisateur vire tout de même moins aux fantaisies débilitantes invraisemblables qu’il a pu exposer dans Calmos et dans tant de film de la fin de sa carrière ! Formellement Notre histoire est assez proprement emballée. Mise en scène intéressante de Blier qui nous offre ici un film assez austère visuellement, notamment par ses couleurs, ses décors, c’est assez tristounet mais ça correspond plutôt à la tonalité faussement comique du film. Honnêtement c’est correct mais pas très marquant non plus, et la bande son, elle aussi appréciable n’a rien de mémorable. Notre histoire est donc un film moyen de Blier, qui pour ma part est la démonstration que même en se montrant meilleur, la recette « film bazar » que le réalisateur a souvent utilisé dans de nombreux pots-pourris ne permet pas des miracles. On reste sur sa fin, pas insensible à ce que l’on voit ici, mais distant malgré tout. 2.5
Surement l'un des films les moins bons de Bertrand Blier... Et Pourtant, quel film ! "Notre Histoire" est un film poétique et émouvant, raconté avec beaucoup d'originalité et dont le rôle central est brillamment interprété par Alain Delon ! l'Histoire est tres envoutante, et mise en valeur par un scenario de qualité. Un tres bon Blier.
C’est l’histoire de Blier, un metteur en scène inclassable et toujours surprenant, qui casse le mythe Delon, un acteur magnifique irradiant d’élégance, en lui proposant un rôle iconoclaste. Et le réalisateur signe un phantasme alcoolisé, radicalement déroutant mais prenant tout son sens plus le film se termine. Quant à l’acteur, il y est d’une fragilité désarmante avec un regard imbibé, embué et fermenté par la bière et le désespoir. Voilà… fin de cette belle histoire, ponctuée par un César pour Alain.
J'adhère généralement à l'univers Bertrand Blier. Ce film est une exception. Les dialogues ne sont pourtant pas inintéressants. Mais les personnages ne me touchent pas, pis ils m'exaspèrent. En outre, le film tombe vite dans une pantouflardise [magnifique néologisme n'est-il pas ?], qui aura raison des plus vaillants d'entre vous. Quant au fait que "Notre histoire" mette en scène une pléiade d'acteurs connus, je m'en tape joyeusement le coquillard.
C'est du Blier pure souche, avec ses intérieurs dépressifs, ses dialogues tendrement provoquants et ses voisins de paliers insomniaques. Audacieux par sa structure narrative, schématique dans sa psychologie et romanesque par son écriture Notre Histoire est le film de tous les possibles, de ceux qui donnent envie de comater dans son fauteuil une binouze à la main ou de tirer son coup, de ceux capables de réserver de purs instants de poésie cinématographique telle une rencontre furtive dans un wagon ou telle une relation durable entre une nymphomane et un picoleur. Alain Delon s'avère étrangement attachant, Nathalie Baye belle comme le jour, Michel Galabru amusant dans son éternel emploi de papy nerveux, Darroussin impayable en second violon... Chacun y va de sa partition dans ce joyeux bordel qui ne ressemble définitivement qu'à son auteur-dialoguiste-réalisateur, sorte d'éventuel croisement du théâtre de l'absurde et de la comédie dramatique. On regrette toutefois que Notre Histoire s'enferme dans un canevas original mais relativement rigide, systématique et répétitif, qui de surcroît ne surprend pas vraiment pour l'inconditionnel du cinéma de Bertrand Blier qui s'est d'ores et déjà payé des tranches de Valseuses et autres Buffet Froid. Ca reste très sympathique à regarder, traversé par de véritables instants de romantisme et de tendresse, avec toujours cet esprit bon enfant et truculent qui préserve de la morosité quotidienne. Vraiment pas mal...
Tout commence dans un train. Un homme est sur la corde-raide, il voudrait décrocher, ou mourir. Une femme débarque dans son wagon, lui raconte une histoire, leur ‘histoire’ : Une femme pas très joyeuse voit un homme désespéré, plutôt pas mal dans un train ; elle désirerait coucher avec lui et c’en sera tout de leur entrevue. Il se passe ce qu’il devait se passer. La femme descend du train. L’homme la suit. Il désire la connaître car dit-il « je me suis attaché ! » mais ce n’est pas son cas à elle évidemment. Vous vous en doutez c’est du Blier. Pas besoin d’avoir fait la Fémis pour s’en persuader ! Cette partie là du film me plaisait bien. Beaucoup même. Il y avait du dialogue, de l’originalité dans le récit, un truc quoi. Puis de façon assez soudaine, disons dès l’arrivée de Daroussin, Blier fait basculer son film dans l’absurdité la plus totale, et me touche dès lors beaucoup moins. Cela dit ça passe quand même, pour l’interprétation et la fine touche Blier de manière générale que j’aime assez, mais c’est bien loin de Buffet Froid qui déjà montrait un énorme penchant pour l’absurde paroxysmique, et surtout à cent lieus de Préparez vos mouchoirs, selon moi, le chef d’œuvre de son auteur.
C'est l'histoire d'un film ou Alain Delon casse son image en interprétant un loser porté sur la bière, Alain Delon incarne à merveille son personnage et il est entouré d'acteurs bourrés de talent comme Michel Galbru ou Nathalie Baye mais aussi d'inconnus (à l'époque du tournage du film) comme Jean-Pierre Daroussin, Vincent Lindon, Gérard Darmon. C'est l'histoire d'un film proche par certain aspect de l'étrange et du fantastique, un film particulier à voir. Les dialogues sont très réussis et contiennent beaucoup d'humour, Alain Delon aurait laisser un peu perplexe son public avec ce rôle et c'est bien dommage car une nouvelle voie s'ouvrait dans sa carrière mais il n'a pas pu l'exploité.
C’est l’histoire d’un mec et d’une femme en mal de vivre qui se rencontrent dans un train. Comme souvent chez Blier, c’est déconcertant et comme souvent c’est décousu et peu captivant, malgré des dialogues savoureux et un casting prestigieux (notamment Delon Cérarisé).
La première séquence du film, dans le train, est excellente et laisse présager du meilleur. Malheureusement la suite n'est pas du même niveau. Un Blier mineur car inégal.
Notre Histoire est un film de Blier qui ne m'a pas du tout séduit. Je ne suis pas du tout fan du style burlesque de Bernard Blier (vu dans Buffet Froid). Les personnages vont dans tous les sens sans aucune logique. Même si je trouve assez intéressant et original l'omniprésence de lignes de dialogues débutant par « C'est l'histoire de … ». Les personnages changent totalement de personnalités d'une ligne de dialogue à l'autre (tous semblent être atteint d'Alzheimer) et c'est très désagréable à suivre. Je ne suis pas du tout sûr qu'il y ait quelque chose à comprendre dans ce film.spoiler: La fin est un peu plus intéressante et recolle certains morceaux (Delon et Baye ayant toujours été en couple et Delon étant le père des enfants) mais laisse encore beaucoup de questions (notamment sur toutes les péripéties abracadabrantesques auxquelles on a assisté).
À noter la présence au casting de futurs grands acteurs du cinéma français dans des rôles plus ou moins secondaires : Gérard Darmon, Bernard Farcy, Vincent Lindon, Jean-Pierre Darroussin ou encore Jean Reno. Malgré la présence de nombreuses vedettes dans le casting, je suis moyennement convaincu par les deux têtes d'affiche. On voit beaucoup trop l'écart d'âge entre Nathalie Baye (qui fait toute jeunette) et Alain Delon (qui commence tout de même à avoir un visage vieillissant). Ce dernier d'ailleurs est bien mince pour un personnage qui après les cinq premières minutes est montré systématiquement la bière à la main. Clairement le film est sorti avant la loi Évin (une bonne vingtaine de bières sont bues à l'écran, j'ai rarement vu une telle opulence d'alcool dans un film). Le film est long. Le film fait certes deux heures, mais le style burlesque ne convient que rarement à ce format de film tout de même plutôt long. D'ailleurs, l'intrigue perd en intérêt dans la dernière partie du film lorsque tout le monde part à la recherche de Donatienne. Au final, j'ai eu l'impression de voir quelque chose de complètement décousu et dont finalement toutes ce qui n'a pas vraiment d'explication est mis sur le dos de style burlesque.
une pléiade d'acteurs de talents, une histoire qui débute idéalement, une suite beaucoup plus brouillonne, et une fin qui finit bien...ce film à un petit goût d'inachevé...mais comment résister à nathalie baye ???
Comme souvent chez le fils de l'acteur de Buffet froid et Calmos Bizarre l'histoire Mais quelle histoire ? Dans un train Des paysages flous défilent Un garagiste Robert Avranches Balloté par la bière Sombre doucement dans un sommeil qu'il croit dépourvu de songe Zzzzz Que peut-il arriver à un homme seul dans un train ? spoiler: Rien
spoiler: Absolument rien
spoiler: Ou alors une aventure de merde
Pourtant Elle accélère l'histoire Donatienne Pouget Dans le train Arrive Elle a envie de faire l'amour Elle le trouve pas mal ce type Ce type qui picole Car elle la voit la bière dans ses yeux Au garagiste Et lui ne voit pas dans les yeux de Donatienne Pouget la gigantesque collection de plumards sur lesquels elle s'est fait sauter Lui Il ne voit que les yeux tristes de cette femme Et ça le bouleverse C'est sensible un garagiste IL voudrait tellement la voir sourire Parce qu'elle ne sourit pas Donatienne Pouget Jamais Ou presque Elle baise Beaucoup Et lui il boit Beaucoup C'est leur histoire à eux deux Elle commence dans un train Continue sur le quai Un hôtel terminus Il aime bien les hôtels terminus Robert Avranches D'ailleurs il ne comprend pas pourquoi on se fait chier à avoir des triplex et des résidences secondaires alors qu'on est si bien dans une chambre d'hôtel terminus Et puis Elle continue l'histoire Chez elle Chez cette mère de famille de 35 ans divorcée Son chalet Tristement vide d'enfant Et Un convoi d'anges heureux Les amis de Donatienne Pouget Des voisins aussi C'est un peu leur coin de ciel bleu Donatienne Pouget Aux voisins et amis Parce que leur vie à eux n'est pas remplie de ciel bleu Elle est remplie de maisons toutes pareillement foutues Avec des pelouses à tondre Et des dimanches lugubres Démoralisants Comme l'image du film Démoralisante Grisâtre Peu égayée par la musique cafardeuse composée par le fils de l'interprète de Petit Papa Noël Cependant L'image et la musique sont étrangement belles Les dialogues aussi Déprimants et sublimes Harmonisés dans une même vibration indistincte Comme dans un rêve Baigné d'une atmosphère à la fois claire et intelligente Confuse et sombre Un cauchemar d'enfant triplement adulte Qui observerait ce monde sans pouvoir comprendre s'il est simplement grotesque Simplement drôle Simplement douloureux Ou simplement désarmant
Bertrand Blier nous offre une histoire comme il sait si bien les raconter, à la fois surréaliste, absurde mais aussi pleine de tendresse. C'est l'histoire d'Alain Delon qui rencontre Nathalie Baye dans un train et qui décide de s'installer dans sa vie, c'est l'histoire d'un mec paumé en mal d'amour et d'une femme qui veut seulement qu'on l'embrasse plutôt qu'on reluque son cul. Si le rythme s’essouffle un peu à la fin, Blier nous prouve qu'il est bien le seul et l'unique à faire ce genre de films avec un talent qui ne se tarit quasiment jamais. Les dialogues sont mordants et les situations tantôt drôles, tantôt touchantes. Toute la partie avec Michel Galabru est d'anthologie.